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 {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}

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Cordelia Hoogendijk
lama ninja en formation secrète


› MESSAGES : 914
› EMMENAGEMENT LE : 21/04/2015
› AGE : 37
› STATUT CIVIL : Amoureuse de James Bond. Donc ouais, célibataire.
› QUARTIER : Pacific Lane
› PROFESSION/ETUDE : Propriétaire du stand de tir d'HB. Passionnée d'astrophysique, rêve abandonné.
› HB AWARDS : Nada.
› DOUBLE COMPTE : Ally N. Fleming & Hazel Karstark & Beth Wilkerson
› CELEBRITE : Jessica Chastain
› COPYRIGHT : Avengedinchains ♥


MessageSujet: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mar 21 Avr - 16:22


Cordelia Hoogendijk
« Be sure you put your feet in the right place, then stand firm. »


NOM : Hoogendijk PRÉNOMS : Cordelia SURNOMS : Delia AGE : 35 ans DATE DE NAISSANCE : 20 mars 1980 NATIONALITÉ : Américaine, née à Philadelphie SEXUALITÉ : Hétérosexuelle SITUATION AMOUREUSE : Célibataire EMPLOI/ETUDES : Propriétaire du stand de tir de Huntington Beach NOM DU QUARTIER : Pacific Lane  ANIMAUX DE COMPAGNIE : un chien-loup demoiselle répondant au doux nom de Spirit (elle se voyait mal appeler son chien Opportunity -faites vos recherches) CHIFFRE PORTE BONHEUR : Genre un chiffre peut porter bonheur... encore des idées de sa sœur, ça.


Sociable, Delia l'est à 2000 %. Elle ne connaît que rarement cette gêne qui est le quotidien des timides, non, elle, elle est à des années lumières de ce genre de réactions. La solitude, d'ailleurs, est l'une de ses plus grandes peurs. Elle n'aime pas rester tranquille, et le calme est sans doute ce qui l'angoisse le plus plus au quotidien. Même lorsqu'elle est chez elle, elle ne peut pas fonctionner sans un bruit de fond rassurant ; une télé qui ressasse les informations de la journée ou raconte les aventures d'un flic mal luné ; une chaine hi-fi qui balance des musiques tonitruantes à travers tout son appartement, voilà ce qu'elle aime. Mais par-dessus tout, ce qu'elle aime, c'est être entourée, même de gens qu'elle n'aime pas. Elle aime parler, débattre, et même s'engueuler. Elle aime avoir à démontrer son point de vue, elle aime prouver à quelqu'un par a + b qu'il est un débile fini et qu'elle a raison, et elle aime le faire avec un whisky sec à la main. Au contraire, la solitude lui pèse très rapidement, et ce malgré tous les moyens qu'elle met tout oeuvre pour que ça ne soit pas le cas. Elle préfère se considérer comme quelqu'un d'affirmé, quelqu'un de sur de soi, que de douter de tout. C'est sans doute l'âge qui l'a apporté cette maturé ; avec le temps, elle appris à accepter celle qu'elle était, ce dont elle était capable et ce qui relevait de la science-fiction, ce qu'elle était capable de vivre et ce qui lui était insurmontable. Elle ne cherche plus à affronter la vie comme elle l'a autrefois fait : les montées d'adrénaline sont bonnes pour les petits jeunes, mais elle, elle a passé ce cap depuis bien longtemps, sans toutefois ressentir le besoin de se fondre à la masse des trentenaires. Elle n'a pourtant pas pour caractéristique celle de se faire remarquer partout où elle passe. Elle sait se faire discrète face aux inconnus, et elle sait s'imposer face à ceux qu'elle considère le mériter, mais elle n'est pas du genre à vouloir être remarquée au milieu d'une foule d'inconnus, bien au contraire. Ce trait de caractère lui vient sans doute de son éducation carrée et structurée, et il est accompagné d'une sophistication de laquelle elle n'arrive pas à rester éloignée trop longtemps. Elle aime son petit confort sans pour autant prêter une importance quelle qu'elle soit à ce que l'argent pourrait lui apporter. Cordelia n'est pas une adepte des relations dans leur ensemble : qu'il s'agisse d'amitiés ou de relations amoureuses, elle n'a jamais particulièrement couru après. Si quelqu'un de bien se présente à elle, elle reconsidérera la chose sans aucun soucis, mais cela n'a jamais été sa priorité. Elle aime avant tout être bien entourée, et tant pis si les personnes qu'elle laisse rentrer dans sa vie peuvent se compter sur les doigts de la main d'un lépreux. Elle aime bien présenter et est propre sur elle la grande majorité du temps, ce qui lui a d'ailleurs valu des surnoms plus ou moins bienveillants de la part de son staff au stand de tir. Très terre à terre pourtant, Delia a ce côté ferme et autoritaire qui fait d'elle une très bonne gérante et manager. Une de ses seules capacités qu'elle a réussi à déterminer et à utiliser pour vivre, d'ailleurs. Elle ne croit à aucune religion, au plus grand désespoir de ses parents, qui sont de fervents héritiers de Néerlandais catholiques; mais elle ne croit pas plus aux superstitions, aux coups de foudre, à la chance ou aux rêves. Le monde est cruel, c'est un fait, et chacun doit savoir tirer le meilleur de lui-même pour s'en sortir. S'affirmer est, aux yeux de Cordelia, la clé de tout, et c'est le temps qui le lui a appris. Elle n'a jamais été brillante à l'école, bien trop dissipée, et ne s'est jamais destinée à de grandes choses, mais les années lui ont appris que peu importent les diplômes et les expériences, quelles qu'elles soient : c'est ce que nous pensons de nous-même qui nous détermine, et c'est qui ce qui nous détermine qui nous donne la force d'avancer et qui nous permet de tirer le meilleur parti de la vie. Pas besoin de rentrer dans ces moules pré-façonnés, d'ailleurs. C'est dans cette optique que Delia a cassé sa tirelire et acheté son centre de tir : pas pour prôner la violence, pas pour prôner certaines idées politiques sujettes à controverses... Elle, les armes, elle aime pour le pouvoir qu'elle donne à quiconque les brandit. Une drôle de sensations de donner l'impression de réellement exister, d'avoir un pouvoir quelconque sur l'issue des choses. Même si elle sait que ce ne sont que des illusions, elle s'en contente. Et puis merde, quoi, elle aime bien tirer. C'est un hobby comme un autre. Certaines femmes aiment faire la cuisine, et elle, elle aime s’entraîner à viser la tête d'une cible. Parmi ses hobbys, il y a la danse. Elle aime s'évader en allant en boîte, et peu importent les commentaire désobligeants de la jeunesse qu'elle peut parfois y croiser. Delia n'est pas une grande sportive dans l'âme, et elle n'ira jamais courir ou s'inscrire dans un club de sport juste dans le but de faire du sport, mais sur les pistes de danse, elle se déchaîne en laissant de côté les regards remplis de jugement. Elle fait aussi de longues marches avec son démon de chien, qui, il faut bien l'avouer, n'a rien pour être heureux dans le petit appartement qu'elle possède. Elle aime aussi s'inventer des histoires, juste pour elle, dans sa tête. Quelques minutes à attendre quelqu'un dans un bar, c'est long. Alors elle essaie de deviner à quel rendez-vous en est ce couple attablé un peu plus loin, quelles sont les raisons qui ont poussé la trentenaire à côté d'elle à enchaîner les martinis, ou combien de pourboire la serveuse peut espérer récupérer grâce à son décolleté vulgaire. Aux yeux de tous, cette habitude est sans doute moins sujette à polémiques que l'affection qu'elle semble porter à son Beretta, mais elle n'a pour autant jamais partagée le fond de sa pensée avec personne. Les rumeurs, c'est dans sa tête, et ça l'amuse bien. Il n'y a probablement que sa sœur jumelle avec qui elle peut s'amuser de ce genre d'idées loufoques, et elles ont déjà passé des soirées entières à s'imaginer dans la peau de Sherlock Holmes et John Watson... et Cordelia, bien entendu, ne pouvait être que Sherlock Holmes. La plus ratée des deux.



Nous avons tous un passé, un présent et un futur.


« Des jumeaux ? » Anna Hoogendijk n’en revenait pas. Elle qui comptait avoir un deuxième enfant et s’arrêter là tombait de bien haut. Son époux lui serrait très fort la main, mais ne disait rien. Ils avaient les moyens financiers d’accueillir deux enfants au lieu d’un seul, nul doute là-dessus. Leur grand appartement au centre de Philadelphie s’y adapterait, et leurs finances aussi. Il était professeur de sciences physiques à l’université ; elle était assistante de direction dans une industrie pharmaceutique à l’ampleur internationale. En réalité, il n’y avait plus que peu de choses qui pouvaient les effrayer. Ils dominaient la moindre variable de leur vie comme si elle était insignifiante et ridicule. Leur premier enfant venait de fêter ses cinq ans, et il était le parfait fils qu’ils avaient imaginé. Ils seraient tout aussi intransigeants avec les deux enfants que portait Anna qu’ils l’avaient été avec Wilson. « Vous avez une idée du sexe ? » Il fallait tout organiser, tout prévoir, tout acheter ; et pour cela, il fallait tout savoir. Si elle avait pu connaître la couleur de leurs yeux ou le caractère de chacun de ces deux êtres, elle aurait à tout prix cherché à les connaître, n’en doutez pas un instant. « Non, pas encore », lâcha la gynécologue en remettant en place son échographe. Elle tendit quelques feuilles de papier hygiénique à la jeune maman et sourit aux deux parents.

« Des jumelles ? » Anna s’étonnait, quelques semaines plus tard, de l’annonce du verdict. Elle attendait deux petites jumelles. Elle n’avait jamais réellement pris le temps de réfléchir au sexe du bébé qu’elle aurait préféré depuis qu’elle avait eu son petit garçon, et elle avait encore moins eu le temps de réfléchir au sexe de deux bébés. Ils n’avaient pas su au départ s’il s’agissait de vrais ou de faux jumeaux, ce qui rendait les estimations très approximatives. Même si le développement des deux fœtus semblait analogue, il ne restait pas impossible qu’ils soient hétérozygotes. Maintenant, toute cette question était réglée. Wilson allait avoir deux petites sœurs, et ses parents allaient devoir peindre la nurserie en rose. Même si elle avait un esprit fonctionnel et empiriste, Anna n’en ressentait pas moins un amour incommensurable pour ces deux petites filles qu’elle allait avoir. Allaient-elles hériter, comme Wilson, de la rousseur de leur père, ou allaient-elles être blondes comme elle ? Allaient-elles aimer le rose donc son époux avait badigeonné leur chambre ? Allaient-elles s’entendre entre elles, ou avec leur frère ? Se ressembleraient-elles physiquement, auraient-elles le même caractère ? Une envie de se différencier ou de se ressembler ? Choisiraient-elles la gémellité comme une force ou une ennemie ? Peu importait. Anna aimait déjà ses deux petites filles de tout son être.

« Des contractions ? » Anna semblait ne pas comprendre, mais le front plissé de son époux, qui lui tenait la main, montrait que lui avait parfaitement compris. Il était professeur de sciences physiques, mais la santé ne lui était pas totalement inconnue pour autant. « Si vous ne voulez pas accoucher au bout de six mois, vous devez restée alitée pour le restant de votre grossesse ». La gynécologue était ferme sur ce point, et le regard désespéré d’Anna n’y changerait rien. « Leurs poumons ne sont pas matures avant la trente-septième semaine. Je ne vous parle même pas de leur foie, de leur système immunitaire ou de leur thermorégulation… Si elles naissent avant… » Elle préférait ne pas en dire plus. En général, les parents ne voulaient d’ailleurs pas en entendre plus. Même Anna ne voulait pas en entendre plus. Pourtant, elle semblait vouloir lutter, s’attendant sans doute à ce que le médecin lui donne finalement sa bénédiction pour tout ce dont elle avait envie. « Ma première grossesse s’est très bien passée », tentait-elle d’argumenter sous le regard grave de son époux, « et j’ai tellement de choses à faire. J’ai encore du travail pour mon patron, et la chambre des filles n’est pas prête… » La gynécologue haussa un sourcil entendu, accordant un sourire aimable au couple. « Je ne veux pas le savoir. Il en va de la santé de vos deux petites. » Roderick posa un regard amoureux sur sa femme, dont les traits tirés du visage ne lui disaient rien qui vaille. « Je m’occuperai de Wilson, je m’occuperai de la chambre. Promets-moi juste de ne pas te faire avoir par ton boss. Il t’exploite, chérie. » Le médecin se leva, satisfaite de la réponse de monsieur Hoogendijk et rassurée sur la suite des événements. En général, l’époux arrivait à raisonner sa femme et toute complication était évitée. Trente-sept semaines de tranquillité… c’était tout ce dont les petites jumelles avaient besoin. Trente-sept semaines au chaud dans l’utérus protecteur de leur maman.

« Je vais accoucher ? Maintenant ? » Anna ne voulait pas. Elle n’avait pas assuré, tout était de sa faute, mais elle ne pouvait pas accoucher. Pas maintenant, pas à trente-cinq semaines. Elle n'avait pas été irréprochable, mais elle avait fait des efforts, merde. C'était au tour des petites d'y mettre du leur. Alors oui, elle ne s'était pas interdit d'aller au parc avec Wilson. Oui, elle s'était activée dans la maison, accablée par cet ennui qui était devenu son pire ennemi. Mais elle ne méritait pas ça. Elle ne méritait pas cette angoisse pour ses filles, elle ne méritait pas de se poser ces questions-là. C'était à ses filles de gérer, maintenant; elle ne pouvait plus rien faire, c'était trop tard. Pourtant, l'obstétricien était formel : les petites n'attendraient plus. Les contractions se faisaient de plus en plus proches, son col se dilatait à une vitesse qui ne laissait aucun retour possible; il était temps.

« Elles sont en couveuse ? » Anna avait bien compris ce que l'infirmière lui disait. Elle s'était réveillée au beau milieu de la nuit avec ce douloureux souvenir d'avoir du passer par la case césarienne. Ses deux petites filles étaient en détresse, et elle s'en voulait autant qu'elle leur en voulait. « Oui, elles sont fragiles... » tremblait Roderick, qui serrait fort la main de sa femme dans les siennes. « Wilson est chez mes parents. » Ça n'avait aucune sorte d'importance, en réalité. Anna s'en était bien doutée. Mais il ne pouvait pas se résoudre à lui annoncer que l'avenir de leurs jumelles était encore incertain. Faiblement, leur mère posa sur son ventre, qui ne les abritait désormais plus. Elle avait merdé. Elle avait merdé et elle en payait le prix. Son bas-ventre lui faisait un mal de chien, mais ça n'était rien comparé à la douleur de cette détresse qui l'assaillait violemment depuis qu'elle était éveillée. « M'en veux pas, Rod, je... je pouvais pas. » Elle s'était crue plus forte que toutes ces choses dont elle aurait pourtant du avoir une peur bleue. Elle avait cru que cette volonté de maman battante aurait suffi à battre les réactions d'un corps tourmenté, mais il n'en avait rien été. Le Hollandais s'assit sur le lit et se pencha au-dessus de sa femme pour déposer un baiser sur son front. Il ne pouvait pas prétendre que tout allait bien; il ne pouvait pas mentir et lui dire ce qu'elle voulait entendre. Alors, ils se turent tous les deux pendant des heures, chacun perdu dans ses pensées, espérant à chaque instant qu'un médecin passerait le pas de la porte pour leur annoncer que leurs petites filles allaient vivre.



Il était majestueux. Il était aussi sombre que lumineux, et il n'avait pas de fin. C'était sans doute là tout ce qui faisait sa grandeur : il était fait de contractions aussi belles qu’enivrantes. Le ciel était infini au-dessus d'eux, la nuit était claire, et les étoiles semblaient danser par milliers les unes à côté des autres. Le regard de le petite Delia se posait tour à tour sur chacune d'elles, et ne semblait pas se lasser de cette valse charmeuse qui les guidait. La petite rousse avait arrêté de les compter depuis de longues minutes déjà, et ce malgré le défi que lui avait donné son père. Elle n'aurait pas cette glace le lendemain midi. Mais ce qu'elle ne savait pas, c'est que son père s'en voyait soulagé. Il n'aurait plus manqué que Bianca hurle à l'injustice... « On peut en voir trois-mille dans un ciel clair. Peut-être qu'on pourra aller dans les Appalaches pour les voir, une fois... » Roderick n'avait rien perdu de cet esprit rêveur qui l'avait mené à étudier les sciences physiques. Car oui, les sciences étaient filles de la curiosité et du rêve, et peu importait ce que les stéréotypes et les idées reçues pouvaient avancer. Roderick était un rêveur, et, ce soir, alors qu'il posait son regard sur sa petite fille émerveillée, il espérait avoir transmis cette part de lui dont il était fier et autour de laquelle sa vie toute entière avait gravité jusque-là. « L'hémisphère sud est dirigé vers le centre de la galaxie, ils en voient encore plus... » Cordelia, elle, s'était juste perdue dans l'immensité de ce ciel nocturne. A six ans seulement, elle ne comprenait sans doute pas encore tout ce qu'infinité pouvait signifier. Elle ne concevait pas ce terme, ni même l'idée que ce qu'elle voyait et qui lui paraissait déjà énorme n'était qu'une infime partie de ce qui était connu. Elle avait l'impression de tout connaître du soleil qui les éclairait, mais son père ne lui avait pas encore expliqué qu'il n'était qu'une naine jaune parmi tant d'autres, et que si la Terre semblait si insignifiante à ses côtés, lui-même devenait inexistant à côté de UY Scuti, la supergéante rouge la plus connue de toutes. « Alors, où on les voit le mieux, les étoiles ? » A son tour, Roderick s'était perdu dans la contemplation des étoiles, perdu par le vertige de l'infini que lui procuraient les astres. « Il faut aller au Chili... Les montagnes sont hautes là-bas, le ciel dégagé... Il y a l'Alma dans le désert de l'Atacama, c'est le plus réputé... » Il était plongé dans ses pensées, se parlant sans doute plus à lui qu'il ne s'adressait à sa fille. Il avait toujours aimé passionnément ce qu'il faisait, mais malgré son dur labeur, il n'avait jamais eu l'occasion d'aller là-bas. Cet observatoire restait un rêve à part entière, un fantasme qu'il n'aurait jamais le droit de réaliser. Les étoiles, il en profitait comme il le pouvait... Avec son télescope amateur ou les moyens mis à sa disposition par l'université de Philadelphie... et au mieux, du haut d'un sommet des Appalaches. Mais jamais il ne verrait cette nuit blanche de soleils comme il pouvait en rêver. « C'est comment, là-haut ? » Cordelia, elle, ne semblait pas se départir de toutes ces questions. Elle était jeune, curieuse, rêveuse, emprunte par l'espoir de possibilités nouvelles, et son père ne voulait pas lui enlever ça. C'était tout ce qu'il lui souhaiter, de s'émerveiller de l'infinité du cosmos. « Tu te brûlerais. Pas parce que tu es rousse, mais parce que c'est très chaud. » Roderick avait souri en repensant à toutes ces instructions dermatologiques qui avait marqué sa vie de roux et qui marquerait celle de ses trois enfants. « Tu te souviens quand tu t'es brûlée en cuisinant avec maman ? » La petite fille acquiesça, un sourcil arqué par la curiosité. « C'est rien à côté. » Il marqua une pause.  « Oublie jamais de mettre de la crème solaire quand tu vas au soleil, maman a raison. Ça crame, même de là-haut », sourit-il en tentant de reprendre ses esprits. Delia, elle, avait à peine entendu les recommandations de son père. C'était peut-être parce qu'on lui répétait depuis toujours que sa peau était fragile et qu'elle devait être préservée des grands méchants rayons solaires tout pas beaux, ou bien c'était tout simplement parce qu'elle avait la tête dans les étoiles.



CHAPITRE 3 :
Alt-J - Matilda

Assise par terre, Cordelia Hoogeendijk, neuf ans, regardait sa sœur jouer. Elle venait de lui emprunter la maison qu’elle avait construite. Elle n’allait pas tarder à la lui rendre, elle en était persuadée. Bianca aimait juste beaucoup sa manière de concevoir les maisons. Elle les faisait toujours spacieuses, organisées. Les fenêtres étaient toutes assorties, et elle choisissait les portes rares qu’elles n’avaient qu’en quantité très limitées et qu’elle devait récupérer de ses anciennes créations à chaque fois, faisant de chacune de ses villas une œuvre éphémère. Delia avait l’œil fin et l’esprit pragmatique : elle étudiait la quantité de pièces dont elle pourrait avoir besoin, juste pour être sûre qu’elle n’en manquerait pas. Elle pensait le plan de sa maison bien avant d’avoir posé sa première brisque sur la plaque grise qui n’attendait que d’en être recouverte. Aucun doute, donc : Bianca lui piquait sa maison parce qu’elle l’aimait au moins autant qu’elle. Peut-être même qu’elle l’admirait un peu. Alors Cordelia attendait, un sourire hésitant étirant ses lèvres. Elle attendit quelques minutes, d'abord, regardant Bianca s'amuser avec sa maison. Mais les minutes s'allongeaient, et sa sœur ne lui rendait pas sa création. Delia avait attrapé quelques pièces au hasard, juste pour s'occuper les mains, le temps que sa sœur ne trouve autre chose qu'elle préférerait. Mais dans ces pièces restantes, rien n'allait avec rien. Cette porte, là, était banale au point d'en devenir ridicule. Un vulgaire bout de plastique sans plexiglas pour mimer ces vitres dont elle aurait tant besoin. Il restait deux fenêtres classiques, mais l'une d'elle avait perdu l'un de ses volets verts. Il ne restait donc plus qu'une fenêtre. Quant aux briques elles-mêmes, elles pouvait former un ensemble assez multicolore pour créer un arc-en-ciel mutant, mais pas de maison potable. Et puis, il n'y en avait plus assez. Aucun intérêt à construire un petit studio étudiant en Lego, si ? Non, voilà. Et Cordelia, bien que préférant trouver un côté flatteur à cette acquisition soudaine et non entérinée par les deux partis, se mettait doucement à bouder. C'était sa maison, après tout; son travail. Sa sœur ne devait pas en profiter à sa place. Elles deux pourraient, à la limite, en profiter ensemble... mais cette décision semblait avoir été prise par Bianca depuis de longues minutes déjà, et toutes les excuses que Delia s'était efforcée de trouver à sa sœur semblait s'évanouir les unes après les autres. « Tu me la rends quand ? » Elle ne semblait pas se lasser de cette question, mais en vérité, elle aurait largement préféré ne plus avoir à la poser. C'est Wilson qui, passant le nez dans l’entrebâillement de la porte de la chambre des filles, s'interposa dans la querelle naissante. « Qu'est-ce qui se passe ici ? » Les sourcils froncés, leur grand frère avait poussé la porte et fait quelques pas dans la pièce, comme s'il allait deviner en quelques secondes le sujet de la discorde qui n'était plus loin d'éclater. « Rien du tout, on joue... » lança Bianca, sans doute innocemment, sans même lever les yeux de la bienheureuse maison de briques en plastique qui était disputée en ce moment-même. Delia, elle, s'en voulait. Non, il ne se passait rien; Bianca était juste extrêmement heureuse de profiter de sa maison parfaite, pourquoi lui en voudrait-elle ? « Delia... ? » Wilson avait reporté son attention sur elle. Il n'allait pas appeler les parents, elle le savait. Lorsqu'il s'agissait de conflits entre les jumelles, il était le mieux accepté par les deux concernées, et le mieux habilité à les résoudre sans (trop) attirer la colère des petites filles. Mais il fallait admettre que souvent, il avait un parti pris. « Delia... ? » répétait-il alors que la petite rousse regardait droit devant elle, souhaitant de tout son petit être s’éclipser pour ne rien avoir à dire. Bianca crierait encore une fois à l'injustice si Wilson prenait sa défense, mais sa jolie maison lui manquait... Elle sentait à présent le regard pesant des deux enfants posé sur elle, mais elle n'arrivait plus à réfléchir. Prise de panique, elle continuait machinalement à assembler et désassembler deux briques. « C'est ma maison... » dit-elle donc simplement sans trop s'engager, mais elle savait très bien qu'une phrase comme ça, entre eux trois n'était jamais totalement innocente. En réalité, le silence aurait sans doute été la plus innocente des réponses... et encore. Wilson savait que ces emprunts intempestifs de jouets étaient le quotidien de Delia, et Bianca savait très bien que si sa sœur ne se montrait pas satisfaite de les lui laisser, ça finissait pas lui retomber dessus. Et au milieu de tout ça, Cordelia était consciente de toutes ces réalités là. Et elle ne voyait pas d'autre solution, une fois de plus, que de jeter de l'huile sur le feu involontairement. « Encore, Bianca ? » Il s'était retourné vers son autre petite sœur, qui ne se laissait pas démonter et continuait à jouer comme si aucun problème n'était en train de se profiler. Comme d'habitude, elle attendait que l'orage passe en prétextant qu'il n'était même pas là. La technique de Bianca, celle qui faisait péter un plomb à Wilson et poussait Delia à regretter encore plus d'avoir réagi. Souvent, le volume finissait par crever le plafond du raisonnable, et ce n'était même pas à cause d'une poupée ou d'un cookie, mais pour tout ce que ce silence digne d'un mur de cachot laissait entendre. Wilson n'avait pas cette patience, et s'il aimait tendrement ses deux sœurs, il détestait se faire marcher sur les pieds. C'était d'ailleurs souvent Bianca qui lui rentrait dans le lard; et c'était peut-être pour ça qu'il s'était depuis toujours fait un point d'honneur à défendre Cordelia des injustices de sa sœur. « Rends-lui sa maison... » commençait-il déjà à se fatiguer, cette issue habituelle se profilant d'ores et déjà. Delia, elle, comme d'habitude, était figée. Elle ne pouvait plus reculer et prétendre que ça lui était égal, et elle ne pouvait pas officiellement déclarer la guerre à sa jumelle. Alors, comme d'habitude, elle était passive. Et comme d'habitude, cet épisode se termina dans un registre dramatique; Bianca était allée s'enfermer dans la salle de bain, seule pièce qui possédait son propre verrou. D'ailleurs, c'est sans doute le fait qu'Anna Hoogendijk soit aux toilettes qui venait de sauver l'intégralité de la famille -sauf Bianca, qui en aurait alors eu l'usage exclusif- d'une future explosion de vessie. Cordelia, elle, avait récupéré sa maison Lego, mais le goût amer que lui laissait cette bataille la fit abandonner ses jouets. Avec son frère, elle était descendue regarder la télé. A cette heure-ci, il y avait les actualités de la Pennsylvanie ou une énième rediffusion d'un reportage scientifiquement discutable qui expliquait la naissance, la vie et la mort des étoiles. Wilson ne demanda même pas ce qu'elle préférait. En silence, il avait posé la télécommande en laissant ce reportage miteux. Sa sœur les vénérait, ces documentaires. Son père les critiquait autant qu'il appréciait leur démarche vulgarisatrice. Bianca s'en moquait autant que sa mère, et lui... il les regardait toujours avec ce même bonheur aux côtés de Cordelia. Dans ces moments-là, les étoiles n'étaient pas à la télé, elles étaient dans les yeux de la petite fille.




Cordelia n'était pas une fille banale. Elle n'aimait pas tous ces trucs qui intéressaient les autres adolescentes de son âge : elle ne trouvait aucun intérêt au maquillage, aux boys bands et autres idoles d'une vingtaine d'années qui étaient censé lui servir de modèle. Des modèles, elle n'en avait pas vraiment. Des certitudes, par contre, elle en avait. Elle voulait changer. Elle ne voulait plus être cette ado coincée, laissée pour compte par sa jumelle, et soutenue dès que possible par un grand frère qui avait quitté le domicile parental. A seize ans, Cordelia était pleine de rêve. Elle se sentait bien lorsqu'elle pouvait faire savoir à tout le monde qu'elle n'était pas aussi effacée qu'elle pouvait le laisser penser. Déjà durant son enfance, elle avait aimé le théâtre, elle avait aimé récité des poésies devant ses camarades, elle avait aimé se donner en spectacle, faire rire, faire penser. Mais elle était plus que cette image qu'elle laissait paraître : Cordelia n'était pas effacée. Cordelia rêvait de reconnaissance, d'indépendance. Elle aimait sa sœur plus que tout au monde, mais elle rêvait de ce que tous les jumeaux finissent tous par rechercher un jour ou l'autre : l'individualité. Elle voulait être considérée comme un être à part  entière, et pas comme la part d'une entité qui semblait la définir dans son intégralité. Elle était si différente de sa sœur, mais personne ne semblait le voir... Leurs camarades de classe les appelaient les jumelles lorsqu'ils étaient polis, ou le duo de rousses diaboliques lorsqu'ils l'étaient moins. Dans les deux cas, Delia en venait toujours à se poser cette même question : connaissaient-ils au moins son prénom ? Savaient-ils la différencier de Bianca ? Les faits semblaient lui montrer que non. Elle n'était même plus surprise lorsqu'on la confondait avec sa sœur. A dire vrai, à seize ans, elle se sentait autant Cordelia que Bianca. Et si elle-même n'était plus sûre de son identité, qui d'autre pouvait l'être ?

Alors, plutôt que de tenter de convaincre des crétins, elle en était venue à essayer de se persuader elle-même de sa valeur. Souvent, elle se retranchait dans sa chambre, avec ses livres, ses convictions, et sa musique. Elle découvrait Oasis, Metallica, Foo Fighters. Elle se démarquait des autres, de tous ceux qui ne la voyaient pas, et dans cette drôle de solitude, elle commençait à s'apprécier pour ce qu'elle était. Peu à peu, elle s'affirmait. Avec fierté, même. Sa sœur, toujours à ses côtés, s'étonnait de plus en plus de cette confiance naissante, tandis que Wilson semblait rassuré de la voir s'épanouir. Elle commençait à tenir tête à des inconnus. Le lycée privé n'était peut-être pas la pire des expériences possibles à cet âge-là, mais n'imaginez pas pour autant que la vie y était facile. Tous ces jeunes de bonne famille n'étaient pas des jeunes irréprochables, loin de là. L'argent pouvait tout leur offrir, et la plupart en avait bien conscience. Bianca et Delia ne manquaient de rien, mais leurs parents avaient toujours refusé de jouer à ce jeu-là. Ils ne leur donnaient pas des centaines de dollars à la pelle sans se soucier de leurs investissements. Elles ne pouvaient pas compter sur le dernier sac Chanel ou quelques grammes de poudre blanche pour se faire une réputation. Malgré tout, Bianca avait toujours su se faire la sienne. Dans son sillage, il y avait toujours eu une Delia un peu plus passive, presque transparente. Mais elle avait compris qu'elle ne souhaitait pas passer sa vie comme l'ombre de sa sœur. Elles étaient deux individus à part entière, sans doute aussi similaires que différentes. Leurs points communs faisaient la force de leur relation, leur offrant une meilleure amie que jamais personne d'autre ne pourrait égaler, mais leurs divergences, précisément pour cette raison, semblaient être décuplées. Chaque point de discorde pouvait mener à des débats gargantuesques, proportionnels à cette complicité qui était la leur. Mais peu importaient les circonstances et les maisons Lego; Bianca avait toujours été là pour elle, et elle avait toujours été là pour Bianca. La seule chose qui commençait doucement à changer état maintenant que Delia comptait être là pour elle-même... elle ne comptait pas se laisser aller à cette forme de fatalité qu'elle pourrait aisément, elle le savait très bien, laisser diriger le reste de sa vie. A seize ans seulement, ou à seize ans déjà, Delia réalisait que sa façon d'être dépendait de sa conception de la vie, et que sa conception de la vie ne dépendait que d'elle-même. Elle devrait apprendre à faire abstraction de toutes ces peurs qui la paralysaient : celle de ne pas être suffisante, celle d'être sans cesse comparée à Bianca, celle d'être trop étrange pour pouvoir être appréciée; celle, finalement, d'être détestée plus qu'ignorée. Mais la différence, c'est qu'elle venait de prendre la décision de préférer être elle-même, malgré tout ce que ça pourrait impliquer. Elle n'était pas une cannibale ou une nazie refoulée. Elle avait le droit d'aimer les étoiles, d'aimer lire, d'aimer James Bond et ce beau brun que l'on appelait Pierce Brosnan, de préférer regarder des films d'aventures au shopping rébarbatif des décérébrées de son lycée. Ce droit, elle venait de se l'accorder.

Les autres ne la voyaient pas, mais elle n'était pas invisible. Ils étaient aveugles.




Traverser les US, un rêve de bien des américains, et sans doute d'encore plus d'étrangers. Alterner les Etats, les paysages, les climats... rouler sur des lignes droites pendant des dizaines de kilomètres, manquer de s'endormir et être sauvé par le besoin de faire le plein d'essence. Profiter des déserts arides qui paraissent infinis et dans lesquels des cactus semblent se disputer la place, comme des forêts fraîches, calmes mais peu rassurantes lorsque le soleil s'est couché. Les jambes endolories par toutes ces heures de trajet, la musique à fond, les fenêtres ouvertes, cette sensation d'être invincible et que même la route n'a plus à dicter notre conduite. Des heures, des journées interminables, des motels, des fast-foods dont la sécurité sanitaire semble faire un bras d'honneur à tous les intestins fragiles.

Non, en réalité, la traversée du pays ne s'était pas du tout faite en road trip. Aucune des jumelles n'avait de voiture, de toute façon, et les deux passeraient sans doute plus de temps à se disputer le choix de la musique qu'à faire attention à la carte qui serait censée les mener à bon port. Le seul avantage qu'elles auraient pu trouver à une traversé en voiture aurait été la liberté de fumer. Mais de toute façon, la question ne s'était pas posée. Pas de voiture, pas de road trip. Et puis, leurs parents n'avaient pas spécialement envie de savoir leur jeunes diplômées sur les routes les plus diverses du pays. Wilson, lui, s'en moquait un peu. Le départ s'était déjà fait pour lui, et il ne s'était pas ému une seconde de savoir que Bianca avait été reçue à UCLA. Un petit pincement au cœur, peut-être, pour Cordelia, mais il ne s'en faisait plus tant que ça pour elle. Elle avait appris à s'imposer, et il savait que les jumelles étaient inséparables. Un jour peut-être auraient-elles la force de vivre leurs vies séparées, mais ce n'était pas maintenant, et il en avait pleinement conscience. Et puis, Delia n'avait été reçue dans aucune des universités où elle avait postulé : le choix s'était donc imposé de lui-même, et Wilson avait répété des dizaines de fois aux filles qu'il serait là quoi qu'il arrive, et qu'il ne serait pas contre quelques jours en Californie de temps à autres. Alors, non, ni leurs parents ni leur frère ne s'en faisait pour elles. Cordelia n'avait jamais partagé sa déception quant à son recalagage, mais elle avait toujours été en retrait lorsqu'il s'agissait de ce genre de choses, et sa famille le savait très bien. En réalité, Delia préférait aller de l'avant, battante, plutôt que de rester bloquée sur un échec. Et aller de l'avant était à présent synonyme de tirer le meilleur de cet échec : elle pouvait suivre Bianca. Et lorsque les jeunes filles posèrent le pied sur le sol du LAX, elles savaient parfaitement ce qu'elles faisaient et où elles allaient.

A cet exact moment, de l'autre côté du continent, Wilson, qui était rentré pour les vacances d'été chez ses parents, était parti à la recherche d'une paire de ciseaux ou d'une épingle à cheveux, en réalité, ça lui était à présent totalement sorti de l'esprit... Il ne savait plus ni ce dont il avait besoin, ni que sa mère l'attendait en bas pour ouvrir un carton. Il s'asseyait à présent sur le lit de Delia, une lourde enveloppe entre les mains. Dessus était imprimé un blason qu'il connaissait comme représentant le boulot de son père. Leges sine moribus vanae. Les lois sont vaines sans morale. L'enveloppe blanche, format A4, ne lui disait rien qui vaille. Il ne savait même pas ce qui l'incitait à vouloir en savoir plus. Il avait déjà compris. Il aurait du s'arrêter là, laisser le doute planer... mais il échoua lamentablement à ce jeu d'indifférence. Il sortit les documents de l'enveloppe les uns après les autres. Une lettre, quelques fascicules de présentation, et un dossier vierge de toute réponse. Delia avait été reçue à l'université de Pennsylvanie. Pourquoi avait-il cherché des ciseaux dans la table de nuit de sa sœur, déjà ?

L'atmosphère était complètement différente, ici. Dès qu'elles étaient sorties de l'avion, les deux jumelles avaient réalisé à quel point leurs peaux sensibles allaient morfler en Californie. Elles se moquèrent brièvement de ce que leur mère leur dirait si elle était avec elles, mais se plièrent sans broncher à cette tradition qui était celle de toutes les peaux claires qui se présentaient au soleil : Delia avait sorti un petit tube de crème solaire de sac à main alors qu'elles attendaient de récupérer leurs bagages. Bianca soupirait, impatiente de rejoindre la chambre d'hôtel dans laquelle elles passeraient leurs prochaines nuits, en attendant de se trouver un petit appartement qu'elles pourraient se permettre de payer. Leurs parents ne seraient jamais trop loin en cas de besoin, mais les jumelles s'étaient mises d'accord sur le fait de faire leur maximum pour être indépendantes. Bianca suivrait ses études tranquillement, et Delia trouverait un petit job à temps plein qui leur permettrait de s'offrir un appartement sur Los Angeles.

Deux semaines plus tard. Bianca était allée finir les modalités d'inscription à UCLA. Cordelia était donc posée sur leur terrasse de poche, au septième étage d'une immense résidence. Elles avaient la chance d'avoir un appartement qui donnait plein sud, mais cette chance venait avec le bonheur d'avoir vue directe sur l'immense avenue en contrebas. Los Angeles était tellement différente de Philly... La rousse allumait une seconde clope en regardant d'un œil morne les voitures qui défilaient sous ses yeux. Les lunettes de soleil sur le nez, un large chapeau sur le crâne, et une robe longue qui protégeait jusqu'à ses chevilles... elle était parée. Elle s'était faite à la chaleur, déjà. Elle l'aimait bien. Elle était rassurante, bien qu'étouffante. Elle donnait l'impression d'être en vacances constamment. Elle donnait l'impression que tout était plus facile, plus doux à vivre. Pourtant, Delia savait pertinemment que les impressions n'étaient que des impressions. Elle avait fait sa première journée dans un bar la veille, et son patron était loin d'être un tendre. Alors, les yeux à présent levés vers les hauteurs d'un palmier de l'autre côté de l'avenue, elle se promit de le remettre à sa place. En lui prouvant qu'elle savait travailler. Elle n'était pas cette fille à papa que son CV laissait entendre. Si son patron l'avait directement embauchée à cause d'une démission subite, elle comptait bien lui prouver qu'il n'avait pas à regretter sa décision. Elle ne faisait pas d'études, mais elle était travailleuse, assidue. Elle avait l'esprit pragmatique, pratique, cartésien, organisé. Et si elle devait mettre ces atouts au service de quelques étudiants les jeudi soirs et les weekends, alors elle le ferait. Cordelia ne faisait jamais les choses à moitié, qu'on se le dise. Elle avait traversé le pays pour rester aux côtés de sa sœur. Alors peut-être qu'elle n'avait toujours pas cette force de caractère qu'elle se targuait d'être sienne, finalement... Tirant une latte sur sa clope, Delia pensa, pendant un millième de seconde, à ce qui aurait pu être. Elle aurait pu être à Philly. Elle aurait pu rendre fier son père, lui piquer ses bouquins pour ses cours, et apprendre six langues, juste pour se donner une chance de plus de monter là-haut, plus tard. Elle souffla sa fumée en direction du ciel, alors que son regard clair se posait sur le croissant d'une Lune diurne, encore un peu timide, sans doute bluffée d'avoir réussi à s'éloigner suffisamment de son ami le soleil pour être observable par cette moitié de la Terre qui ne dormait plus -ou pas encore. Peut-être que dans dix ans, les premiers hommes fouleraient Mars et y cultiveraient des pommes de terre. Peut-être qu'une intelligence extra-terrestre était en train de l'observer à cet instant précis, se demandant où l'évolution avait foiré pour laisser une rousse fouler le sol d'une planète agressée continuellement par les rayons solaires qui n'étaient pas arrêtés par son champ magnétique. Posant ses jambes sur la balustrade de sa terrasse, Delia, avec un petit sourire fasciné, ne pouvait s'empêcher une fois de plus de penser que quelque part là-haut, quelque chose d'incroyable attendait d'être connu.




Cordelia avait seulement vingt-trois ans, mais l'impression d'avoir vécu plusieurs vies. Et des vies qu'elle n'aimait pas particulièrement. Sa force de caractère s'était transformée en amertume constante, en haine insatiable. Depuis qu'elle avait quitté Philly, elle n'avait eu de cesse d’enchaîner les petits boulots et les contrats précaires qui lui donnaient l'impression d'avoir un rôle à jouer, aussi minime soit-il, dans la société. Elle avait rencontré de nombreux Californiens, mais aussi beaucoup d'étrangers venus à Los Angeles pour vivre le rêve, elle avait servi une bière à Arnold Schwarzenegger, elle avait discuté des heures avec un touriste japonais, et elle avait déjà fait des cochonneries avec un serveur dans les toilettes du bar où elle travaillait. Tout n'était qu'un enchaînement d'aventures qu'elle vivait pleinement, mais cinq ans après avoir suivi Bianca à Los Angeles, Delia était à bout de souffle. Elle avait travaillé dans des bars, des restaurants, des supermarchés, des fast-foods; elle avait porté les pires uniformes du monde du travail et subi remarques désobligeantes, insultes et commentaires sexistes et réducteurs; elle avait écumé les coins les moins recommandables de la ville à la recherche du moindre contrat. Elle s'efforçait de laisser ses regrets de côté, et pourtant, ils restaient toujours non loin d'elle, comme une épée de Damoclès qui menaçait de lui tomber dessus à tout moment. « Alors, elle vient, cette bière ? » Le grand brun la regardait, l’œil pétillant de malice. « Ton contrat finit à minuit, je serais toi je ferais pas trop le malin », glissa Cordelia, un sourire coin, alors qu'elle remplissait le verre du nectar d'orge. « Eh, Delia, tu te mets trop la pression », dit-il, amusé, en attrapant quelques cacahuètes dans un bol que Cordelia avait jusque là bien pris soin de laisser de son côté du bar. « Mon dernier service est déjà fini, je suis officiellement un client ici. » La rousse lui jeta un regard envieux. « J'te rappelle que c'est moi qui ai tous les pouvoirs sur l'épaisseur de mousse de ta bière, Frank. » Elle ne rêvait que d'une chose : quitter cet endroit. Lui venait de finir son contrat, et il avait d'ores et déjà préparé tout un plan pour la suite. Il quittait la Californie dans trois semaines, rejoignait la famille de sa fiancée dans le coin de Chicago, où un poste dans l'entreprise familiale l'attendait déjà. « Trouve-toi un milliardaire... », lança-t-il en plaisantant, « t'as quel âge, vingt-cinq ? » Vingt-trois... Sans prêter attention à la grimace de la barmaid, il continua : « t'es encore fraîche, et pas dégueulasse. C'est le moment d'en choper un dans tes filets. » Delia posa violemment le verre en face de son bientôt ancien collègue. « On appelle ça de la prostitution », répliqua-t-elle, les sourcils haussés. « Mais ma fraîcheur et moi on prend les compliments quand même. Qui sait, peut-être que si tu divorces à temps, tu pourras récupérer une partie de la fortune de ta proxénète. » Elle riait, mais elle savait très bien qu'elle n'avait plus autant de pouvoir qu'elle l'avait espéré lorsqu'elle avait pris la décision de subvenir à ses besoins elle-même. A vingt-trois ans, elle vivait en colocation avec sa sœur étudiante, enchaînait les relations sans lendemain, et n'avait de cesse de reporter les défis et les risques au lendemain. Cinq ans qu'elle était à Los Angeles, et cinq ans que sa vie semblait s'être mise entre parenthèses. Elle s'était imposé tout un tas d'impératifs, à commencer par celui de subvenir à ses propres besoins sans passer par ses parents. Elle qui, comme Bianca, avait toujours vécu dans un milieu aisé, s'était donc retrouvée bien démunie lorsqu'elle était arrivée à Los Angeles avec seulement quelques économies données par leurs parents, d'ores et déjà inquiets de ce qui pourrait leur arriver. Elle avait du revoir toutes ses bases. Pendant des semaines, elles avaient mangé dans des assiettes en carton, avec des couverts en plastique. Elles avaient mis un frein sur leur consommation de viande pendant un moment, simplement par manque de moyens. Leur appartement leur convenait, mais il n'avait rien à voir avec la maison citadine de leurs parents. Philadelphie manquait à Delia, mais sans doute pas tant que ses ambitions. « Delia ? » Frank la regardait d'un air interrogateur. Tirée de ses pensées, la jeune femme se racla la gorge en ouvrant le robinet de son évier pour se donner une contenance qu'elle avait perdue. « Mmmh ? » Heureusement que le mardi soir était loin d'être l'une de leurs soirées de rush. « J'te dis, tu devrais y penser. La vie est un peu moins chère là-bas, mais j'ai entendu dire que la ville était pas dégueulasse. Et puis t'aurais un boulot à la hauteur de tes envies... T'as l'expérience est les compétences, tente ta chance. » Cordelia attrapa un verre au hasard derrière son bar pour le passer sous l'eau. Elle se rendit bien vite compte qu'elle l'avait lavé quelques minutes plus tôt, mais elle ne s'en formalisa pas. Elle n'avait rien suivi de ce qu'il avait dit, mais étrangement, il venait d'aiguiser sa curiosité. « Dis m'en plus, Frank. Fais moi rêver », lança-t-elle sur un air de défi, en attrapant un torchon pour essuyer le verre qui était doublement propre. « Manager, ça t'irait bien. Je suis sûr que tu pourrais faire danser la macarena à l'un de tes employés juste avec ton autorité. » Il but une gorgée de bière avant de continuer : « Et puis, un café, ça te changerait. L'ancien manager a trouvé personne dans son personnel, c'est une opportunité à saisir. Mike m'a donné le tuyau hier, j'ai pensé à toi direct. Si tu restes ici un mois de plus, je donne pas cher de ta peau, et surtout, de celle d'Oliver. » La rousse rangea le verre propre à sa place et s'appuya de ses deux bras sur le bar en fixant Frank. « Si c'est pas moi qui le tue, ce sera Lauren ou Peter, tu le sais très bien. Un jour il se retrouvera en taule pour avoir torturé et dépecé des chatons entre deux caisses de bière périmée. Des chatons ou ses employés, d'ailleurs. » Frank rit en avalant une gorgée de bière, ce qui manqua d'ailleurs de l'étouffer. « Je veux pas être complice. Si jamais tu le tues à coups de cacahuètes, me le dis pas. Chacun sa merde... » Cordelia reposa son torchon et fit le tour du bar pour débarrasser une table à présent vide, à l'image du reste du bar. « Compte sur moi, tu seras le premier au courant », et, lui faisant un clin d'oeil entendu, elle ajouta : « je t'ai toujours considéré comme un ami, Frank. » Elle ramena les trois verres vides au bar et, continuant à échanger quelques taquineries avec son collègue, s'apprêtait à les nettoyer lorsque ce dernier finit sa boisson et se leva pour prendre la direction de la sortie. « Cordelia Hoogen... Hoo... Mademoiselle Cordelia crinière de feu et cactus dans le cul, vous allez me manquer », lui dit-il avant de se retourner vers elle pour lui faire une petite révérence. « EH », s'échauffa-t-elle en lui lançant un torchon dégueulasse, « c'est pas parce que je ponctue pas toutes mes phrases de mots indécents que je suis coincée ! » Frank, lui, s'était penché pour récupérer le torchon et tranquillement le porter à son cou comme l'écharpe d'un grand créateur. Delia, elle, le regardait faire avec un air dégoutté. « C'est vrai, jdois bien l'admettre. Toi qui parlais de prostitution, d'ailleurs, t'utilises assez bien ta plastique pour obtenir les meilleurs pourboires... » Les mains sur les hanches, Cordelia le fixait d'un air sévère. « Cordelia Hoogendijk vous salue bien bas et vous conseille de filer bien vite si vous ne souhaitez pas, en plus du torchon en guise d'écharpe, sortir d'ici avec un verre implanté dans le cuir chevelu pour vous protéger du soleil. » Avec ce même sourire espiègle, Frank poussa la porte dans son dos, et, avant de disparaître, lui répéta une dernière fois : « Penses-y, quand même. Ta sœur va finir ses études, elle voudra surement son indépendance aussi. C'est le moment d'être ambitieuse, Cactus de feu. »




Les cartons commençaient à peine à être déballés, les murs étaient encore vierges de toutes les illustrations que Delia afficherait plus tard, et le moindre bruit raisonnait dans tout l'appartement, démontrant à chaque instant à la rousse que non, elle n'était pas encore tout à fait installée. L'appartement n'était pas mal du tout, plus grand que l'ancien mais tout aussi bien exposé. Elle était au premier étage d'une petite résidence moderne, sur Pacific Lane, qui était, d'après ce qu'elle avait compris, réputée pour son animation et sa simplicité. Elle avait déjà discuté avec l'une de ses voisines, une soixantenaire hyper-active qui l'avait accueillie à bras ouverts et à coups de tasses de thé et de petits biscuits faits maison. Elle avait officiellement déménagé à Huntington Beach depuis une semaine, mais n'avait pas réellement pris le temps de faire de son nouvel appartement son chez-elle à proprement parler. Elle n'avait installé que son lit et quelques produits dans la cuisine et la salle de bain, le minimum vital. C'était son nouveau boulot qui avait été le plus chronophage dans tout ce changement : elle avait du se faire à un trajet quotidien dans une ville qu'elle ne connaissait pas, mais aussi et surtout à de nouvelles têtes. Au café, elle était la plus haut gradée, mais également la dernière arrivée et celle dont se méfiaient tous les employés. Pourtant, elle n'était pas impressionnée. Elle comptait mener ses objectifs à terme, et continuer à rendre prospère ce café de centre ville. Cette journée, comme les cinq dernières, avait pourtant été éreintante. Si l'ambition avait été reposante, beaucoup plus se la permettraient. « T'as acheté à manger ? » demanda-t-elle, vannée, à Bianca, qui venait de claquer la porte de l'appart' derrière elle. « Je suis passée au thaï en bas de la rue, j'espère que -- » « Parfait ! » Delia s'était saisie du sac en plastique pour l'amener vers la terrasse qui dominait le petit parc derrière la résidence. « Ramène des couverts ! Prends ceux en plastique près de l'évier, j'ai pas encore sorti les autres... » hurla-t-elle à sa sœur -et à qui voulait l'entendre-, sortant les plats de leur sac pour les installer sur la table. « J'ai trouvé un poste de prof pour l'année prochaine... » glissa Bianca en s'installant finalement en face de sa sœur, posant les couverts sur la table. Delia poussa un petit paquet en carton vers elle avec un air plus que satisfait. « J'ai pensé à te racheter tes clopes de jeune fille... » se sentit-elle obligée d'expliquer en ouvrant son paquet de Winston pour en sortir une vraie cigarette. « Merci », glissa seulement Bianca, bien décidée à lui répéter la nouvelle autant de fois que nécessaires pour qu'elle l'assimile. « Je vais rendre l'appart' de LA et m'installer ici... » Posant son briquet et tirant une première latte de clope, Cordelia regardait sa sœur, impassible. « Tu veux t'installer ici en attendant de trouver un appart' ? Tu pourras m'aider à défaire les cartons. » La colocation, elles l'avaient vécue pendant cinq ans, alors quelques semaines ou mois de plus, quelle importance... « Je veux bien », accepta-t-elle aussitôt avec un sourire reconnaissant. Elle se mit à déballer son repas en expliquant son choix et ses projets. Cordelia ne disait rien, le regard perdu sur le parc qui s'étalaient à leurs pieds. Elle souriait. Elles n'allaient pas être séparées. Pas tout de suite, pas d'un coup. Elles ne vivraient plus constamment ensemble, c'était un bon départ. Cordelia se savait dépendante de sa jumelle, mais elle avait tout autant d'espoir de se voir indépendante d'elle. C'était un drôle de défi qu'elle s'était imposé là en quittant LA, mais le destin semblait toujours, au final, les réunir. Peut-être y avait-il une bonne raison à cela... « Passe moi le cendrier, s'il te plaît. »

Pendant deux mois, donc, les jumelles se retrouvèrent à nouveau en colocation. Une façon de prolonger les cinq ans qu'elles avaient passés à Los Angeles. Cordelia aimait bien Huntington Beach. Peu à peu, ses employés s'étaient habitué à elle. Ils riaient de sa rigueur et de son professionnalisme, mais acceptaient sans trop de soucis d'être sous ses ordres. Elle n'était pas une tortionnaire, mais elle aimait que les choses aillent dans son sens, et c'était sans doute ce qui faisait d'elle une aussi bonne manager. Elle était aussi à l'écoute du client que de ses serveurs, et la qualité de leurs boissons pouvait, aux yeux de la rousse, largement rivaliser avec celle des Starbucks Coffee. L'enseigne pour laquelle elle travaillait était loin d'avoir une renommée aussi étendue que cette dernière, mais Delia savait pour qui elle travaillait. Il s'agissait d'un petit business local, qui n'était pour l'instant implanté qu'en Californie. Elle se plaisait à vanter les mérites de leurs cafés, de leurs smoothies et de leurs pâtisseries. Elle était investie dans son rôle de manager comme elle ne l'avait jamais été auparavant dans aucun de ses jobs. Pourtant, lorsqu'elle prenait le temps d'y réfléchir, et même après seulement quelques mois à travailler là-bas, Delia ne se sentait toujours pas pleinement satisfaite. Et elle commençait à se demander si elle pourrait réellement l'être un jour.

En septembre, cinq nouvelles lunes venaient d'être découvertes à Uranus. Mad, Cupid, Perdita, Margaret, et Psamathée. Son quotidien paraissait insignifiant à Delia lorsqu'elle pensait à l'immensité de l'univers auquel ils appartenaient sans trop le réaliser. Le vingt-cinq août, elle avait regardé dans le ciel avec le maigre espoir de voir une différence, mais la réalité était que ces événements célestes ne marqueraient jamais sa vie comme elle l'espérait. Ce jour-là, Mars était au plus proche de la Terre depuis cinquante-neuf mille ans. Pourtant, la Terres semblait s'en moquer. La plupart des gens n'étaient même pas au courant de ce qui se passait au-dessus d'eux, et même Delia avait travaillé comme elle avait travaillé les jours précédents et comme elle travaillerait les jours suivants. Sur Terre, ces trucs-là ne comptaient pas vraiment, et elle commençait à en prendre conscience. Elle ne calculerait jamais d'orbites de planètes, naines ou non, ou de satellites; elle ne découvrait jamais d'objet céleste et leur donnerait encore moins de nom; elle ne serait jamais la première à voir l'image d'une étoile exploser, et elle ne serait jamais capitaine d'une mission destinée à découvrir Mars.

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That familiar heart
It's just a silhouette, a flick in the blinds. It's just a mind trick, I don't know why but it reminds me of someone that I used to know. All that I can't forget is every night right beside me. I open my eyes and it reminds me I should have never let you go.





Dernière édition par Cordelia Hoogendijk le Jeu 9 Juil - 1:55, édité 44 fois
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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mar 21 Avr - 16:23


Nous avons tous un passé, un présent et un futur.


Cordelia venait d'écraser un énième mégot sur le trottoir. A côté d'elle, Bianca finissait sa cigarette. Les années avaient passé, toutes si semblables les unes et autres, et l'histoire de Delia n'avait pas tellement avancé jusque là. Elle était devenue aigrie, remplie d'une rancœur qu'elle ne s'était jamais connue jusque là et dont elle s'évertuait encore à prétendre l'inexistence. « C'est complètement débile d'avoir fait les choses dans ce sens là, t'es pas réfléchie » lui disait sa sœur alors qu'elles continuaient d'avancer vers la nouvelle propriété de la trentenaire. « J'm'en moque ». Car oui, elle s'en moquait. Cette envie l'avait prise comme une envie d'uriner après un thé vert ou une besoin de vomir après avoir mangé du poisson cru. « Tout va bien, non ? Voilà, tout va bien. Elle va bien aussi, tout le monde va bien, on est toutes heureuses, fin de la discussion. » Mais la troisième protagoniste de cette histoire n'était pas la seule chose que Bianca jugeait à cet instant, Delia en avait bien conscience. En une semaine à peine, tout semblait avoir changé radicalement. Elles voulait se prouver qu'elle pouvait reprendre les choses en main avant d'avoir soixante ans et plus aucun espoir. Elle ne serait jamais astrophysicienne ou astronaute, elle ne visiterait jamais Mars et n'aurait jamais son mot à dire sur le retrait de Pluton de la liste des planètes du système solaire, mais elle pouvait travailler à une seule chose, et la seule chose pour laquelle les gens devaient travailler : être heureuse. Elle n'avait pas besoin de visiter des contrées aussi éloignées que Venus pour être heureuse -et puis, il ferait sans doute beaucoup trop chaud là-bas, alors pourquoi en rêver ? La Terre était la seule planète du système solaire à avoir enfanté la vie telle que nous la connaissons, pourquoi vouloir s'en échapper ? Sous prétexte que nous des explorateurs, des vagabonds à la recherche de nouveaux mondes à coloniser ? Non, il lui fallait apprendre à aimer la vie telle qu'elle lui avait été offerte. « En tout cas, elle a l'air de t'avoir adoptée », fit remarquer Bianca, peut-être pour se rattraper de son excès de prudence. Cordelia ne lui répondit rien, mais elle souriait. Oui, depuis qu'elles s'étaient trouvées, toutes les deux, elles s'étaient adoptées l'une et l'autre. La nouvelle arrivée l'avait acceptée comme elle était, comme si leur première rencontre avait déjà noué un lien invisible; elle l'accueillait avec joie dès qu'elle rentrait d'une course ou du travail, et elles passaient beaucoup de temps ensemble. Elle adorait se promener avec Cordelia, et cette dernière trouvait en elle une nouvelle amie, une confidente comme elle n'avait jamais cru pouvoir en avoir.

Un quart d'heure plus tard, les trois demoiselles franchissaient la porte de la nouvelle propriété de Delia. Elle avait tout abandonné pour ce grand bâtiment de deux étages. Il était situé au centre ville, non loin du central park, et quelques semaines plus tôt, Delia avait eu une épiphanie. Elle allait prendre sa vie en main, et cette propriété était là, elle lui tendait les bras. Elle n'avait plus besoin de bouger : au bout de plus de dix ans, la rousse s'était largement faite à la vie californienne, et, même si ses parents et Wilson lui manquaient, ici, elle avait tout construit. Elle revoyait des anciens collègues de temps à autres, elle aimait se promener au parc ou à la plage, mais surtout, Bianca était là. Pas très loin. A Los Angeles pour travailler, mais à Huntington Beach pour tout le reste. Il n'y avait pas de raison qu'elle ne trouve pas un domaine dans lequel s'épanouir, elle aussi. C'était donc logiquement que cette petite fille sage de Philadelphie, qui rêve devant les étoiles et a préparé des cafés pendant la moitié de sa vie active, avait décidé d'acheter un stand de tir, le seul stand de tir en intérieur de la ville. C'était la première fois que Delia y mettait les pieds en tant que propriétaire. L'ancien propriétaire avait insisté pour lui donner ses meilleurs conseils, qu'ils avaient appris et accumulés au fil des ans. « Bienvenue », les salua l'homme, qui semblait avoir à peu près leur âge. « Merci. Vous êtes donc monsieur Edelstein ? » s'enquit Delia en lui serrant la main. Il salua ensuite Bianca, puis jeta un coup d'oeil à la petite boule de poils qui s'était assise aux pieds de sa maîtresse. Spirit était encore jeune, elle venait à peine d'être sevrée, et elle semblait d'ores et déjà parfaitement à l'aise dans cette vie qui serait la sienne dès à présent. « Je vous en prie, vous pouvez rentrer chez vous... » les guida Edelstein, un brin amer, en réajustant les manches de sa veste de costume. Si Cordelia avait pu se permettre de devenir propriétaire d'un stand de tir aussi important, ce n'était pas pour n'importe quelle raison ; dans sa recherche d'accomplissement, elle avait réussi à garder une part de raison, et c'était sans doute d'ailleurs ce qui l'avait poussée à foncer dans l'acquisition de son propre business. Elle avait vaguement eu vent de la mise en vente du stand de tir de la ville ; il faut dire que ça avait été un vrai petit feuilleton à suivre dans le coin. A ce qu'elle avait suivi et compris, Edelstein avait été victime d'une plainte qui avait été menée au tribunal, et qui avait fini par le mettre sur la paille -il avait eu besoin de vendre son stand de tir, et vite. Maintenant, alors qu'elle le rencontrait pour la première fois, Cordelia avait du mal à le diaboliser. Il semblait résigné, bien décidé à tout laisser derrière lui. Les médias avaient fait de lui le méchant de l'histoire, parce qu'il était responsable de la sécurité au sein de son établissement, et que l'un de ses employés s'était fait tirer dessus accidentellement par un client. Tous avaient mis l'employé sur le banc des victimes sans se demander une seconde s'il était au bon endroit au bon moment, et, même si la justice avait du considérer tous les faits de l'incident, les médias avaient enterré Edelstein bien avant elle, et il n'était plus question qu'il continue à exercer ici. « C'est quoi, comme race de chien ? » demanda l'ancien propriétaire sur le ton froid d'un homme qui n'arrivait pas à se décider entre détester ou apprécier la nouvelle propriétaire des lieux. Ils avaient fait le tour du bâtiment, et ils étaient à présent dans son ancien bureau. Les conseils avaient été donnés les uns après les autres, mais il semblait ne pas arriver à quitter les lieux. « Un chien-loup de Saarloos » répondit la rousse en regardant sa petite Spirit, qui, fatiguée, s'était allongée à ses pieds. Edelstein, lui, s'était à moitié assis sur son ancien bureau, jetant un coup d'oeil aux photographies qu'il avait laissées affichées en face. Les jumelles, portées par son regard, firent de même, curieuses. « L'histoire du stand... » soupira-t-il. « La première photo, c'est mon père, mais ça n'a pas d'importance. » Delia sentait dans la dureté de sa voix tout l’écœurement que lui avait laissé la perte de son héritage familial. « Vous vous en occuperez en famille ? » Delia jeta un coup d'oeil à sa sœur, mais elles connaissaient toutes les deux la réponse. « Non. Juste moi. » Il la regarda d'un drôle d'air. « Vous vous y connaissez en armes ? » Vous n'en avez pas l'allure, sous-entendait-t-il en la regardant de bas en haut. « Je m'y connais en management. » Il la toisait toujours, et s'il avait pu boire un whisky sur l'instant, Delia était persuadé qu'il l'aurait fait. Il avait le regard de l'homme désespéré que plus grand chose ne peut effrayer. « J'ai pas besoin de connaître les caractéristiques complètes d'un Glock 19 pour savoir remettre un employé à sa place quand il se montre pas assez rigoureux pour travailler sur un stand de tir. » Elle s'arrêta juste à temps. Un peu plus et elle rejoignait médias et justice et lui mettait ce fameux tir accidentel sur le dos. « D'ailleurs, si vous, vous êtes assez rigoureux, je recrute. » Elle lui donna une carte de visite ridicule, l'une de celles qui lui restaient de son ancien travail. Cordelia Hoogendijk, manager chez Sweet Coffee. Il prit la carte, mais ne dit rien de plus.

Bon, comme ça, Delia avait l'air de redémarrer une nouvelle vie sur de belles bases. Elle allait quelque part, elle avait un avenir brillant, quelque chose de beau et de précis. Sauf que... même si le stand de tir avait été bradé, elle était à présent endettée jusqu'au cou. Ce n'est pas demain la veille qu'elle pourrait être propriétaire de son logement, mais, heureusement pour elle, ce n'était pas quelque chose qu'elle recherchait particulièrement. Ce qui comptait avant tout, c'était son quotidien. Et son quotidien ne changerait pas du tout au tout si elle se mettait à vivre dans un appartement -ou, pure science-fiction, une maison- dont elle propriétaire... sauf en cas de problèmes avec ses toilettes, éventuellement. Par contre, ce qui comptait, c'était son travail, cette chose dans laquelle le commun de mortels engage le meilleur de lui-même... à condition d'aimer ce qu'il fait. Et Cordelia voulait rentrer chez elle crevée, épuisée, avec cette sensation d'avoir tout donné, et fait de son business, son propre business, une machine qui roulait un tout petit mieux que la veille. Le reste n'avait pas vraiment d'importance ; il ne pouvait pas avoir d'importance. Delia avait à présent trente ans, et était à des années lumières de la création d'une famille. Sa vie se résumait au travail, à Bianca, et, à présent, à Spirit.




L'orage grondait sur Huntington Beach. En plein mois d'août, un peu de pluie ne faisait jamais de mal, surtout étant donné l'état du sol californien et de ses réserves en eau. Depuis l'année précédente, les autorités prenaient des mesures qui semblaient aussi inutiles et superficielles les unes que les autres : le niveau des lacs descendait inexorablement, et seule un peu de pluie donnait l'impression d'avoir un pouvoir quelconque sur la situation. Le climat de Philadelphie lui manquait, il lui manquait même souvent, mais cela faisait maintenant quinze ans qu'elle avait quitté le pays froid de la Pennsylvanie. En réalité, ce qui lui manquait plus, c'était la magie de la neige. Ici, ils n'en voyaient jamais. Le soleil avait ses bons côtés, mais pour des rousses comme Bianca ou Cordelia, ils étaient beaucoup plus difficiles à mettre en évidence. L'orage lui rappelait Philadelphie. Là-bas, l'été, une semaine de chaleur se concluait souvent avec un orage comme celui-là. Aussi, elle en était venue à savourer chaque pluie comme on chérirait un vieux souvenir cher à son cœur. Ce soir, elle était seule. Elle venait de raccrocher avec Bianca, et toutes les deux avaient décidé d'un commun accord qu'elles ne se verraient pas. Bianca avait trop de travail, et Delia la flemme de sortir par un temps pareil. Elle préférait rester emmitouflée chez elle, avec sa Spirit à ses côtés. Elle ne pouvait plus l'appeler sa "petite" Spirit comme elle s'était tant plu à le faire ; petite Spirit était devenue grande. Elle avait trois ans, à présent. Delia et elle s'étaient promenées avant que le ciel ne se déchaîne sur la côte, et la trentenaire était à peu près sûre que sa chienne se rendait compte de ce à quoi elles avaient échappé. Spirit était allongée au pied du canapé, et fixait, d'un regard lourd et sans doute fatigué, la terrasse qui était trempée depuis un moment déjà. En se levant, Delia la caressa et l'embrassa, accueillant avec joie quelques signes d'affection en retour, puis se dirigea vers un petit bar qu'elle avait installé non loin de ses bibliothèques fétiches, remplies de romans de science-fiction et de livres documentaires. Elle se servit un verre de whiskey, sec, et retourna s'asseoir, cette fois par terre, près de Spirit, qu'elle cajola un peu plus au passage. « Je suis désolée, mais demain tu resteras là », s'excusa-t-elle en attrapant un bouquin sur sa table basse. « Me regarde pas comme ça... je te l'ai déjà dit, demain j'ai rendez-vous avec les contrôleurs. Je peux pas te laisser dans mon bureau toute la journée. » Spirit la regardait, visiblement assez peu convaincue par les arguments de sa maîtresse. « Et puis s'il pleut encore, je vais pas te transporter en pick-up. Et me dis pas que tu tiendras sur le fauteuil passager, je te crois pas. » D'un air boudeur, Spirit tourna la tête vers la télé, qui, précisons-le, était éteinte. La rousse passa la main sur son pelage avec douceur, comme pour se faire pardonner. « Je sais que t'es en train de te dire qu'il pleuvra sûrement plus demain, mais on sait jamais. Et puis je préfère te laisser ici toute une journée plutôt que dans mon petit bureau. Je reviendrai plus tôt, promis. On ira se promener à la plage, je sais que t'adores la plage. » La chienne pencha la tête sous les papouilles de sa maîtresse et bailla, réalisant sans doute que, contrairement à d'autres moments, il ne semblait pas se passer grand chose dans cette drôle de boîte noire rectangulaire collée au mur. Le son sur lequel elle se concentrait venait d'ailleurs, et, alors qu'une nouvelle chanson prenait la suite des Foo Fighters, Delia ferma les yeux. I close my eyes only for a moment, and the moment's gone. Elle s'installa en tailleur, comme par réflexe, et posa son bouquin devant elle. Elle avait posé une main sur le dos de Spirit et restait immobile, sans trop savoir où elle se situait à présent. All my dreams pass before my eyes with curiosity. Elle soupira en se pinçant la lèvre, mais ne décida pas à briser le moment. Les yeux fermés, elle entendait chaque son de manière démultipliée, comme si certaines zones de son cerveau venaient de se réveiller alors qu'elle avait mis en veilleuse celles qui étaient dédiées à la vision. Les gouttes de pluie s'écrasaient lourdement contre ses carreaux, et elles tombaient dans un son beaucoup plus léger sur le carrelage trempé de sa terrasse. Dehors, le vent se déchaînait. Elle pouvait entendre les arbres se plier sous son passage, et plus encore les feuilles qui s'accrochaient à leur branche sans arriver à se protéger de l'eau. Elle entendait le tonnerre qui grondait, qui se rapprochait, mais, au milieu de tout cela, elle n'entendait plus un seul signe de vie en contrebas de son appartement. Tout le monde était sans doute parti s'abriter. Now don't hang on, nothin' lasts forever but the earth and --.

Silence complet, noir presque total. Delia ouvrit brusquement les yeux et jeta un regard interrogatif à Spirit, qui s'était redressée. La seule lumière qui les éclairait encore était celle de la lune qui, on ne savait trop par quelle artifice, arrivait à faire passer encore quelques rayons visibles à travers l'épaisse couche de nuages. Les lampadaires du quartier avaient abandonné le navire. « Fait chier... » soupira-t-elle en se redressant avec difficulté pour partir en quête d'une bougie dans son appartement. Subitement, elle entendit sa voisine soixantenaire pester de l'autre côté du mur qui séparait leurs appartements. Delia, elle, se n'attendit pas plus longtemps pour chercher ce dont elle avait besoin. Elle tomba en premier lieu sur son portable, qui, fort heureusement, avait encore assez de batterie pour l'éclairer le temps qu'elle trouve mieux. Spirit ne bougeait pas, et semblait même percevoir ce noir et ce silence soudains comme un appel à une bonne nuit de sommeil. Cordelia, encouragée par les cris exaspérés de sa voisine, trouva bien vite une vieille bougie que lui offert Bianca. C'était bien le truc de Bianca, ça, les bougies, mais il fallait dire qu'à ce moment précis, le tas de cire vaguement parfumé aux produits chimiques allait lui sauver la mise. Elle sortit son briquet de sa poche de jean, alluma la bougie, et rejoignit le salon en attendant que la situation se débloque. Sans doute par défi, c'est la bougie qu'elle choisit pour allumer sa Winston, laissant sur sa table basse le briquet, qui avait d'ores et déjà accompli sa mission de la soirée. Elle s'assit par terre, dos à la télévision, en face de Spirit, et laissa son regard insistant la réveiller. « Tu comptais me laisser toute seule pendant un orage ? Pendant une coupure de courant ? Tu sais bien que j'ai presque aussi peur de l'orage que du noir, t'es pas cool... ».

De longues minutes plus tard, Cordelia avait fini sa clope, et elle et Spirit étaient allongées par terre. Elle avait laissé sa main sur le pelage de son amie, et regardait fixement le ciel que la transparence de sa baie vitrée laisser deviner au-delà des nuages sombres. Il n'était pas très beau; en réalité, elle n'avait jamais réellement vu de très beau ciel nocturne. Si elle arrivait à déceler deux étoiles dans le ciel qui surplombait Los Angeles et ses alentours, elle se considérait déjà chanceuse -sachant d'ailleurs que l'une d'elle, avec un peu de chance, n'était autre que la station spatiale internationale... Pourtant ce soir, avec le blackout qui touchait au moins son quartier -elle ne s'était pas donné la peine de chercher à savoir jusqu'où se répandait le problème-, Cordelia semblait réaliser pour la première fois depuis des années que tout ce dont elle rêvait était juste là, à portée de main. Juste au-dessus d'elle, juste au-dessus d'eux tous. A cet instant précis, il y avait sûrement un astronaute américain qui tweetait une photographie des Etats-Unis vus de l'espace. A cet instant précis, New Horizons continuait sa course effrénée à la poursuite de Pluton, qui l'attendait bien sagement au fond du système solaire. Et à cet instant précis, Cordelia Hoogendijk, dans l'infinité de son imagination, démultipliée par le sommeil qui l'envahissait, mettait le pied sur Mars.




Cordelia s'était un peu emmerdée, ce soir. La musique classique n'avait jamais trop été son truc. Et puis tous ces gens guindés ne lui inspiraient pas confiance ; elle savait que c'était grâce à eux que Bianca vivait si aisément, mais elle n'arrivait pas réellement à se faire à cette différence si marquée entre leurs goûts musicaux. Pour écouter les directions orchestrales de sa sœur, elle devait débourser des sommes astronomiques, et si ça n'était sans doute pas un problème pour la plupart des gens qui le faisaient, c'était loin d'être son cas. Si elle faisait ce sacrifice, c'était pour Bianca. Et puis, revenir de temps à autres à Los Angeles lui permettait aussi de s'aérer l'esprit. Une fois, elle avait rencontré un de ses anciens patrons; il avait été surpris de la tournure qu'avait pris sa vie, mais Delia, à trente-cinq ans, avait annoncé avec fierté qu'elle était propriétaire d'un stand de tir. Lui avait fait une drôle de grimace et surenchéri : sa femme, sur l'épaule de laquelle il avait posé une main protectrice, était enceinte. La rousse les avait félicité, et était retournée féliciter sa sœur.

Les vies des jumelles était bien différentes. Cordelia semblait s'en rendre compte pour la toute première fois à chaque fois qu'elle allait à la première d'une de ses nouvelles représentations ou à des soirées mondaines destinées aux musiciens. Ce soir-là ne dérogeait pas à la règle. Perchée sur ses talons, serrée dans une robe de location, Delia rejoignait sa sœur en passant par les recoins inconnus et inaccessibles au public. Bianca avait sa propre loge; toujours la même. Elle poussa la porte et glissa à l'intérieur, jetant un coup d'oeil aux différents bouquets de fleurs qui avaient été offerts à sa sœur. « Félicitations, c'était... sympa. » Elle s'assit dans le premier fauteuil qu'elle repéra, et, croisant les jambes, attendit une réaction de Bianca, qui finissait de se rafraîchir à coups de brumisateurs d'eau. « On va fêter ça au restaurant ? » Dubitative, Delia resta de marbre quelques instants. « Spirit m'attend à la maison. » Tout ça pour ne pas dire que la soirée avait déjà dépassé son budget et que le stand de tir n'était pas au meilleur de sa forme dernièrement... « Je peux faire des pâtes carbo, si tu veux. Bon, il y a du gluten, mais... » Bianca soupira. Elles savaient l'une et l'autre qu'il ne s'agissait pas de Spirit, de fatigue, ou de n'importe quel autre prétexte bidon qu'elle aurait pu choisir. « Tes collègues vont pas au restau pour fêter ça ? Je suis sûre que t'as été invitée. Vas-y ! » Delia n'en démordait pas : elle ne comptait pas dépenser cent dollars dans un repas qui aurait à peu près la même valeur nutritionnelle que n'importe quel repas qu'elle se préparerait à la maison. Alors elle venait de faire ce qu'elle faisait de mieux : mettre Bianca dans cette même posture de gêne qui la forcerait à proposer ou accepter une alternative. « On peut aller se boire un verre, sinon. Mais à Huntington Beach, hein, je veux être sobre pour conduire jusque là-bas. » Delia approuva. Elle n'était jamais contre un whisky sec. « Au fait, j'ai eu des nouvelles de Wil'... il a demandé à être muté dans le coin. Il dit que ça peut prendre un ou deux ans, mais il est confiant. » Cordelia laisse retomber son bras sur l'accoudoir du fauteuil. Elle n'arrivait pas à se faire à cette idée : Wilson donnait beaucoup plus de nouvelles à sa sœur, à présent. Elle ne savait pas vraiment l'expliquer. Elle avait toujours besoin de lui, elle. Elle avait besoin de le savoir à ses côtés. Mais depuis quelques années, ça ne semblait plus réciproque. Il s'était rapproché de sa meilleure amie, de sa Bianca, et elle se sentait régulièrement comme une intruse entre son frère aîné et sa jumelle, qu'elle considérait aujourd'hui comme sa protégée, comme une petite fille qui avait marché dans les traces parfaites de sa mère sans oser le moindre écart. Pourtant, si elle se sentait fière de cette liberté qu'elle avait prise par rapport à leur éducation, il lui arrivait souvent de se sortir exclue de leur famille. Elle n'était pas assistante de direction dans une grande multinationale, elle n'était pas professeur à l'université, elle n'était pas chargé de projet dans une boîte de marketing, et elle n'était pas chef d'orchestre. Elle était juste... Manager propriétaire d'un stand de tir. La seule chose qu'elle connaissait des armes était leur utilisation. Elle faisait confiance à ses employés pour le reste et elle, de temps en temps, filait tirer quelques balles dans une pauvre cible qui n'attendait que ça. Était-ce là sa finalité ? N'avait-elle donc aucun autre but dans la vie ? Ne comptait-elle pas laisser autre chose à la génération suivante que quelques photographies supplémentaires sur le mur de son bureau ?

Sur le trajet qui les mena toutes les deux jusqu'à Huntington Beach, pendant que sa sœur conduisait, Cordelia, une fois de plus, s'était laissée porter par la vue des quelques étoiles qu'elle arrivait à distinguer dans le ciel éclairé par la mégalopole américaine. Après tout, la matière elle-même était constituée à plus de quatre-vingt dix neufs pourcents de vide... Au milieu de cette immensité de néant, que pouvait-il en être d'une unique vie parmi des milliards d'autres ?

2/2



Derrière l'écran :

Coucou tout le monde, je débarque sur H.B alors que personne ne me connaît alors autant faire les choses bien non ?! Tout d'abord il faut savoir que dans le monde des forums mon pseudo est Lux, tandis que mon prénom est Diane. Je suis âgé(e) de 25 ans et je vis actuellement du côté de Nancy. Ce que je fais dans la vie ? ça ne vous regarde pas :p Passons aux choses sérieuses, j'ai connu ce forum sur skype, ma première impression en le voyant a été wow trop cool. Côté rp je vous préviens que mes fréquences de connexion seront de 5/7 et que mon niveau rp est de vous savez bien. Concernant mon personnage j'ai choisi Jessica Chastain comme célébrité, pas mal non ? Si vous avez bien lu ma fiche vous savez d'avance que je choisis u can't buy happiness comme groupe ! Au fait j'allais oublier le code du règlement je le connais et il a été validé par Neela. A bientôt sur le forum ♥

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Dernière édition par Cordelia Hoogendijk le Jeu 9 Juil - 2:19, édité 17 fois
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Bianca Hoogendijk
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mar 21 Avr - 16:24

    MA JOUMELLE
    Bon courage pour ta fiche ! Hihi !


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Guten Abend, Herr Beethoven, with these words I’ve interwoven inspiration from Moonlight. Since you parted much has changed but your melodies remain like flamingos in full flight, please forgive me and be assured I’m only using all your chords to illustrate that nothing’s ever new — C. Winston.
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Hendrix G. Dickens
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mar 21 Avr - 16:49

Bon courage pour ta fiche
Un chien-Loup ? Il doit venir de la même portée que celui de la famille de dingue Irlandaise Rolling Eyes

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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mar 21 Avr - 17:05

    Merci

    Ah, bah je sais pas, je savais même pas qu'ils avaient un chien

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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mar 21 Avr - 18:20

Bon courage pour ta fiche

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La passion est un feu si ardent que même un fois éteint, il nous habite encore longtemps. C'est une pulsion si puissante qu'elle nous pousse dans les bras d'amours improbables. C'est une sensation si bouleversante qu'elle peut briser les murs que l'on avait érigés pour protéger notre coeur. C'est un sentiment si intense qu'il refait surface malgré les efforts déployés pour l'enterrer. Oui, de toutes les émotions, la passion est celle qui nous donne une raison de vivre, et une excuse pour commettre toute sorte de crimes.(desperate housewives)
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mar 21 Avr - 21:42

yooo, re-bienvenue

Bonne chance pour ta fiche

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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mer 22 Avr - 3:03


bah oui, maintenant que je sais qui c'est, je peux passer

En tout cas, super choix d'avatar (pour changer ) et j'ai hâte d'en savoir plus sur ton personnage

ah et du coup, re-re-re-re-[..]-re-bienvenue!
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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mer 22 Avr - 15:59

    Merci beaucouuuup

    Et Dono-chou, tu peux enlever le crochet dans le bienvenue, 5 re c'est tout ce qu'il me faut

    Vous êtes des choux

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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mer 22 Avr - 16:48

mais je multiplie les "bienvenue" fois l'infini bc I u


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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mer 22 Avr - 22:23

    J'aime ton explication, tu te rattrapes bien

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Tom Fuller
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Lun 1 Juin - 20:00

Raaaaah!

Please, teach me how to use my handgun :59: :61: (choisi le pervers qui te plaît)

Si tu me laisses un trou dans ton BG, j'te promet que j'y rentre comme la gangrène se jette sur une plaie ouverte!

Et sinon, bonne rédaction :)
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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Mar 2 Juin - 14:47

    Hey, perv !

    Je te laisse bien entendu un trou pour que tu puisses t'insérer (omg pourquoi je surenchéris...). On se trouvera un pur lien *_*

    Merci, en tout cas, pour ce message ampli de délicatesse


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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Ven 5 Juin - 16:29

Tellement délicate que je suis le nouveau porte-parole de Lotus depuis quelques semaines.

Leur nouveau slogan ? "Mettez m'en plein la gueule!"

Courage, ça avance bien!
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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Jeu 9 Juil - 1:45


    @Tom Fuller a écrit:
    Tellement délicate que je suis le nouveau porte-parole de Lotus depuis quelques semaines.

    Leur nouveau slogan ? "Mettez m'en plein la gueule!"

    J'avoue que depuis que tu en fais la promotion, je suis passée à Lotus, et mes fesses ne s'en portent que mieux !

    Merci pour ces encouragements, en tout cas... je pense d'ailleurs pouvoir annoncer que j'ai terminé. Oui, tout ça pour ça. J'espère que mon histoire sera assez claire et tout et tout


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Robert Deacon
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Jeu 9 Juil - 2:12

Tout un soundtrack :)

Tu devrais penser à la commercialisation!

Première lecture sur ma liste au p'tit déj de demain
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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Jeu 9 Juil - 2:17

    HANNNN la pressioooooooon ! En tout cas j'espère que ça te plaira et que je te ferai pas perdre ton temps (petit déj, repas sacré, quand même), et puis que j'ai pas laissé trop de coquilles

    Bonne lecture quand même et merci de prends le temps *_*

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Robert Deacon
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Jeu 9 Juil - 15:11

Merci de prendre le temps ? Non mais franchement, ce qu'il faut pas entendre! Merci de nous offrir la possibilité, moi je dis :)

Sinon : Cordélia    Please, don't give up :(
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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Jeu 9 Juil - 16:11

    Hannnnn t'es trop gentil
    Et Mars One, ouais, j'y ai pensé aussi, mais elle a loupé le coche là. Mais c'est vrai qu'ils auraient peut-être eu besoin d'un bon manager là-haut ! =p

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Neela Meyers
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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   Dim 12 Juil - 14:18

désolée pour avoir traîné, mais j'ai pas eu le temps de finir ma lecture avant. mais je te valiiiiiiiiiiiiiiiiiide

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MessageSujet: Re: {{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}   

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{{ Cordelia - Accross the sea of space, the stars are other suns {done}

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