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 FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.

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Bianca Hoogendijk
lama en évolution


› MESSAGES : 194
› EMMENAGEMENT LE : 21/04/2015
› AGE : 37
› STATUT CIVIL : Amoureuse d'Indiana Jones. Donc ouais, célibataire.
› QUARTIER : Palm Avenue
› PROFESSION/ETUDE : Chef d'orchestre au LACO.
› DOUBLE COMPTE : Saskia & Gidéon
› CELEBRITE : Bryce Dallas Howard
› COPYRIGHT : Sparkling Lux & Neechoue & Schizophrenic


MessageSujet: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Mar 21 Avr 2015 - 15:59


HOOGENDIJK Bianca
« You look like you
Rented a smile
From someone but you
Rented the wrong size

Take it back,
You should take it back
»


NOM : HOOGENDIJK PRÉNOMS : Bianca SURNOMS : Elle n'aime pas les surnoms ; on l'appelle cependant souvent Hoogendijk dans son milieu professionnel. A vous de voir. AGE : 35 ans DATE DE NAISSANCE : 20 mars 1980 NATIONALITÉ : Américaine SEXUALITÉ : Hétérosexuelle SITUATION AMOUREUSE : Célibataire EMPLOI/ETUDES : Chef d'orchestre du LACO NOM DU QUARTIER : Palm Avenue ANIMAUX DE COMPAGNIE : Aucun, elle est trop occupée CHIFFRE PORTE BONHEUR : 3


Avant toute chose, Bianca est quelqu'un de très timide et qui n'aime pas s'exposer aux autres. Discrète, elle n'en reste pas moins loyale, attentionnée et passionnée. Sérieuse dans ce qu'elle entreprend, elle déteste faire les choses à moitié et sans conviction. Elle est une femme forte malgré ses apparences de femme fragile. Solitaire, elle n'est guère du genre à profiter des soirées lui offrant son métier pour fraterniser spécialement avec ses collègues ou potentiels mécènes. Indépendante, elle déteste qu'on prenne des décisions à sa place. Pourtant, elle mène sa vie comme si elle était logique mais prend grand soin de ne guère se poser de questions, car au fond, elle sait bien qu'elle aurait aimé tenter d'autres choses. Nombre d'autres choses.
Toujours calme, la musicienne ne se laisse pourtant pas marcher sur les pieds. La rousse possède un caractère pétillant voire piquant lorsqu'on touche à ses convictions. Elle ne se laisse guider par personne et se considère comme quelqu'un de droit et d'imperturbable. Sa voix ne se fait pas souvent entendre, mais elle est douce et avenante, voire rassurante. L'apparence compte énormément pour elle, et l'on verra toujours un sourire illuminer son doux visage. Cependant, au fond d'elle dort un mal profond ; très peu sûre d'elle, complexée, angoissée, elle perd le sourire lorsqu'elle se retrouve seule, chez elle, se concentrant pour ne pas être déçue par ce qu'elle est devenue.
Très superstitieuse, son quotidien est empli de petits rituels rendant, selon son point de vue, sa vie plus agréable. Au-delà des nombreuses cigarettes tapissant à présent ses poumons et de ses médicaments, la chef d'orchestre prend toujours grand soin à ne pas passer sous une échelle, à monter du pied droit sur une scène, ne pas ouvrir un parapluie dans un intérieur, ne pas allumer une bougie à l'aide d'une autre, jeter du sel par-dessus son épaule. Elle refuse catégoriquement tout ce qui a attrait à un 13 (une chambre d'hôtel, jouer un 13 du mois...).
Pour prendre soin d'elle, au-delà de sa médicamentation calamiteuse, la jeune femme fait très attention à son alimentation et à son environnement. Très soigneuse, elle suit les modes culinaires du moment, préfère le naturel au chimique ; elle fait partie de ces femmes à manger quinoa et éviter le gluten et autres substances connues comme cancérigènes comme la peste. Elle est grande adepte des huiles essentielles, de l'encens et des plantes de manière générale.
Enfin, Bianca consacre une grande partie de son temps libre au sport, et en particulier au Tennis. Ravie d'y retrouver des individus de son milieu social et d'échanger quelques matchs amicaux, elle n'hésite pas à s'investir dans son club, qui lui permet de décompresser du milieu stressant et perfectionniste de la musique classique. Il n'est donc pas rare de croiser la rousse au club de Tennis d'Huntington Beach, ou vêtue en tenniswoman. Se dépenser est quelque chose d'essentiel pour elle, et si elle peut le faire avec classe, elle n'en sera que davantage fidèle à cette habitude.



Nous avons tous un passé, un présent et un futur.

UNICO WILHELM VAN WASSENAER ;; Concerto Armonico No 6
Michelle et Arthur Hoogendijk vécurent jusqu'à leurs trente ans dans leur pays d'origine : les Pays-Bas. Rotterdam fut la ville qui les vit tous deux devenir adultes ; c'est dans la seconde plus grande ville du pays que les deux blonds se mirent en couple et partagèrent leurs premiers émois amoureux. Elle était actrice, il était enseignant en mathématiques. Tous les deux n'eurent guère à se plaindre de leurs conditions de vie : ils étaient heureux. Le cadre urbain était agréable et ils occupaient un bel appartement, malgré les revenus relativement irréguliers de Michelle. Ils faisaient partie de ces couples que leurs amis peuvent souvent envier : en apparence épanouis, toujours avec un sourire accroché aux lèvres, propres sur eux et sans aucun complexe. Pourtant, lors de leur trentième année, tout bascula.
Trente ans, cet âge charnier de tous les possibles ; cette dernière dizaine d'année où, dans l'inconscient collectif, il était encore possible de changer de vie, de faire des folies... Pour certains, des années de déprime où l'on espèce encore vaguement rencontrer le prince charmant, parce qu'après il sera trop tard. Pour certains couples, les dernières chances de concevoir un enfant. Pour d'autres, ces derniers instant où la mobilité est possible. Les Hoogendijk faisaient partie de ces "autres." cette vie parfaite, trop parfaite, tracée à la craie sur un tableau d'écoliers, était encore effaçable, remplaçable par quelque chose de plus piquant, excitant. Quelque chose qui ressemblait au rêve américains, coincé entre quelques buildings ultramodernes, des individus sortis tout droits de séries télés avec leur accent à couper au couteau, des emplois à foison, des stars qui grouillent le sol...
C'est donc d'un commun accord que la belle Michelle et son époux Arthur décidèrent de tout plaquer : cette douce ville où il faisait pourtant bon vivre, ces amis, ces emplois... Ils rêvaient d'aventure, alors ils la cherchèrent. Loin. Très loin, même.
Philadelphie.
Coincés entre quelques buildings ultramodernes, des individus sortis tout droits de séries télés avec leur accent à couper au couteau, des emplois à foison et des stars qui grouillent le sol, Michelle et Arthur s'installèrent loin de Rotterdam. Leur vie devint plus animée, plus dépaysante, plus à l'image de ce qu'ils aspiraient à être encore. Tout y était lumineux, beau, immense ; l’architecture, à elle seule, plus plurielle sans doute que n'importe quelle autre ville américaine, faisait le bonheur de ce jeune couple à chaque fois qu'il regardait par la fenêtre de ce petit mais moderne appartement de Fairmount. Il y aimaient l'ambiance multi-ethnique, l'agitation permanente qui y régnait. Plus que tout, les odeurs, mélanges subtiles d'épices, de pollution, de fleurs, de parfums féminins, de cafés bus à la va-vite faisaient des rues de la ville un labyrinthe à explorer, un terrain de jeu totalement nouveau qui s'offrait au couple en recherche de nouveautés.
Les élèves d'Arthur appréciaient son intransigeance autant que ses rares sourires sincères. Michelle, elle, se frayait son petit chemin d'actrice parmi les grands, multipliait les rencontres professionnelles et les rôles différents. Elle ne devint pas une énorme star mais aurait pu ; ce qui la stoppa dans sa course effrénée fut la naissance de son enfant. Son doux Roderick naquit un soir d'hiver, entre deux flocons de neige et un coup de vent qui faisait se soulever les nombreuses guirlandes qui illuminaient les avenues refroidies par l'arrivée de la saison de Noël. Jamais plus la Hollandaise ne récupéra son svelte corps ; jamais plus on ne la désira autant qu'avant sa grossesse. Pourtant, elle fut plus épanouie que jamais par la venue au monde de son fils. Il était Américain, et elle lui souhaita, dès qu'elle posa son regard sur lui, tout le bonheur de l'univers ; de sourire les journées durant,et de réaliser les rêves que ce pays rendait possibles.
Ce Noël fut sans doute le plus beau pour la famille Hoogendijk. Roderick étant né le 19 décembre, il fut de retour à la maison pour fêter ses premières fêtes de fin d'année quelques jours seulement après sa naissance. Il fut gâté par ses parents ; ses grand-parents vinrent exprès de Hollande. Ce fut de joyeuses soirées, de nombreuses après-midis au coin du feu avec des chants de Noël qui emplissaient la pièce. Ce fut également des parfums de victuailles chaleureuses, des décorations dont le nombre avait été multiplié pour l'arrivée du nouveau Hoogendijk dans la famille. Ce fut un magnifique sapin qui frôlait le plafond, de nombreux cadeaux de tous pour tous, et presque pas de règlements de compte entre membres de la famille.
Michelle s'enquit de reprendre sa carrière d'actrice au printemps suivant. Elle avait 36 ans, et était consciente que cela n'allait guère être tâche aisée. Les jeunes femmes d'Hollywood, blondes peroxydées à la ligne parfaite, se battaient déjà pour atteindre les sommets du cinéma américain. Elle ne les atteint jamais, mais continua sa carrière dans des rôles maternels, protecteurs, doux, tout comme celui de mère qu'elle remplissait avec son petit Roderick. Ce dernier, quant à lui, grandissait vite, trop vite à son goût. Il prononça rapidement un gout prononcé pour les physiques, l'inconnu de l'espace et les grandeurs de l'infini. Adolescent, il eut nombre de débats avec son père. Le jeune garçon était davantage du genre à s'enfermer dans sa chambre pour se renseigner sur les dernières découvertes scientifiques qu'à sortir entre copains. Cela n'inquiéta pas ses géniteurs, qui s'aimaient à le regarder lire. Arthur, lui, était fier de son fils, qui marchait presque sur ses pas. Il voyait en son fils un petit génie à qui l'avenir promettait de grandes choses. Michelle, elle, était ce genre de maman poule qui couve son enfant, qui le couve trop. Surprotectrice, elle voulait qu'il devienne cet être parfait dont elle avait toujours rêvé : droit, intelligent, réfléchi, discret, attentionné, ambitieux, doux.
Et c'est ce qu'il devint.

MAURICE RAVEL ;; Boléro
Roderick était un beau jeune homme lorsqu'il rencontre, à Philadelphie, celle qui deviendrait sienne. Il était un jeune enseignant en sciences physiques lorsqu'à une soirée, ses yeux se posèrent sur cette magnifique jeune femme, élégante, distinguée, calme, discrète, mais qui se révéla bien vite bien davantage que cela. Brillante, Anna était assistante de direction dans une grande industrie pharmaceutique. Avec son esprit pragmatique, la force qui émanait d'elle, son regard assuré et ses ambitions, elle conquit le cœur du jeune Roderick. Il lui fit découvrir sa passion du ciel alors qu'elle tenta de lui expliquer à quel point sa carrière comptait à ses yeux. Il l'admira pour cela ; et bien plus encore. Elle n'éprouvait aucune peur, ne reculait devant rien, semblait contrôler chaque passage de sa vie. Ce fut quelque chose qui, sans doute, rassura un Roderick peut-être trop rêveur et tête en l'air.
Ils s'épousèrent dans les règles de l'art. Roderick Hoogendijk donna son nom à celle qu'il considérait comme la femme de sa vie. La cérémonie ne fut pas grandiose et ne rassembla point plusieurs centaines de personnes ; on n'aurait guère pu associer cette journée à celle d'un prince et d'une princesse qui s'unissent devant un quelconque Dieu. Mais ce jour de juillet 1975, ensoleillé mais parcouru d'une légère brise agréable, fut tout de même à la hauteur des espérances des deux familles. Anna revêtit une magnifique robe, emplie de perles et de dentelles qui mettaient son corps de déesse en valeur. Ses cheveux clairs furent surmontés d'un court voile, et son sourire fut le plus étincelant de tous.

Ils emménagèrent dans un bel appartement non loin de Rittenhouse Square. Les plafonds étaient hauts, les fenêtres immenses laissaient passer, chaque matin, la lumière rougeâtre du soleil qui s'élevait une nouvelle fois dans le ciel. Les briques apparentes sur les murs lui donnaient un cachet apprécié par le couple. Ils donnèrent nombre de réceptions dans ces quelques magnifiques pièces.
Mais arriva un moment où cela ne leur suffit plus. Ils étaient différents, mais mariés et amoureux. Anna tomba enceinte de leur premier enfant. Roderick n'arrêta pas d'aller à son travail, passionné par les étoiles, communiquant son amours des sciences physiques à ses jeunes élèves. Anna, elle, fut excédée de devoir prendre davantage de repos qu'elle ne l'avait prévu. Elle était une femme, mais cela signifiait-elle qu'elle devait s'ennuyer seule, dans un appartement, aussi plaisant puisse-t-il être ?
La jolie Anna se rendit plusieurs fois, contre le gré de son époux, à Rittenhouse Square. C'était à quelques minutes à peine de leur lieu de vie, et l'air frais la changeait de ses coups de fil passés à son travail depuis le fond de son lit. Avec de nombreuses notes, elle allait reposer son corps sur ce banc, devant cette belle fontaine au bruit apaisant. C'est ainsi qu'elle passa nombre de jours d'hiver, emmitouflée dans ses beaux manteaux, assise sur un banc ou debout à marcher, sa main sur son ventre. Et c'est ainsi que sa première grossesse se passa bien, faisant d'elle une femme accomplie, heureuse de donner la vie pour la première fois. Ses soirées avec Roderick étaient calmes, amoureuses et belles. Le feu de cheminée craquait à quelques mètres d'eux. Elle posait sa joue sur l'épaule de son bel époux et ils parlaient paisiblement, de leurs projets, de leurs rêves, de leur enfant à naître.
Au printemps 1975, Wilson Hoogendijk poussa son premier cri. Anna tomba sous le charme de ce petit chérubin, aux airs si innocents encore. Elle qui ne pensait jamais devenir maman, le devint enfin, avec l'homme qu'elle aimait. Roderick, lui, pleura de voir sa descendance voir le jour. Il avait épousé la plus belle femme du monde, et elle lui avait donné le plus beau des enfants. Avec ses petits mains, ses petits yeux alertes et sa peau pâle qui découvraient le monde, il était le plus attendrissant des êtres de la planète. Ses étoiles, il les oublia totalement devant ce petit être humain. Les étoiles, elles étaient bien lointaines, et si mortes. Lui était si jeune, si vivant, et en posa sa main sur sa petite poitrine, il pouvait sentir son coeur battre.
Le lendemain, lorsqu'il retrouva le chemin de l'école, il reçut un nombre infini de cadeaux, de ses élèves, de ses collègues enseignants. Les peluches et jouets en tous genres encombrèrent rapidement l'appartement, témoins de l'amour que l'on portait à ce jeune papa toujours attentif aux autres, discret mais brillant.
A l'automne, la famille Hoogendijk trouva un nouveau nid où se construire. Le doux Wilson grandirait dans un bel appartement de Chestnut Hill, plus spacieux. Avec ses escaliers à n'en plus finir et la quiétude qui régnait dans ce quartier, les époux ne regrettèrent pas leur ancienne location.  Ils avaient autant de places qu'ils le souhaitaient, Wilson avait sa propre chambre, la cuisine était immense, ils avaient leur propre jardin.
Anna reprit rapidement le travail, confiant à une femme choisie par ses soins son petit bout de chou. Elle n'en perdit pas son goût du contrôle ; elle était bien ravie, tout de même, de retrouver son travail à plein temps, dans ses bureaux, avec tous ses subordonnés, avec l'ambiance effervescente, quelques coups de fil animés, les sourires qui s'effaçaient sur les visages au fur et à mesure de la journée. Elle aimait contrôler son petit monde. Cela n'avait pas changé, et cela ne changerait pas.

LUDWIG VAN BEETHOVEN ;; Sonate au clair de Lune
Pourtant, un peu moins de cinq ans plus tard, elle dû se rendre à l'évidence : elle ne pouvait pas contrôler l'incontrôlable.
" Des jumeaux ? " répéta-t-elle alors que Roderick serrait sa main, conscient de ce que cette nouvelle représentait pour elle. Des jumeaux! Ils n'auraient évidemment aucun mal à les accueillir financièrement parlant, mais avec Wilson qui grandissait, jamais ils n'auraient le temps de tout préparer. C'était deux fois plus de travail, deux fois plus de cris, de repas, deux fois moins de sommeil. Anna voulait bien d'un second enfant... Mais deux d'un coup! Ce fût une nouvelle difficile à apprendre pour la femme d'affaires. Roderick, lui, imaginait déja les deux petits arrivants, s'ajoutant au clan Hoogendijk, jouant avec le grand. Il se demanda si eux aussi, auraient les cheveux roux et les yeux clairs, comme leur frère.
Anna, elle, se demanda de quelle couleur peindre la chambre, quels meubles acheter, comment les éduquer à deux. Pourtant, elle savait bien qu'ils allaient tout contrôler, comme ils l'avaient fait avec Wilson. Il était devenu ce petit garçon idéal, calme, attentif, intelligent, qu'ils avaient souhaité avoir. Et ses petits frères ou ses petits soeurs seraient à son image. Ils étaient deux, et elle en saurait vite plus. Elle prévoirait : ils organiseraient, ils prévoiraient, ils achèteraient.

Quelques semaines plus tard, les parents eurent les premières réponses à leurs questions. " Des jumelles ? " s'étonnait Anna. Son travail avait accaparé son esprit depuis le dernier rendez-vous, et elle n'y avait guère réfléchi. Pourtant, à l'image de Wilson, elle songeait encore accoucher de petits garçons. Et ce ne serait pas le cas. Des jumelles ? Elle aurait deux filles ? C'était surprenant, mais Anna s'aimait à s'imaginer avec ses deux petites filles, peut-être rousses elles aussi, comme leur frère. Deux petites poupées à la peau claire, certainement.
Et puis, ils peindraient la nurserie en rose.

" Si vous ne voulez pas accoucher au bout de six mois, vous devez restée alitée pour le restant de votre grossesse. "
La gynécologue avait comprit qu'avec Anna Hoogendijk, il fallait être ferme. Alors lorsqu'elle avait annoncé la nouvelle, elle avait tenté d'être douce mais tenace. Parce qu'Anna Hoogendijk, telle qu'elle avait appris à la connaitre, voudrait continuer de travailler jusqu'à son accouchement si cela était possible. Parce qu'elle aimait tout savoir, tout contrôler, mais que malheureusement, ce n'était pas possible. Cela avait marché pour son grand, mais les deux petites jumelles, là, qui allaient arriver - elle l'espérait - au mois d'avril, ne prendraient pas la peine de prendre en considérations les envies de leur maman, aussi belle puisse-t-elle être, malgré la fatigue. La gynécologue regarda Anna, qui semblait presque désemparée. " Leurs poumons ne sont pas matures avant la trente-septième semaine. Je ne vous parle même pas de leur foie, de leur système immunitaire ou de leur thermorégulation… Si elles naissent avant… " se sentit-elle toutefois obligée d'ajouter, afin de mettre les choses au clair. Elle s'arrêta là. Les parents en devenir n'avaient jamais envie d'entendre la suite, et à voir le visage déconfit d'Anna, qui pourtant était toujours impassible ou illuminé, elle comprit que c'était aussi le cas, même pour cette belle femme qui n'avait peur de rien.
Mme Hoogendijk tenta quelques arguments désespérés. "  Ma première grossesse s’est très bien passée, et j’ai tellement de choses à faire. J’ai encore du travail pour mon patron, et la chambre des filles n’est pas prête… "
Son mari restait silencieux, un air grave figé sur son visage.
"  Je ne veux pas le savoir. Il en va de la santé de vos deux petites. " rétorqua poliment l'employée du corps médical, sous le regard inquiet du jeune papa, qui rassura sa femme. Il s'occuperait de la chambre des petites, et si il le fallait, il téléphonerait à son propre patron. Il exploitait sa femme, et elle, par amour de la perfection du travail, se laissait faire. Mais la santé de leurs filles était en jeu, et pour cela, Roderick serait impitoyable. Il serait présent pour sa femme, mais elle, elle se reposerait, et personne ne pourrait l'en empêcher.
Il suffisait de trente-sept semaines à prendre soin de sa femme, trente-sept semaines durant lesquelles les deux petites poupées prendraient forme dans l'utérus maternel. Juste trente-sept semaines.

Ces semaines furent longues pour les époux Hoogendijk. Anna se détestait de ne pas mieux gérer sa grossesse. Anna aurait aimé travailler, s'occuper, prévoir, vérifier, inspecter. Mais Anna était cachée sous sa couette, seul son visage fatigué dépassant du tissu qui recouvrait son corps. L'impatience la guettait. Roderick, lui, l'abandonnait ses jours de cours durant, inquiet de la savoir seule chez eux. Wilson était gardé par une amie du couple. Ces furent étranges. La famille fut autant séparée que soudée. Anna se sentit inutile, s'en voulut, et en voulut aux jumelles de lui prendre tant de sa vie.
Ces semaines, du reste, ne se comptèrent pas au nombre de trente-sept, mais de trente-cinq semaines. Trente-cinq semaines, deux-cent quarante-cinq jours, cinq mille huit-cent quatre-vingt heures. Ce fut ce qu'Anna tint cachée sous ses draps qui se faisaient lourds sur sa conscience abîmée par cet échec. Elle, si forte, avait échoué dans le rôle de sa vie : celui de mère. Wilson, avec son sourire innocent de ne pas comprendre pourquoi sa maman restait allongée -elle avait bien de la chance, lui aussi aurait aimé ne pas se rendre à l'école, mais chhht, il ne fallait pas le dire à papa et maman-, venait lui apporter des cookies, des bonbons qu'il allait acheter avec son argent de poche et la compagnie de son super-papa.
Trente-cinq semaines, deux-cent quarante-cinq jours, cinq mille huit-cent quatre-vingt heures.
Le visage de cette belle femme se tordait de douleur. " Je vais accoucher ? Maintenant ? " Si elle posait la question par dépit, elle en connaissait très bien la réponse. Son corps entier la lui criait. Ses jumelles de filles allaient voir le jour avec deux semaines d'avance. Elle qui leur avait tant donné (trente-cinq semaines,  deux-cent quarante-cinq jours, cinq mille huit-cent quatre-vingt heures de sa vie) n'était pas gratifiée par ses filles.

FREDERIC CHOPIN ;; Nocturnes
Elle s'était crue forte, toutes ces années. Elle avait cru qu'elle vaincrait la vie et ses malheurs. Elle s'était, à sa façon, pensée invincible, hors des tourments parce qu'elle en avait décidé ainsi. Anna Hoogendijk avait failli. Lorsque la jeune femme se réveilla, ce jour de mars 1980, elle se souvint avec douleur d'être passée par la case césarienne. Elle regardait l'infirmière d'un air inquiet. On avait mis les filles en couveuse. Roderick, non loin, d'elle, tentait d'avoir l'air rassurant, mais elle le savait, il était rongé par la peur, lui aussi. Cette chambre qui aurait pu être celle de la rencontre entre les deux parents et leurs filles devint tout à coup austère, inquiétante, lugubre, aseptisée. Anna, allongée dans ce lit, en son centre, avait l'impression d'être l'héroïne d'un drame de fiction qu'aucune femme n'aurait aimé vivre. On l'entourait, on lui serrait la main, lui accordait un regard complaisant entre deux médicaments. Mais rien ne pouvait soulager cette inquiétude qui la rongeait de l'intérieur.
A quelques pièces de là, elle le savait, Cordelia et Bianca, ses deux petites filles, trop petites, se battaient pour leur vie. Parce qu'elle ne leur avait accordé que trente-cinq semaines,  deux-cent quarante-cinq jours, cinq mille huit-cent quatre-vingt heures de sa vie.


* * *

" Papa, je veux faire du violon ! "
Bianca avait ouvert d'un geste brusque la porte du bureau de son père, où il lisait un livre, comme il le faisait bien souvent, à Cordelia. Bianca, du haut de ses six ans, en avait marre que son paternel s'occupe davantage de Delia que d'elle. On était un soir de décembre, la neige commençait à tomber de l'autre côté des fenêtres. Dans l'énorme duplex des Hoogendijk, on avait appris à quoi ressemblait une vie de famille. La peur d'Anna de ne pas voir grandir ses filles s'était transformée en un amour particulier. Peut-être, au fond d'elle-même, avait-elle toujours peur de les perdre. Mais Bianca, même lorsqu'elle cuisinait avec sa maman et Delia, sentait comme quelque chose qui la retenait de la serrer dans ses bras ; comme une barrière, un mur infranchissables. Pourtant, elle aimait sa maman : elle était belle ; la plus belle, en fait. Elle avait toujours de jolies tresses enroulées différemment sur sa nuque ou le haut de sa tête, elle s'habillait toujours comme dans les films. Sa voix était rassurante, parce qu'elle n'hésitait jamais avant de répondre, et semblait tout savoir de la vie, de l'avenir, des peurs de ses enfants. C'était un peu sa super héroïne, à Bianca. Mais comme tous les super-héros, mieux valait ne pas trop s'en approcher, de peur de finir blessé. Alors Bianca, rapidement, était devenue solitaire et capricieuse. Son père et Wilson préféraient Delia, parce qu'elle était intelligente, qu'elle rêvait du ciel et des étoiles, parce qu'elle était un peu plus grande, plus mince aussi.
Alors voilà pourquoi Bianca, avec sa petite bouille enfantine, avait couru dans le bureau, avait sauté sur les genoux de son père et réitéré sa demande sans gêne aucune.
" Je veux faire du violon, papa ! "
Delia regardait les photos du livre, attendant sans doute la réponse de leur père pour recommencer à rêver en sa compagnie. Mais Bianca voulait de l'attention. Bianca, son kilo en trop et son minois plus enfantin que celui de sa soeur, avait besoin que son papa la trouve intelligente, elle aussi. Elle avait vu sa maman regarder un violoniste jouer sur leur grande télé familiale, et avait décidé qu'elle aussi, un jour, passerait sur cette télé, et qu'elle aurait de jolies tresses, un beau tailleur, comme sa maman, et qu'on la trouverait belle et intéressante comme Delia.
A six ans, Bianca Hoogendijk commença le violon. Elle obtenait toujours ce qu'elle souhaitait. Delia savait bien que leurs parents la préféraient sans doute, et essayait de se rattraper auprès de sa soeur : elle lui prêtait ses jouets et cédait au moindre de ses caprices. C'était pareil pour leur papa. Elle avait vu Wilson lever les yeux au ciel lorsqu'on avait annoncé à la petite rousse qu'elle allait prendre son premier cours particulier dès la semaine prochaine.
Ce mardi de Janvier, Bianca rentra de l'école en jetant son sac sur le sol, et s'assit dans la salle à manger, droite comme un piquet sur la belle chaise en bois, son violon 1/2 flambant neuf déja installé devant elle, prête à accueillir son enseignant, qui ne devait plus tarder.
Delia lui parlait, mais elle n'écoutait pas, s'imaginant d'ores et déjà jouer les plus morceaux classiques d'un son élégant, doux, voluptueux.

Simeon Sherman l'effrayait. Il était doux mais ne souriait pas, et avec ses cheveux gris frisés en bataille et sa taille imposante il ressemblait à un sorcier venu d'un autre temps. Elle n'osait rien dire, parce qu'il avait l'air d'avoir toujours raison. Elle ne trouvait pas la force de réfléchir devant lui, elle se retrouvait sans voix lorsqu'il lui posait une question, aussi simple soit-elle. Il était impressionnant, et Bianca, avant des mois, ne sut pas si elle l'appréciait ou le détestait du plus profond de ses entrailles. Mais une chose était sûre : elle lui en voulait pour se son dégueulasse que son violon sortait à chaque fois que ses petites mains jouaient dessus. M. Sherman, lui, aussi âgé puisse-t-il paraître, lui faisait découvrir des mondes insoupçonnés de la musique. Il était virtuose, connaissait ses morceaux sur le bout des doigts et ... vivait sa musique. Jamais Bianca n'avait vu cela, et elle le jalousa. Lorsqu'elle prenait son violon, elle avait l'impression d'entendre le désagréable grincement d'une porte. Ses doigts étaient lourds et lents sur les cordes, et manipuler son archet faisait souffrir son poignet. Elle se sentait horriblement ridicule, à côté de M. Sherman. Son nouveau super-héros.

Au moins de Juin, alors que M. Sherman lui donnait son dernier cours avant la rentrée de Septembre, Bianca osa enfin parler.
" Monsieur ? Pourquoi, moi, quand je joue, c'est moche, et vous, c'est beau ? "
C'était simple comme question, mais Bianca, souvent, se demandait si c'était normal. Elle avait commencé il y avait de cela six mois, ne devait-elle pas être virtuose, elle aussi, à présent ? Pourquoi jouait-elle encore des méthodes pour débutants, des exercices de sons aussi simples ? Et pourquoi ce son de vieille porte ?
M. Sherman fixa la fillette quelques instants. Elle n'était pas comme les autres. Oh, tous les autres enfants étaient impatients, eux aussi. Mais elle ...
" Le violon est un instrument de musique qui demande énormément de pratique, jeune fille. " Il avait ce ton qu'elle lui connaissait bien : distant mais presque rassurant. " Le son se travaille quotidiennement. La musique, c'est comme une fleur : il faut l'arroser pour la faire grandir. "
Bianca fit une moue, regardant tristement son petit violon sur ses genoux. Elle rétorqua, d'une mine boudeuse, en quittant son enseignant pour remonter dans sa chambre, à l'étage : " C'est si facile de regarder les étoiles ... "

CLAUDE DEBUSSY ;; Violin Sonata
Cet été-là, Bianca sortit son violon chaque jour, des heures durant/ Elle fit ses exercices de son, encore et encore. Dans sa chambre, à l'étage, elle avait arrêté d'écouter les plus grands musiciens en admirant les moulures du plafond, et avait décidé qu'elle serait la musicienne qu'elle voulait être. Comme le monsieur à la télé. Elle révisa son solfège, assise au pied de son lit, des partitions l'entourant. Sa chambre, le soir, était la dernière du grand duplex à s'éteindre. Parfois, elle jouait avec Delia, mais à chaque fois, Wilson venait gâcher la fête. Bianca commençait à haïr Wilson. Il voulait être le grand frère protecteur de Delia, et elle, Bianca, en prenait toujours pour son grade. Pourtant, Bianca aimait Delia, même si leur papa l'aimait plus qu'elle. Elle était gentille, et plus jolie qu'elle. Et puis, il y avait cette étincelle dans ses yeux, dont Bianca était jalouse. Delia était intelligente, calme, rêveuse, solitaire.

Un soir où elle lisait pour la dixième fois la même partition, la petite rousse vit, sous sa porte, des pas se rapprocher de sa chambre. Elle se redressa sous sa couette et entendit la porte s'entre-ouvrir. C'était sa super-héroïne. C'était rare qu'elles se retrouvent seules, alors Bianca sut que ce ne serait pas un soir comme un autre.
Ses cheveux étaient détachés, parcourant ses épaules tels une cascade. Ses yeux clairs n'étaient plus maquillés, mais elle était toute aussi belle.
" Tu continueras demain, Bianca. " fit Anna d'un ton rassurant mais fatigué. Cela faisait des nuits que la petite fille empiétait sur ses heures de sommeil. Mais la réponse de sa fille fut sans appel.
" Mais je veux que tu m'aimes quand je fais du violon. " avait répondu la petite rousse, émue d'avoir sorti ces mots. On ne savait jamais trop lorsqu'elle jouait ses émotions ou lorsqu'elle était sincère, mais devant ces jolies yeux verts emplis de larmes, Anna décida que sa fille souffrait de cette sorte de distance qui les avait toujours séparées.
" Mais je t'aime déja, puce, tu le sais bien. Je suis fière de toi, que tu aies commencé le violon, et que tu t'investisses comme ça. Tu sais, M. Sherman t'apprécie beaucoup. Tu iras loin. Mais il faut que tu fasses un gros dodo, sinon, demain, tu ne seras pas réveillée pour manger les pancakes. " avait fini par rétorquer sa mère du ton assuré qu'on lui connaissait. " Et je t'aiderai demain. "
Et Bianca dix minutes plus tard, s'était assoupie dans les bras de sa maman pour la première fois depuis des années. Elle avait rêvé de violon, de sa si jolie maman super héroïne. Elle ne savait trop comment, ni pourquoi, mais le mur venait de s'effondrer. Et c'était agréable, d'avoir une si jolie et attentionnée maman.

L'été vit se rapprocher les deux Hoogendijk. Anna encourageait sa fille quasi-quotidiennement lorsqu'elle jouait sur son petit violon de débutante. En ses grandes vacances, Bianca progressa énormément. Le son qui émanait de son violon ressemblait de moins en moins à une porte qui grinçait dans un film d'horreur, et ses doigts se faisaient plus légers. Elle vit ses premiers progrès, presque imperceptibles, mais surtout, les sentit. Cela devenait moins douloureux pour ses mains comme pour ses oreilles. M. Sherman avait raison. Alors elle continuerait, jusqu'à jouer comme lui. Avec sa maman comme public, elle ne pouvait qu'y parvenir.

A la fin de l'été, les choses changèrent pour les jumelles. Si elles avaient l'habitude, leur première année d'école, de rester ensemble puisqu'elles étaient dans la même classe, il n'en fut point de même pour leur seconde rentrée. Les vacances étaient finies, mais Bianca continua à travailler d'arrache-pied ses exercices et petits morceaux de violon. M. Sherman la retrouva musicalement transformée. Pourtant, elle était encore loin d'être satisfaite de ce qu'elle faisait. Elle voulait voir les yeux de sa mère briller lorsqu'elle lui jouerait du Mozart.
A l'école, Bianca se différencia de sa soeur. Délia fut plus que jamais mise à l'écart par sa jumelle, qui voulait plus que tout la reconnaissance. Elle en devint populaire et ses caprices détinrent sur sa bande de copines.

" Donne moi ta corde à sauter! " lançait Bianca à Alison Moore lors d'une récréation de dix heures. Alison fronçait les sourcils mais ne bronchait pas davantage. L'on ne pouvait refuser quoi que ce soit à Bianca Hoogendijk. Elle avait de plus en plus d'amis, et lui dire non reviendrait à un suicide social. Avec un soupir, la grande brune d'Alison tendit sa corde à sauter à la rousse qui, tout sourire, lui prit des mains avant de s'amuser de son nouveau trophée.
Délia, elle, était seule à une dizaine de mètres de là, mais Bianca n'en avait que faire. Qu'il était bon, d'être la préférée! Mais ne vous y détrompez pas, lorsque Bianca était lassée de ses jouets, elle allait les donner à Delia, pour qu'elle s'amuse un peu. Mais Delia, sans doute, les rendait-elle à leur propriétaire sans plus attendre.

Les années qui suivirent ne confirmèrent que la tendance relationnelle ui se dessinait pour les deux fillettes. Si Bianca essayait d'accaparer l'attention de Wilson et de leur père, elle avait bel et bien celle de leur mère. Il fallait dire qu'Anna commençait à admirer ce petit bout de fille qui ne lâchait rien à son apprentissage du violon.
Pour ses neuf ans, la petite rousse reçut son second violon. Un beau violon 3/4.
Lorsqu'elle rentra dans la boutique avec sa maman, la petite Bianca avait des étoiles plein les yeux. Des violons, mais aussi des altos, des violoncelles, partout. On était en mars, et des vitres provenaient une lumière printanière, illuminant chacun des bois des instruments avec volupté, les sublimant, quel que soit l'angle de vue de leur observateur.
La petite Hoogendijk s'avança devant sa mère, alors que le vendeur s'adressait à elle. " Que puis-je pour vous? " s'enquit-il, un doux et généreux sourire aux lèves ; le sourire des luthiers.
" C'est pour la demoiselle violoniste. Elle devrait passer en 3/4... "
Le quarantenaire de luthier, avec ses lunettes, baissa la tête vers la rousse, qui eut un mouvement de recul vers sa mère, surprise et intimidée.
Avec un sourire rassurant, il leur fit signe de le suivre. Choisir un instrument était tache ardue et il fallait honorer cette étape du musicien avec patience et grand soin. Ce luthier savait bien que cette belle maman n'était pas venue le voir lui par hasard, elle ne voulait pas de violon 3/4 basique. Elle voulait le meilleur pour sa fille. Et même si, quelque part, cet homme était jaloux de l'attention que la petite rousse réussissait à faire porter sur elle et sa passion d'enfant, il honorerait leur demande avec grande affection.
Ils entrèrent dans une autre pièce. Au milieu se tenait un pupitre qui accueillait plusieurs partitions.
Il mesura le bras de l'enfant, la regarda de haut en bas avec soin, posa quelques questions à Mme Hoogendijk, puis ce fut le moment des premières rencontres.

Au quatrième violon qu'elle essayait, Bianca sentit une connivence les lier. Le son était harmonieux et semblait si aisé à produire! Elle ne forçait sur aucun de ses membres et lorsqu'elle caressa le bois de sa petite main, elle sut qu'elle s'était trouvé un allié, un ami. Devant le silence contemplatif de la petite fille, le quarantenaire parfit les présentations.
" Sandner Sonata. C'est un violon raffiné fait main, table d'épicéa de choix et fond et éclisses en érable ondé dur, filet incrusté fait main, vernis à l'alcool. Touche et chevilles en ébène solide. C'est certain, ce modèle assure une facilité de jeu. "
Bianca, bouche bée, regardait l'homme. Elle ne comprenait pas vraiment tout tout, mais il avait l'air d'essayer de mettre des mots sur ce qu'elle avait ressenti en jouant sur ce petit violon, d'expliquer cette amitié naissante avec des termes barbares dont il semblait avoir le secret.
" Je peux encore jouer dessus ? " finit-elle par demander, sous le regard complice de sa mère. Bien sûr, jeune fille. Je peux revenir quand vous le souhaitez pour vous laisser davantage le découvrir. "
La rousse opina de la tête, le laissa sortir, sortit une partition de son sac d'école, la posa sur le pupitre, leva le minois alors que sa mère faisait quelques pas en arrière pour laisser le duo opérer.
Le Concerto pour Violon n°1 de Bach résonna dans l’exiguë pièce.
Elle fit quelques fautes, ralentit à quelques passages, mais la fluidité avec laquelle elle enchaînait les notes de la mélodie l’impressionna elle-même. Avec ce violon, tout semblait plus facile. Elle se sentait enfin violoniste.

JEAN-SEBASTIEN BACH ;; Concerto pour Violon n°1
" Cordelia, pousse-toi ! " hurla Mark Peterson, petit blond aux yeux marron dans la cour de récréation sans délicatesse aucune. Il voulait jouer au ballon avec ses copains, il avait besoin de place, et tout de suite. La rousse se retourna, des éclairs emplissant son regard clair. " BIANCA ! " lui cracha-t-elle au visage. Mais Mark, comme tous les autres garçons, n'était guère impressionné par la rousse, aussi populaire soit-elle. " Une sorcière ou une autre, pour ce que ça change ... " lança-t-il, faisant rire la galerie autour de lui. Ils étaient cons, les garçons. Bianca, poings fermés, bras tendus le long du corps, sourcils froncés, était allée retrouver Delia. Elles avaient souvent du mal à tomber d'accord sur quelque chose, mais il y avait bien quelque chose qui les faisait toujours se retrouver : cette haine pour ces gens qui les confondaient. Comment était-ce même possible? Leurs tempéraments étaient de loin antagonistes. Là où l'une était populaire, attractive, charmeuse, capricieuse et jalouse, l'autre se révélait solitaire, cérébrale, rêveuse. Et Bianca, infiniment vexée d'être confondue avec sa jumelle, allait chercher du réconfort auprès d'elle. Qu'attendait-elle exactement ? Que Delia lui dise qu'il ne fallait pas qu'elle s'inquiète, qu'elle était plus forte, plus aimée qu'elle ? Elle ne le savait pas trop. Mais Delia savait quoi répondre dans ces cas là, et Bianca partait retrouver ses copines, la tête haute.

Pourtant, c'est à force de remarques désobligeantes de la part de la gent masculine que Bianca comprit qu'elle n'aimait pas les garçons de son âge. Ils étaient bêtes, et cruels. Elle avait l'impression de retrouver plein de Wilson qui lui crachaient leur haine pour sa personne en plein visage, en permanence. Son côté timide l'emportait lorsqu'elle se retrouvait face à des Mark Peterson, avec leurs rires idiots, leurs blagues sottes et leur regard hautain. Elle détestait les travaux de groupe en leur compagnie, elle haïssait réciter des leçons ou autres poèmes au tableau, parce qu'elles sentaient leurs regards dédaigneux. Plus tard, elle ne se marierait pas. Les garçons étaient méchants.
Ses copines, elles, étaient géniales. Elles étaient un peu comme Delia, parce qu'elles aimaient partager avec elle leurs jeux. Mais elles n'étaient pas un clone roux ; Bianca était une copine à part entière, sans qu'on la voie comme "la soeur de Delia".

* * *

Bianca n'était pas une fille banale.
Elle n'aimait pas tous ces trucs qui intéressaient les autres adolescentes de son âge : elle ne trouvait aucun intérêt au maquillage, aux boys bands et autres idoles d'une vingtaine d'années qui étaient censé lui servir de modèle. Des modèles, elle n'en avait pas vraiment. Des certitudes, par contre, elle en avait. A seize ans, elle n'était plus la petite fille de neuf ans.
Elle ne voulait plus être confondue avec Delia.
Elle devenait timide, très timide. L'adolescence et l'assurance grandissante de sa soeur avaient peu à peu raison de sa propre confiance en elle. Elle devenait sa passion : le violon, la musique. Elle ne vivait plus que pour cela. Pourtant, sa mère semblait lassée de l'entendre jouer le soir. Wilson ne vivait plus avec eux depuis un bon temps maintenant, mais Delia n'avait plus besoin de lui pour se défendre. Bianca l'avait inconsciemment compris, et n'embêtait plus sa soeur, ou si peu. Chacune prenait un chemin différent. Delia semblait renfermer en elle une colère et un aplomb dont des années auparavant, on n'aurait pu la croire capable. Bianca, elle, devint plus solitaire, moins audacieuse dans son quotidien.
Elle se rapprocha de sa jumelle. Leurs points communs les rassemblaient, leurs divergences d'opinion les faisait se battre comme jamais ; et pourtant, c'est à leur adolescence que la complicité qu'elles se connaissent aujourd'hui vit réellement le jour. Si elles avaient toujours là l'une pour l'autre, elles l'étaient encore davantage aujourd'hui. Chacune construisait sa propre personnalité ; c'était entendu entre elles : elles étaient des individus singuliers, et c'était ce qui allait permettre leur amitié sans faille. Elles ne se faisaient plus concurrence. Elles s'éloignaient de leurs deux parents, comme le faisaient sans doutes tous les jeunes gens de leur âge. Wilson, lui, semblait rassuré de voir Delia prendre cette assurance, écouter du Nirvana ou du Foo Fighters; Bianca, au contraire, l'inquiéta presque.
Avec son regard émotif, elle avait du mal à faire entendre sa voix aux repas de famille. Elle semblait toujours enfermée dans son univers de musiciens classiques, prête tout pour atteindre la perfection musicale. Elle était élégante, mais son visage transpirait une tristesse et un malaise qu'elle n'arrivait à vaincre. Les maux de l'adolescence peuvent être nombreux et handicapant ; ce fut le cas pour Bianca. Les garçons de son âge ne l'intéressaient toujours pas, les soirées alcoolisées entre potes non plus, la musique à la mode non plus. Elle devint une jeune fille angoissée, complexée, très angoissée. Delia et Wilson étaient présents à la plupart de ses représentations et autres auditions, heureusement, et il n'était pas rare de l'y voir verser une larme avant de monter sur scène. Ses crises d'angoisse se multipliaient. Elle ne savait pas ce qu'elle devenait, ne savait pas ce qu'elle souhaitait être. Mais Wilson, plus que jamais devint le grand frère qu'elle ne pensait jamais avoir eu, la serrant dans ses bras avant de la laisser monter sur scène et s'envoler vers les cieux magiques de la musique qui la faisait tant rêver.

C'était à l'une de ses représentations que son regard fuyant et plus triste qu'elle ne souhaitait le montrer croisa celui d'un homme. Il devait avoir moins de trente ans, et ils se dévisagèrent un moment. Il était bien rasé, ses cheveux courts, bruns, encadraient son visage d'homme. Elle était encore adolescente, et devait avoir l'air bien chétive et juvénile, à côté de lui.
D'un pas lent mais assuré, il s'était avancé vers elle, un petit sourire étirant ses lèvres, alors qu'elle remettait une mèche de ses roux cheveux derrière son oreille. Elle lui avait souri en retour lorsqu'il s'était arrêté à une trentaine de centimètres d'elle. Elle avait levé son visage vers le sien. Il avait complimenté son interprétation de Mozart avec chaleur. Elle n'avait répondu aucun mot, laissant son regard gris communiquer pour elle. Il ne pouvait en être autrement : la jeune fille souriait à ce parfait inconnu.
Delia et Wilson n'étaient sans doute pas loin, mais elle ne les chercha même pas du regard. M. Sherman, aussi, ne devait être guère loin, certainement en train de parler à un autre de ses étudiants. C'était la fin d'une représentation importante, et les enseignants se mêlaient aux élèves, plus ou moins âgés, devant la scène qui les avait accueillis. Les familles traînaient elles aussi çà et là, faisant la rencontre d'autres amateurs de musique.
C'est ce soir-là, au milieu de cette foule d'inconnus qui l'avaient applaudie l'heure précédente, dans sa petite robe rose pâle et argentée, qu'elle rencontra pour la première fois Johann.
Il avait vingt-cinq ans, et était un homme marié, non loin de devenir père pour la première fois. Ils se revirent rapidement. Son regard envoûtait la jolie Bianca, qui retrouvait le sourire grâce à lui. Sa présence la sécurisait, et lorsque par accident, leurs mains se frôlèrent lorsqu'ils voulurent tous deux attraper la même tasse au café où ils s'étaient retrouvés, elle sentit son coeur battre la chamade dans sa poitrine, et le rouge monter à ses joues. Elle allait à peine avoir dix-sept ans, mais était sous le charme de ce jeune homme de huit ans son aîné. Convaincue que ce n'était une attirance qu'à sens unique et étant de toutes façons trop timide, la demoiselle ne tenta rien. Pourtant, un soir d'orage de mai comme ils sont courants à Philadelphie, il lui prêta sa veste. Leurs cheveux furent trempés et ils fermèrent les yeux en courant contre le vent pour se réfugier sous un auvent. Ce fut comme dans les films que ses copines de lycée regardaient; il lui attrapa la main, puis poussa délicatement ses cheveux qui collaient sur sa peau pâle. Johann posa ses lèvres sur les siennes.

PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY ;; Violin Concerto in D major, Op. 35
Lorsqu'elle arriva sur ses dix huit ans, Bianca savait qu'elle allait devoir travailler encore plus dur. Les sélections pour les universités étaient sans appel, et elle voulait faire ses études. Dans la musique. Se perfectionner, obtenir le plus beau des diplômes. Johann l'encourageait. Son beau Johann l'écoutait régulièrement, et son sourire, celui de leur rencontre, restait le même. Pourtant, il était un jeune père, et Bianca, chaque jour, s'en voulait davantage d'imposer cela à sa famille. Si elle avait réappris à s'aimer en sentant les mains de son amant parcourir chaque parcelle de sa peau et l'embrasser fougueusement alors qu'elle osait se donner, entière, à lui, elle ne s'en haïssait que davantage de prendre son père à un jeune enfant, et son époux à une jeune femme qui pensait jamais ne l'avoir perdu.
Et alors que sa relation avec son premier amour battait aussi souvent de l'aile qu'elle était évidente, elle commença les sélection pour rentrer dans les plus grandes écoles et universités pouvant la mener sur les chemins de la gloire et des plus grandes scènes internationales. D'abord, le Curtis Institute of Music et l'Esther Boyer College of Music, parce qu'elles se situaient dans leur ville natale, et qu'elle passait devant depuis qu'elle était une enfant.
Puis elle rêva plus large : Pennsylvania State University School of Music, Southern Methodist University, University of Utah School of Music, University of Washington School of Music, la Colburn School of Performing Arts de Los Angeles ainsi que University of California in Los Angeles. Elle mit toutes les chances de son côté, et pendant des semaines, écuma les Etats-Unis, à sortir son beau violon 4/4, à interpréter son concerto de Tchaikovsky pour éblouir les plus grands enseignants universitaires, à expliquer son amour de la musique et sa dévotion envers elle, à vaincre sa fatigue grandissante et ses crises d'angoisse devant chaque porte enfermant un jury.

Les jumelles obtinrent leur diplôme. Ce ne fut une surprise pour aucun des membres de la famille. Bianca, elle, restait enfermée dans sa chambre, angoissée des réponses à venir des universités et écoles du pays entier. Elle qui s'était tant imaginée grande violoniste reconnue, se voyait déja déchue avant même d'avoir atteint les sommets tant espérés. Elle s'était disputée avec Johann, et Wilson n'était pas à la maison. Il rentrait pour les vacances dans quelques semaines. Delia, elle non plus, ne recevait aucune réponse. Pourtant, elle ne semblait pas aussi anxieuse qu'elle, prenant comme elle le faisait depuis quelques temps déja, le rôle de la grande soeur rassurante.

* * *

" J'ai oublié la crème solaire !! " s'affolait Bianca dans la voiture de ses parents qui venait de quitter le domicile familial. Roderick et Anna Hogendijk, à l'avant de la voiture, calculaient le meilleur itinéraire pour arriver avec le plus d'avance possible. Anna était ferme : les jumelles devaient manger avant de quitter Philadelphie, parce que le voyage serait long. Et puis, on ne savait jamais, avec tous leurs bagages, il en faudrait du temps, à l'enregistrement...
Delia leva les yeux au ciel. Ça ne semblait guère l'affecter, de brûler dès leur arrivée à Los Angeles.
" J'en ai, de la crème ! " répondit sa soeur. Bianca soupira de soulagement, et se mit doucement à l'aise, pour la dernière fois avant bien longtemps, dans la voiture qui les avait vues grandir. Silencieuse, la jeune diplômée regardait une dernière fois la ville de son enfance défiler devant ses yeux. Ils passèrent devant l'Esther Boyer College of Music, qui l'avait refusée. Pourtant, Bianca ne sentit aucun pincement au coeur. Elle voyageait, loin de ses parents, avec sa sœur, sa meilleure amie et confidente.

Dès qu'elles sortirent de l'avion, à 4362 kilomètres de là, les deux rousses comprirent que leur vie allait totalement changer.
Delia sortit son petit tube de crème solaire et en étala une partie du contenu sur sa peau blanche avant de le tendre à sa soeur, qui piétinait d'impatience en attendant ses valises. Il fallait dire qu'elle était excitée. La seule université qui l'avait acceptée était celle de Californie. Le département de musique avait accepté de faire d'elle une parfaite musicienne, soliste elle l'espérait. Bianca avait regardé, encore et encore, la brochure détaillant les cours. Elle avait choisi ses options : performance et direction. Mais en attendant de découvrir le campus qui l'accueillerait des années durant, Bianca devait se rendre, avec Delia, dans leur hôtel. Elles s'étaient promis d'être indépendantes de leurs parents, et même si Wilson leur avait fait maintes et maintes fois comprendre qu'il les aiderait si elles le lui demandaient, les jumelles voulaient se débrouiller, en tant que les adultes qu'elles devenaient.

Une semaine plus tard, Bianca et Cordelia Hoogendijk, ces filles venues de Philadelphie, posaient leur valise dans l'appartement du septième étage d'une immense résidence donnant sur une avenue. La future étudiante déballa ses affaires sur son lit, et entreprit de ranger ses vêtements. Ses deux violons, eux, avaient déja pris place sur des étagères. Il y avait son 4 / 4, sur lequel elle jouait toujours, et son vieux 3 / 4 que sa mère lui avait offert pour ses neuf ans. Il n'était pas rare de voir la rousse s'attendrir devant cet instrument, dont le son était encorz fabuleux et le bois doux et chaleureux. Ce Sandner Sonata qu'avait même admiré M. Sherman lorsqu'elle le lui avait fièrement montré. Lorsque, ce jour-là, elle s'assit sur son lit, son Sandner sur ses genoux, elle repensa avec émotion à M. Sherman. Jamais elle n'avait osé l'appeler par son prénom. Simeon. Ce vieux Simeon, qui l'avait vue grandir, aidée à évoluer. Lui qui n'avait pas cédé à ses caprices lorsqu'elle était enfant, et qui avait su trouver la mesure entre sévérité et bonté. Elle l'avait serré dans ses bras lors de leur dernier cours, et avait même versé une larme. Sans doute ne le reverrait-elle jamais, mais elle savait qu'elle lui devait beaucoup. Il avait toujours été cet ami silencieux, cet allié des désespoirs ; il avait été présent pour son enfance joyeuse, pour son adolescence tourmentée et pour son début de vie d'adulte incertain. Elle lui devait beaucoup...

Au bout d'une bonne demi-heure, elle sortit de sa chambre et retrouva Delia sur leur balcon de poche. Elle aussi avait découvert ses épaules, et remis les lunettes de soleil. On entendant, en contrebas, les klaxons des automobilistes énervés, les moteurs des voitures qui chauffaient; on sentait, au septième étage, la chaleur étouffante qui semblait faire des deux rousses ses détenues.
Bianca sortit une Marlboro de son paquet et l'alluma avant de s'asseoir à côté de sa soeur.

Elle savait que cette colocation serait aussi aisée que compliquée, qu'elles se battraient pour leurs choix musicaux, qu'elles ne s'accorderaient pas sur leur style de vie, sur leurs horaires, sur leurs repas, sur leurs soirées. Qu'il y aurait autant de cris que de rires, sans doute. Que la décoration resterait sans doute neutre pour ne blesser aucun des deux partis. Que Delia râlerait lorsque Bianca travaillerait les morceaux que ses enseignants lui donneraient à travailler.
Mais à ce moment-là, à ce premier moment de quiétude qui les unissait depuis leur arrivée sur la côte ouest, Bianca tourna son doux visage vers celui de sa soeur jumelle, et lui dit simplement, mais humblement, sans doute pour la première fois de sa vie :
" Merci, Delia. "

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Guten Abend, Herr Beethoven, with these words I’ve interwoven inspiration from Moonlight. Since you parted much has changed but your melodies remain like flamingos in full flight, please forgive me and be assured I’m only using all your chords to illustrate that nothing’s ever new — C. Winston.


Dernière édition par Bianca Hoogendijk le Sam 1 Aoû 2015 - 23:10, édité 105 fois
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MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Mar 21 Avr 2015 - 16:00




(suite)

PHILIP GLASS ;; Symphony 3, troisième mouvement
Elles n'en reparlèrent pas. Jamais Bianca ne sut à quel point le sacrifice de sa soeur était immense.

* * *

" Hoogendijk, c'est un pianissimo, pas un piano ! " râla le chef de l'ensemble de cordes. Avec ses cheveux poivre et sel, son regard fatigué et son air à première vue sévère, il lui faisait songer à M. Sherman. La petite vingtaine de musiciens de la pièce devaient produire leur récital la semaine suivante, et l'effervescence se faisait sentir pour les violonistes, les violoncellistes et les altistes. Bianca avait obtenu le solo de violon du troisième mouvement, et malgré son angoisse grandissante à l'arrivée du grand jour, son interprétation semblait appréciée par l'enseignant. Seuls quelques détails étaient encore à travailler.
C'était sa troisième année d'études, et l'étudiante avait appris à aimer l'UCLA. Et parce que Delia enchaînait les petits boulots par amour pour leur vie ensemble, elle ne pouvait que davantage aimer son bonheur de jouer avec des semblables, de partager sa passion avec les plus grands musiciens du moment, d'assister aux plus grands concerts et autres masterclass.

Bianca fit un geste de la tête et replaça son violon.
" Joue-moi tes vingt premières mesures toute seule. Je veux un vrai pianissimo. De la douceur. Un vrai nuage ! Donne-moi du nuage ! " s'exclamait Arthur Collins, violoniste reconnu pour ses interprétations de Mozart, enseignant émérite, mais un peu excentrique dans son genre.
L'archer glissa doucement, presque sensuellement sur les cordes. Assise au premier rang de l'ensemble, la rousse n'avait plus besoin de lire les partitions qui pourtant étaient sagement posées devant elle. Elle connaissait son solo par coeur, parce qu'elle en avait rêvé, l'avait décortiqué, répété maintes et maintes fois, lui avait donné des heures de sa vie. Il était, à sa façon, son enfantement, une partie d'elle qu'elle mettait à nu devant les autres musiciens présents dans la pièce. Chacun avait sa vision du solo qu'il interprétait ; elle avait la sienne. Douce, parfois trop craintive, parfois trop affirmée. Pourtant, M. Collins regardait Bianca avec admiration, comme il regardait nombre de ses élèves. C'était une bonne promotion.
Le chef lui indiquait discrètement le tempo, fermant les yeux pour apprécier à sa juste valeur le phrasé. Son cantabile devait être parfait. Il n'était pas loin de l'être. Bianca finit son solo, levant le regard vers son chef, qui lui fit signe d'arrêter.

" C'est pas mal, Hoogendijk. N'hésite pas à le chanter. N'oublie pas, tu as le contre-chant après, qui va t'aider. Les autres, quand vous entrez, soyez moins brusques, on veut un crescendo, une tempête qui arrive DOUCEMENT, ce mouvement est aérien! Un nu-age! On reprend! "

Tous les musiciens replacèrent leurs instruments. Le morceau sombre et lent commença à se faire entendre, tout en délicatesse, d'abord joué par la partie basse. Les violoncelles et les altos donnaient cette impression de gravité et de profondeur que Bianca aimait écouter à chaque répétition. Les instruments rentraient peu à peu, et cette progression qui avait séduit la jeune femme, la première fois qu'ils l'avait déchiffré. La gorge nouée par le stress, elle commença à jouer sa partie de violon, sous le regard et les oreilles attentifs de M. Collins.
A la fin de la répétition, celui-ci donna ses dernières indications bienveillantes.
" N'oubliez pas, c'est un morceau contemporain. C'est les années 1990, l'orchestre de chambre de Stuttgart. N'oubliez pas ce que je vous jouez, et tout se passera bien. Comme d'habitude, habillez-vous sobrement. Bonne soirée à tous! "

Quelques minutes plus tard, Bianca attrapait son violon, rangé avec soin, son sac en bandoulière, et quitta le bâtiment majestueux du département de musique. Elle s'était habituée à cette grandeur, à ce soleil qui, même à cette heure tardive de la journée, éclairait la verdure du campus. Elle aimait ce qu'elle faisait. Elle en avait rêvé toute sa vie, de ces rencontres, de ces immenses édifices, de ces challenges musicaux, de ces solos, de ces découvertes des périodes de la musique en profondeur. Et malgré la fatigue qui l'accablait, malgré le stress qu'elle ne gérait qu'avec l'aide de substituts médicaux et autres cigarettes, Bianca savait qu'elle était à sa place.

Elle n'était plus avec Johann depuis un moment à présent, mais s'était trouvé, à UCLA, un groupe d'amis solide. Elle était la seule étudiante du département de musique, mais cela ne faisait que lui apporter davantage. Ils étaient une petite dizaine à se retrouver régulièrement dans les bars, et même si Bianca n'était guère adepte des grosses soirées, elle n'était pas contre se réunir autour d'une table pour papoter avec ses amis. Pour une fois, elle n'était pas dans l'ombre de sa soeur et cette dernière n'était pas dans la sienne; chacune avait sa propre vie, mais jamais leur relation n'avait été aussi harmonieuse. Et même si la musique violente de Delia horripilait Bianca, elle savait qu'elle devait beaucoup à sa jumelle ; sans elle, jamais, elle en était bien consciente, elle n'aurait eu le courage de traverser les Etats-Unis pour faire ses études à Los Angeles.

L'année suivante, elle se spécialisa dans la direction d'orchestres. Elle multiplia les récitals avec différents ensembles, dans différents endroits - des universités, des églises! M. Collins l'introduisit à différents professionnels de la musique ; elle commença à voyager pour découvrir d'autres lieux mythiques de la musique. Elle donna des concerts dans d'autres villes, on la félicita pour ses interprétations de Glass, de Beethoven, de Debussy, de Bach, de Schubert, de Scriabin, de Vivaldi, ....de Mozart.

WOLFGAND AMADEUS MOZART ;; Concerto pour violon n°3
Elle venait de finir se rédiger son essai, essayant de rassembler toutes les connaissances qu'elle avait emmagasiné au cours des ans, tout en y mettant sa touche personnelle, ses interprétations, sa vision de la musique, une partie de ses rêves aussi. Son oral avait lieu quelques jours plus tard, et elle angoissait depuis bien une semaine de ne pas choisir les bons mots par crainte de ne pas savoir quoi répondre, de ne pas être à la hauteur.
Mais ce qui, sans doute, l'empêcha de dormir des jours durant, fut la simple pensée de ce récital final. Il avait lieu devant un prestigieux jury, sans doute plus impitoyable encore que ceux auxquels elle avait eu affaire depuis son arrivée à UCLA. Comme toujours, c'est sombrement vêtue qu'elle s'était rendue à ce récital. Elle avait délicatement posé son violon sur son épaule, et avait entamé son interprétation de l'Adagio du concerto pour violon n°3 de Mozart. Elle tenta de se souvenir des moindres remarques de M. Collins. Delia devait encore entendre l'air du second mouvement à leur appartement, comme un fantôme qui ne voulait plus quitter les pièces que les jumelles habitaient. Bianca, elle, était certaine qu'elle ferait de fausses notes, qu'elle oublierait des nuances, se tromperait de tempo, que ses doigts tremblerait et que l'archer crapoterait sur les cordes. Elle se voyait déja expliquer à ses parents pourquoi ils devaient l'aider à payer une année de plus à l'université, pourquoi elle avait été une fille si indigne, pourquoi elle n'avait pas pu rendre leur mère fière jusqu'au bout de sa démarche de musicienne professionnelle.

Elle joua. Les sept minutes et quelques de ce deuxième mouvement furent sans doute les plus longues comme les plus courtes de sa vie. Alors que les premières notes firent monter les larmes aux yeux de l'étudiante, tétanisée par la peur et plus que jamais fébrile, la suite se fit presque évidente. Elle en ferma les yeux. Elle ne voulait plus voir cette partition dont ses propres annotations cachaient presque les portées. Elle voulait oublier le monde sensible, la réalité qui l'entourait. Ces hommes et ses femmes qui ne souriaient pas, derrière leur table, dans cet énorme amphithéâtre qui accueillait tant d'étudiants depuis le début de la soirée. Elle savait que, quelque part, dans cette salle, il y avait ses amis, il y avait Delia. Eux aussi, elle voulait les oublier. Elle voulait oublier qu'ils jugeraient ses cinq années de labeur sur ce qu'elle arriverait à faire ces sept minutes durant. Elle voulait oublier l'absence de sa mère, et de son père.
Elle aurait voulu jouer le troisième mouvement de la troisième symphonie de Glass. Ce premier solo qu'elle avait eu l'occasion de jouer autant de fois, celui qui l'avait tant réussi, et qu'elle connaissait encore sur le bout des doigts. Elle aurait voulu montrer davantage que du Mozart, cet air entendu, trop connu, inratable au risque de devenir la violoniste à éviter.
Pourtant, elle savoura ces instants avec son violon. Tout à coup, il n'était plus ce meilleur ennemi qui lui donnait tant de fil à retordre à la maison ; il devenait son allié, son complice sur scène. Elle apprécia le toucher des cordes et de l'archer, sentir le contact du bois sur sa joue. Les yeux fermés, elle vécut dans l'esprit du compositeur autrichien durant sept minutes. La mélodie de l'Adagio parcourut les veines de la jeune femme telle une drogue, sa respiration se mit au rythme des phrasés et des mesures.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, son coeur battait la chamade. Sa partition n'avait pas bougé, et le silence régnait dans l'amphithéâtre. Les pieds parallèle, figés, et son violon serré contre sa poitrine, la rousse ne savait que faire. Sa robe, moulante, commençait à l'empêcher de respirer profondément. Toutes ses peurs refaisaient surface alors qu'elle croisait le regard des membres de son jury, et de cette foule assise derrière eux. Les lumières, agressives, étaient braquées sur elle, et elle fit tout son possible pour ne pas finir en pleurs devant ces inconnus, qui les fixaient, comme effarés, elle et sa robe élégante, mais si serrée.
Un homme du jury se leva soudainement. Son regard se perdit dans le sien. Bianca ne bougeait plus d'un poil, n'osait même pas tendre le bras pour récupérer sa partition. Il ne réagit pas tout de suite. Déja, la violoniste l'imaginait : C'est inadmissible. Comment avez-vous fait pour arriver jusqu'à votre cinquième année à UCLA ? Retournez à Philadelphie, trouvez un job de serveuse! .
Et alors qu'elle s'imaginait les pires scénarios possibles, l'homme, lui, serein et élégant dans son costume, leva doucement ses mains et se mit à applaudir.
Les autres membres du jury - une jeune femme aux cheveux blancs, un homme en surpoids et au regard rassurant, et un jeune trentenaire aux airs de petit prince-, et les inconnus qui formaient une armée derrière eux, se mirent debout et le suivirent.
Jamais Bianca Hoogendijk n'avait été applaudie de la sorte.

Elle salua timidement, reprit sa partition, et, sur le côté de la scène, éclata en sanglots dans les bras de sa soeur.

* * *

" Non, Andre. Regarde bien. Il est où, le La ? "
Le petit Andre regardait sa professeure. Avec ses cheveux couleur feu, ses yeux clairs et sa peau blanche malgré le soleil d'Huntington Beach, elle ressemblait à une poupée. Elle avait vingt-cinq ans tout au plus, et elle était impressionnante. Elle lui sourit. " Non, le La, tu le trouveras sur ta portée, pas sur mon nez. Regarde... " Elle tendit son stylo, montra la ligne du sol, puis la clé au début de la ligne de portée. " On appelle ça une clé de sol, parce qu'elle commence sur la ligne du sol, la deuxième en partant du bas. Tu connais ta gamme ? " Le petit garçon regardait maintenant la feuille, sous son nez, et la main de musicienne de Mlle Hoogendijk. " Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do?" répondit-il. Il avait à peine 6 ans, et voulait commencer le violon. Bianca ne pouvait s'empêcher d'être attendrie par ce petit garçon. " Voilà, donc, ton La ... " " Il est là !!! " s'exclama Andre en montrant l'espace au-dessus de la ligne du sol. Bianca lui sourit. " Voilà ! Alors maintenant, joue-moi cet exercice. "

Après ses études, Bianca et sa soeur jumelle avaient déménagé. Elles étaient restées en Californie, mais avaient changé de vie. Bianca avait dans un premier temps habité dans l'appartement de sa soeur, puis avait trouvé son propre chez elle. C'était la première fois qu'elle n'étaient pas sous le même toit, mais cela n'empêchait pas les deux Hoogendijk de rester aussi proches. Leurs chemins étaient bien différents, mais elles se complétaient.
La musicienne donnait des cours dans une école de musique reconnue à Huntington Beach. Elle enseignait à des Andre, à des M. Sherman et M. Collins en devenir. Elle donnait, de temps en temps, des concerts, ci et là. Son interprétation de Mozart, à son récital final, avait fait mouche, et on l'appelait pour participer à des événements. Elle commença à traîner dans quelques soirées mondaines de Los Angeles, les weekends, pour s'établir un carnet d'adresses.

Ce vendredi soir, lorsqu'elle passa le pas de la porte de son appartement de Pacific Lane, non loin de celui de sa soeur, elle s'empressa de se faire à manger. Encore une fois, ce serait un repas sain, bio, sans gluten et autres saloperies. Elle s'alluma sa Marlboro en attendant que ses légumes cuisent, se servit un verre de vin, avala ses cachets avec sa première gorgée, alluma quelques bougies puis alluma sa chaîne Hi-Fi pour écouter les Quatre Saisons de Vivaldi.
Son salon était spacieux. Des reproductions de tableaux impressionnistes décoraient la pièce claire et accueillante. La nuit tombait doucement sur Huntington Beach. Le vent marin souffla sur son visage lorsqu'elle sortit sur son balcon, verre de vin et cigarette à la main. Elle devait se dépêcher, la soirée allait bientôt commencer, elle le savait, mais c'était son seul moyen de détente avant de ressentir de nouveau cette angoisse paralysante angoisse.
Après son repas, elle appela Delia, comme elle le faisait bien souvent.

La jolie rousse entra dans le salon privé de cet hôtel. Elle était à présent entourée de musiciens de renom, de chefs d'orchestres : beaucoup de modèles pour Bianca. Habillée d'une robe claire, coiffée avec élégance, et avançant avec une assurance qu'elle semblait avoir travaillée depuis sa performance à son récital final, des mois auparavant, dans cette même ville, la jeune femme sourit à un homme qu'elle connaissait bien. Elle l'avait revu plusieurs fois depuis cette encensée interprétation de Mozart, et avait tissé des liens avec. Ces soirées mondaines, elle les passait d'ailleurs en grande partie avec lui. Elle passa celle-ci en sa compagnie, à parler musique, et tant d'autres choses, à rencontrer de nouveaux musiciens, directeurs d'opéras, compositeurs, étudiants en musique, enseignants, docteurs en musicologie ou anthropologie de la musique, à fumer quelques cigarettes, boire des verres de vin, parler en choisissant chacun de ses mots de sa voix douce pour faire bonne impression, sourire.

C'était à cela que le quotidien de Bianca se résuma jusqu'à ses vingt-neuf ans.
Faire bonne impression, sourire avec délicatesse à une vie qui ne lui plaisait pas autant qu'elle l'aurait imaginé. On l'avait tant applaudie, à son récital final, qu'elle s'était surprise à rêver de nouveau des tresses et des tailleurs élégants de sa mère. Du regard que celle-ci aurait pu lui porter, rempli d'étoiles, si elle avait fait davantage que de jouer dans des opéras, par ci, par là, sur commande, une fois par mois. Elle était à présent plus professeure que musicienne, et avait l'air fatiguée de sa vie. Ses anti-dépresseurs étaient ses béquilles du quotidien, elle fumait de plus en plus. Pourtant, elle était l'une de ces femmes fortes que l'on admire, capable de grandes choses, toujours distinguée et raffinée, que l'on savait brillante et plus pensive que bavarde.

JOHANNES BRAHMS ;; Violin Concerto in D major, Op. 77
Chicago. Nous sommes en 2009. Bianca approche de la trentaine. Élégamment et sobrement vêtue, ses cheveux retenus en une jolie tresse de déesse, des talons mettant en valeur sa silhouette, la jeune femme s'accroche à son violon comme à une bouée de sauvetage. Autour d'elle, il faut bien l'avouer, c'est un peu la cohue. Mais elle ne fait plus attention à ce monde qui court autour d'elle. Elle a fumé sa cigarette devant l'entrée des artistes et est remontée dans les antres du Lyric Opera of Chicago. Cet édifice l’impressionne plus que la plupart dans lesquels la jeune femme a eu l'occasion de donner une représentation. C'est ici que Maria Callas a débuté sa carrière, c'est l'endroit que la célèbre imprésario Carol Fox a choisi comme terrain de jeu dès les années 1950. Bianca se sent comme une enfant qui dérange les adultes. Elle ferme les yeux, sentant les autres musiciens de l'orchestre l'entourer peu à peu, parler à voix basse, puis se taire, attendant eux aussi le moment qu'ils redoutent autant qu'ils espèrent.
Ils avancent vers les coulisses les plus proches de la scène. La troupe devient silencieuse. Bianca tremble comme une feuille. L'orchestre monte sur scène. Le chef d'orchestre les suit. C'est un tonnerre d'applaudissements qui accueille l'ensemble. Bianca, elle, toujours en retrait, avale difficilement sa salive. Elle ne saurait pas si Delia avait fait le déplacement, ce soir là. La salle est si grande! Alors qu'elle admire cet opéra, magnifique dans son immensité et son architecture, avec ses balcons royaux à en couper le souffle, avec ses lumières venues d'un autre temps, avec ses moulures dorées, ses arcs au plafond, et son acoustique exceptionnelle, la rousse se sent perdue. Que fait-elle là, au juste ? Peut-être la vie d'enseignante à Huntington Beach était tout ce dont elle était capable. Pourtant, Wilson lui a envoyé un message, quelques minutes auparavant, y faisant transparaître tout son amour pour sa petite sœur et le travail qu'elle accomplit depuis sa plus tendre enfance.
Mais elle n'a guère le temps de songer davantage aux déceptions de sa vie, à l'amour qu'elle aussi porte pour son frère, à la présence éventuelle de sa chère Delia, ni même à M. Sherman ou M. Collins avec ses nuages. Elle doit monter sur scène. Tendant le pied droit avec le plus grand soin, c'est lui qu'elle pose le premier sur cette gracieuse scène. Intimidée, elle essaie de ne rien laisser transparaître alors qu'elle s'avance en son centre. Le chef la regarde. Tous la regardent, elle le sait, elle le sent. Elle, elle baisse les yeux sur sa partition. Place son violon.
Johannes Brahms. Le concerto pour violon en ré majeur.
Elle l'a travaillé. Elle en connait les moindres recoins : les variations de tempo, les montées chromatiques, les appogiatures, les altérations à la clé, les altérations accidentelles. Mais elle sait bien que les émotions ne se travaillent pas. C'est ce qu'elle aime, autant qu'elle hait, dans la musique.
Les larmes lui montent doucement aux yeux. Elle va jouer un solo devant une salle comble, avec un orchestre philharmonique comme accompagnement. Cela faisait longtemps, trop longtemps, ou peut-être pas assez. Peut-être n'en est-elle plus capable...

Jouer quarante minutes devant des inconnus restait une épreuve pour la quasi-trentenaire. C'était donner une partie de soi, de son ressenti, de son passé, de ses espoirs, de ses craintes. La musique était les mots que Bianca n'arriverait jamais à dire, des craintes qu'elle n'avouerait jamais, de l'absence d'une mère qu'elle essayait de combler. La musique était son échappatoire autant qu'elle était une extension intouchable de son être. Elle était celle qui faisait briller les larmes autant que les étoiles dans ses yeux. Le violon, son ami, son confident, son messager, son allié. Alors, une fois de plus, ses craintes de ne pas être à la hauteur s'envolèrent. Et alors que ses talons commençaient à lui faire mal au pied, son esprit s'était envolé bien loin de son enveloppe corporelle. Elle ne voyait plus que les lignes de portées, les gestes, au loin, du chef d'orchestre. Elle entendait l'accompagnement, ces collègues qu'elle connaissait si peu mais qui apportaient tant au son de son violon.
Les quarante minutes passèrent. Bianca fut une autre femme ; elle devint expressive ; triste lorsque cela était nécessaire, plus hargneuse lorsque la musique le demandait. Elle était une esclave au service de sa passion, elle n'était plus rien.
Et lorsque ce soir là, elle leva les yeux pour saluer son public, elle ne pleura pas. Elle chercha Delia du regard, mais c'est une salle comble qu'elle trouva. Des balcons anciens, les fantômes des plus grands musiciens la saluaient. Sa gorge se serra. Elle rapprocha son violon de sa poitrine, et remercia Johannes Brahms d'avoir composé le chef d'oeuvre qui lui avait permis de devenir Bianca Hoogendijk, grande violoniste, le temps d'un soir, au majestueux Lyric Opera de Chicago.

Une heure plus tard, dans sa loge, Bianca était en train de téléphoner à sa soeur. Elle était seule à Chicago, et avait besoin de réconfort. Delia n'avait pas pu faire le déplacement, Wilson ne répondait même plus à ses messages. Mais la rousse raccrocha presque aussitôt en voyant un visage familier passer l'encadrement de la porte.
" M. Collins !! " s'exclama-t-elle, surprise de voir son ancien professeur de fac lui rendre visite. Elle s'approcha de lui, ne sachant trop quelle attitude adopter face à lui, cet homme vieillissant mais toujours aussi dynamique et souriant. " Hoogendijk! C'était majestueux, ma chère ! " Il la serra dans les bras, et elle se laissa timidement faire. " Hoogendijk, je me souviens de ton problème avec les nuages. Tu m'as donné de vrais nuages, ce soir ! Félicitations ! "
De la part de M. Collins, Bianca savait la valeur de ces quelques mots. Elle lui sourit, émue. " Allons jeune fille, tu ne vas pas pleurer. Je vais te présenter un ami à qui tu as beaucoup plu! "
Ils sortirent ensemble de la loge.
C'est ainsi que dans les méandres des luxueux couloirs de l'opéra de Chicago, en fin de soirée, Bianca Hoogendijk rencontra le directeur exécutif du LACO. M. Collins expliqua à cet homme à quel point Bianca était avide de travail, ses résultats aux examens d'UCLA, les options qu'elle avait choisies. Elle fut impressionnée par la mémoire de son ancien professeur, mais ne dit rien, paralysée par la présence du producteur exécutif.
C'est ainsi que dans les méandres des luxueux couloirs de l'opéra de Chicago, en fin de soirée, Bianca Hoogendijk se fit offrir son premier poste de chef d'orchestre de chambre, parmi les plus grands. Elle retournerait travailler à Los Angeles.

* * *

Toute sa famille était rassemblée dans le salon. Delia discutait avec leur père, tandis que Wilson pianotait sur son portable. Anna, elle, faisait face à une Bianca rêveuse et bien silencieuse.
" ... non, vraiment, je suis contente de la tournure des choses niveau professionnel. J'ai passé un cap, la direction est vraiment au top ! "
Bianca n'écoutait plus. Elle était heureuse de voir le visage de son frère. Ils se voyaient très peu, mais avec Delia, il était son plus grand soutien, son pilier. Elle avait souhaité fêter son nouveau poste avec tous les Hoogendijk, et était heureuse de voir tous les membres se retrouver.
Elle ne nota que passivement l'absence d'égards de la part de sa mère quant à ce rêve d'enfant réalisé. Elle fit un geste de la tête à Anna, et fit signe à son frère de venir l'aider à la cuisine.
Lorsqu'ils se retrouvèrent enfin tous les deux, elle le serra dans ses bras.
" C'est si bon de te voir, Bianca. " lui fit-il avec affection. Leurs relations, depuis leur enfance, avait bien changé. Il s'était épris d'un amour bienveillant envers la jumelle de Delia, qui s'était révélée plus fragile qu'ils n'auraient pu tous l'imager lorsqu'elle était petite. " Ne fais pas attention à maman. Je suis sur qu'elle est fière de toi. " Il déposa un baiser qui se perdit dans ses cheveux roux, puis regarda la volaille cuire dans sa moutarde douce. Le riz, à côté, travaillait discrètement dans sa casserole. " Delia va vouloir du ketchup! " remarqua-t-il avec un sourire. Bianca avait de la pratique au niveau des habitudes culinaires de sa soeur, mais elle n'en démordrait pas. " Tu sais tout ce qu'il y a, comme saloperies, dans le ketchup ? "
" Mais c'est trop bon, le ketchup! Tu vas mourir sans connaitre le plaisir du ketchup !" entonna la deuxième jumelle en arrivant elle aussi dans la cuisine.
Bianca leva les yeux au ciel.
" Peut-être, mais au moins, je vivrai plus longtemps que toi ! "
Wilson ne put s'empêcher de sourire devant la dynamique qui animait la relation des jumelles. Après un regard attendri, il partit retrouver ses parents dans le salon de sa soeur. Peu de temps après, les trois enfants et les deux parents étaient attablés. Bianca jeta un bout de sel par-dessus son épaule.
" Bianca, c'est sympa, ton délire bio et tout, mais tes huiles essentielles, là, ça sent un peu fort, non ? " tenta Anna. Roderick lui lança un regard empli d'émotions contradictoires, puis ajouta aux dires de son épouse : " Mais fais comme tu veux, c'est chez toi! "
Bianca ne répondit rien, avala quelques cachets avec une gorgée de vin, puis commença à manger ses endives. En face d'elle, Delia semblait plus réticente.
" J'ai visité une maison à Palm Avenue, je pense que je vais la prendre. Je regarde aussi les apparts à Los Angeles. "
Delia et Wilson semblaient intéressés. Anna, elle, avait le regard baissé sur ses genoux : sans doute un message important devait-il l'occuper.
" Oh, tu nous montreras tout ça, Bianca ? " tenta Roderick. La musicienne lui fit un sourire reconnaissant, et acquiesça de la tête.

* * *

Bianca Hoogendijk finissait de placer la belle tresse rousse à l'arrière de sa tête devant le miroir de sa loge. Sa robe droite et sobre était impeccable? Le collier qui ornait son cou était assorti à ses yeux, embellis par un trait d'eyeliner.
Du pied droit, comme à chaque fois, elle monta sur scène. Elle sentit des frissons parcourir son dos alors qu'elle entendait les applaudissement. Elle se retourna, sourit timidement au public, la gorge serrée, puis fit face à l'orchestre de chambre.
Elle leva les deux bras, de chaque côté, tapa le rythme de son pied, puis lança la musique.

C'était sa première en tant que chef d'orchestre. Dans la salle, elle sentit la présence de sa soeur et de son frère, sentit l'absence de sa mère.
Bianca avait une magnifique tresse, une robe élégante.
Et Bianca dirigeait cet orchestre.
Elle baissa les bras, battit les mesures. Les premiers instruments commencèrent à jouer.
Mozart résonna dans la salle. M. Collins, au premier rang, sentit les nuages qu'il aimait tant. Delia, plus loin, devait déja être en train de fermer les yeux par ennui, mais restait sans doute le plus grand soutien de Bianca. Wilson, à ses côtés, était sans doute en train de sourire, fier de sa petite et attendrissante soeur.

Et Bianca, elle, parmi tant d'autres musiciens, refaisait vivre Mozart.

Dans quelques années, elle aurait tente-cinq ans. Elle monterait sur scène de son pied droit.
Bianca aurait une magnifique tresse, une robe élégante.
Et Bianca dirigerait encore cet orchestre.
Elle baisserait les bras, battrait les mesures. Les premiers instruments commenceraient à jouer.
Mozart, ou Brahms, ou Glass résonnerait dans la salle. Et elle aurait lancé la musique.


2 / 2



Derrière l'écran :

Coucou tout le monde, je débarque sur H.B alors que personne ne me connaît alors autant faire les choses bien non ?! Tout d'abord il faut savoir que dans le monde des forums mon pseudo est bemolle, tandis que mon prénom est mon prénom. Je suis âgé(e) de un quart de siècle et je vis actuellement du côté de Gallifrey. Ce que je fais dans la vie ? ça ne vous regarde pas :p Passons aux choses sérieuses, j'ai connu ce forum sur un ordinateur, ma première impression en le voyant a été coucou !. Côté rp je vous préviens que mes fréquences de connexion seront de 5/7 et que mon niveau rp est de 1500 mots environ, mais ça dépend (1000 mots min.). Concernant mon personnage j'ai choisi Bryce Dallas Howard comme célébrité, pas mal non ? Si vous avez bien lu ma fiche vous savez d'avance que je choisi U can't buy hapiness comme groupe ! Au fait j'allais oublier le code du règlement je le connais et il a été validé par Neela. A bientôt sur le forum ♥

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    Dernière édition par Bianca Hoogendijk le Dim 2 Aoû 2015 - 0:41, édité 29 fois
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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Mar 21 Avr 2015 - 16:00

      +1, on sait jamais, je peux être pipelette (aa)

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Mar 21 Avr 2015 - 16:41

      Bienv'nue belle gosse

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Mar 21 Avr 2015 - 16:50

    Bon courage pour cette nouvelle fiche

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Mar 21 Avr 2015 - 18:19

    Bonne chance pour ta fiche

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    La passion est un feu si ardent que même un fois éteint, il nous habite encore longtemps. C'est une pulsion si puissante qu'elle nous pousse dans les bras d'amours improbables. C'est une sensation si bouleversante qu'elle peut briser les murs que l'on avait érigés pour protéger notre coeur. C'est un sentiment si intense qu'il refait surface malgré les efforts déployés pour l'enterrer. Oui, de toutes les émotions, la passion est celle qui nous donne une raison de vivre, et une excuse pour commettre toute sorte de crimes.(desperate housewives)
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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Mar 21 Avr 2015 - 21:38

    yo

    re-bienvenue et bonne chance pour ta fiche !
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    Bianca Hoogendijk
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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Mer 22 Avr 2015 - 10:47

      Hihi merci à touuuuuuuus :#21:


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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Mer 22 Avr 2015 - 16:46

    rebienvenuuuuue
    Bryce on la voit pas assez sur les forums!

    Hâte de voir ce que tu vas faire de ton personnage!
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    Bianca Hoogendijk
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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Jeu 23 Avr 2015 - 12:12

      Ooooh :#21: Oui, je suis tellement d'accord, on ne la voit vraiment pas assez sur les forums !
      Merci en tout cas !

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Lun 1 Juin 2015 - 20:07

    Parce qu'on a toujours besoin d'encouragement tardif.

    Surtout quand on souhaite se faire appeler "tamèreenstringléopard" (putain, ÇA c'est du nom d'artiste comme je les aime!)

    You got this, bitch!!
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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Dim 14 Juin 2015 - 11:31

      Ouais, tout est dans la communication et le marketing de nos jours, j'ai du sacrifier ma dignité

      Merci en tout cas hihi!

      J'essaie de vite finir ma fiche malgré mes soucis d'ordi, promis :-)

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Sam 18 Juil 2015 - 21:02

      Un DP pour prévenir que je vais sans doute finir ma fiche d'ici peu (d'ici fin juillet je pense, a priori, j'espère ). Avec mes soucis d'ordi, c'est compliqué de me poser pour me concentrer sur une fiche entière (déja pour rp ...), mais je ne l'oublie pas, loin de là, et elle sera bientôt toute prête, toute neuve, et Cordelia va avoir sa sister !

         

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Sam 18 Juil 2015 - 21:14

    Je t'accorde donc un délai jusqu'au 31 juillet 2015 :)

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Sam 18 Juil 2015 - 21:26

    courage avec ton ordi et faut profiter des soldes tant que tu peux encore pour en avoir un tout neuf

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Lun 27 Juil 2015 - 21:18

    Tu sais ce qui arrive quand on se laisse désirer aussi longtemps ?

    Y'a des gens qui partent des rumeurs....

    Pas moi, hein ? Mais des gens...
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    Bianca Hoogendijk
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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Lun 27 Juil 2015 - 22:09


      Keith A. Williams a écrit:
      Tu sais ce qui arrive quand on se laisse désirer aussi longtemps ?

      Y'a des gens qui partent des rumeurs....

      Pas moi, hein ? Mais des gens...

      Oh God    Je viens de me taper un de ces fou rires !
      Oui oui, elle avance ma Bianca, ne t'inquiète point choubidou !
      (en fait, mon vrai nom c'est Steve!)


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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Lun 27 Juil 2015 - 22:12

    AHAHAAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH

    OMG OMG OMG !!!!

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Lun 27 Juil 2015 - 22:15

      @Adèle K. Sorrow a écrit:
      AHAHAAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH

      OMG OMG OMG !!!!

      Ca résume bien l'état d'esprit, oui

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Lun 27 Juil 2015 - 22:20

      En fait, Cordelia a un frère jumeau ?

      Corbeau, corbeau, où es-tu ?

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Lun 27 Juil 2015 - 22:27


      @Ally N. Fleming a écrit:
        En fait, Cordelia a un frère jumeau ?

        Corbeau, corbeau, où es-tu ?

      Laisse-moi finir ma fiche avant de trouver mon secret, tu seras mignonne...

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Lun 27 Juil 2015 - 22:29

      @Bianca Hoogendijk a écrit:

        @Ally N. Fleming a écrit:
          En fait, Cordelia a un frère jumeau ?

          Corbeau, corbeau, où es-tu ?

        Laisse-moi finir ma fiche avant de trouver mon secret, tu seras mignonne...

      Bah du coup c'est pas moi qu'il faut remercier

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Lun 27 Juil 2015 - 22:35

      Keith s'est trompé, je m'appelle pas Serge, c'est trop moche Serge! Moi c'est Steve!


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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Mar 28 Juil 2015 - 1:08

      Bon bah c'est toi qui viens de te griller comme une chipo sur son barbecue, alors...

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    MessageSujet: Re: FINIE {{ BIANCA ;; Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé.   Mer 29 Juil 2015 - 17:35

      C'est bon les chipos.
      ( ma fiche avance, si si les amis, peut-être y passerai-je même la nuit !)

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