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 (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}

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Cordelia Hoogendijk
lama ninja en formation secrète


› MESSAGES : 912
› EMMENAGEMENT LE : 21/04/2015
› AGE : 37
› STATUT CIVIL : Amoureuse de James Bond. Donc ouais, célibataire.
› QUARTIER : Pacific Lane
› PROFESSION/ETUDE : Propriétaire du stand de tir d'HB. Passionnée d'astrophysique, rêve abandonné.
› HB AWARDS : Nada.
› DOUBLE COMPTE : Ally N. Fleming & Hazel Karstark & Beth Wilkerson
› CELEBRITE : Jessica Chastain
› COPYRIGHT : Lux Aeterna (myself)


MessageSujet: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Dim 5 Juin - 2:37



Where words fail, music speaks
Cordelia Hoogendijk & Roy Kapur



En enfilant sa seconde boucle d'oreille, Cordelia jeta un regard à Spirit. Sa fidèle amie, couchée devant la télévision éteinte, la fixait tristement. Elle savait que sa maîtresse l'abandonnait pour la soirée; cette rousse-là ne se mettait jamais en robe de gala pour traîner à la maison avec une pizza et lui ouvrir sa boîte de pâté préférée. La chienne voyait juste, et c'était ce qui brisait le cœur de Delia. Elle la laissait seule pour la soirée. Avec un peu de chance, même, elle dormirait à Los Angeles. Bianca ne la laisserait probablement pas reprendre la route à une heure tardive, et malgré toutes les supplications de sa sœur, elle l'obligerait à rester dans sa villa cossue de la capitale californienne. Cordelia avait donc laissé ses gamelles pleines à Spirit, et déposé les clés de son appartement chez sa voisine préférée, vieille octogénaire aux habitudes télévisuelles qui n'avaient plus aucun secret pour la rousse -ou pour n'importe quel habitant de la résidence. « Me regarde pas comme ça. C'est Bianca qu'il faudra engueuler... » Dans un soupir, elle attrapa la seule paire d'escarpins de marque qu'elle possédait et s'assit sur son vieux canapé pour les enfiler. Bianca allait probablement encore lui demander de se garer loin de la salle de concert, histoire de préserver ses collègues et autres membres de la haute société du contraste qu'elle apporterait à la soirée guindée, avec son vieux pick-up aux humeurs fugaces.

En se relevant, elle jeta un dernier coup d'oeil au miroir plaqué au mur, près de la porte d'entrée. « T'en penses quoi ? » demanda-t-elle à son amie canine en repassant de la main le tissu foncé qui recouvrait son ventre. La chienne aboya et se releva pour venir vers elle et faire le tour de ses jambes. « Oui, je sais, je vais devoir faire gaffe au bustier... » Elle repensa avec un sourire à l'accident qu'avait eu Bianca en arrière-plan d'une interview télévisuelle. Elle frotta ses lèvres l'une contre l'autre pour homogénéiser le rouge de ses lèvres et réajusta le bustier de sa robe fourreau noire, drapée, simple et efficace. L'avantage de l'été en Californie était que les vestes devenaient rapidement inutiles. Elle se saisit de son clutch et jeta un dernier regard à sa fidèle chienne. « J'essaie de revenir dormir ici, mais tu connais ta tante, hein... » Elle la caressa vigoureusement avant de se redresser et de quitter son appartement miteux. Pour ce soir, elle serait Cendrillon.

Le trajet lui parût plus long que d'habitude, et le soleil de fin d'après-midi qui l'aveuglait pendant sa conduite n'y était pas pour rien. Elle râla bien plus que de raison, et chanta bien plus de vieux tubes de rock que ce que sa sœur aurait toléré. Lorsqu'elle posa le pied par terre, à Los Angeles, le soleil n'était pas encore couché. C'était un soleil d'été, un soleil de soirées festives et amicales. Les rayons orangés l'aveuglaient et la faisaient paraître plus rousse encore qu'elle ne l'était. Après avoir claqué la porte de sa vieille voiture, elle se pencha pour s'assurer de son allure dans le rétroviseur de sa portière. Premier miracle; elle n'avait pas pris de coup de soleil. Il lui faudrait vite rejoindre la salle de concert pour être sûre que la malédiction Hoogendijk de la sensibilité solaire ne la prenne pas de court. Elle sortit son rouge à lèvres et en rajouta par touches, directement au raisin. Du coin de l’œil, elle vit quelques passants l'observer. Certains aussi bien habillés qu'elle, qui devaient se rendre à la même soirée, et d'autres beaucoup plus relaxés, qui ne devaient rien avoir à faire avec cette histoire. Les vendredi soir dans le coin n'étaient jamais calmes, et si Cordelia faisait l'effort de se garer le plus loin possible de la salle de concert, elle restreignait sa zone de parking à une distance que ses talons et elle considéraient raisonnable. Probablement pas assez, du point de vue de Bianca. Elle glissa la clé dans la serrure de sa portière pour verrouiller le tas de ferraille qui lui servait de voiture, et, après avoir un peu bataillé contre la mécanique récalcitrante, cacha cette preuve d'appartenance à la classe moyenne dans son clutch.

De longues minutes, elle se fondait parfaitement au reste de la population prête à passer une soirée folle à un concert de musique classique. Elle s'assit dans son fauteuil qui, elle devait bien l'avouer, était des plus confortables. Les spectateurs s'installaient les uns après les autres. Bianca lui avait donné une place en balcon, sur le côté, petit box de luxe réservé aux plus fortunés ou, comme c'était son cas, aux plus chanceux. L'atmosphère feutrée de l'endroit lui donna le vertige quelques instants, et elle ouvrit le programme de la soirée pour s'occuper l'esprit et oublier l'ennui auquel elle s'était promise en mettant les pieds ici. Elle ne comprenait pas un traître mot de ce qu'elle lisait, et soupira alors qu'elle sentait quelqu'un s'asseoir à sa droite. Elle tourna encore une ou deux pages et referma le livret, qu'elle laissa sur ses genoux alors qu'elle laisser glisser ses coudes sur les larges accoudoirs de velours rouge. En heurtant celui de son voisin, elle leva son regard vers lui pour s'excuser. « Déso... » commença-t-elle avant de s'arrêter net en reconnaissant Kapur. « Qu'est-ce que tu fous là ? » s'offusqua-t-elle bien plus fort que de raison, au moment où les lumières commençaient à s'éteindre et les murmures à s'évanouir. Le présentateur s'avança devant le rideau pour décrire l'oeuvre que présentait la chef d'orchestre ce soir-là. Le regard de Delia ne quittait pas le visage de son voisin. Ou alors, juste un instant... le temps de vérifier qui était était assis à sa droite. Pas de voisine; pas de femme à l'horizon.

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Dernière édition par Cordelia Hoogendijk le Ven 16 Déc - 22:56, édité 1 fois
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Roy Kapur
BAD COP


› MESSAGES : 207
› EMMENAGEMENT LE : 19/09/2015
› AGE : 38
› STATUT CIVIL : MARIÉ - MAIS PAS FIDÈLE ;
› QUARTIER : PALM AVENUE ;
› PROFESSION/ETUDE : PDG CHEZ KAPUR'S JEWELRY INDUSTRY ; CHEF DU CARTEL MEXICAIN CASA.
› HB AWARDS : (2016) PERSONNAGE LE PLUS AGACANT ; PERSONNAGE LE PLUS MECHANT ; PERSONNAGE LE PLUS CONNARD ;
› DOUBLE COMPTE : CF : ELOW ;
› CELEBRITE : OSCAR ISAAC ;
› COPYRIGHT : ELOW' ;


MessageSujet: “ i can't approve a future i don't want. (EIAT)    Jeu 7 Juil - 19:30



where words fail, music speaks
cordelia hoogendijk — roy kapur



Si Lee n'avait pas toqué à la porte, Roy serait resté à fixer le corps qui se trouvait à ses pieds. Avant de laisser entrer la personne, il attrapa une serviette plus loin et se nettoya les mains. Il prenait son temps, visiblement faire attendre la personne qui se trouvait derrière cette porte ne semblait pas le gêner plus que ça. « - Entre. » Finit-il par dire, alors qu'il remettait ses bagues aux doigts, une grande femme entra dans la pièce. Son regard s'attarda sur la victime avant de se poser sur son patron. Il fit un léger signe de la main avant qu'elle-même n'autorise d'autres personnes à entrer. Deux hommes en combinaisons se mirent à faire le tour de la pièce, arrangeant les choses, nettoyantes d'autres. Lee observait. Curieuse et silencieuse, elle attendait simplement que Roy sorte pour le suivre et lui dire la suite. Ils ne parlaient jamais boulot devant les autres, c'était une règle. Tout comme celle de brûler le moindre vêtement en contact avec du sang. Il quitta la pièce pour une autre, là où Lee avait déposé des vêtements de rechange. Une fois qu'il avait changé son ancien costume pour un autre exactement similaire, il quitta l'appartement où il se trouva et pénétra en silence dans sa voiture blindée qui l'attendait quelques rues plus loin. Il était devenu rare que Roy règle les choses de cette façon. Depuis qu'il avait repris le contrôle du cartel, il ne tuait que lorsque cela était nécessaire. Que lorsqu'il sentait que la personne était un danger pour lui.C'était le cas aujourd'hui. Afin d'améliorer sa distribution, Roy avait entrepris des négociations avec une compagnie de transport de surgelé. Sa marchandise pouvait parfois aller jusqu'au plus nord du pays, tranquillement. Il n'avait aucun problème avec le gérant de la compagnie, cependant, il avait par avance prévenue les chauffeurs qui s'occuperaient des livraisons. Roy ne tolérait aucun écart. Alors, quand il découvre que l'un d'eux détourne une partie pour se faire ses propres bénéfices, il n'hésite pas. Il n'a aucun intérêt à tuer ceux qui l'ont amené à retrouver le voleur, il ne veut que le voleur. Après une recherche menée par ses hommes, Roy avait obtenu une adresse et s'était rendu lui-même sur les lieux. Richard Burton vivait seul au quatrième d'un bâtiment résidentiel du nord de Los Angeles. L'argent qu'il avait gagné sur le dos du cartel Casa avait été déposé dans une banque puis transféré dans un compte privé pour une petite fille vivante près de Chicago. Sa fille. Divorcé depuis six ans, il avait trouvé ce travail après avoir décidé d'arrêter de boire. Boisson qu'il avait reprise depuis quelques mois. Son appartement était très peu meublé, très peu rangé également. La voiture de Roy s'était arrêtée dans un restaurant mexicain assez bien réputé quelques rues plus loin et Roy avait ensuite quitté les lieux par les portes de derrière, suivi de deux de ses gardes du corps. Il avait pris soin d'éviter les deux caméras sur l'avenue principale avant d'entrer dans le bâtiment. Maintenant qu'il s'était changé, il refit le même trajet, retournant au restaurant avant de monter dans sa voiture. Aucun lien ne devait être fait entre la compagnie de transport et le cartel.

« - Le message a été envoyé. » Il se tourna vers Lee, le regard sérieux. Cette mort ne devait pas passer inaperçu pour les autres chauffeurs. Ceux qui oseraient faire la même bêtise. « - Oui, Mr Kapur. » Il se contenta d'un signe de tête avant d'attraper son téléphone et de regarder l'heure. Il avait encore un peu de temps avant ce soir. Il avait encore un peu de temps avant d'enfin sentir cet apaisement que la musique de Bianca lui procurait toujours. Roy n'était pas quelqu'un de cruel, il n'avait juste aucun problème à faire ce qu'il devait faire pour conserver la vie qu'il avait actuellement. Il pourrait très bien utiliser une arme, il pourrait très bien tuer rapidement, mais ce n'était pas le cas. Comme une vengeance personnelle, il utilisait toujours ses mains. Il battait à mort, encore et encore. Il défigurait ceux qui lui posaient problème, comme par besoin de les effacer de sa vie lui-même. Il ne voulait pas en arriver jusque-là, il faisait d'ailleurs de son maximum pour éviter d'arriver à ça. Mais il y avait des perfides. Il y avait des idiots. Roy ne refusait pas d'aider, il appréciait même la franchise de ceux qui osaient lui dire que ça n'allait pas. Ceux qui quittaient le cartel n'étaient pas condamnés à la mort. Pour la plupart, ils n'avaient jamais vu Roy de leur vie. La plupart avaient fait leur job sans se plaindre et méritaient bien de pouvoir repartir de zéro ailleurs. Le problème, c'était que Roy avait une image bien précise, effrayante pour certain. Alors peu faisaient les choses simplement, peu utilisaient les mots. Et chaque mort était un fardeau de plus sur les épaules de Roy, qui se souvenait de chaque visage, chaque nom qu'il avait éteint en ce monde.

Devant le bâtiment du concert, Roy s'arrêta un instant pour prendre un selfie. Lee plus loin, dans une robe élégante et électrique, se charger de garder un œil sur les alentours. Pas de garde du corps ce soir, c'était juste eux. Elle fut ensuite rejointe par la nounou qu'elle payait et son enfant avant de faire signe à Roy qu'elle entrait. Elle était moins bien placée que lui, mais ce n'était pas grave. Elle allait pouvoir profiter de cette soirée en famille. Quant à Roy, il envoya sa photo à sa femme, commentait d'un subtil ‘‘ça ne va pas tarder à commencer. Passe le bonjour à ta sœur et encore désolé de ne pas pouvoir être là.” Il rangea ensuite son téléphone et suivit un employé qui l'accompagna jusqu'à sa place, bien placé dans l'un des balcons de l'endroit. Ce genre d'architecture le rendait triste quand on voyait les nouveaux buildings actuels. Tant de savoir-faire, de beauté et de richesse, perdue pour des barreaux de métaux et des fenêtres en verre trop parfait et sans vie. Il s'installa sans faire attention à celle qui était déjà assise et se sentait impatiente. Il avait envie que la soirée commence. Il avait envie de s'évader. Il sentit alors quelque chose heurtée son coude et se tourna vers l'inconnue qui n'en était pas du tout une. Ses yeux s'ouvrirent un peu plus face à Cordelia qu'il pensait ne plus revoir. Elle ne tarda pas à s'étonner de la présence de l'Indien, qui lui se contenta de dévier le regard et de se concentrer sur les rideaux plus loin. « - Je pense que tu n'es pas si bête que ça et que tu sais ce que je fais là. » Il dévia son regard un instant sur elle, ayant murmuré parfaitement sa phrase. Elle allait sans doute vite comprendre le facteur qu'ils avaient en commun. « - Tu peux partir si c'est trop difficile. »


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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Sam 23 Juil - 4:25



Where words fail, music speaks
Cordelia Hoogendijk & Roy Kapur



Cordelia aimait passionnément sa soeur, mais les concerts auxquels elle s'efforçait de se rendre étaient loin d'être les meilleurs moments passés à ses côtés. Cette atmosphère n'était pas la sienne, et cette musique n'était pas la sienne. Il y avait toujours eu ce drôle de gouffre entre elle, et, dans cette famille qu'était la leur, Cordelia n'avait jamais pu s'empêcher de sentir paria, brave petit mouton noir d'une famille parfaite sous toutes les coutures. Elle se forçait, pourtant. De temps en temps, elle acceptait une place de Bianca et montait sur des talons ahurissants, juste pour ne pas avoir l'air de ce qu'elle était réellement : une propriétaire paumée de stand de tir sur le point de mettre la clé sous la porte. Car, qu'était-elle d'autre, finalement ? Une ratée complète, l'exemple d'une vie gâchée, d'un destin perdu, de promesses annihilées les unes après les autres. Voilà donc ce qu'était devenu son quotidien, près de vingt ans après son arrivée en Californie : une femme aigrie, abîmée par le temps et maltraitée par les aventures, toujours en quête d'une sorte de reconnaissance aveugle, celle d'un monde qui ne l'accepterait jamais pour rien d'autre qu'un masque qu'elle était pourtant prête à porter devant eux. Désespérément, Delia voulait être acceptée, aimée, respectée, et désespérément, elle masquait sa solitude et sa déchéance avec des apparats qui ne lui ressemblaient pas vraiment. Cette place à laquelle elle était à présent assise n'était qu'un exemple de ce qu'elle était prête à faire pour avoir ne serait-ce que l'impression d'être la digne soeur de Bianca. Elle n'était pas prête à se passer de viande et d'aliments raffinés et elle n'était pas prête à écouter du Wagner dans sa voiture, mais elle était prête à prétendre qu'elle le faisait. Voilà ce que le temps avait fait à Delia. Le temps et l'amour qu'elle portait à sa jumelle.

Le concert n'avait pas encore commencé qu'elle pensait déjà à son retour auprès de sa chienne, vie de solitude qui était tout ce qu'elle avait réussi à construire malgré les efforts. Il y avait bien eu un homme, dix ans plus tôt... un homme pour qui elle aurait tout donné. Son corps, son âme, son cœur. Pourtant, il avait été comme tous les autres. Comme tous les autres, comme leur famille, comme la Californie toute entière, il avait préféré Bianca. Elle ne pouvait pas réellement lui en vouloir, se disait-elle parfois. Comment pouvait-elle rivaliser avec la perfection éblouissante qu'était Bianca ? Elle avait fait des études, elle. Elle avait réalisé ses rêves, elle. Elle était paisible, elle. Elle ne faisait pas d'histoires, elle était douce, elle réconfortait les âmes perdues, elle avait toujours les bons mots. Là où Delia était explosive, Bianca avait toujours été celle des deux qui réconfortait, celle dont les bras pansait plus de blessures qu'un urgentiste en service. Elle prenait plus soin des autres que d'elle, elle était la bonté personnifiée. Elle ne pouvait pas le blâmer d'avoir trouvé réconfort dans les bras de de Bianca, si ? Elle avait beau se raisonner, elle n'avait jamais réussi à accepter cette trahison. Il avait toujours tout su d'elle. Dès le premier regard, sans doute, il avait du lire en elle comme dans un livre ouvert. Ils étaient destinés à se connaître comme Saturne était destinée à être entourée des plus beaux anneaux de leur système solaire. Et il y avait cru, à tout ça. Elle avait cru en eux, elle avait cru à cette passion et cet amour aveugle qui les avaient liés l'un et l'autre. A ses côtés, elle avait cru qu'elle pouvait être quelqu'un d'autre, quelqu'un de valeur, peut-être même quelqu'un d'exceptionnel, d'irremplaçable. Elle avait cru à ses doux mots, et elle avait cru au langage de leurs corps lorsqu'ils se retrouvaient. Ils avaient été fusionnels, unis par un lien passionnel. Tout s'était écroulé d'un coup. Et dix ans plus tard, la plaie, superficiellement cicatrisée, s'était rouverte. Plaie béante, suintante, aussi douloureuse que malsaine. Il avait suffi d'un après-midi pour que tout lui revienne en pleine figure : les images de Roy qui serrait le corps de Bianca, le temps qui avait passé, l'évidence d'échecs répétés. Elle avait échoué, elle avait tout échoué, et elle s'était écroulée.

Un regard, maintenant. Un seul regard, et tout se répétait inlassablement. Les frissons de colère, ses boyaux qui se tordent, une irrépressible envie de le frapper, et un besoin inexplicable de se perdre dans ce regard sombre qui l'avait tant fait chavirer. Il fuit son regard avant qu'elle n'ait le temps de faire, mais ça ne l'empêcha pas de lui répondre. « Je pense que tu n'es pas si bête que ça et que tu sais ce que je fais là. » Se raclant la gorge et avec un grand sourire de façade, elle reporta son attention sur les rideaux à son tour. « Ah, oui, pardon. Je suppose que le faire dans les loges c'est votre truc, du coup. » Elle s'éventa quelques instants avec le programme en s'efforçant d'ignorer la présence de Roy à ses côtés, mais la vérité était qu'elle avait parfaitement conscience qu'elle n'y arriverait. Ce concert allait être un pire calvaire encore que ce à quoi elle s'était attendue et engagée. « Je suppose que c'est pour ça que ta femme est pas là. Les plans à trois, c'est peut-être pas trop ton truc. Mais qu'est-ce qu'en saurais, hein. Je croyais que j'étais ton truc, après tout. » La scène s'était dévoilée au public et les lumières s'étaient allumée sur Bianca et son groupe de musique. Les premières notes raisonnèrent dans la salle. « Tu peux partir si c'est trop difficile. » Elle ricana par-dessus les instruments, s'attirant un regard malveillant qu'elle ne remarqua même pas. « Je vais pas te faire ce plaisir. Je suppose que c'est tout ce qui nous reste. Je vais pourrir ta vie, ce soir. » A croire que le destin s'était définitivement retourné contre eux. Ils s'étaient revus deux fois en trop peu de temps pour que ça ne soit pas lié à une malédiction quelconque. « C'est ce que je fais de mieux, non ? » souffla-t-elle à son oreille, les dents serrées par la rancoeur. Pourrir la vie des gens jusqu'à pourrir la sienne. Elle était une source de pourriture. Peut-être était-elle même une pourriture, d'ailleurs. Elle se demanda un instant si Bianca ne leur avait pas tendu volontairement un piège, et si elle n'était pas l'instigatrice de cette malédiction. Elle s'écarta de Roy et s'accouda de l'autre côté. La musique s'élevait à présent haut dans la salle, douce musique mélancolique aux airs fredonné par un hautbois talentueux. « Mais si toi tu veux pas rester, je te retiens pas. Sache juste que j'ai mon Beretta dans mon sac, et qu'il y a quelque chose que j'ai pas fini la dernière fois. » La soirée promettait d'être aussi intéressante que désagréable, mais au moins, elle ne pensait plus à sa pauvre Spirit, qu'elle avait abandonnée à Huntington.

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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Dim 31 Juil - 19:36



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cordelia hoogendijk — roy kapur



Il y avait quelque chose dans sa musique. Quelque chose qui lui faisait oublié tout le mal dont il était responsable. Toute cette colère qu’il pouvait ressentir. Toute cette peine encore si grande en lui. A chaque fois qu’il l’écoutait, c’était comme si elle lavait son cœur de toute noirceur.  C’était magique tant cela paraissait impossible. Il ne refusait donc jamais de venir, s’organisant comme il le pouvait pour être là. Pour écouter et tout simplement se libérer de cette vie qui était la sienne. Bianca avait ce pouvoir sur lui. Ce pouvoir de transformer son univers en un monde plus doux, plus tendre. Il ne savait jamais comment lui dire, comment lui expliquer, alors il gardait le silence et savourer la musique comme si finalement, elle finirait par comprendre. Par saisir. Comme si aucun mot n’était nécessaire à exprimer ce qui se passait durant ses instants là. Car Roy vivait une vie qu’il ne souhaitait pour personne. Une vie difficile, dont il ne pouvait pas se détacher. Entre son père qu’il essaye toujours de convaincre, et le monde des gangsters dont lequel il a sombrait, Roy se noyait. Malgré tout ce qu’il faisait, il n’éprouvait que peu de plaisir. Mais il n’était pas assez fort pour tout arrêté. Pour s’envoler loin de tout ça. Il subissait donc. Il savait que s’il ne gérait pas le cartel, quelqu’un d’autres le ferait et la situation serait pire. Tout comme il savait qu’il n’était pas un mauvais fils et qu’il était capable de remplir les attentes de sa famille. Sauf que plus rien n’avait de saveur. Plus rien n’avait de l’importance. Ni sa vie avec Naina, ni le succès de l’entreprise familiale, ni la fortune et la réputation du cartel. C’était comme si le monde était désormais uniquement en noir et blanc et que Roy perdait, petit à petit, de sa couleur. Sauf maintenant. Sauf avec la musique de Bianca. Sauf lorsqu’il la voyait sur scène, complétement absorbé par les émotions de ses morceaux. Là, enfin, il semblait renaitre. Il semblait survivre. Il semblait entendre les battements de son cœur pour la première fois et jamais il ne remercierait assez Bianca pour ça.

Mais aujourd’hui, tout était différent. Son bonheur incertain semblait être compromis par son amour de toujours. Par Cordelia elle-même qui se tenait à ses côtés, sublime avec si peu. A cette instant, il est surpris. Il est inquiet aussi. Il ne supporte pas que ses plans changent, mais surtout, il ne supporte pas qu’on le dérange durant un tel moment. Lee comprenait l’importance de ces concerts. Elle semblait saisir la douceur que cela lui procurait, l’humanité que ça lui redonnait. Cordelia n’y verrait qu’une preuve quant à une relation inexistante. Il allait sans doute vite perdre son calme, il le savait. Il élaborait dans son esprit les hypothèses quand à cette situation et aucune ne semblait finir sur une bonne note. Peut-être était-ce un coup de Bianca elle-même. Il ne savait pas et ne voulait pas savoir. Il aperçut le chef d’orchestre sur la scène, tout allait commencer. Il voulait disparaitre dans chaque percutions, chaque instrument, mais savait que Cordelia n’allait pas le laisser. A la seconde où il avait croisé son regard, c’était comme s’il était de nouveau là-bas, là où elle avait pointé une arme sur lui. Là où ils s’étaient revus après presque dix ans sans un mot. Il aurait dû savoir que cela ne serait jamais facile entre eux. Que désormais, les circonstances de cette éloignement, allaient soudainement les rapprocher, mais il refusait de jouer à ça. S’il prenait le soin de l’éviter, c’était pour ne pas sentir son cœur se perdre entre le présent et le passé.

« - Tu es incorrigible. » Il commença nerveusement à tripoter le bouton de sa manchette droite, chose habituel chez lui quand il craignait de rater quelque chose. Il essaya de se concentrer, mais savait qu’elle ne garderait pas le silence bien longtemps. Qu’elle allait tout gâché. Ses remarques ne tardèrent pas et Roy tenta de la faire partir, simplement, tout en gardant son calme tant qu’il le pouvait encore. Son sang se mettait à bouillir pourtant. Il ne supportait pas l’image qu’elle avait de lui. Une image si fausse et qui noircissait si péniblement l’image de sa propre sœur. Il arrêta de tripoteur son bouton en or quand elle ricana, portant tout son regard sur elle alors que le reste des invités savouraient sans doute l’instrumentalisation de l’intro. Elle semble convaincue que c’est son rôle de lui pourrir la vie. Lui, il essaye de garder le silence, de ne pas la relancer. Mais il est incapable de se taire aussi. Il a toujours été le genre d’homme à vouloir le dernier mot. Elle le sait tellement bien, Cordelia. Elle connait son caractère de feu, si proche du sien. Ils se sont heurtés tellement de fois l’un à l’autre par le passé, alors pourquoi ne pas recommencer ? « - Non, ce que tu fais de mieux, c’est blessé les autres. » Qu’elle soit si proche de lui n’était pas une bonne chose. Il ne bougea pas pourtant, et planta son regard dans le siens sans sourcilier. La musique parvient alors à ses oreilles. Douce, présente, mélancolique. Il se sentie disparaitre légèrement avant d’entendre de nouveau Cordelia. Il était tellement facile de lui pourrir la vie ce soir, surtout ce soir. Il hésita, vraiment. Les mains sur les accoudoirs de sa chaise, il hésita à se lever. Il semblait être sur le point de le faire, mais il croisa Bianca plus loin. Magnifique chef d’orchestre qui semblait parfaitement à sa place.

Il soupira alors, se tournant vers Cordelia. « - Je ne t’ai pas retenu la dernière fois, je ne te retiendrais pas plus aujourd’hui. Tu veux me tuer, vas-y. Mais tu es faible, Cordelia. Tellement faible que oui, tout ce que tu sais faire, c’est pourrir la vie des autres parce que t’es incapable d’arranger la tienne. »  Il attrapa son bras et la tire vers lui, comme pour lui dire qu’elle n’a aucune chance. « - Maintenant la ferme. Car si je m’en vais, si je quitte vraiment cette place, si tu me gâches ma soirée, tu n’auras pas gagné. Au contraire. » Il la relâche enfin, lançant par ailleurs un regard peu amical à son voisin, un peu plus loin, qui semblait l’avoir entendu dans toute sa splendeur.



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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Dim 7 Aoû - 2:51



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Cordelia Hoogendijk & Roy Kapur



Sans aller jusqu'à dire qu'aller écouter la musique de Bianca était un calvaire, Cordelia n'était pas des plus ravies par l'expérience. Elle le faisait par amour pour sa soeur, mais s'était toujours trouvée assez peu sensible à ce style de musique. Elle était de ceux qui préféraient hurler sur du AC/DC, et c'était quelque chose que sa famille, plus encore sa mère et sa soeur, n'avait jamais réellement compris. Le violon de Bianca n'avait toujours ressemblé qu'à une longue plainte. A force de l'entendre répéter quelques notes en boucle jusqu'à atteindre la perfection, Delia s'était retrouvée dégoûtée de l'instrument et de ce qui était rattaché. La musique classique lui rappelait ces longues heures de concert auxquels elle avait du faire acte de présence pour soutenir sa jumelle ou sa mère; jamais elle n'avait été synonyme d'une quelconque joie. A ses yeux, elle représentait l'enfermement, l'obligation et la contrainte. Elle représentait la sévérité de sa mère et la dévotion de sa soeur à une famille à laquelle elle ne se sentait pas appartenir. Elle ne trouvait pas réellement de raison d'aller voir Bianca performer à Los Angeles, et pourtant, là voilà qui se retrouvait embrigadée, comme bien nombreuses fois auparavant, à l'une de ses représentations. L'amour, sans doute. Elle était fière de sa soeur, celle des deux qui réussissait dans ce qu'elle aimait.

Alors, retrouver Roy ici était aussi jouissif que de marcher dans une crotte de chien en allant promener Spirit. Même si l'envie ne lui en manquait pas, elle ne lui ferait pas le plaisir de décamper d'ici. Elle avait fait le trajet jusqu'à Los Angeles et laissé sa pauvre chienne toute seule; il fallait qu'elle rentabilise chacun de ces sacrifices. « Tu es incorrigible. » Aucun des deux n'arrivait à arrêter de cracher sa haine sur l'autre. A croire que les choses ne s'étaient pas éclaircies ou terminées lorsqu'ils s'étaient revus au stand de tir. Dix ans de silence à rattraper. Elle avait tant de choses à lui reprocher, tant d'envies de revanches à concrétiser. Mais lui avait du répondant, et, elle le savait, ils ne risquaient pas de faire partie du public calme et silencieux, ce soir. Dans son champ de vision périphérique, Delia le vit tripoter sa manche. Le rendrait-elle nerveux ? « Merci », lâcha-t-elle, presque victorieuse. « Non, ce que tu fais de mieux, c’est blesser les autres. » Son regard se posa brusquement sur les genoux de l'homme. Elle n'allait pas lui accorder le point, mais elle sentait peu à peu son sang bouillonner à l'intérieur de ses artères. A présent, il l'attaquait. Et, elle le savait, c'était le début de la fin. Ils se connaissaient trop bien l'un l'autre pour savoir quelles étaient leurs plus grandes faiblesses. « C'est gentil, mais j'atteindrai jamais ton niveau. » Il se moquait d'elle, non ? C'était lui qui l'avait trompée. Avec sa soeur. Digne d'un scénario de séries pour adolescentes, n'est-ce pas ? Mais entre eux deux, Delia était persuadée d'être la plus correcte. Elle n'était pas parfaite, loin de là... mais elle n'avait jamais blessé personne comme il l'avait blessée lui, elle en était persuadée. C'était l'hôpital qui se moquait de la charité. Se fixant à présent l'un l'autre comme deux chiens de faïence, elle se demanda ce qui allait venir ensuite. Il voulait lui répondre ? Il voulait jouer à ça ? Leurs voisins risquaient d'avoir bien vite des reproches à leur faire. Delia ne resterait pas silencieuse face à lui, jamais. Le silence serait un signe de défaite, et elle avait bien trop à lui dire et à li reprocher pour se taire. Du coin de l'oreille, elle entendait la musique raisonner. Elle se moquait éperdument de ce qui deviendrait la bande originale de leur altercation. Leurs regards se séparèrent un instant et, Delia, persuadée d'être nommée vainqueur de cet argument, s'attendait presque à le voir se lever pour déguerpir. La victoire ultime. Ses yeux se posèrent à nouveau sur la scène, alors qu'un sourire se dessinait doucement sur ses lèvres.

Mais c'était sans compter sur l'envie de Roy d'avoir le dernier mot. « Je ne t’ai pas retenue la dernière fois, je ne te retiendrai pas plus aujourd'hui. Tu veux me tuer, vas-y. Mais tu es faible, Cordelia. Tellement faible que oui, tout ce que tu sais faire, c’est pourrir la vie des autres parce que t’es incapable d’arranger la tienne. » Alors que son esprit marquait salement le coup, Delia se mit à ricaner, cruelle. « Ouais, c'est ça. Dit le mec qui a couché avec ma soeur jumelle alors qu'il était censé m'aimer. » Sa voix s'était élevée dans le box, attirant le regard outré de leurs voisins. Mais elle le savait, il marquait un point. Il ne l'avait pas retenue la dernière fois, parce qu'il ne l'avait jamais aimée. « C'est toi qui détruis les autres, Kapur. Je fais que te rendre la monnaie de ta pièce. » Pour ce qui concernait le reste de sa vie, elle n'avait rien à ajouter. Elle ne voulait pas lui donner matière à en rajouter une couche. Il n'avait pas à savoir qu'elle n'avait jamais rencontré personne depuis qu'ils s'étaient séparés. Autant qu'il sache, elle pouvait très bien être heureuse en ménage et épanouie personnellement. Il n'avait pas besoin de savoir qu'elle n'était qu'un fantôme détruit par la vie. Dire qu'il lui avait fait croire à tous ces mirages de l'amour... Peut-être que c'était leur séparation qui l'avait menée la première sur cette pente glissante. Peut-être que tout était de sa faute, que si elle n'avait pas essuyé cet échec-là en plus de tous les autres, elle aurait toutes les cartes en main pour être heureuse. Mais elle le savait, il était bien trop tard pour qu'elle rencontre à nouveau le bonheur. Il lui était passé sous le nez, l'avait narguée, et était reparti tout aussi vite qu'il était apparu. Son regard quitta la scène pour se poser sur la main de Roy, qui venait d'attraper vigoureusement son bras. Elle tenta de l'arracher à sa prise, les sourcils froncés par ce contact brutal. « Maintenant la ferme. Car si je m’en vais, si je quitte vraiment cette place, si tu me gâches ma soirée, tu n’auras pas gagné. Au contraire. » Cette fois-ci, au lieu de rire, Delia lui lança un regard empli de haine. « C'est ça, ouais, menace-moi, c'est tout à ton honneur. Oh, attends... quel honneur ? » Elle le fusilla du regard. « J'ai toujours pas peur de toi. Tu vas faire quoi, hein ? Si tu pars, c'est simple : je passe la soirée tranquille, et toi t'es viré de l'endroit où tu comptais passer la tienne. Tu perdrais, prétends pas le contraire. » Elle n'arrivait plus à prendre cette altercation légèrement. Les choses étaient devenues graves d'un coup. « Si tu me touches encore une fois, je crie à l'agression. T'as perdu ce privilège quand t'as couché avec Bianca. » Elle poussa le bras de Roy de l'accoudoir qu'ils avaient en commun pour s'installer confortablement, et sortit son portable de son sac. Peut-être était-elle puérile, peut-être était-elle machiavélique; peu importait, en réalité. Elle n'avait qu'une envie : se venger de tout ce qu'il lui avait fait, se venger de tout ce qu'il venait de lui dire. Elle déverrouilla son portable et augmenta la luminosité au maximum, aveuglant les quelques sièges à sa droite, celui de Roy le premier. Elle n'avait rien à faire dessus, mais elle comptait bien lui gâcher la soirée. Alors elle lança le dernier jeu à la mode et réactiva la musique agaçante qu'elle avait désactivée dès qu'elle avait téléchargé l'application. Combo luminosité et musique.

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Roy Kapur
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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Lun 22 Aoû - 23:07



where words fail, music speaks
cordelia hoogendijk — roy kapur



La musique est un échappatoire. Un moyen de voyage dans un monde om il n’était pas ce qu’il était réellement. Un moyen de ne pas avoir du sang sur les mains. D’oublier le passé et le présent et de se focaliser sur la beauté de ce qu’il n’aurait jamais. Cela permettait à Roy de respirer, de prendre du recul. De voir ce qu’il manquait et de retrouver la motivation de retourner dans le vide sentimental que constituait son existence. Bianca était son répit, sa porte vers ce qui était beau et ce qui était pure. Ce qui était intouchable. Il appréciait vraiment ces moment-là, parce qu’il sentait qu’il était toujours humain, toujours comme les autres. Il avait la sensation qu’il n’était pas une bête. C’était pourtant ce que traduisait ce surnom que le monde noir lui avait collé. Ses poings avaient défiguré des visages, détruits des vies. Il avait choisi ce chemin, cette route et l’acceptait. Mais parfois, il voulait vivre une vie qui était différente, loin de ce monde noyé dans le sang et le désespoir. Dans un monde où la légèreté était possible, et les sourires aussi. Depuis quand n’avait-il pas réellement souris ? Depuis combien de temps jouait-il la comédie ? Il y avait quelque chose, quelque chose dans la musique de Bianca qui résonnait en lui. Qui correspondait aux plaintes qui vivaient dans son cœur. Il y avait des choses qui ne pouvaient pas toujours s’expliquait, mais il se satisfaisait à dire que Bianca pouvait saisir dans sa musique toute la douleur du monde. Comme si ce qu’elle faisait, était un geste médical pour guérir les plus grands malheurs.

Cordelia, elle, lui rappelait ses démons. Ses faiblesses. Ses plus vives blessures. Elle lui rappelait sa période de boxeur, sa période où il avait vraiment aimé. Elle lui rappelait le bonheur qu’il n’aurait jamais. Qu’il avait dû briser, incapable de pouvoir survivre à ces émotions. Sa présence lui faisait mal et le voilà entre deux mondes. Oui, cela pouvait rappeler le passé. Cela pouvait rappeler la façon dont Roy avait trahi Delia avec Bianca, mais à l’époque, Bianca n’avait été qu’un pion, qu’un moyen de détruire à jamais le lien qui l’unissait à Delia. Il pouvait se dire que rien ne changerait. Qu’il pouvait rester assis ici et profité, mais ce n’était pas le cas. Delia était motivée, persuadée que son rôle était de pourrir sa soirée. Elle ne se rendait pas compte de ce qu’elle faisait, de ce qu’elle détruisait. C’était comme si elle avait remarqué la dernière part d’humanité en Roy et qu’elle voulait simplement le détruire, sans réfléchir, sans comprendre. « - Grandis un peu Delia, ce n’est pas une compétition. » Non, c’est vrai. Pourtant, c’était simple. Lui il ne blessait pas, il détruisait. Il tuait. Il anéantissait sans peine la vie des autres comme s’il était le seul à pouvoir décider. Dix ans… Dix ans depuis cette dernière fois. Ces derniers-mots, ces derniers regards. Dix ans à se transformer. Et malgré tout, elle continuait à savoir où viser. Elle était douée, douée parce qu’elle l’avait aimé, sincèrement. Parce qu’elle savait concrètement où il était encore faible, où cela ferait le plus mal. Roy le savait, tout comme il servait qu’il avait aussi changé. Que ses mots la frapperaient, mais qu’à un moment ou à un autre, elle finirait par découvrir que ses poings aussi. Il ne pourrait pas lui faire du mal physiquement. Il ne se sentait pas capable d’aller si loin. Pourtant, il était capable de la laisser voir ses pires visages, simplement pour enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie. Simplement pour ne plus jamais entendre un mot de sa part.

Cela a toujours été ainsi. Delia faisait ressortir le pire, l’extrême en lui. Sa colère, comme sa passion. C’était explosif autrefois, alors pourquoi ne pas continuer à l’être aujourd’hui ? Sa soirée, était déjà fini. Gâché. Royalement. Alors autant ne pas perdre de temps. Autant tout dire, tout avouer. Tout laisser sortir. Le ricanement de Delia ne le gênait pas, mais cependant quelques visages se tournèrent vers eux. La musique avait beau résonné, cela ne servait à rien. Il ne pouvait pas quitter ce monde, pas maintenant. Il y avait un problème à régler avant. Et ce problème, c’était Delia.

« - Quand est-ce que tu finiras par arrêter de t’apitoyer sur ton sort ? Tu commences sérieusement à me faire pitié. Passe à autre chose. Accepte que ta sœur est mieux que tu ne le seras jamais. » Il avouait, calmement, tranquillement, que oui, il détruisait des vies, que oui, elle pouvait lui rendre la monnaie de sa pièce, mais non. Non, elle ne pourrait pas gagner si facilement. Non, parce que cette situation, il l’avait choisie. Il l’avait mis en place. « - Tu es seule, moi j’ai une femme. Une famille. Et bientôt un fils. Ma vie est exactement telle que je le souhaite. Toi tu n’es même pas capable de gérer un stand de tir correctement. » Il n’était plus nécessaire de mentir. D’être doux. De se cacher derrière ses sentiments. Il pouvait continuer d’aimer Delia, mais jamais elle ne lui pardonnerait et jamais elle ne le devrait. Alors oui, il y allait fortement. Oui, il mentait, mais il croyait à chacun de ses mots. Il réussissait, elle, elle échouait. C’était aussi réelle que puissant, aussi véridique que pitoyable.

Maintenant, il était temps d’en finir. Attrapant le bras de Delia, Roy la força à s’approcher. Il la forçait à entendre et à écouter. Il n’avait pas peur d’user de la force, tant que cela restait correcte. Tant qu’il dosait ses gestes. Le regard de Delia face à ses menaces sont très claires. Elle le hait. Tellement que tout ceci n’a aucune importance. Il finit par la lâcher, entendant parfaitement le moindre de ses mots. « - Je ne cherches pas à te faire peur, Delia. C’est inutile, j’imagine que lorsque tu te regardes dans la glace, ça te suffit. Que lorsque tu regardes tes comptes en banque, ça te suffit. En fait, j’imagine qu’à chacun de tes réveils, tu as peur. » Il se tourna vers l’un de ses voisins, offrant un sourire. Avant de se tourner de nouveau vers Delia. Il en profita pour attraper rapidement son téléphone et se lever en vitesse. L’objet dans les mains – qu’il était en train d’écraser, il se glissa derrière un rideau et ouvrit la porte qui mentait dans les couloirs de services. Puis, sans attendre, il laissa l’objet tombé par terre et l’écrasa jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de musique, plus d’écran. Lorsqu’il aperçut la rouquine, il répéta du ton le plus froid qu’il avait – tout en s’écartant du téléphone brisé.

Souriant, nerveusement, en colère, il lança : « - Je suis sortie, Delia. J’ai quitté ma place. » Il ne voulait pas, il ne voulait tellement pas en arrivé là, mais raté Bianca c’était comme raté une partie de son oxygène. Il n’y avait plus aucune raison de parler à voix basse. Plus aucune raison de murmurer. Plus aucune raison de rester calme. « - Jusqu’ici, tu crois que la seule chose dont je sois capable, c’est Bianca. Tu crois que je couche sans doute avec elle. T’es adorable. Stupide, mais adorable. Aveuglé par l’ombre que ta superbe sœur te fais. Mais tu sais, Bianca à quelque chose que tu n’auras jamais. Mon respect. Parce que tu vois là, là tout de suite, j’en ai rien à foutre… strictement rien à foutre de notre histoire ou même de ce lien de sang que tu partages avec elle. Non, là tout de suite, t’es juste une pauvre conne. Une vraie, pauvre, conne. »

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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Dim 28 Aoû - 21:22



Where words fail, music speaks
Cordelia Hoogendijk & Roy Kapur



Plus que jamais, Roy avait la capacité à la mettre hors d'elle. S'ils n'avaient jamais des plus doux et délicats l'un avec l'autre, après toutes ces années qui avaient amplifié la rancoeur qu'elle ressentait à son égard, Cordelia se voyait ensevelie par toute une haine qu'elle n'avait fait qu'intérioriser après leur rupture. Elle se serait sans doute bien contentée de passer le restant de ses jours sans avoir un seul contact avec son ex. Dix ans passés dans la même ville à ne jamais se recroiser, et ce malgré leurs relations respectives avec Bianca, et voilà qu'en quelques mois à peine ils se retrouvaient à deux reprises. C'était trop à supporter pour la rousse, mais elle se gardait bien de le montrer. Cordelia n'était pas du genre à s'émouvoir de ce genre de contacts, même avec Roy. Surtout, avec Roy, d'ailleurs. Face à lui, il était hors de question qu'elle se montre faible. Devant lui, il était hors de question qu'elle accepte ses failles, ses regrets ou le moindre de ses remords. Il n'avait aucun droit à connaître tout le ressentiment et la solitude qu'elle avait éprouvé à son égard et après son départ. Il n'avait pas besoin de savoir tout l'aigreur qu'elle ressentait face à la vie, tous les regrets qui, jour à jour, n'avaient de cesse de lui rappeler l'échec continu sur lequel son existence s'était basée. Il l'avait connue par cœur dix ans auparavant... mais que savait-il de lui aujourd'hui ? Pouvait-il affirmer avec certitude qu'elle était une montagne de déboires et d'insuccès ? La vérité était limpide : non, en réalité, il n'avait aucun moyen de savoir ce qu'elle avait fait de ces dix années sans lui. Jusqu'à preuve du contraire, il pouvait s'imaginer qu'elle réussissait tout ce qu'elle entreprenait, que sa vie personnelle était un succès, qu'elle était sur le point de se marier ou qu'elle avait déjà eu un ou des enfants. Tout ça, il n'avait aucun moyen de savoir que ce ne serait que mensonges. Pourtant, c'était avec bassesse qu'il l'attaquait, encore et toujours. Même après dix ans, il savait quels étaient ses cauchemars et ses hantises. Il savait qu'elle n'avait jamais réellement eu sa place dans sa famille d'intellectuels consacrés et d'artistes reconnus. Et ça, même après toutes ces années, il savait quel impact cela pouvait avoir sur Delia. « Grandis un peu Delia, ce n’est pas une compétition. » Elle ricana dans son coin. « Faux modeste. » Cordelia était plein de choses, un tas de culpabilités et d'échecs, mais elle n'avait jamais blessé personne volontairement. C'était toujours la volonté de faire au mieux qui avait mené sa vie, même si ça avait été synonyme pour elle des plus grands sacrifices. Même avec sa place à l'université de Philadelphie et au sein du programme de ses rêves, Delia avait suivi Bianca à l'autre bout du pays. Personne n'avait jamais lu ce dossier d'inscription qui était resté désespéremment vide. Elle l'avait laissé dans sa table de nuit, chez ses parents, et à l'heure actuelle, il devait encore y être. Elle avait sacrifié ses rêves de grandeurs pour sa soeur, sa meilleure amie, et n'arrivait pas à croire une seule seconde à ces accusations que lui lançait aujourd'hui Roy. Il n'avait aucun droit à prétendre qu'elle détruisait ce qu'elle touchait. Lui était le destructeur. Pas elle.

L'un face à l'autre, il semblait que rien n'avait réellement changé, pourtant. Les joutes verbales restaient les mêmes, acides et acerbes, tranchantes, douloureuses. Mais cette fois-ci, pourtant, tout était différent. Ils ne se retrouveraient pas comme ça avait été le cas tellement de fois auparavant. Elle n'oublierait pas ses mots dans ses bras, et ses regards froids dans la chaleur de ses draps. Ce qui se passait sur scène, à cet instant précis, Delia n'en avait cure. Elle n'était pas venue ici pour profiter d'une musique qui ne la transportait pas. Elle était venue ici pour Bianca, et c'était Roy qu'elle avait trouvé. « Quand est-ce que tu finiras par arrêter de t’apitoyer sur ton sort ? Tu commences sérieusement à me faire pitié. Passe à autre chose. Accepte que ta sœur est mieux que tu ne le seras jamais. » Fière, Delia encaissa pourtant le coup. Elle détourna le regard pour retrouver un brin d'assurance. En quelques mots, il venait de résumer toutes ses peurs et ses certitudes. Jamais personne ne l'avait fait avant lui; elle avait été la seule, jusqu'à présent, à se flageller de la sorte. Et l'une des personnes qui avaient le plus compté à ses yeux venait de mettre des mots sur toutes ces frayeurs, ces cauchemars et ces hantises. Non, elle n'égalerait jamais sa soeur, et elle le savait pertinemment. Elles étaient tellement différentes, toutes les deux... mais Roy n'avait pas le droit de lui dire des choses pareilles. Il n'avait aucune légitimité à ce genre de discours. « M'apitoyer sur mon sort ? C'est comme ça que t'appelles ça ? » lâcha-t-elle soudainement d'un ton sec. « C'est juste que t'es pas capable d'entendre la vérité. C'est un fait, t'as couché avec ma soeur, qu'elle soit mieux que moi ou pas. » Elle ne riait plus de ce rire sadique et cruelle. Elle ne souriait même plus. Mais elle était à mille lieues de s'imaginer qu'elle n'était qu'au début de ses peines; car non, Roy n'était pas prêt d'abandonner le combat. Et il ne s'en rendait peut-être pas compte, mais Delia non plus. Plus il l'attaquerait, et plus elle répliquerait. « Tu es seule, moi j’ai une femme. Une famille. Et bientôt un fils. Ma vie est exactement telle que je le souhaite. Toi tu n’es même pas capable de gérer un stand de tir correctement. » Pourtant, cette nouvelle, Delia ne l'avait pas vue arriver. Sa femme lui faisait un enfant, et rien que de l'imaginer heureux avec sa famille, la rousse eut une boule à la gorge. Ce n'était pas juste. En était le parfait ingrat qu'il était, il avait réussi à obtenir tout ce dont elle rêvait et tout ce à quoi elle ne ferait jamais rien d'autre qu'aspirer. « Moi ? Seule ? » sortit-elle dans un réflexe de survie. « Ce n'est pas parce que j'ai pas une bague dorée au doigt que je suis seule. Et ce n'est pas parce que t'es pas passé en priorité comme le roi que t'es pas au stand de tir qu'il est en perdition. Ou que je le suis, d'ailleurs. » Non, jamais, ô grand jamais, elle n'admettrait face à Roy tout ce que les années lui avaient fait. « Pauvre gosse. Quel modèle il aura comme père... quoique je sais même pas qui est la mère. La pauvre. Les pauvres » lâcha-t-elle sur un ton de pitié mêlé à tout ce dégoût qu'elle ressentait présentement à son égard.

Mais, encore et toujours, Roy n'abandonnait pas. Ce combat semblait être déterminé à être mené à mort. Il lui attrapa à nouveau le bras violemment. « Je ne cherches pas à te faire peur, Delia. C’est inutile, j’imagine que lorsque tu te regardes dans la glace, ça te suffit. Que lorsque tu regardes tes comptes en banque, ça te suffit. En fait, j’imagine qu’à chacun de tes réveils, tu as peur. » Qu'il se taise, oh, que quelqu'un le fasse taire. Les années l'avaient fait devenir le pire de salopards. Elle ne le reconnaissait plus. Ses remarques n'étaient plus acerbes ou piquantes, elles étaient douloureuses comme jamais elles ne l'avaient été. « Je vois que t'as travaillé ta répartie. Alors, on avait hâte de me revoir pour me sortir tout ça, non ? » Mais elle n'eut pas le temps de continuer son monologue. Roy avait déjà attrapé son portable pour quitter le balcon. Sans attendre son reste, Delia se leva et, maladroite avec ses talons qui tenaient lieu d'échasses, lui suivit et le rejoignit juste à temps pour entendre son téléphone rendre l'âme sous le talon enragé de son ex. « Voilà, c'est tout ce dont t'es capable. Détruire. » Elle sentait le sang lui monter aux joues. Ce n'était plus du chagrin ou de la peine qu'elle ressentait depuis un moment. Elle avait envie de le tuer, comme elle avait eu envie de le tuer au stand de tir. Elle voulait le faire souffrir, elle voulait le voir agoniser, elle voulait qu'il la supplie de mettre un terme à tout ce qu'elle avait envie de lui faire subir. « Je suis sorti, Delia. J’ai quitté ma place. » S'approchant de lui en remontant, maladroite, son bustier, Delia arqua un sourcil de rage. « Sérieusement ? T'es assez narcissique pour commenter tes faits et gestes ? » Elle entendit la porte derrière eux claquer pour de bon. Ce n'était plus qu'eux deux. La musique avaient disparu derrière les hauts murs qui les séparaient de la bourgeoisie bien installée dans ses fauteuils. « Jusqu’ici, tu crois que la seule chose dont je sois capable, c’est Bianca. Tu crois que je couche sans doute avec elle. T’es adorable. Stupide, mais adorable. Aveuglé par l’ombre que ta superbe sœur te fais. Mais tu sais, Bianca à quelque chose que tu n’auras jamais. Mon respect. Parce que tu vois là, là tout de suite, j’en ai rien à foutre… strictement rien à foutre de notre histoire ou même de ce lien de sang que tu partages avec elle. Non, là tout de suite, t’es juste une pauvre conne. Une vraie, pauvre, conne. » Elle eut un mouvement de recul. Elle n'était plus très étonnée de ce qu'elle pouvait entendre, mais chacun de ses mots la heurtait encore avec la même force qu'à l'époque. Car la vérité était toujours la même : cet homme qu'elle haïssait au plus haut point, qui la débectait, qui la répugnait, la dégoûtait, elle l'aimait toujours de ce même amour stupide qui l'avait rendue aveugle dix ans auparavant. Et les mots que prononce l'être aimé peuvent être les plus guérisseurs comme les plus douloureux. Roy, maintenant, semblait être devenu son pire nemesis. Et dans ce costume parfaitement léché qu'il portait ce soir et qu'elle remarquait seulement à la lumière des néons, Delia eut un flash du passé qui la ramena des années auparavant. C'était elle qui avait noué son nœud papillon; c'était lui qui avait remonté la fermeture éclair de sa robe et lui avait mis son collier. Il avait passé la main dans ses cheveux et lui avait promis plein de belles choses pour la soirée. Plus tard, les pieds abîmés par les talons, elle s'était laissée porter sur le dos de Roy, comme s'il étaient encore deux adolescents enivrés par cet amour qui les animait. Mais de tout cela, il ne restait plus rien d'autre que les cris et la haine. Il n'en restait rien d'autre que ce cadavre de téléphone aux pieds de cet homme qu'elle aimait tant, et ce trou béant qu'il venait de rouvrir dans le cœur d'une femme perdue par le chagrin et les années. « Ton respect ? Mais tu crois que c'est une denrée précieuse, ton respect ? J'en ai rien à faire de ton respect, tout comme t'en as jamais rien eu à faire du mien ! Si tu préfères te taper ma soeur, c'est ton problème -votre problème ! Mais prétends pas que je suis ridicule ou une pauvre conne de le faire remarquer. On a été ensemble, putain ! On a été ensemble et t'as jamais éprouvé aucun scrupule à ruiner notre histoire en couchant avec celle qui comptait le plus à mes yeux ! Si je suis une conne, t'es un connard de premier, un fils de pute, un salopard ! T'es incapable de respect, t'es incapable de reconnaître tes torts, t'es incapable d'être humain ! Je sais même pas comment t'as pu faire un enfant ! Je plains tellement ta femme, putain, que je la plains ! Si elle connaissait l'homme qu'elle a épousé comme je le connais, elle aurait jamais écarté les cuisses pour lui ! » Voilà, Cordelia avait dépassé son seuil du raisonnable. Elle qui s'était toujours refusée à la vulgarité venait d'abandonner tous ces beaux principes pour contre-attaquer. « Et si t'en avais rien à foutre de toi et moi ou de Bianca et moi, t'aurais jamais explosé mon téléphone. En plus d'être un connard, t'es hypocrite et stupide. Jme demande vraiment ce que donnera ton gosse. J'espère que le patrimoine génétique de ta femme rattrapera le déchet que t'es », lâcha-t-elle, les lèvres retroussées par le dégoût, en faisait volte-face. Elle pria très fort pour ne pas se prendre les pieds dans sa robe et, lorsqu'elle s'assit, Delia essuya avec rage le flot de larmes qui avaient déjà envahi ses joues.

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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Sam 1 Oct - 21:24



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Cela peut paraitre étrange. Ce besoin, incontrôlable, de vouloir vivre d’autres histoires à travers la musique. De vouloir être transporter ailleurs grâce à quelques notes. Roy n’avait rien d’un musicien. Il avait quelques notions de piano rapidement oublié avec le temps, mais il savait écouter les choses. Il savait lire à travers les différents sons qui l’entouraient et saisir les murmures à l’intérieur. Lorsqu’il avait écouté Bianca pour la première fois, cela avait fait vibrer tout son corps. Il avait fini par oublier qu’il était capable de ressentir les choses. Capable d’avoir des sentiments, sincères, réelles, faisant de lui un être humain tout à faire normal. Il s’était perdu dans la vengeance, dans la colère, dans la solitude. Il s’était retrouvé dans un monde qu’il ne souhaitait à personne. L’enfer, son propre enfer, dans lequel il n’avait trouvé aucune sortie. Aucune échappatoire. Il savait qu’il était devenu ce qu’il y avait de pire en ce monde. Le genre d’homme qui n’avait plus rien de sensible, plus rien de compréhensif. Ses actes de bontés n’étaient que le reflet de cette peur en lui de perdre tout sens de l’humanité. Parce qu’il ne ressentait rien, si ce n’était le pire. Il ne restait qu’une chose, une petite flamme de peur. Celle qu’il ressentait toujours lorsqu’il était face à son père et qu’il essayait, qu’il avait essayé, d’être quelque chose. C’était dingue ce nombre de personne qui, comme lui, avait tout fait pour être ce qu’on attendait de lui, mais qui au final ne semblait pas arriver à convaincre la personne pour qui il faisait tout ça. Il avait arrêté ce qui lui faisait plaisir, il avait arrêté ce qui le rendait heureux, espérant que cela suffirait. Sacrifice sur sacrifice pour au final être quelqu’un qui n’avait plus rien à offrir. Alors maintenant, il se contentait d’accepter qu’il ne serait jamais heureux. Qu’il n’aurait jamais le droit à cette joie d’une vie tout à fait normal et sereine. Il ne pourrait plus aimer, comme autrefois. Il ne pourrait plus sourire, comme autrefois. Il serait deux visages en un, jusqu’à la fin. Et le jour où cela changera, le jour où quelqu’un fera le lien entre Roy et Casa, alors peut-être se sentira-t-il enfin libéré des fardeaux qu’il avait sur les épaules. Sauf que Roy n’était pas quelqu’un qui renonçait au confort superficiel que lui imposaient ses deux vies. Il ne briserait ni l’image parfaite d’un fils de bonne famille marié, ni celui de l’homme prêt à tout détruire pour l’argent. S’il y avait bien une chose qu’il avait en commun avec son père, c’était la réputation et se besoin maladif de préserver son image.

Et tout s’effondrer avec Cordelia. Il n’était ni le chef de cartel, ni le fils de bonne famille. Il était ce souvenir d’autrefois. Ce boxeur souriante qui aimait vaincre ses ennemis. Ce dingue d’adrénaline qui essayait d’apprendre le nom des étoiles pour séduire. Il était l’homme qui aimait jusqu’à l’absolue. Sans crainte, prêt à affronter le monde pour un rien, pour elle. Il y avait tant de raison qui avait poussé Roy à faire ce qu’il avait. La première étant le contrôle que Delia avait sur lui. Ce pouvoir immense de faire de lui ce qu’elle voulait, comme elle le voulait. Pour quelqu’un qui ne supporte pas se sentir faible, c’était le pire. Parce qu’il savait qu’il aurait pu tout lâcher pour elle. Qu’il était prêt à mourir pour elle. Et puis il y avait cette peur ultime de ne pas être aimé de la même façon, de se retrouver abandonné, trahis. Alors il avait trahi le premier. Il avait brisé son cœur, comprenant que plus tard qu’il avait sacrifié le sien dans le processus. Depuis qu’il l’avait recroisé, il était confronté à une chose étrange : ses sentiments s’étaient réveillé, emporté par les souvenirs du passé. Comme si toutes ses années, il n’avait pas oublié.

Il ne savait rien de la vie qu’elle avait aujourd’hui. Elle aurait pu être mariée avec des enfants, mais ce n’était pas le cas. Pas d’anneau à son doigt. Et quelque part il avait la sensation qu’il n’y avait personne dans sa vie. Le peu qu’il avait aperçu au stand ne lui prédisait pas de succès, pas de richesse. Elle était loin de la réussite de sa sœur et il s’en fichait. Parce que peu importe la situation, Delia était Delia. Une flamme impossible à éteindre qui le brûlait à chaque fois un peu plus. Si Roy était si dur avec elle, si ses mots cherchaient à lui faire si mal, c’était parce qu’il voulait éteindre la flamme. Il pensait bêtement y arriver, quand il savait très bien que la seule solution était la distance. Il ne voulait pas ressentir cet amour qu’il avait ignoré ses dix dernières années. Il ne voulait pas être là, en face d’elle, à rater la seule chose qui apaisait son cœur. Il ne voulait pas non-plus faire sortir la bête qui sommeillait au fond de lui et qu’il avait créé durant ses derrières années. Ce tueur impitoyable qui brisait les os et faisaient couler le sang sans rien ressentir. Sans la moindre culpabilité. Tout le monde le savait, dans chaque coin de rue, les plus censés savaient qu’il ne fallait pas le contredire. Qu’il ne fallait pas l’empêcher de faire ce qu’il avait à faire, au risque de mourir dans la douleur.

Tout ce qu’il voulait, s’était qu’elle disparaisse. Qu’elle retourne à sa vie. Loin de lui. Parce que plus les secondes passées, plus il ressentait ce qu’il avait ressenti par le passé : ce besoin incontrôlable de l’aimer et de faire partie de sa vie. Ce besoin de sentir son corps contre le sien, de rester prêt d’elle durant les longues heures de la nuit. Ce besoin de respirer le même air, de voir les mêmes choses, de prononcer son nom en douceur. « - Je n’ai jamais nié le contraire. » Lance-t-il sans crainte. Oui, il avait couché avec Bianca, mais il ne s’en vantait pas. Il n’en avait pas besoin. Son acte ultime avait été la perfection calculée. Et Cordelia ne se souvenait que de ça. Elle ne le liait qu’à ça. C’était le but recherché, vraiment. C’était exactement ce qu’il voulait. Sauf qu’il n’aimait pas la façon dont elle lançait le nom de sa sœur à chaque seconde de ce combat qu’il n’était pas prêt à lâcher. Alors qu’elle tentait vainement de se défendre, Roy se contenta de sourire dans le vide, se moquant absolument de ce qu’elle disait. « - Crois ce que tu veux, Delia. Si ça peut t’aider à survivre. » La pitié et le dégout qu’il a ressenti dans sa voix, il l’utilise pour sa réponse. Naina était heureuse, mais tellement bête. Tellement naïve. Tellement inutile. Parfaite pour l’image qu’il devait donner aux yeux de sa famille et de ses amis, mais elle ne lui apportait aucun bonheur. Elle n’était qu’un pion parfaitement utilisé. Rien de plus.

Delia éveillait le reste d’un cœur, et le monstre endormi. Son besoin de toujours répondre, de toujours avoir le dernier mot, le poussait à être extrême. Il n’attendait pas, il agissait. Et ce qu’elle avait fait – l’empêcher de faire une pause dans la vie brutale qu’il menait – c’était la goutte de trop. Il savait qu’elle ne s’en rendait pas compte. Qu’elle n’avait aucune idée de ce qu’elle risquait de lui faire faire, de ce qu’elle détruisait en lui.

Qu’elle s’en aille. Pitié. Qu’elle ne le pousses pas à bout. Pitié. Qu’il ne fasse rien qui détruise à jamais l’homme qu’il est. Pitié… Pitié… Il essayait de se contrôler. Il essayait tellement que tout son corps tremblait ! ses poings voulaient cogner, comme toujours. Il voulait frapper quelque chose et laisser sortir cette souffrance, cette haine. Ses lèvres closes, il encaisse en silence la colère de Cordelia. Il encaisse, parce qu’elle a raison sur tout.

« - Tu peux dire ce que tu veux, je n’en ai rien à foutre ! » Et le voilà, ce poing qui s’abat contre le mur. Cette main gauche qui se fracasse en douleur. Mais il ne ressent rien et n’entend que son cœur battre et s’emballait. « T’as ruiné la seule chose auquel je tiens, aussi bête que ce soit. Tu n’as aucune idée de qui je suis, de ce que je suis devenu, de ce dont je suis capable ! Delia, tu es le passé. Un putain de passé que je ne veux pas revivre. Que je ne veux pas voir. » Dit-il alors qu’il ne lâche pas Cordelia des yeux. Elle est assise, elle essaye de reprendre son calme sans doute. Il en a rien à faire, toujours sur le bord de faire une crise. Toujours les poings serrés. Les insultes n’ont aucun impact sur lui, parce qu’ils le représentent. « - Ce que j’ai fait, c’était pour que tu disparaisses de ma vie. Pour couper ce lien tordu qu’il y avait entre nous. Et Bianca était la solution. La sortie de secours. Mais tu vois… elle est aussi devenue la seule chose qui soit capable de me calmer. Venir l’écouter, c’est la seule chose qui m’empêche de devenir fou. Et tu gâches ça pour une histoire qui a dix ans. Parce que t’as pas tourné la page, n’est-ce pas ? Tu l’as jamais fait. Même si c’était Bianca, t’as jamais cessé… » Il tremble de nouveau, parce qu’il réalise quelque chose qui change tout et qui bouscule tout en lui. « - Tu m’aimes toujours. »

Tout s'arrête. Le monde se détruit sous ses pieds. Son regard laisse échapper que c'est pareil pour lui. Qu'il y a une chose qu'il ne peut pas détruire et c'est cette amour.

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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Mar 4 Oct - 3:29



Where words fail, music speaks
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Delia n'avait jamais été connue pour sa réserve, sa convenance ou sa modération. Pourtant, c'était sa réputation de femme bienveillante qui la suivait partout où elle mettait les pieds. Souriante, avenante, ouverte d'esprit... elle était cette oreille attentive qui vous écoute lorsque vous avez besoin, elle était cette amie capable des pires farces pour vous arracher un sourire, mais aussi cette dame aux traits parfois tirés que rien d'autre qu'un whisky ne pouvait dérider. Cordelia était une femme de contradictions, continuellement déchirée entre cette certitude de ne pas être suffisante et ce besoin de se prouver qu'elle l'était. Pourtant, face à Roy, toutes ces convictions s'évanouissaient subitement. Ça avait déjà été le cas dix ans auparavant. Il l'avait retournée avec une aisance déconcertante, la transformant en une boule de feu qu'elle n'avait jamais été avec quiconque auparavant. Il l'avait changée, transformée. Roy avait été sa raison de vivre, la vitalité qui l'avait fait renaître après toutes ces années de errance. Avec lui et en lui, elle s'était retrouvée entière, prête à affronter les pires déceptions que pourrait encore mettre la vie sur son chemin. Au creux de ses bras, tout était devenu plus intense, plus beau. Les couleurs avaient trouvé un autre éclat, l'oxygène une nouvelle saveur. Cordelia était devenu une femme qu'elle ne connaissait pas, vivant au rythme des cris et des retrouvailles. Elle l'avait aimé aussi sincèrement qu'elle aimait la lune et tous ces astres qui la faisaient vibrer. Roy avait été une de ces perfections que lui avait offert la Terre. A ses côtés, elle avait tout cru possible. Elle aurait pu mourir pour lui, parce qu'il était celui qui l'avait fait vivre comme jamais elle n'avait vécu avant. Elle se perdait dans les sourires de cet homme et dans les soupirs qu'elle lui arrachait. Dix ans plus tard, plus rien de tout ça n'existait. Dix ans plus tard, il ne restait plus que l'aigreur d'une femme qui s'en voulait d'avoir à ce point osé dépendre de quelqu'un d'autre.

Elle le haïssait. De tout son être, elle le haïssait. Elle n'arrivait pas à ignorer sa présence comme il semblait la supplier de le faire. Cordelia ne pourrait jamais ignorer sa présence, parce qu'elle l'avait aimé profondément, et parce qu'elle le haïssait viscéralement. Jamais il ne la rendrait aussi indifférente qu'elle l'aurait aimé, et quelque part, elle voulait rendre réciproque cette détresse. Elle voulait qu'il se rappelle d'elle pour ce qu'elle avait pu être, un jour, ce qu'elle avait pu représenter, ce qu'ils avaient pu vivre. « Je n’ai jamais dit le contraire » lui assénait-il sans fin, alors qu'elle tentait tant bien que mal d'encaisser les pires horreurs qu'elle avait jamais entendues. Roy était devenu un monstre, mais un monstre qui savait tout d'elle et de ses angoisses profondes et secrètes. La vérité, c'est qu'elle avait suffisamment peu évolué en dix ans pour qu'il vise juste en réutilisant ce qu'il avait su d'elle à l'époque. Mais Cordelia était une femme fière; une femme sanguine, aussi. Elle ne comptait pas le laisser gagner du terrain ici. Elle mettrait sans doute des semaines à se remettre des dures vérités qu'il lui assénait maintenant. Peut-être même des mois, ou peut-être même qu'elle ne s'en relèverait jamais complètement. Il la connaissait encore par cœur, et il utilisait les secrets qu'elle lui avait soufflé pour la faire couler. Le plus douloureux était peut-être encore que ces mots cruels franchissent ces lèvres-là, ses lèvres à lui, ces lèvres qu'elle avait aimé caresser et embrasser, ces lèvres qui l'avaient tant aimée. « Alors arrête de prétendre que ça a aucune importance ! » Elle le savait, pourtant. De l'importance, ça n'en avait qu'à ses yeux. Lui devait s'en moquer comme il s'était totalement moqué d'elle à l'époque en succombant aux charmes de cette soeur parfaite, de cette Bianca qui avait toujours su révéler le meilleur en n'importe qui. Cordelia était la sorcière des deux, celle auprès de laquelle on ne pouvait pas rester de peur finir carbonisé. Bianca lui avait volé le seul homme qu'elle avait jamais aimé, le seul espoir qu'elle avait jamais eu d'une vie meilleure, plus douce... d'une vie qu'elle aurait aimé vivre. Mais c'était à Roy qu'elle en voulait plus que tout. Il savait ses craintes et ses complexes, et de toutes les femmes avec lesquelles il aurait pu se perdre, c'était Bianca qu'il avait choisie. Bianca avait embrassé ses lèvres qu'elle aimait tant et caressé ce corps qui l'avait tant fait vibrer. Jamais Roy n'avait été à elle comme elle s'était offerte à lui. Jamais il n'avait pu l'aimer comme elle l'avait aimé. « Crois ce que tu veux, Delia. Si ça peut t’aider à survivre » lâcha-t-il de ce ton condescendant qu'elle ne supportait plus. « C'est la réponse pitoyable de quelqu'un qui n'a pas d'arguments », ricana-t-elle, de plus en plus blessée par ce qu'elle entendait. Il le savait, comme il avait toujours su d'elle. Il savait qu'elle n'était pas heureuse, il savait que sa vie n'était que ça : une survie maladroite, un appel désespéré à trouver un échappatoire à une existence qu'elle n'avait jamais contrôlée. Comme lorsqu'il avait posé son regard sur elle la première fois, il lisait en elle comme il devait lire les tréfonds de l'âme de celle qui partageait aujourd'hui sa vie. Il était marié et il allait être père. Elle aurait pu lui offrir tout ça, s'il l'avait souhaité. Mais il ne l'avait jamais souhaité. Elle n'avait jamais été cette femme-là, cette femme pour qui il aurait tout donné et avec qui il aurait tout partagé. Cordelia n'avait été qu'un accessoire dont il s'était débarrassé de la plus cruelle des façons, sans doute pour assouvir son besoin de contrôle et de pouvoir.

Et dix ans plus tard, il est enfin temps qu'il en paie le prix. Pour tout ce qu'elle avait souffert, pour toutes ces larmes qu'il avait fait couler, pour toute cette peine qu'il avait causée, pour ce vide qu'il avait laissé dans une existence devenue terne, pour cet ennui qu'elle ressentait encore de sa présence, pour cette vie qu'elle ne saurait jamais reconstruire et ce vide qu'il avait crée... il fallait qu'il paie. Peu importait ce dont elle pouvait le priver; tout ce qui comptait était de le priver de quelque chose, tout ce qui comptait était d'aller à l'encontre de ce qu'il lui demandait. Il aurait pu la supplier qu'elle aurait continué à chercher le meilleur moyen d'aller contre ce qu'il souhaitait. Le poing qu'il abattit sur le mur soigné du couloir la fit sursauter. Elle aurait probablement du le tuer lorsqu'elle en avait eu l'occasion. Il était violent; peut-être même la tuerait-il ce soir, mais elle s'en moquait. Elle voulait avoir raison, elle voulait avoir le dernier mot. Elle voulait le laisser dans le même état qu'il l'avait laissée elle, dix ans plus tôt. « Ouais, t'en as tellement rien à foutre que t'essaies de détruire le bâtiment en te prenant pour Hulk... » Elle haussa les sourcils, à présent plus exaspérée qu'effrayée. Elle s'était assise sur la chaise posée à côté de la porte qui les avait vus quitter le balcon. Pendant les rares moments de silence qu'ils arrivaient à laisser filtrer, ils pouvaient entendre le son grisant des quelques instruments que dirigeait Bianca. « Ah, parce que tu crois que j'ai envie de te voir ? Tu crois que ma vie tourne autour de ta présence, ou quoi ? Je m'en moque complètement que tu aies encore un cœur pour tenir à quelque chose. » Je veux juste te détruire comme tu m'as détruite. Le voir dans un tel état la fit sourire. Elle redressa le menton, plus fière que jamais. Elle n'avait jamais été aussi proche d'atteindre son but. Elle voulait le voir ramper devant elle. Aux poings qu'il serrait et au regard haineux qu'il lui lançait, elle savait qu'elle approchait de son objectif. Elle ne le quittait pas des yeux, se satisfaisant plus que de raison de la vue qu'il lui donnait à cet instant. Elle était sur le point de gagner... et se moquait totalement de ce qu'il pourrait lui faire, parce que ce qu'il pourrait lui faire ne serait qu'un signe de victoire. Une abdication pathétique, à l'image même de ce qu'il était aujourd'hui.

Mais il n'avait pas fini. Non, lui aussi savait contre-attaquer, et les mots seraient toujours ce qu'elle redouterait le plus. « Tu m’aimes toujours. » Les quatre mots sonnèrent lourdement dans son esprit et s'y réfléchirent à l'infini, se répétant encore et encore, alors que son regard givré s'efforçait de ne laisser passer qu'une haine incommensurable. « Moi ? T'aimer ? » lâcha-t-elle, crispée, les jambes croisées et le dos droit, comme la fille de bonne éducation qu'on avait fait d'elle. « Ce serait ridicule d'aimer quelqu'un capable de faire autant de mal. Ce serait encore plus ridicule de cultiver pendant dix ans un amour qui n'a jamais eu lieu d'être, tu ne crois pas ? » Son ton s'était fait sec, tranchant. Ce n'était plus de la haine ou du dégoût qui portait ses mots. C'était l'impression très désagréable d'avoir été percée à jour. Il ne lui avait fallu que ces quatre mots pour réaliser qu'ils étaient porteurs d'une vérité qu'elle n'était pas prête à accepter, et ne serait probablement jamais prête à accepter. « Ton ego est vraiment démesuré. Retourne te taper ta femme, Bianca, et toutes celles qui ont pas encore compris qui t'étais. Les MST ont besoin de gens comme toi pour continuer à exister. » Elle se leva, l'air grave, la silhouette parfaitement droite, et lissa soigneusement sa robe. La lumière du couloir avait quelque chose de glauque, malgré le lieu dans lequel ils se trouvaient. « Aucune femme serait capable d'aimer l'homme qui se tient devant moi. »

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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Sam 5 Nov - 22:26



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Plus personne ne le connaissait. Plus personne ne savait son histoire, sa vie. Les gens s’arrêtaient à ce qu’ils voyaient et ils n’avaient clairement pas besoin de plus. Ce qu’il apercevait de Roy était suffisant pour ne pas les inciter à savoir le reste. C’était l’effet qu’il faisait. L’effet qu’il imposait. Jusqu’ici, ça lui allait complétement. Il préférait qu’on reste en dehors de sa vie privée, qu’on ne fouine pas. Pourtant, le passé définit une personne et explique son caractère. Impossible donc pour tous ceux qui croisent son chemin de le cerner. De le comprendre. Roy était un puzzle qui ne donnait pas envie. Sa complexité, il la devait à son histoire et son histoire, il l’avait choisie. La vengeance avait rongé chaque centimètre de son existence, faisant de lui l’homme qu’il était aujourd’hui. Il était impatient, froid et peu sociable. Il gardait ses distances, jugés les autres de haut et riait lorsqu’on s’approchait un peu trop e son monde car il savait que la seule chose qui attendait les personnes trop curieuses était la mort. Où ma douleur. Roy était un homme brisé qui marchait sur son propre cadavre, attendant sans crainte la mort et la fin d’une vie qu’il gérait de façon aussi admirable que dégoutante. Il était terrifié par ce qu’il faisait, tout comme terrifiant pour ceux qui le regardaient. Mais ça n’avait aucune importance, car il n’y avait personne en ce monde pour l’écouter. Pour comprendre. Pour savoir. Le puzzle qu’il était, n’allait jamais être résolu et il le savait. Il l’avait compris et il l’avait accepté, décidant que plus rien ne comptait en ce monde. Il restait chez les Kapur pour être le fils modèle, pour sauver ce qui peut être sauver. Et il restait chez Casa parce qu’il y avait pire que lui en ce monde et qu’il ne voulait pas que d’autres monstres soient à la tête de ce qu’il pouvait rendre légèrement plus juste. Il jouait avec le feu, n’hésitant à pas se brûler parfois si c’est nécessaire.

Il avait oublié ce que Cordelia arrivait à faire naitre en lui. Cette forme étrange de contradiction. Cette amour, cette passion, cette colère. Il avait oublié, parce qu’il avait tout brisé pour s’éloigner de ça. Pour ne pas subir ça. Par peur, oui, parce que Cordelia était son pire démon. Sa plus grande faiblesse aussi. Il y avait eu tellement de positif à leur histoire également. Elle était la seule à lui donner de la force, à lui permettre de ne pas baisser les bras. A lui souffler du bonheur, de l’admiration. A le faire rire et pleurer en même temps, durant les instants les plus merveilleux de leur histoire. Il y avait autant de bon souvenirs, si ce n’est plus de bon souvenir que de mauvais. Certes, ils étaient souvent l’un sur l’autre, à hurler, à débattre, à se disputer. Ils étaient simplement vrais l’un envers l’autre, honnête et pure. Deux diamants brutes se fracassant l’un et l’autre. Il l’avait su dès le premier regard. Dès le premier soir. Delia était la chose la plus précieuse en ce monde et la posséder serait difficile, voire quasi impossible. Ce qu’il n’avait pas prédit, c’était la manière dont il se perdrait en elle. La manière dont il l’aimerait.

Dix ans s’étaient écoulés depuis et Roy ressentait exactement la même chose. Peut-être en plus violent. Alors il essayait de se contenir. Il essayait de ne pas réveiller le monstre qui sommeillait en lui. Le chef de cartel qui tuait à main nue ceux qui osaient se mettre en travers de son chemin. Il essayait de ne pas laisser le mal qui le rongeait sortir. Il essayait de protéger Delia de lui-même, mais c’était impossible. C’était comme si Delia elle-même voulait le voir. Comme si elle faisait tout pour apercevoir la bête. Pour justifier pleinement le fait qu’elle le haïssait, elle avait besoin de voir qui il était devenu. Ils en étaient toujours au même point, à cet énième débat sur Bianca. Ça n’avait de l’importance que pour elle. Parce qu’il avait choisi Bianca avec cet objectif précisément. Il essayait de se concentrer. De garder un œil sur la scène, sur Bianca. Mais c’était trop tard. Le pire allait arriver. Et la musique semblait trop loin pour l’aider à surmonter tout ça.

Ses prières ne semblaient pas être répondu, maintenant qu’ils étaient en dehors des sièges confortables et que la musique résonnait à peine. Ses prières ne semblaient pas être entendu. Il était de nouveau seul et il était obligé, obligé de frapper le mur plutôt que de la frapper elle. Obligé de laisser sa colère sortir, quitte à se défoncer la main. Ce n’était rien de nouveau pour lui. Et la remarque de Cordelia ne l’aide pas. « - La ferme, Delia ! » Répondit-il automatiquement, sans réfléchir, sans attendre. « - Alors tu aurais dû partir au lieu de commencer à jouer à ce jeu stupide ! » Au lieu de tout faire pour l’énerver. Il sait. Il sait que tout ce qu’elle veut, c’est lui faire mal. Le détruire peut-être, mais elle n’a pas conscience qu’elle n’a rien pour arriver à faire ça. Qu’elle ne sait pas qui il est pour faire ça. Peut-être lui donnait-il un peu de bonheur en s’énervant ainsi. Peut-être croyait-elle gagner à le voir agir ainsi. Elle était si loin de la vérité. Si loin de comprendre ce qui se passait vraiment. Et Roy laissa sortir ce qu’il y avait encore en lui. La vérité.

Elle l’aimait encore. Il en était persuadé. Convaincu. Et cela ne signifiait qu’une chose : il avait échoué. Il avait lamentablement échoué et dix ans n’avait en rien changer la situation. Son regard posé sur Cordelia, il a l’impression que tout s’écroule. Il avait touché juste. Il le savait. Elle avait beau essayer de prouver l’inverse, de prouver qu’il n’y avait rien si ce n’est de la haine, il le voyait. L’amour, ce terrible sentiment, n’avait pas disparue. « - Ridicule, en effet. » Sa voix était plus calme, plus lente, toujours sous le choc de ce qu’il venait lui-même de dire. Toujours perturbé par son hypothèse. Toujours traumatisé par le passé, par ce présent. « - Sauf toi… » murmure-t-il finalement. Il ne sait plus comment réagir désormais. « - Dix ans… Dix ans à croire que j’avais trouvé la solution pour tout briser, pour découvrir qu’en réalité, ce n’est pas moi que tu détestes. Mais toi-même. » Il se passe la main sur la bouge, soupirant, prenant conscience de son ignorance. « - Parce que tu as toujours vu Bianca comme étant la meilleure des deux, tu t’es tout de suite mis sur le dos que c’était forcément à cause de ça que je m’étais tourné vers elle. Tu ne peux pas lui en vouloir, c’est naturel chez elle, mais à tes yeux je l’ai choisi parce qu’elle est mieux que toi… C’est faux. Tellement faux. » Il ricane, se sentant tellement bête. « - C’est ta sœur, c’est tout. » Et il reprend. « - Couché avec elle, c’était la limite à ne pas franchir. Mais c’était la seule façon de te pousser à me quitter. Parce que je pouvais pas moi. Je ne pouvais pas, j’étais tellement faible avec toi. Tellement amoureux. Et qu’est-ce que j’apprends maintenant ? Que ça a servi à rien ? » Et il éclate de rire. Il éclate de rire et il pleure en même temps dans une discrétion subtile. Il s’adosse au mur derrière lui et rit. « - T’as été incapable de tourner la page… » Il arrête de rire cette fois, regardant Delia dans les yeux. « - N’est-ce pas ? » Cette fois, ces mots étaient tremblant. Fruste. Noyé dans une tristesse qui jusqu’ici était invisible. « - Qu’est-ce qui faut que je fasse bon sang, pour que tu m’oublies ? Parce que moi, clairement, je ne peux pas… j’ai jamais pu. »


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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Lun 7 Nov - 23:59



❝ Where words fail, music speaks. ❞
Cordelia Hoogendijk & Roy Kapur


La soirée avait subitement pris un virage à quatre-vingt-dix degrés. Pas au moment où elle avait réalisé qu'elle était assise aux côtés de Roy, pas même au moment où il lui avait balancé en plein visage tout ce qu'il avait pu penser d'elle et du tas d'échec qu'elle était ou lorsqu'il avait explosé son téléphone contre le sol tapissé du couloir. La soirée avait pris un tournage brusque au moment précis où Cordelia avait perdu pied. Elle avait réalisé subitement qu'elle ne gagnerait jamais rien contre Roy, même avec toute la détermination, la rage et la bonne volonté du monde. Il était sa plus grande faiblesse, parce qu'il la connaissait mieux qu'elle se connaissait elle-même, et parce qu'il l'utilisait pour gagner ce jeu auquel ils jouaient depuis le stand de tir. Il ne pouvait pas y avoir de gagnant à ce duel, parce que Delia ne comptait pas abandonner avant d'y être contrainte. Et elle était tenace, armée, parée à se défendre et à attaquer, prête à sortir les crocs et les pires insanités pour prouver à Roy qu'il se trompait sur toute la ligne, que non, il ne la connaissait pas, qu'il ne la connaissait plus, qu'il avait perdu ce privilège en décidant de s'offrir à Bianca. Même si cela devait lui coûter toute son énergie et la laisser à terre, elle voulait lui faire comprendre toute cette rancoeur qui ne la quittait plus, qui ne l'avait jamais quittée. Elle n'était pas impressionnée par les menaces qu'il proférait comme s'il était maître du monde, et elle n'était pas impressionnée par ses excès de violence. Ce qu'elle voyait, elle, c'était qu'elle arrivait à le pousser à bout. Cette satisfaction lui avait déjà coûté son téléphone et un sursaut en écho au poing qu'il avait encastré dans le mur, mais elle s'en moquait royalement. Le voir perdre pied était une récompense qui n'avait pas de prix, même pour la propriétaire de stand de tir fauchée qu'elle était. Lire la rage sur ses traits était une récompense comme elle n'avait jamais espéré en avoir, et pourtant, quelque chose manquait. Il restait au fond d'elle un vide que tout cela ne comblait pas. Peut-être qu'elle aurait du le tuer lorsqu'elle en avait eu l'occasion, quelques mois auparavant, dans cette salle déserte du stand de tir. Peut-être qu'elle avait été faible, comme d'habitude, qu'elle avait fléchi avant de mener ses convictions à la victoire. Mais qu'aurait-elle fait si elle s'était retrouvé avec le sang de Roy sur les doigts ? Qu'aurait-elle fait si elle s'était sue responsable de la disparition de son seul amour ?

Elle était toujours aussi faible. Cette espèce de victoire qu'elle essayait de savourer n'était qu'illusoire. Il n'y avait pas de fin possible à cette dualité qui existait entre eux. Dès le début, elle avait existé. C'était elle qui les avait unis, c'était elle qui les avait fait s'aimer comme jamais ils n'avaient aimé personne. C'était elle qui avait de leur relation tout ce qu'elle avait été, dans le plus dur, le plus violent, mais aussi le plus doux et le plus charnel. C'était elle qui avait rendu leur relation si intense, si farouche, si audacieuse et si différente de ce qu'ils avaient pu connaître. C'était aussi elle qui les avait séparés toutes ces années. Dès qu'elle avait posé son regard clair sur le boxeur qui se tenait à quelques mètres d'elle, enfermé sur son terrain, Cordelia avait su que quelque chose allait changer. Le reste du monde s'était évanoui pendant quelques secondes lorsque ses prunelles avaient accroché celles de l'homme, et elle avait souri avec cet air de défi qui ne les avait jamais vraiment quittés. Roy et Delia étaient de ceux qui vivaient de la rage, des hurlements, des provocations, mais aussi -et sans doute surtout- des douceurs qui y mettaient fin. Elle n'avait jamais trouvé d'étreinte plus belle que celle de Roy. C'était dans ses bras et aux creux de sa peau que Cordelia avait trouvé sa place. De tout cet univers qu'elle aimait passionnément, de l'infinité d'étoiles et de planètes qu'avait fait naître le néant, il n'y avait que contre lui qu'elle avait trouvé sa place. Elle respirait pour ses soupirs, le goût de sa peau, l'éclat de son regard, la douceur de ses lèvres et les frissons que procurait chacune de ses caresses. Il n'y avait qu'aux creux de lui qu'elle était entière, il n'y avait que ses atomes qui rendaient les siens complets. Sa simple présence l'élevait dans un autre monde; repenser au contact de son corps contre le sien la perdait complètement.

Qu'attendait-elle de ce moment ? Elle l'avait compris : aucun d'eux ne pourrait ressortir gagnant, peut-être même vivant, de cette bataille. Quoiqu'il puisse se passer, elle le savait, ils ressortaient exactement dans le même état. Probablement détruits. La simple idée de se savoir capable de l'entraîner dans cette chute inexorable à laquelle elle était confrontée depuis ces retrouvailles la réconfortait. Ils se détruisaient comme ils s'étaient détruits dix ans plus tôt; seule différence à présent était qu'il n'avait plus réellement de moyen de se retrouver. Cette haine et ce besoin de revanche semblaient être les seuls réminiscences de cet amour infini et passionnel qui avait pu autrefois les lier l'un à l'autre. Peu importe cet homme qu'il prétendait être devenu; elle ne voyait que celui qu'elle avait tant aimé. « Mais toi, la ferme ! » Elle avait presque craché de rage. « Tu comprends rien ! » Et elle non plus ne comprenait rien, mais elle se garderait bien de le lui faire savoir. Elle ne comprenait pas ce qu'elle pouvait attendre de cet instant, elle ne savait pas ce qu'elle avait pu espérer en refusant de l'ignorer lorsqu'ils étaient encore à l'intérieur de la loge. « Pourquoi à moi de partir ? Mais tu te crois vraiment être le maître du monde partout où tu mets les pieds ? Mais qui ose encore te refuser quoi que ce soit ? Moi, je refuse ! Je refuse d'être traitée comme si t'étais un monarque de droit divin ! Devine quoi, tu l'es pas ! Je me moque de celui que t'es devenu, je me moque du prix de ton costume et des milliers du dollars de différence qu'il peut avoir avec celui de ma robe ! T'es pas le maître du monde, Roy ! Si personne a osé te le dire, c'est tous des crétins. Moi, j'te le dis : t'es maître de rien du tout. » Elle passa calmement la main dans ses cheveux ondulés pour remettre une mèche derrière son oreille et le toiser, la poitrine bombée par la fierté. « Continue à croire ce que tu veux. Continue à croire que le bonheur s'achète. Continue à baiser une femme qui est sûrement assez docile pour pas aller contre tes envies. Je suis sûre que le sexe avec elle est fade. » Même s'il l'avait mise enceinte. Même si c'était elle qu'il avait choisie et à ses côtés qu'il vivait.

Mais voilà, peut-être, finalement, là où tout cela était censé les mener. Peut-être que tout arrivait pour une raison, peut-être que ces deux rencontres dues au hasard n'avait eu pour but que de les conduire à et instant précis. Peut-être que c'était leur destin que de se défier jusqu'à aborder le cœur de tout. « Ridicule, en effet » lâcha-t-il subitement d'une voix étrangement calme. La tension et la colère semblaient s'être brutalement évanouies, mais Cordelia n'en démordait pas. Ils étaient d'accord, ce serait ridicule; elle voulait qu'ils s'arrêtent à cette constatation, parce qu'elle le détestait, parce qu'elle voulait le tuer, le voir souffrir, elle voulait le haïr, le frapper jusqu'à ce qu'il la supplie de lui laisser la vie sauve. « Sauf toi… » Non... non, il allait trop loin. Il avait franchi cette barrière qu'elle se refusait elle-même à franchir. Elle porta sa main à son cou, se sentant brûler de l'intérieur. Des plaques rouges d'émotion avaient envahi la peau diaphane de son cou et de sa poitrine. Elle ne savait pas quoi répondre, parce qu'elle était déchirée entre l'envie ultime de le détester jusqu'à la fin de ses jours et le besoin irrépressible de se perdre à nouveau en lui. C'est lui qui combla le silence gênant que laissait leur calme soudain. « ... C'est faux. Tellement faux. » Elle releva son regard bleuté vers lui. Elle n'arrivait pas comprendre où il voulait en venir. En quelques mots, il lui avait dit tout ce qu'elle avait toujours rêvé d'entendre sans jamais l'entendre. La seule personne qu'elle aurait pensée capable de lui glisser de telles paroles réconfortantes aurait été un psy -si elle avait eu l'envie de payer quelqu'un pour lui raconter ses déboires si ridicules et sans doute si communs. Mais Roy ? Elle commençait à se demander s'il n'essayait pas de l'amadouer pour mieux l'attaquer ensuite. Il la connaissait suffisamment pour ça. « T'as été incapable de tourner la page... N’est-ce pas ? » Elle n'arrivait pas à le quitter des yeux. Elle essayait de décrypter ses intentions, de comprendre où il voulait en venir. Elle s'était imaginé des centaines de fois cette scène. Elle en avait rêvé dans des nuits agitées et y avait imaginé des dizaines d'aboutissements possibles. Des cris, des pleurs, du sang, des retrouvailles brûlantes, une séparation définitive... mais maintenant, confrontée à ce qu'elle avait tant attendu, Delia se retrouvait complètement désarmée. Parce qu'il avait raison, il avait raison sur toute la ligne, mais l'accepter reviendrait à donner à Roy ce pouvoir et cette satisfaction de la victoire. Parce qu'il l'avait percée à jour, parce qu'encore une fois, il avait réussi à lire en elle comme dans un livre ouvert, parce qu'elle avait été incapable de lui cacher tout l'amour qu'elle n'avait jamais cessé de lui porter. « Je te déteste », murmura-t-elle en baissant le regard, le laissant vagabonder dans le vague, cherchant presque autant à s'en convaincre elle-même que lui. « Qu'est-ce qui faut que je fasse bon sang, pour que tu m'oublies ? Parce que moi, clairement, je ne peux pas… j'ai jamais pu. » Ses prunelles, assombries par la peine, l'incompréhension et la détresse, se relevèrent brusquement pour accrocher le regard de Roy. C'était un drôle de réflexe que celui-là; celui d'un espoir brutal de revivre tout ce qu'ils avaient vécu, de se retrouver comme ils s'étaient trouvés. « Si je t'aimais, le fait que tu sois marié et bientôt père me forcerait sûrement à tourner la page. » Elle décroisa les jambes et se releva calmement, presque solennellement, pour s'approcher de lui. Droite, l'air grave, elle plongea son regard dans le sien. « Une partie de moi est morte quand tu as décidé que je valais pas le sacrifice de ton ego. Tu m'as voulue hors de ta vie. Regarde où je suis, regarde où tu es. Je sais pas pourquoi tu veux me mettre en tête que tu m'aimes encore, même après m'avoir éloignée comme ça de ton monde. » La gorge nouée, les lèvres pincées par la peine, elle porta délicatement sa main contre la joue de Roy et la caressa avec un sourire mélancolique. « Rejoins la vie fade que t'as choisie, puisque c'est elle qui te rend heureux. » Elle laissa ses doigts se perdre dans les boucles de son amour pendant quelques instants. « Moi aussi j'aurais pu te rendre heureux, tu sais. Je l'étais, avec toi. »

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That familiar heart
It's just a silhouette, a flick in the blinds. It's just a mind trick, I don't know why but it reminds me of someone that I used to know. All that I can't forget is every night right beside me. I open my eyes and it reminds me I should have never let you go.



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Roy Kapur
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› HB AWARDS : (2016) PERSONNAGE LE PLUS AGACANT ; PERSONNAGE LE PLUS MECHANT ; PERSONNAGE LE PLUS CONNARD ;
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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Lun 14 Nov - 23:16



where words fail, music speaks
cordelia hoogendijk — roy kapur



Sa colère était à son maximum. Elle le mettait hors de lui, comme autrefois. Preuve ultime qu’elle était toujours cette chose qui pouvait tout changer. Ce facteur dans l’équation qui pouvait tout modifier. Cordelia était un poison, comme un antidote. Il ne s’était jamais habitué à ses deux extrêmes. Et après toute ses années, c’était comme si elle était toujours la seule à avoir la clef à cette rage qui sommeillait en lui. Même en tant que chef de cartel, il ne se laissait pas consumer de cette façon. Même devant des idiots, des hommes horribles, des catastrophes, il savait faire preuve de sang-froid. Les seuls moments où il laissait tout sortir, c’était lorsqu’il tuait. Il n’en était pas là avec Cordelia. Jamais. Il ne pouvait pas. Cela règlerait pourtant tellement de choses… Les yeux rivaient sur elle, il commençait à ressortir quelques picotements. Il y avait eu beaucoup de force dans son geste, trop peut-être.

Delia n’était pas le genre de femme à se taire. Elle lui répondait, toujours. Par le passé, c’était ce qu’il avait le plus aimé chez elle. Delia lui disait ce qu’elle avait à dire, elle ne lui mentait. Elle ne se cachait pas. Et là tout de suite, elle désirait le détruire et lui faire du mal. Il sait que ce qu’il avait fait par le passé l’avait brisé, il était logique qu’elle souhaite désormais la vengeance. Personne ne comprenait mieux ce sentiment que lui. Il avait cédé à cette folie et il vivait chaque jour avec ça sur les épaules. Voilà l’homme qu’il était devenu. Et tellement plus encore. Il n’était plus le rebelle, le petit héritier qui boxait dans la rue pour contredire son père et qui frapper ceux qui le mettait en rogne pour lui. Il n’était plus le fils à papa qui se cachait dans le ghetto et qui faisait tout pour renier la vie qu’il avait exactement aujourd’hui. Il n’était ni le parfait Kapur, ni le parfait petit mexicain à sa maman. Roy était un mélange étrange, sans cesse en colère, sans cesse triste de tout. Il n’avait jamais trouvé sa place et même à la tête du cartel le plus dangereux de la Californie, il n’était pas là où il était censé être. Mais ce problème, cette sensation, voilà longtemps qu’il avait accepté de la subir.

« - Mais t’en a pas marre de tout le temps répéter la même chose ?! Garde ta jalousie, Delia. Ça changera rien ! Rien du tout ! » Il s’avance d’un pas, plus décidé, plus confiant que jamais. Elle l’énervait tellement. « - Et oui putain, oui ! J’ai du pouvoir, de l’influence, des contacts. Une position et bien plus encore. J’ai qu’un mot à dire, Delia, un seul. Et tu pourrais tout perdre. » Il s’arrête. Il n’as pas envie d’en arriver là. Mais c’est plus fort que lui. Les mots lui échappent. « - Mais t’as rien à perdre de toute façon. Pourquoi je me fatigue ? »

Il était plus confus que jamais, plus perturbé que jamais. Pendant des années, il s’était retrouvé en sécurité entre les murs de deux mondes parfaitement distingués. Entre sa famille, son rôle, sa femme… et le cartel, la drogue, son leadership, mais aussi ses morts. Car Roy avait plus de sang dans les mains que n’importe qui dans cette ville. Il sait, que la drogue qu’il vend, a déjà tué et détruit beaucoup. Il sait que les deals qu’il fait, ont déjà anéanti beaucoup. Il sait que ceux qui sont morts de ses mains, ne reviendrons jamais. Pire, ne le hante pas. Mais dans aucun de ces deux mondes, Roy ne faisait preuve de réel humanité. Il avait laissé tomber. L’amour, la compassion, la sympathie. Toute ces choses qui faisaient de lui un homme, un vrai, se retrouvaient disparaitre chaque jour un peu plus. Il n’était que prétention, qu’illusion. En tant que chef, il se noyait. En tant qu’époux, il se perdait. Jonglais entre l’un et l’autre ne faisait que ralentir l’inévitable : la fin, certaine, de sa propre âme. De sa propre existence. Ce n’était qu’une question de temps. Qu’une question d’année, avant que tout s’effondre, d’un côté comme dans l’autre. Roy n’était pas idiot, il savait le danger de la double-vie qu’il menait, tout comme il savait que c’était ses choix qui l’avaient conduit ici. Qu’aucune femme aux mondes de soient capable de l’aimer, ce n’était pas grave. C’était même le dernier de ses problèmes. Car Roy ne voulait pas être aimé. Il n’avait aucune aspiration à vivre une histoire d’amour ou à être le centre du cœur d’une femme. Il espérait d’ailleurs, sincère, que Naina était plus maline que ça, bien qu’elle semblait être sérieusement accroché à lui. Mais Cordelia… Cordelia pouvait. Parce qu’elle l’avait connu avant tout ça. Elle l’avait connu à une époque où Roy était si vrai, qu’il en était brutal. Qu’il en était passionné, tel un feu d’artifice qui ne s’éteint jamais. Aussi beau que légèrement dangereux. Alors il savait. Il savait qu’elle, elle l’aimait encore parce qu’il la connaissait. Chacune de ces expressions, chacun de ces regards. Ses yeux, il pouvait les décrire et les comprendre. Sa main sur sa poitrine, son souffle lent… Aucune femme ne pouvait l’aimer, sauf elle. Sauf cette femme qu’il avait tenté de fuir de la manière la plus faible du monde. Cette femme qui aujourd’hui, après toutes ses années, semblait être toujours accroché à des sentiments. Toujours accroché à leur histoire. Ce qu’il avait donc fait, n’avait servi à rien et les liens invisibles et fort qui les unissaient, semblaient réapparaitre. Semblaient reprendre forme. Il allait sombrer, mais peut-être ne s’en rendait-elle pas contre. Il allait sombrer, si elle le lui demandé. Parce qu’il sentait, il sentait l’emprise qu’elle avait eu sur lui par le passé revenir. Il sentait qu’il allait de nouveau être sous son contrôle. Cordelia était, et sera toujours, sa drogue à lui. Et après tant d’année d’abstinence, il n’avait qu’une envie : se perdre de nouveau en elle.

Les yeux dans les yeux, il laissa échapper sans sculpture qu’elle n’avait pas tourné la page. Qu’elle ne l’avait pas oublié. Et la réponse de l’être aimé ne fait que lui prouver qu’il a raison et ça le met tellement en colère. Ça le met tellement en colère, parce qu’il voulait qu’elle l’oubli. Qu’elle fasse sa vie avec un autre. Qu’elle trouve le grand-amour auprès de quelqu’un qui clairement, lui aurait tout donné sans réfléchir. Pourquoi n’avait-elle pas trouvé cette personne ? Il a conscience que sa femme, son « faux » fils, peuvent l’aider, mais ce n’est pas le cas. C’est ça le plus terrible ! Il a beau prétendre et montrer que lui, il a une autre vie, une autre femme, ça ne change rien. Il l’observe alors se relever, s’approcher. Il se contient, espérant que tout ceci est bientôt fini, mais il en peut plus. Il est fatigué, épuisé, par tout ce qui venait de se passer. Il est clairement fatigué, fatigué de savoir que rien n’avait changé.

Au moment où ses mains se posent sur sa joue, Roy est littéralement partie de ce monde. Il se sent si léger d’un seul coup, qu’il ne veut rien dire, rien contredire. Tout est désormais si calme, si paisible et la voix de Cordelia si douce. Il n’a pas envie de briser ça. Il veut juste profiter de ce moment, malgré ce qu’elle lui dit, malgré ce qu’il entend. Il se laisse emporté par ce qu’il ressent, sa main décidant de se poser à son tour sur celle de Delia. « - Je l’étais aussi. » Il regrette d’avoir laissé échapper ça, il regrette et il réalise ce qu’il vient de dire, puis il se redresse légèrement, posant ses yeux sur Delia. « - Il y a dix ans, j’ai fait un choix. Aujourd’hui, ma vie n’est pas fade, Delia. C’est pire. Plus j’avance, plus je sais qu’à la fin, c’est l’enfer qui m’attend. » Il s’éloigne, il refuse de se laisser consumer par ses émotions. Toutes ses années il avait réussi à ne rien dévoiler, à tout garder pour lui. Cela ne devait pas changer. « - Tu n'as aucune idée... Je n’ai pas choisi mon égo, Delia j’ai choisi… » Son regard glisse sur ses mains. Mains qui formaient désormais deux poings distinct. Il lève d’ailleurs la main droite, le plus sérieux du monde et il dit, sans crainte : « - J’ai choisi la vengeance. Et tu aurais été un obstacle, parce que tu étais ma faiblesse. » La rage semblait revenir, mais c’était autre chose. C’était différent. Ses yeux semblaient d’ailleurs envahis par des larmes invisibles. Il était en train de replonger dans le passé. Il était en train de revivre la mort de son ami, son frère. De revivre son histoire avec Delia. Leur passion était au final toujours aussi forte. Toujours aussi présence. « - Tu l’es toujours. »


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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Mer 16 Nov - 4:27



❝ Where words fail, music speaks. ❞
Cordelia Hoogendijk & Roy Kapur


Depuis plus de dix ans, Cordelia avait eu tout loisir d'imaginer les choses telles qu'elles auraient pu être, telles qu'elles auraient du être, et de se laisser noyer par ce qu'elles étaient finalement devenues. Elle s'était remise en question des dizaines de centaines de fois, venant inlassablement à la même conclusion : s'il avait préféré trouver Bianca, c'était parce que Bianca avait tout pour lui être préféré. Elle le savait, il était plus que malsain pour n'importe qui de se comparer au reste de sa fratrie et encore plus lorsqu'il s'agissait d'un jumeau ou d'une jumelle, mais c'était quelque chose que les rousses n'avaient jamais réellement pu s'empêcher de faire. Dès le début, dès leur plus tendre enfance, une sorte de rivalité s'était installée entre elles. Bianca s'était rapidement imposée comme la plus intelligente des deux, la plus encline à ramener des bonnes notes et surtout, à satisfaire leurs parents, et plus particulièrement leur maternelle. Cette dernière voyait en Bianca tout ce que son fils ne lui avait pas apporté et tout ce que Cordelia semblait bien inapte à lui apporter. Bianca serait violoniste, comme elle. Et en quelques années, madame Anna Hoogendijk avait prouvé que ses intuitions étaient respectables et louables. Bianca rattraperait au moins un peu les contraintes qu'elle et sa soeur avaient imposées à sa vie. Elle serait son digne et unique héritage, preuve qu'elle n'avait pas tout perdu en mettant au monde ses deux jumelles plus tôt que prévu. Car c'était ce qu'elles étaient, après tout, des contraintes qu'elle aimait mais dont elle n'avait jamais réellement voulu. Cordelia, là dedans ? Les années lui avaient donné raison : Cordelia n'avait rien de sa soeur, Cordelia ne savait pas se battre pour ce qui comptait à ses yeux, Cordelia n'avait même pas l'intellectuel de son époux et les capacités scientifiques qu'il avait pourtant tant cherché à lui inculquer, Cordelia n'avait pas fait d'études, Cordelia était devenu le stéréotype de ces Californiennes en détresse, perdues par l'envie de plus et l'incapacité à l'obtenir. Et sa mère, Delia le savait, avait raison sur toute la ligne. Sa vie n'était qu'une suite d'échecs. Sa lettre d'admission à l'université de Pennsylvanie l'attendait encore très probablement dans la table de nuit, près de son lit de jeune fille, à Philadelphie, et ses rêves étaient enfermés, pour toujours, dans le même tiroir que ce vieux dossier qui ne serait jamais rempli. C'était par amour pour Bianca qu'elle l'avait suivie de l'autre côté du continent, et c'était une décision qu'elle n'avait jamais été amenée à regretter, et pourtant... les doutes étaient toujours là. Elle était heureuse que Bianca rencontre ce succès qu'elle méritait tant, mais elle trouvait encore à beaucoup de journées une saveur aigre. La poigne de leur mère était toujours là, son regard toujours présent, dur. Cordelia n'avait jamais réussi à s'émanciper de l'emprise de cette femme sévère et du regard qu'elle posait sur elle. C'était sans doute elle qui lui avait mis dans le crâne qu'elle ne serait à jamais que l'ombre de sa soeur, la même femme sans la même force de caractère et de travail, la même femme sans la même féminité, la même grâce, la même reconnaissance. Bianca était devenue, sous le regard indifférent d'Anna Hoogendijk, la meilleure amie et la pire ennemie de Cordelia. Le temps les avaient menées aux antipodes l'une de l'autre, et pourtant elles n'avaient probablement jamais aussi proches l'une de l'autre que lorsqu'elles s'étaient seules, pour la première fois, à l'autre bout du pays.

Cordelia aimait sa soeur passionnément, probablement plus encore qu'elle s'aimait elle-même. Elle aurait probablement tout donné pour elle, et elle avait sans doute déjà tout donné pour elle. Il y avait une chose, pourtant, qu'elle n'avait jamais réussi à lui céder. Roy faisait partie de son jardin secret à elle, une raison que la vie lui avait donnée de se réconforter avec le présent et l'avenir. Mais il avait fallu qu'il croise le chemin de Bianca, et tous savaient ce que cela signifiait : Bianca était toute la douceur et la bienveillance que Cordelia ne serait jamais. Elle était le calme, le succès et la fraîcheur, un espoir, quelque chose de bien plus doux que le fond même de sa soeur. Roy avait rencontré une meilleure Cordelia, celle que tout le monde finissait inéluctablement par choisir. Roy avait rencontré Bianca, et il avait choisi Bianca. Les choses auraient du en rester là...

Mais c'était sans compter sur la cruauté du hasard, et peut-être le brin de curiosité dont il faisait preuve en les réunissant déjà deux fois en si peu de temps et après tant d'années. Il semblait à Cordelia que quelqu'un, quelque part, se jouait d'eux comme on pouvait jouer aux Sims. Quelqu'un observait les éclairs dévastateurs naître de chacune de leurs retrouvailles, il n'y avait pas d'autre possibilité. « Je répète la même chose parce qu'en plus d'être con, t'es sourd ! » Il ne s'agissait pourtant plus d'étincelles ou d'éclairs depuis quelques minutes déjà. Ils prenaient feu, l'un à côté de l'autre. Ils prenaient feu comme la Californie en plein été ou les météorites lorsqu'elles pénétraient l'atmosphère. Ensemble, et tant qu'on ne les arrêterait pas, ils allaient s'écraser, eux-aussi. « Le vrai pouvoir, c'est de pas avoir à en hurler l'existence pour lui donner vie » siffla-t-elle comme un serpent perfide entre ses dents. « Tu peux rien me faire perdre, c'est pas pareil. T'as aucun pouvoir sur moi. » Et aucun droit de lui sortir des ignominies pareilles. Il avait perdu le droit de la juger au moment précis où il l'avait brisée. Pas lorsqu'il lui avait appris on infidélité, mais à l'instant même où il avait posé les yeux sur Bianca et pensé à elle de la même manière qu'il avait pu penser à sa soeur. « Dis-le, ton mot. J'ai pas peur. J'ai sûrement plus de couilles que toi » lâcha-t-elle finalement, le visage fier, un air de défi illuminant son regard qu'elle s'efforçait de garder calme. Mais il la connaissait sans doute mieux que personne, et il savait qu'il n'y avait guère que dans ce genre de moments où elle s'approchait de la brèche qu'elle utilisait les termes les plus rudes. Elle savait d'habitude maitriser chacun de ses mots, même lorsqu'elle les voulait blessants. Face à Roy ? Face à Roy, elle oubliait toute la politesse et la bienséance qu'avaient tenté de lui inculquer ses parents. Face à Roy, elle était poussée dans ses retranchements les plus sombres, et mise à la facette la plus obscure et masquée de sa personnalité. Il voulait la faire tomber ? Qu'il essaie. Elle en était persuadée, il n'oserait pas. Que pouvait-il contre elle ? Détruire son business ? Il avait raison sur ce point : elle n'avait rien à perdre, ou en tout cas rien d'autre que Bianca. Qu'il ose toujours à Bianca ne lui venait même pas à l'esprit. On ne touchait pas à Bianca, personne ne touchait à Bianca; tout le monde l'aimait trop pour lui vouloir le moindre mal. Et s'il tentait quoi que ce soit contre sa soeur... elle se chargerait elle-même de lui mettre cette foutue balle entre les deux yeux. Ce serait tout ce qu'il mériterait -et c'était probablement déjà tout ce qu'il méritait.

Mais si elle ne l'avait pas fait lorsqu'elle avait eu l'occasion, il y avait peut-être une autre raison que la peur de finir en taule. Elle-même avait bien du l'admettre au moment précis où elle avait refusé d'appuyer sur cette gâchette qui la titillait pourtant bien plus que de raison. Ce n'était pas la justice ou les lois qui l'avaient empêché de lui exploser la cervelle, c'était tout cet attachement qu'étrangement, elle avait encore pour sa personne. Dans un recoin perdu de son esprit, elle avait pensé que si elle le tuait, alors plus rien ne pourrait jamais exister entre eux. De l'espoir ? Jamais de la vie. Plus jamais de la vie, plus pour rien, et surtout pas pour lui. On ne vivait pas d'espoir. On se lamentait d'espoir, et, fatalement, on mourrait d'espoir. Cordelia ne croyait plus en l'espoir, parce qu'il n'était qu'un mirage fabriqué de toutes pièces pour ceux qui n'avaient plus que lui pour avancer. Elle voulait avancer pour autre chose qu'une illusion dérisoire. Elle voulait avancer pour elle avant les autres, elle voulait devenir quelqu'un avant de considérer l'estime des autres. Roy n'aurait pas du compter pour elle. Il n'aurait pas du compter pour elle à l'époque, et il aurait encore moins du compter pour elle à présent. C'était l'une des choses qui la désespérait le plus à cet instant précis et qui l'avait le plus désespéré de sa vie. Elle détestait ne pas contrôler ces choses importances, ces choses qui dirigeaient bien des choix et des directions : elle détestait ne pas contrôler ce sentiment infernal qui s'emparait encore de ses tripes lorsqu'elle croisait le regard foncé de l'ancien boxeur. Elle détestait cette emprise qu'il avait sur elle, ce pouvoir malsain qu'il exerçait encore sur son le rythme de son palpitant. Elle détestait transpirer parce qu'il la faisaient paniquer, l'énervait et lui rappelait tout ce qu'ils savaient si bien vivre ensemble. Elle détestait cette pensée peu catholique qu'elle avait d'eux à cet instant, elle plaquée au mur à sa droite, perdue dans les caresses et les baisers de Roy, la jupe remontée pour mieux retrouver le corps de celui dont le sien s'était tant langui. Elle détestait trembler comme elle le faisait, réflexe qui trahissait chacune de ses pensées au même titre que ses prunelles humidifiées par les larmes et que par son front perlant de sueur. Il lisait en elle comme autrefois. Il lisait en elle comme il l'avait toujours fait.

Elle quitta sa chaise lentement, soudainement bien trop calme. Elle ne savait pas ce qu'elle comptait faire, ou ce qu'elle allait se décider à faire. Elle était en roues libres, et plus rien de ce qu'elle déciderait maintenant ne le serait en totale conscience. Elle était téléportée à des centaines de kilomètres au-dessus, loin de tous ces cris et de l'image qu'ils pouvaient renvoyer à quiconque croiserait leur chemin maintenant. Cordelia observait cette scène quelque part au-dessus d'eux, au-dessus de la Californie, au-dessus même des nuages. Elle n'avait plus réellement de pouvoir sur ce qui se passait. Elle savoura ce contact étrange retrouvé avec la peau de Roy. Sa main s'arrêta dans la barbe de l'homme lorsqu'il posa la sienne dessus. « Je l’étais aussi » La rousse froussa les sourcils, sonnée. Elle n'en croyait pas un mot. Elle ne croyait pas à tous ces mensonges, mais elle était forcée de l'admettre : cet espoir était ce qui la faisait respirer à cet instant précis. Elle ne voulait plus le quitter sans avoir retrouvé le goût de ses lèvres. Elle ne répondit rien, préférant de loin se bercer dans cette drôle d'illusion quelques secondes de plus, rien que quelques secondes de plus. « Il y a dix ans, j’ai fait un choix. Aujourd'hui, ma vie n’est pas fade, Delia. C'est pire. Plus j’avance, plus je sais qu’à la fin, c’est l’enfer qui m’attend. » La respiration de Cordelia se hacha brusquemelnt alors qu'il s'éloignait d'elle. Elle n'arrivait pas à le croire, mais son cœur lui hurlait de le faire. Il avait besoin de Roy, son cœur. Elle laissa retomber sa main contre sa robe noire. Elle frissonnait de désarroi, sans doute, mais tentait de se persuader que le bustier n'y était pas pour rien. Elle commençait à trouver sa tenue plus qu'inconfortable. Les talons, la robe longue et serrée, le bustier qui limitait ses mouvements... Elle n'était décidément pas faite pour ce monde. Mais si elle n'y avait pas mis un pied ce soir, aurait-elle à nouveau croisé le chemin de Roy ? Était-ce d'ailleurs une bonne chose qu'elle l'ait fait ? Ce qu'il lui révélait à présent était ce qu'elle avait rêvé d'entendre depuis des années. C'était sans doute pour cette raison qu'elle n'arrivait pas à y croire, d'ailleurs. La vie n'était pas un rêve, et elle l'avait déjà appris à ses dépens. Perdue au-dessus de ces nuages irréels, Cordelia n'arrivait toujours pas à tout comprendre, et surtout, à penser la sincérité et la réalité des propos. Elle aurait pu rester encore de longues minutes, silencieuse et calme, à l'observer de son regard clair encore attristé par tout ce que la vie lui avait fait subir. « Tu n'as aucune idée... Je n’ai pas choisi mon égo, Delia j'ai choisi… J'ai choisi la vengeance. Et tu aurais été un obstacle, parce que tu étais ma faiblesse. » Elle ne jeta pas un seul regard au poing qu'il avait brandi devant lui. Ils n'étaient pas dans un film de gangsters, et puis... elle voulait déchiffrer ce regard auquel elle avait l'impression de ne plus rien comprendre. « La vengeance... mais la vie est ridicule. La vie est une suite de raisons de devenir un connard. » Au moins, là où elle n'était plus que l'ombre d'elle-même, lui était devenu un connard. Lequel des deux était le plus louable ? « T'as été ma plus grande faiblesse. Mais ce genre de faiblesses cache des forces encore plus importantes. T'aurais du le voir. » Ses lèvres se pincèrent de chagrin alors que son regard se posait à côté de Roy. « Tu l’es toujours. » Ses mains lissèrent soigneusement le tissu épais de sa robe, comme pour reprendre ses marques, comme pour prouver à Roy qu'il avait toutes les raisons de la regretter. Finalement, c'est une mèche rousse qu'elle passa silencieusement derrière son oreille avant de relever son regard presque translucide vers le visage de Roy. « Je te crois pas. Ton alliance dit le contraire. Ton enfant dit le contraire. Le téléphone que t'a explosé dit le contraire. » Sa voix était calme, presque séductrice. Elle n'avait pas oublié ces jeux auxquels ils avaient autrefois joué avec tant de fougue. Elle dressa le cou sans le quitter des yeux pour dévoiler un peu plus la peau claire de ses clavicules et de ces charmes auxquels il avait déjà succombé tant de fois. « Qu'est-ce que t'es devenu, Roy ? » lâcha-t-elle en se mordant la lèvre, presque lascive, alors que ses yeux se posaient sur la bouche de celui qu'elle n'admettrait probablement jamais encore aimer de tout son être. « Montre-moi ce que t'es devenu. »

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Roy Kapur
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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Jeu 15 Déc - 23:08



where words fail, music speaks
cordelia hoogendijk — roy kapur



C’est vrai. La vie est ridicule. La vie est injuste, terrifiante, cruel. Ce n’était pas ça qui avait fait de lui un connard. C’était surtout la colère, l’indignation, la fierté. Le besoin maladif de réponse, le besoin de vengeance dans l’espoir d’apaiser une âme qui ne pouvait pas l’être. Roy ne trouvait pas de repos dans ce qu’il avait fait et dans ce qu’il était devenu. Il savait que le repos, pour lui, était aujourd’hui synonyme de mort. C’était tout ce qu’il restait désormais. Silencieux, il observe Cordelia. Ils étaient la faiblesse de l’un, comme de l’autre, mais derrière ça, il aurait dû voir la force que cela leur procurait. Il aurait dû voir, mais non. Il s’était focaliser sur cette certitude qu’elle le détournerait de ces objectifs, sur cette certitude qu’elle ne pourrait pas l’aider, qu’elle ne pourrait pas le comprendre. Cela ne l’empêche pas pourtant de réaliser qu’aujourd’hui encore, Delia était sa faiblesse. Il disait ça surtout pour lui, comme une révélation tordue qui sortait du néant. Mais c’était le cas. C’était tellement ça. Comment expliquer autrement les situations dans lesquelles ils s’embarquaient l’un l’autre, lorsqu’ils étaient ensemble. Elle était toujours sa plus grande faiblesse et quoi qu’il se passe, ça ne changera pas. L’atmosphère et plus calme, comme si le pire était passé. Comme si le pire était à venir. Elle a réponse à tout, Delia. Elle pointe exactement là où il faut, trouvant les arguments parfaits, trouvant les mots exacts pour le contredire. Ça lui donne presque envie de sourire. Presque. Il est encore bien trop perturbé par les révélations qui ne cessent de le tourmenter. Soudain, son regard se pose de nouveau sur Delia, plus belle que jamais. Sa robe à une couleur particulière qui met en avant sa couleur de peau séductrice. Ses cheveux de feu l’ont toujours attiré. Il a presque l’impression qu’il est de retour ce soir de match, quand il avait croisé son regard pour la première fois.

Il hésite. Il hésite vraiment. Mais il sait qu’elle est sérieuse. Alors il s’avance alors, lentement, prenant tout le temps du monde, sans quitter Delia du regard. Il laisse ensuite sa main glisser le long de sa taille, ses doigts se remémorant les courbes qu’il avait connu par cœur par le passé. Il attend encore un peu, il persiste dans cette patiente. Elle veut voir ce qu’il était devenu, il n’y a pas de problème. Il n’y a vraiment aucun problème. Ses lèvres s’emparent alors avec force de celle de Delia, alors qu’il pousse son corps à se coller au sien.

Il n’a aucune limite, voilà ce qu’il est devenu. Un homme qui ne se soucie pas de ce qui est bien ou mal. Un homme qui fait ce qui doit être fait, sans penser au conséquence, sans penser à ce qui retiens tout autre homme. Il mentait quand il disait qu’il n’avait pensé à Delia durant ses dix années. Il avait gardé son image, précieusement dans un coin de son cœur, comme un souffle d’espoir de ce qu’il était autrefois. Avec la vie qu’il avait choisie, il n’avait pas eu à la croiser. Ce qui lui avait fait, lui avait permis de s’éloigner d’elle et de ne pas à devoir l’affronter. Il l’avait écarté, sans regret, mais il avait abandonné avec elle son humanité. Alors que ses lèvres touchaient les siennes, il se rendait compte de toutes ses émotions qu’il avait laissé entre les doigts de Delia. Ces émotions qui n’avaient pas vieilli. Il venait de tomber et de s’écraser. Et c’était aussi beau que destructeur. Les flammes de cette passion passée allaient de nouveau le consumer, mais il ne s’en souciait plus. Surtout pas aujourd’hui. Parce qu’il était déjà condamné. Il savait pourtant qu’il franchissait une limite. Qu’il était au bord d’un précipice. Qu’il n’y avait pas de bonheur au bout du chemin qu’il était en train de parcourir. Alors qu’il se détache d’elle avait beaucoup de peine, il murmure. « - Quelqu’un de peu fréquentable. » Il avait toujours tout aimé en Delia. Elle était cette force surhumaine, cette battante qui au fond, lui ressemblait tellement tout en étant son opposé. Elle était cette beauté fatale dont il ne pouvait pas défaire le regard. Combien de fois l’avait-il dit, par le passé ? Combien de fois l’avait-il hurlé ? Combien de fois avait-il avouer qu’il avait tout simplement eut le coup de foudre pour elle ? L’une de ses mains glisse le long de la joue chaude de Delia, alors que son regard est bloqué sur ses yeux à elle. Sur cette enchantement qu’il avait tant savouré par le passé. Il aurait bien aimé que le temps s’arrête une seconde, pour le laisser respirer, mais il sait que penser ainsi était inutile.

L’anneau à son doigt ne représente rien. L’enfant imaginaire dont il a parlé ne représente rien. Ces paroles sont vaines face à ce baiser qui exprimait tant. Mais il ne savait pas ce que Delia ferait. Ce qu’elle dirait. Comment elle réagirait. Il a envie de la garder dans ses bras, de retourner dix ans en arrière pour le bonheur de n’être qu’un boxeur insouciant qui ne cherche ni gloire, ni fortune. Il a envie de plaquer ces deux mondes qui constituaient sa vie, seulement pour des brides du passé. Alors naturellement, il se détache de sa plus grande faiblesse, en douceur, plus calme qu’il ne l’était déjà. « - Ils m’appelles El Trit’ador. » Il retire l’alliance à son doigt, comme il le faisait si souvent lorsqu’il s’occupait du cartel, où qu’il devait détruire une vie. Il garde l’objet sous les yeux, l’observant un instant. « - Il suffit que tu dises ça à la bonne personne, et je serais anéanti. » Un fin sourire sur le visage apparait de nouveau alors qu’il remet son alliance à son doigt. « - Ou condamné à perpétuité, si tu préfères. Mais on sait tous les deux que la prison, ce n’est pas pour moi. » Il se rapproche de nouveau de Delia, il sait que c’est dangereux, mais il ressent subitement l’envie de partir, tout comme l’envie de ne plus jamais la quitter. « - Tu vois, tu n’as pas besoin d’une arme pour me tuer Delia. Tu avais simplement besoin d’un mot. Et je te le donne sans hésitation. » Quoi qu’il arrive, il ne pourrait jamais la détruire. Il ne pourrait jamais rien faire pour la faire souffrir davantage. Il en avait assez fait par le passé et pourquoi au final ? Elle l’aimait encore. Il ne l’avait jamais oublié. Au moins, maintenant, elle avait la preuve. La preuve qu’il disait vrai. La preuve qu’elle était sa faiblesse. Qu’elle était cette chose qui pouvait le détruire. Qu’elle avait entre ses mains, le pouvoir ultime sur lui. Et Roy s’en fichait. Ce n’était pas un jeu, c’était tout simplement la vérité et pour la première fois, il acceptait que quelqu’un le regarde aujourd’hui pour ce qu’il était vraiment. Il voulait que Delia voit l’homme, partagé entre deux vies. Il suffisait qu’elle tape El Trit’ador sur Google pour qu’elle comprenne. Pour qu’elle fasse le lien. Il ne parlait plus vraiment de lui dans les journaux, mais il suffisait de remonter un peu en arrière pour comprendre. Ils avaient tous eues peur de lui à l’époque. L’homme de main de Pedro Casa. Celui qui venait tuer ceux qui avait osés perdre contre le chef du cartel le plus imposant de Californie. Après avoir retrouvé quelques corps, la presse s’était emballé. L’histoire mystérieux d’El Trit’ador avait fait le tour de Los Angeles. Il se doute que Delia en a peut-être déjà entendu parler. Ils cherchaient tous la mauvaise personne. Ils cherchaient tous quelqu’un d’imposant, quelqu’un capable de défigurer ses victimes à mains nues. Cette personne était pourtant juste en face de Delia. Cette personne, c’était lui, mais personne n’avait soupçonné Roy. Le fils qui faisait tout ce que son père lui disait. L’enfant unique bien trop riche pour osait trainer dans les quartiers les plus pauvres. Aujourd’hui, il était à la tête même du cartel. Aujourd’hui, il était au plus haut sommet, jonglant chaque jour avec de nouveau problème, préservant son identité secrète comme il le pouvait. Il était moins horrible que d’autres, mais cela n’exclure pas le fait qu’il était capable de pire. Lui, il n’avait pas peur de se salir les mains si c’était nécessaire. Si on se mettait au travers de sa route.

Alors non. Il n’avait pas peur de mourir. Ni maintenant, ni plus tard. Il avait assez vécu pour accepter que cela allait arriver. Il avait fait assez de mal pour comprendre qu’il finirait probablement une balle entre les deux yeux. Pourtant, l’idée que Delia mette à sa vie restait plus digne de lui que tout autre option. « - Voilà ce que je suis devenu. » Sa main forme un point et il lève celle-ci, tout en regardant Delia. « -Ne crois pas ce que tu vois, car je n’ai rien et la seule chose que j’aurais dû garder… » Il murmure alors. « - Je l’ai abandonné. »


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Cordelia Hoogendijk
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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Ven 16 Déc - 22:14



❝ Where words fail, music speaks. ❞
Cordelia Hoogendijk & Roy Kapur


Il n'y avait pas grand chose qui pouvait faire sortir Cordelia de ses gonds. Elle était réputée pour être sociable et forte, pour savoir encaisser les déceptions et ne s'en endurcir qu'un peu plus à chaque fois. Pourtant, dès qu'elle avait reposé son regard sur Roy quelques mois auparavant, elle avait su qu'elle allait perdre le contrôle. Il savait comment s'y prendre, il savait quelles étaient ses faiblesses, il savait se glisser sous sa peau et lui retourner les tripes comme personne. Depuis le début, depuis qu'elle avait posé le regard sur ce boxeur en sueur au milieu de son ring, en plein combat, Delia l'avait laissé faire tout ça. Elle l'avait laissé prendre le contrôle de toute la personne qu'elle était et à chaque instant. Il n'y avait que face à lui, dans ses bras et dans l'écho de ses soupirs qu'enfin, elle s'était sentie vivre. Encore aujourd'hui, sa peau se languissait de celle du beau brun, comme si elle étaient faites pour se rencontrer, se consumer, mais ne plus jamais se quitter. Lui faire face à nouveau avait éveillé en elle des fureurs inassouvies. Elle voulait le voir souffrir comme il l'avait fait souffrir. Elle voulait le voir agoniser, le voir mourir. Elle voulait qu'il perde ce sourire suffisant, pour toujours, que jamais plus la vie ne lui offre une seule occasion d'accorder un sourire à quiconque. Elle voulait qu'il pleure de chagrin comme elle avait pleuré de rage, elle voulait que les rides creusent son visage parfait, elle voulait voir ses épaules s'affaisser sous le poids du monde entier. Plus que le voir perdre la vie, elle voulait le voir subir tout ce qu'elle avait subi pendant ces dernières années, parce qu'il avait raison. Elle l'aimait encore. Même ces dix années n'avaient pas écorché cet amour passionnel qu'elle lui portait. Même aujourd'hui, elle lui aurait tout donné s'il le lui avait demandé. Même aujourd'hui et après tout ce qu'elle avait traversé, elle était prête à s'offrir entière à cet homme dont elle ne savait plus rien. Elle l'aimait comme un astronaute aimait la moindre molécule d'oxygène. Elle l'aimait comme les étoiles aimaient chaque particule d'hydrogène qui se cachaient en leur sein, elle l'aimait comme elle en dépendait, elle l'aimait avec cet égoïsme d'une femme qui n'arrivait plus réellement à vivre sans cet homme qui avait complètement changé la donne. Elle aimait chaque atome de lui, chaque particule qui faisait de lui l'homme parfait dans ses imperfections qu'il était. Elle aimait sa mauvaise foi, la manière dont il lui tenait tête alors et maintenant, elle l'aimait pour cette peur qu'il avait eu de cet amour fatal qui les avait consumés, elle l'aimait pour ce regard triste qu'il lui lançait et le défi qu'il représentait à chaque instant, puisant toute son énergie là où elle n'en avait plus réellement. Cet homme-là enflammait toutes ces convictions, il la consumait entière et devant lui, elle mourrait à petit feu. Même après toutes ces années, même après tout ce chagrin, il était à elle et rien qu'à elle, et elle était à lui, rien qu'à lui. Il n'y avait qu'eux. Il n'y avait qu'eux, leurs cris, leurs larmes et tout ce qui pouvait se passer entre tout ça; il n'y avait qu'eux et leurs souffles entrecoupés par la colère et le regret; il n'y avait qu'eux et cette musique lointaine qui raisonnait dans le couloir. Il n'y avait qu'eux et cette bulle terrible qui se formait en leur présence, qui les enfermait dans ce monde de passions, de troubles et de caprices du cœur.

Le silence s'était installé une fois de plus entre eux, dans cette ambiance feutrée presque irréaliste. Quelque part de l'autre côté de tous ces murs, Bianca dirigeait son orchestre de chambre à la perfection. Les notes raisonnaient sur les parois, sur eux, pénétraient la peau de Cordelia comme une multitude d'ondes vibrantes et incandescentes. Son regard clair ne quittait pas le visage de Roy. Elle essuyait de décrypter son regard, ses expressions. Il se posait sur ses lèvres, sur la racine de ses cheveux dans lesquels elle voulait plonger ses mains tremblantes. Elle attendait un geste, n'importe quoi. Elle brûlait toute entière. Il finit par franchir le dernier pas qui les séparait, et, portée par cette certitude étrange, Delia était persuadée qu'ils n'allait pas lui coller la gifle qu'elle méritait probablement. Ils avaient dépassé ce stade depuis quelques minutes déjà. Elle frissonna d'un plaisir à peine dissimulé lorsqu'enfin, il la toucha. Elle attrapa son avant bras pour faire glisser sa main jusque dans le creux de ses reins. Leurs peaux se retrouvaient enfin. Timidement, peut-être, mais elles se retrouvaient enfin. Elle leva doucement sa main vers le visage de Roy et caressa sa joue quelques instants à peine avant qu'il ne s'empare de ses lèvres. Enfin.

Leurs corps se cherchèrent subitement, comme autrefois. Elle se plaqua entièrement à lui, cherchant le contact, plus de contact à chaque instant. Sa main avait enfin trouvé son chemin dans les cheveux bruns de son ancien amant. Ses lèvres avaient le même goût qu'autrefois, et leur contact était aussi ardent, si ce n'était plus encore. Elle s'enflammait de l'intérieur. Elle le serrait contre elle, passant son coude dans sa nuque, la main perdue dans ses cheveux.

Rien n'avait réellement changé, comme si même leurs corps s'appelaient encore l'un à l'autre après toutes ces années. Ils ne s'étaient jamais oubliés, eux non plus. Elle retrouvait son souffle, peut-être même avec encore plus d'appétit, comme si tout ce temps n'avait eu de cesse de faire grandir toute cette passion inassouvie. C'est lui qui trouva le premier la force et le courage de se détacher d'elle. Delia aurait probablement pu rester collée à lui et à ses lèvres pendant de longues secondes encore, mais chaque bonne chose avait une fin. Voilà qui il était. Elle avait sa réponse. L'homme d'autrefois. Cet homme-là n'avait pas changé, pas réellement. Il l'appelait avec la même ardeur. « Quelqu'un de peu fréquentable » lâcha-t-il comme pour conclure leur baiser. « Tu l'as toujours été », répondit-elle simplement, avide de plus. Elle se moquait de ce qu'il était à présent; à ses yeux, il serait toujours le même. A ce moment précis, elle avait oublié qu'il était marié et père en devenir. Ne comptait que lui, ne comptaient qu'eux. Elle ne le quittait plus des yeux. Une mèche rousse s'était glissée devant l'une de ses prunelles, mais elle pourrait le fixer des heures durant et malgré tous les filtres du monde. Elle retrouvait la sensation de sa douce main sur sa joue. Elle le retrouvait. Elle le retrouvait enfin. « Ils m’appelles El Trit’ador » glissa-t-il en se détachant un peu plus d'elle. Delia fronça les sourcils un instant avant de glousser, amusée. « T'as crée ta marque de fajitas ? » Elle n'était même pas sûre de vouloir comprendre ce dont il parlait. Elle ne reliait pas tous les indices qu'il était en train de lui donner. Elle s'était abandonnée depuis quelques minutes à d'autres pensées dévorantes. Tout ce qu'il pouvait lui dire maintenant n'avait plus réellement d'importance, parce qu'elle avait enfin trouvé ce qu'elle recherchait depuis tant d'années. Elle ne l'avait pas pardonné, elle l'avait retrouvé, et c'était tout ce dont elle avait besoin. Le monde pouvait bien s'écrouler autour d'eux, maintenant. Tant qu'ils se tenaient la main, ils pourraient faire face au déluge et à l'apocalypse. Son regard bleuté se baissa sur ses mains et cette alliance qu'il retirait doucement. Elle ne comprenait pas trop ce qui se passait; elle ne voulait pas comprendre, probablement. « Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-elle simplement non sans espérer un instant qu'il lui glisse que sa femme ne comptait pas, qu'elle ne comptait plus, qu'il avait décidé de la quitter pour l'épouser elle et lui donner cette vie de complétude après laquelle elle avait couru toutes ces années. « Il suffit que tu dises ça à la bonne personne, et je serais anéanti. Ou condamné à perpétuité, si tu préfères. Mais on sait tous les deux que la prison, ce n’est pas pour moi. » Ils se rapprochèrent à nouveau l'un de l'autre. Elle avait levé le visage vers le sien, et posa l'une de ses mains sur son torse. Elle pouvait sentir son cœur battre sous ses doigts, sensation dévorante à laquelle elle avait envie de s'abandonner toute entière. « Tu vois, tu n'as pas besoin d’une arme pour me tuer Delia. Tu avais simplement besoin d'un mot. Et je te le donne sans hésitation. » Elle n'avait plus besoin d'être convaincue. Elle ne l'avait pas pardonnée, mais il était temps d'aller de l'avant. Elle ne pouvait plus continuer à vivre de rancoeur et de mensonges. Elle ne pouvait plus se mentir à elle-même. Son cœur et son corps l'avait attendu lui, Roy Kapur, pendant plus de dix ans. Ces retrouvailles avaient été sa seule motivation, sa seule raison de se lever le matin pour continuer à sourire et à croire en quelque chose de plus beau, quelque chose qui la réveillerait enfin de cette torpeur sans nom dans laquelle elle était plongée depuis trop de temps. Peu importait ce qu'il essayait de lui dire à présent. Elle ne voyait que Roy, ce lui qu'elle aimait, celui à qui elle s'était donnée entière et à qui elle se donnerait autant qu'il le souhaitait, celui qui faisait la pluie et le beau temps dans son âme et son palpitant. Son regard quitta celui du grand brun pour se perdre sur son cou et sa chemise. Ses mains glissèrent dans son dos alors qu'elle se mordait les lèvres presque jusqu'au sang. « Il y a que d'une manière que j'ai envie de te tuer... » lâcha-t-elle en attrapant sa ceinture pour rapprocher brusquement leurs bassins et en défaire la boucle d'un geste hâtif, relevant ses prunelles bleutées emplies de mutinerie, de malice, de désir. « Voilà ce que je suis devenu. Ne crois pas ce que tu vois, car je n'ai rien et la seule chose que j’aurais dû garder… Je l'ai abandonnée. » Elle posa l'une de ses mains sur sa joue et mêla leurs souffles quelques instants pour le faire taire et le faire languir un peu plus. « Arrête de parler. Je suis là. Retrouve-moi », souffla-t-elle dans un murmure qui titillait les sens, jetant d'un mouvement de tête la mèche rousse qui ne cessait de se tenir entre eux deux. Pressée, impatiente, sa main agile se glissa sous ses vêtements, sous cette taille qu'elle avait libérée de la prise de la ceinture de cuir quelques instants plus tôt, et ses doigts retrouvèrent ce contact qui n'appartenaient qu'à eux. Collée à lui dans le secret de leur bulle embrasée par cette passion qui ne les avait jamais quittés, elle ne le quittait plus du regard. Elle avait penché la tête sur le coup, cherchant dans le regard du brun cet éclat duquel elle s'était nourrie des années durant. Il serait dans son esprit pour toujours. Tout ce qu'il avait crée en elle vivrait là, dans sa cage thoracique, aussi longtemps que son cœur battrait. « Retrouve-moi. »

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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Jeu 5 Jan - 20:11



where words fail, music speaks
cordelia hoogendijk — roy kapur



Dans la vie, il y a des tournant majeurs. Des instants qui bouleversent tout et transforme les choses. Des minutes qui s’éternisent et qui, au final, détruisent. Roy avait vécu ça, une fois. Une seule fois. Ce qu’il pensait avoir acquis s’était envolé pour laisser place à un vide majeur. Il n’y avait plus rien de vrai, tout était à reconfirmer. A l’époque, tout ce qui lui avait semblait nécessaire, c’était de s’alimenter sur sa soif de vengeance. Rien d’autre n’avait de l’importance. Rien ne pouvait compter outre ce besoin d’une vie pour une autre. Rien, au point où il avait abandonné beaucoup pour arriver à son objectif. Il avait abandonné la boxe. Il avait abandonné la liberté. Il avait abandonné son humanité et il avait surtout abandonné Cordelia. Roy n’avait pas fait disparaitre la jeune femme de la vie d’une façon simple. Roy l’avait détruit. Sans se retourner, sans y penser à deux fois. Peu importe ce qu’elle lui avait apporté. Peu importe toute ces choses qu’il n’avait ressenti qu’à ses côtés. Il l’avait laissé. Aussi facile qu’un homme pouvait abandonner toute raison Il n’avait jamais regretté ce qu’il avait fait. Il n’y avait même pas repensé. Concentré sur sa double vie, Roy s’était égaré. Il s’était trompé, il avait commis des erreurs, mais il ne se croyait pas capable de regretter ce qu’il avait fait à Cordelia pour la simple et bonne raison qu’elle n’aurait jamais pu l’aider à accomplir ce qu’il voulait faire. Delia était une force de la nature, une bête féroce qui n’avait peur de rien. Elle était aussi puissante que lui. Une flamme incapable de s’éteindre. Mais elle n’était pas capable du mal que lui avait engendré. Elle n’était sans doute pas assez forte pour tuer sans la moindre hésitation, pour ôter la vie d’inconnus qui n’avait rien demander. Pourtant, aujourd’hui, il voyait autre chose. Roy aperçoit une Delia qui désirait la souffrance des autres, qui désirait sa souffrance à lui en particulier. Il ressentait la vengeance, ce parfum qui ne l’avait jamais quitté. Son grand amour voulait se venger de la peine qu’il lui avait causée. Elle était prête à entrer dans un cercle vicieux, un cercle qui allait l’empêcher d’avancer et qui lui retirerais toute sa beauté, de la même façon que lui avait plongé la tête la première dans sa colère et son désir de sang. C’était presque attirant. Presque tentateur. Une partie de Roy se demandait ce qui arriverait si Delia allait plus loin. Si elle succombait. Si elle se vengeait de la manière dont il l’avait trainé. Oh oui, il aimerait voir ça. Il aimerait voir si elle en est capable. Si un jour, elle allait appuyer sur la détente et le finir.

En attendant, ils étaient là. Ils étaient épuisés d’eux-mêmes, comme si en quelques minutes, ils avaient subi les dix ans de silence. Loin de la musique, des personnes ce soir, ils s’étaient retrouvés enfermé dans un monde parallèle. Un monde où aucune limite n’était possible. Un monde où la robe de Delia finirait peut-être par s’embraser. Roy avait perdu son moment au paradis. Roy avait perdu ces seuls espoirs de récupérer temporairement son humanité, humanité que seul Bianca semblait lui apporter. Il avait envie de quitter le couloir, de se faufiler dans les coulisses et d’observer Bianca de loin. De la regarder, parfaitement à sa place. Parfaite en tout point, embarqué dans un univers musical qui réussissait des miracles. En attendant, Delia le défi. Elle veut voir ce qu’il est, elle l’aura. Il s’empare de ses lèvres, sans gêne. Il lui montre, dans sa passion, dans sa façon de faire glisser ses doigts, de tenir son corps, qu’il n’a pas peur de l’anneau à son doigt. Que rien ne l’effraie vraiment. Aucune règle n’existait dans le but de rester des règles. Pour lui, tout était contournable. Tout pouvait changer. Il savait mieux que quiconque que rien n’était constant. Alors il se détache, il observe, il admet. Il était quelqu’un de peu fréquentable. C’était parfaitement et simplement résumé. Evidemment, il s’attendait à ce que Delia ne comprenne pas. Elle l’avait connu en tant qu’hériter un poil rebelle qui préférait les quartiers pauvres au quartier fortuné de sa famille. Elle l’avait connu en être têtu, égoïste, à la recherche de vérité et de sensation forte. Il était déjà si fier à l’époque.

Il n’avait jamais dit la vérité. Il ne l’avait jamais avoué à qui que ce soit. C’était trop dangereux et Roy était trop fin stratège pour se faire avoir. Mais il était aussi faible face à Delia. Et fatigué de sa vie. Fatigué de ce monde double qui le divise constamment. Peut-être qu’un jour, quelqu’un l’arrêtera. C’est ce qui risque d’arriver. Il en a conscience. Il a eu ce qu’il voulait, il pouvait arrêter, il refusait. Il n’avait aucun désir pour une vie normale, ni aucun désir pour garder le cartel. Il attendait. Tant qu’il était en vie, il continuerait. La seule façon de tout arrêter, c’est de mourir. Et il le sait. Comme il sait que retrouver Delia était un instant inespéré. Un de ces moments dans la vie auquel il ne croit pas. C’est ce qui lui donne également l’impression que tout ça, ce n’est pas vrai. Que demain, il se souviendra de cette soirée comme d’un rêve. Comme d’une chose improbable qui n’a jamais eu lieu. Alors il se laisse faire. Il laisse Delia se coller à lui, il se laisse fondre dans son regard, continuant pourtant de parler, ses mots devenant plus lent que jamais. Finalement, il laisse tomber. Il oublie même de respirer, tant cela n’a pas d’importance. Son oxygène, c’est cette flamme brulante, cette passion dévorante.

Il n’attend donc plus, il se laisse brûler. Il pousse le corps de Delia jusqu’au mur le plus proche, dévorant alors son cou, pendant que les battements de son cœur s’accélèrent furieusement. Il n’est pas patient Roy. Il ne l’a jamais été. Il a presque envie de lui arracher sa robe, tant Delia était belle sans artifice. Cela ne l’empêche de faire glisser l’une de ses mains le plus proche de ses cuisses. Il est prêt à succomber sans la moindre hésitation, tant cette sensation lui avait manqué. Ses soupirs se rapprochent, il tient Cordelia fermement, s’appuyant contre les briques derrières elle. Bientôt, ils vont vraiment son retrouver. Bientôt, ils vont redevenir une seule et même entité. Dix ans sans pouvoir la toucher, sans pouvoir partager ses respirations. Dix ans, à espérer un jour, retrouver la chaleur de son corps, le son rapide de son cœur. Dix ans, à se retenir. A tourner autour d’elle dans le silence le plus profond, à ne jamais s’approcher. Il n’hésite pas, Roy. A aucun instant. Il sait parfaitement de quelle manière lui faire plaisir, de quelle manière se faire plaisir. Il accélère, il est un peu brut, il se fiche pas mal de la douleur qui se mélange au plaisir, il est capable de faire durer ça éternellement. Il n’y a rien qui compte à ce moment précis, vraiment plus rien. La musique disparait totalement alors que ses souffles s’enchainent au creux du cou de Delia. Il n’y a pas plus cruel que cette vérité qu’il encaissait. Il avait abandonné Delia pour la vengeance, mais jamais il n’avait cru possible qu’il était possible de la retrouver après. Jamais il ne l’avait envisagé. Et ça, c’était son plus gros regret.

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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Ven 6 Jan - 4:50



❝ Where words fail, music speaks. ❞
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La libération. Elle était soudaine, souveraine, peut-être violente mais sans aucun doute salvatrice. Elle avait rêvé tant de fois à ces retrouvailles qu'elle n'était plus sûre, à présent, de différencier le fantasme de la réalité. Retrouver Roy dans les couloirs de la salle de concert où Bianca jouait à cet instant précis semblait relever de l'irréel. Elle n'avait jamais imaginé que leurs retrouvailles puissent se teinter d'une telle ironie mais, à dire vrai, elle s'en moquait complètement. Elle se moquait de tout ce qui les entourait. Il n'y avait plus qu'eux, leurs cris d'abord, puis leurs doutes, leurs confidences, leurs supplications et tout ce qui les enfermait dans cette bulle à part qui n'appartenait qu'à eux. La haine qu'elle éprouvait pour lui semblait subitement s'être transformée en son pire opposé. Elle était assujettie à un mélange d'émotions qui la submergeait et la faisait totalement perdre pied. Elle se moquait de ce qu'il pouvait lui raconter; de toute façon, elle n'en comprenait pas un traître mot. Il se mettait à nu devant elle. Enfin, il se mettait à nu devant elle. Enfin il admettait ses faiblesses et ses remords, peu importe ce qu'ils aient pu être. Enfin il avait enfoncé cette porte de laquelle elle s'était efforcée de se tenir éloignée pendant tant d'années. Enfin elle pouvait vomir cette rancoeur qu'elle éprouvait face à lui, mais aussi et surtout tout ce qui l'avait consumée pendant leur relation et après leur séparation. Leurs lèvres s'étaient trouvées avec une facilité soudaine et presque déconcertante. Leurs peaux semblaient aimantées. La chaleur de la main que Roy avait posée sur sa hanche traversait le tissu de sa robe et la faisait brûler. Elle n'avait plus envie de débattre, elle n'avait plus envie de crier, de révéler des secrets, d'admettre des faiblesses ou d'accepter des excuses. Elle n'avait plus envie que d'une chose : lui. Comme si la flamme qu'il avait éteinte dix ans auparavant venait de se réveiller brusquement, furieuse, dangereuse, exaltée, impétueuse. Elle pouvait sentir son sang bouillir dans ses veines. Ses doigts brûlaient sur la peau de Roy; le regard qu'elle avait posé sur lui le dévorait. Elle se mordait la lèvre presque malgré elle. Le regard foncé de son amant d'autrefois brillait comme avant. Elle le connaissait encore par cœur, elle savait ce qui le faisait vibrer, ce qui le faisait sortir de ses gonds. Elle sentait son souffle saccadé contre son visage; elle voyait cette lueur libidineuse s'emparer du regard du brun, et elle savait parfaitement ce dont elle était synonyme. Ses doigts se complaisaient à leur tâche. Elle le possédait. Et Roy n'était pas homme à se laisser posséder.

Il la poussa contre le mur dans un geste vif. Leurs corps n'avaient pas eu le temps de se séparer, et Cordelia avait bien compris ses intentions. Il répondait à son invitation. Elle avait su s'y prendre. Il n'avait pas changé. Sa femme était-elle seulement capable de lui offrir le même contentement ? Dans un réflexe tentateur, elle remonta sa cuisse contre la jambe de Roy. Il profita de l'occasion pour laisser sa main trouver le chemin sous sa jupe longue, qui n'eut d'autre choix que de se laisser remonter le long de sa peau claire. Ce simple geste lui arracha un premier soupir de contentement. Leurs peaux se retrouvaient enfin. Elle commençait déjà perdre son souffle. Son cœur s'emballait sous son bustier qui semblait d'un coup devenu trop serré. Elle voulait qu'il la libère, mais elle se nourrissait de cette pression-là, de ces corps qui s'emballaient pour mieux se retrouver, comme si la perte de contrôle représentait le summum de l'assouvissement. Elle brûlait sous ses doigts, elle brûlait sous son souffle chaud, elle se consumait toute entière pour lui. Elle cherchait le contact de ses lèvres constamment. Ses doigts abandonnèrent leur terrain de chasse pour le libérer, pour se l'offrir.

Son talon tomba dans un bruit sourd sur le tapis du couloir. Elle sentait son souffle brûlant embraser la peau de son cou et de sa nuque. Leurs souffles se mélangeaient. Il se pressait contre elle et se pressait contre lui. Elle s'accrochait à ses épaules, à sa nuque, et puis à ses cheveux bouclés, dans lesquels l'une de ses mains se perdit avant de les saisir fermement. Il était brusque, presque violent; c'était sans doute là le prix à payer pour ces corps passés si loin l'un de l'autre et pendant si longtemps. Leur passion était encore plus vivante qu'autrefois. Elle avait été nourrie par la frustration de l'absence. Delia, elle, n'arrivait plus à masquer sa satisfaction. Il la connaissait par cœur, et elle s'embrasait sous ses doigts, sous ses caresses, sous ses mouvements. Ses soupirs se faisaient plus que saccadés; l'air lui manquait, mais elle s'en moquait totalement. Des gémissements rauques s'échappaient de ses lèvres sous les coups de reins de Roy. Ses cheveux retombaient devant son regard en un rideau flambant. Elle ne savait pas s'il pouvait lire dans ses prunelles claires tout le bien qu'il lui faisait, mais dans ses soupirs, cela ne faisait aucun doute. Ils se retrouvaient. Enfin, ils se retrouvaient. Contre un mur, dans le couloir d'une des salles de concerts les plus huppées de la ville et de l'Etat, mais ils se retrouvaient. A ce moment précis, elle se moquait totalement qu'ils puissent être surpris ou qu'ils insultent Bianca par le simple fait de s'envoyer en l'air alors qu'elle faisait jouer ses musiciens en espérant qu'ils l'écoutent. Elle n'entendait même plus la musique; seulement leurs souffles qui semblaient se synchroniser, et les battements effrénés de leurs cœurs qui se calquaient l'un sur l'autre. Elle aurait pu jurer sentir ceux de Roy sous ses doigts, à moins que ce ne soit le sien qui batte de cette force presque intimidante ? Elle se délectait de la respiration de Roy qui se perdait contre sa peau, des baisers qu'il y déposait encore et de chaque caresse qu'il lui donnait. Elle ne faisait pas attention au froid des briques contre lesquelles elle était plaquée; il la réchauffait entièrement. Ses soupirs, ses gémissements et ses baisers lui appartenaient, son corps était entièrement sien. Il possédait chaque centimètre carré de cette peau qui brûlait au contact de ses doigts; il était le maître de ce cœur qui s'affolait sous cette poitrine oppressée, de ces poumons qui cherchaient désespérément la moindre particule d'air. Elle était à lui toute entière, depuis le début et à jamais, ici, maintenant et n'importe où, n'importe quand. Son râle raisonna subitement dans le couloir alors qu'elle avait définitivement perdu son souffle. Son palpitant manqua un ou deux battements et elle laissa le visage de Roy trouver refuge au creux de son épaule. Elle pouvait sentir son halètement contre sa clavicule et glisser jusqu'à sa poitrine brûlante. Sa main remonta dans la nuque de son amant et ses doigts s'arrêtèrent dans ses cheveux alors qu'elle cherchait à calmer ses réflexes physiologiques. Elle n'avait pas besoin de partir jusqu'à Mars ou Pluton pour mettre son corps à rude épreuve. Roy avait ce pouvoir. Il pouvait la faire s'envoler plus loin encore que tous ces corps célestes, et il pouvait affoler sa carcasse sur cette planète qui les avait vus naître, se rencontrer, s'aimer, se séparer, se détester, et, à présent, se retrouver. « Et tu m'as même pas vue nue... » souffla-t-elle au creux de son oreille alors que les cheveux bouclés lui chatouillaient le nez. Elle laissa sa jambe glisser contre celle de Roy et son pied nu retrouver le contact du tapis molletonné. Son regard fut malgré elle attiré par la main qu'il avait posée sur son sein et l'anneau doré qui y brillait. Était-ce le début d'un nouveau rêve, d'un nouveau fantasme, d'une nouvelle illusion ? Était-ce seulement la réalité, était-ce seulement possible ? Était-ce un début ou une fin ? Allait-il retrouver sa femme quelques heures plus tard et prétendre qu'il était l'époux le plus heureux du pays ? Cet époux, c'était Delia qui l'avait satisfait. Car elle le savait, elle lui avait offert autant qu'il lui avait offert. Un aller simple vers ce monde qui avait pris la poussière durant trop d'années, mais qui venait subitement de retrouver de sa superbe. Elle était à lui, mais lui, était-il à elle ?

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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Dim 19 Fév - 13:50



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Ses lèvres contre les siennes, Roy oubliait. Il oubliait le monde vicieux dans lequel il vivait. Il oubliait le mal ressenti et le mal affligé. Il oubliait l’homme qu’il était aujourd’hui pour laisser place à celui d’autrefois. A celui qui avait un cœur et qui l’avait laissé dans la paume d’une rouquine enflammée. Il y avait un parfum d’illusion total face à la situation. Entre bonheur étrange et conflit permanent. Roy ne pensait plus revivre ce sentiment dévorant qui le liait à Cordelia et pourtant, il était là. Il avait les bras autours de cette femme qui avait représenté à un tout pour lui à l’époque. Il avait le pouvoir de toucher de nouveau ce corps qui, à ses yeux, lui appartiendrait toujours. Pourtant, Delia, il s’en était éloigné par vitalité. Il avait reculé pour mieux disparaitre de son champ de vision. Comme si rien n’avait changé, ce qui avait débuté par de la colère te de l’incertitude, s’était transformé en passion enivrante. Roy ne pouvait se contenir face à l’obsession que Delia représentait pour lui. Comme si les années n’avaient aucun impact face à tout ce qui se passait maintenant. Cette envie de l’éloigner, de la frapper parfois, disparaissait face à celle de la chérir. De la conserver pour lui et lui seul. Il n’avait plus à réfléchir bien longtemps pour comprendre à quel point Delia le rendait fou. Un seul regard de sa part. Un seul mot et c’était tout son corps qui réagissait. C’était tout son être qui entendait l’appel invisible de son âme. Comme si seule Delia avait ce pouvoir sur lui. Comme si seule cette femme pouvait le rendre, quelque part, aimant de nouveau. Parce que oui, Cordelia était un amour, un unique amour, que Roy n’avait jamais cessé d’éprouver. Ces tentatives pour l’ignorer avaient marché parce qu’elle n’était plus là, à ses côtés. Mais maintenant, tout s’effondrer de nouveau. Toutes ses barrières à mettre en place, pour rien. Elle le rendait faible, il détestait tout comme il acceptait. Il n’avait pas envie de se battre, il ne pouvait plus le faire. Il la voulait juste elle et uniquement elle. Comme si elle était cette opposé vers qui il ne cessé d’être attiré. Cette opposé qu’il ne pouvait pas – qu’il ne pouvait plus – éviter. Il était attiré par elle parce une force invisible qu’il ne contrôlait pas et qui, au fond, le consumait. Il y avait quelque chose de mauvais dans cette sensation, mais aussi quelque chose qu’il adorait. Quelque chose qui réveillait en lui un besoin qu’il souhaité exhaussé. Une vieille promesse venait de se briser, mais cela n’avait plus d’importance. Roy ne réfléchissait plus, il agissait.

C’était comme si Roy savait parfaitement quoi faire. Comment faire. Chaque geste semblait maitrisé, chaque baiser semblait s’envoler au bon moment. Il se laissait faire tout comme il gérer parfaitement la situation. Il n’y avait rien de plus fort que ce désir qui brulaient, toujours un peu plus, pour elle. Pour Delia, cette beauté fatale dont il ne trouvait aucune comparaison possible. Son esprit c’était entièrement vidé de toute négativité pour ne laissait place qu’à la flamme. Cette flamme qui n’appartenait qu’à eux. Cette chose brûlante qui guidait chacun de ces doigts. Chacun de ces souffles. Chacun de ses baisers. Il ne se rend pas compte de la violence qui est la sienne. De cette brutalité. L’absence était la raison première de tout ce qui était en train de se produire. De cette bulle à eux, chaude et tentatrice qui avait enveloppé tout le couleur de ce bâtiment. Il n’y avait plus de concert. Il n’y avait plus de musique. Il y avait qu’eux. Deux âmes brisés, mais tellement complète ensemble. Deux âmes qui s’effritaient et qui faisaient des étincelles à chacune des rencontres.

Il n’y avait plus rien. Plus rien que Roy ne désirait à ce moment précis. Il savourait, pleinement, laissant ses propres gémissements se mêlaient à ceux de Delia. Comme deux instruments en parfaite harmonie. Peu importe la situation, peu importe le moment, c’est toujours la même chose. Et c’est un délice. Un délice de retrouver Delia, de se laisser aller avec elle. De lui faire plaisir, de l’entendre, de sentir son corps si chaud contre le sien. C’était un manque qui avait enfin trouvé une réponse. Le temps s’arrêtait, là où son cœur accélérait. Il n’y avait plus rien pour l’arrêter. Plus rien, si ce n’est la douleur. La douleur mêlait à un plaisir intensifié à chaque seconde. La douleur qui finirait par l’arrêter, malgré son envie d’éternité. Roy n’avait pas de limite, pas avec elle. Jamais avec elle. Son souffle encore effréné, il se laissa envouté jusqu’à la fin, la toute fin, la limite. Jusqu’à ce que sa tête se pose sur l’épaule de Delia, jusqu’à ce qu’il cesse de vivre tout simplement pour n’être qu’un être comme un autre. Il avait tout vécu avec elle, tout connu. Il se rendait compte à quel point se retrouver était une chose qu’il n’avait jamais imaginé. Une chose qui était en train de tout changer. Il reprenait peu à peu ses esprits. Il reprenait conscience de ce qui se passait, d’où ils étaient. Là, contre elle, il ne bougeait plus. Il sentait son cœur se calmait, mais pas ses désirs. La main de Delia glissa, tendrement, le faisant frissonner, alors qu’elle murmura à ses oreilles qu’il ne l’avait même pas vue toute nue. Cela le fit sourire. Un sourire bête, mais un vrai sourire. Un sourire qui le poussa à déposer sur ce coup un nouveau baiser. Il se laissa un dernier instant à sentir le parfum de cette peau qu’il connaissait temps, un dernier instant à profiter de ce monde à eux, avant de s’éloigner. De retrouver une tenue correcte et de passer sa main dans ses cheveux. Dans cette démarche, il écrase un morceau métallique au sol, lui rappelant la manière dont il avait détruit le téléphone de Cordelia.

« - Je t’en rachèterais un. » Dit-il en regardant l’objet, par terre. Il a encore du mal à retrouver son calme, après ce qui viens de se passer, mais il essaye de retrouver un rythme cardiaque cohérent. Il réajuste sa veste, essaye de retrouver une apparence correcte. « - Tu veux sortir d’ici ? » Dit-il, glissant son regard sur Délia. Il se fichait de Bianca. Malgré ce qu’elle représentait pour lui. Malgré le fait qu’elle les avait invités ce soir. Il ne pouvait pas retourner là-bas. Il ne pouvait pas l’écouter, tout en restant calme face à Délia à ses côtés. Il n’y parviendrait pas. Et il ne pouvait pas gâcher ce que représentait la musique de Bianca. Tout comme il ne voulait pas encore sortir de la bulle dans laquelle il était avec Delia.


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MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Ven 24 Fév - 21:25



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Depuis une dizaine d'années, il n'y avait plus grand chose qui permettait à Cordelia de ressentir un réel bien-être. Il y avait ses cigarettes qu'elle fumait pas dizaines, qu'elle laissait enfumer son appartement jusqu'à ressentir le besoin d'aérer, et puis il y avait sa Spirit qui lui apportait, depuis quelques années, une satisfaction toute nouvelle. Elle n'avait jamais réellement ressenti ce sentiment d'accomplissement dont elle avait toujours rêvé, celui d'avoir fait avancer les choses dans le monde ne serait-ce qu'un peu. Ses rêves d'astrophysique étaient morts, emportant avec eux ces envies de réalisation qui l'avaient toujours fait brûler d'envie. Elle se contentait de ce qu'on voulait bien lui donner, et ce qu'on voulait bien lui donner n'était plus grand chose. Des petites victoires au mieux, un vide intersidéral dans ses moments les plus désespérés. Ce stand de tir qu'elle s'était offert avec ses maigres économies et un emprunt qui la menaçait à chaque instant n'avait jamais su la satisfaire. Il n'y avait qu'une chose, au cours de sa misérable existence, qui avait pu atteindre ce but. Il n'y avait qu'une personne qui avait été capable d'éveiller en elle ce sentiment insatiable de plénitude. Il n'y avait que deux mains et un sourire qui avaient su la faire rejoindre les étoiles, la faire brûler toute entière au point de donner à son être ton entier une raison de fouler le sol de cette Terre impartiale.

Elle embrassait fiévreusement les lèvres qui étaient capables de ce sourire. Ces mains qui lui avaient fait tant de bien autrefois faisaient à nouveau frissonner sa peau, presque comme si jamais elles ne s'en étaient vraiment séparées. Elle se délectait du souffle saccadé de celui qui la faisait se sentir si différente. Elle se délectait de ce que faisaient ses doigts et ses coups de bassins avides et voraces. La musique avaient disparu et la présence de tous ceux qui étaient séparés d'eux par un mur seulement était oubliée, reléguée à un univers bien loin de celui auxquels ils appartenaient tous les deux à ce moment précis. Les gestes étaient brusques, presque douloureux, mais elle n'y répondait qu'avec plus de vivacité encore comme si sa survie dépendait de toute l'énergie qu'il pourrait mettre dans ces retrouvailles, dans cet échange qui s'inscrivaient dans la lignée de tous ceux qu'ils avaient pu avoir auparavant. Il y avait quelque chose d'autre, aussi, quelque chose de presque palpable qui rendait l'instant plus passionnel encore que ce qu'ils avaient pu connaître ensemble par le passé, c'était la fièvre des retrouvailles. Chaque coup de rein raisonnait comme une envie de laisser le passé derrière eux et de rattraper ces dix années qu'ils avaient passées l'un sans l'autre. Deux corps qui se retrouvaient après tant de temps ne pouvaient pas rester impassibles à ce qui avait pu les éloigner. La chaleur qui émanait de chaque parcelle de la peau du brun ne faisait que lui réitérer ce désir commun qu'ils avaient de se retrouver pour de bon pour ne plus jamais se quitter. Ce n'était peut-être que quelque élucubration du moment; à dire vrai, sur l'instant, Cordelia s'en moquait royalement. Elle aurait probablement hurlé de satisfaction si garder secrets ses assouvissements n'avait pas toujours fait partie de la personne qu'elle était. Elle aurait arrêté de respirer si son cerveau n'avait pas hurlé, alarmé, de continuer à le faire. Elle redécouvrait sa peau comme un cadeau inattendu et un besoin qu'elle n'avait jamais cessé d'éprouver. Il savait tout; il savait comment la faire vibrer, comme faire manquer un ou deux battements à son pauvre qui essayait tant bien que mal de continuer son travail. Il lui semblait qu'elle n'était réellement complète que lorsqu'il était à l'intérieur d'elle comme à cet instant, lui offrant tout ce qu'elle avait toujours pu désirer : sa présence et son désir. Elle n'était subitement plus très sûre de vouloir le voir mourir ou courber l'échine : ils étaient complets, tous les deux, et elle était complète. Elle avait plaqué sa main contre son dos, plantant la plante de ses doigts dans ses muscles pour lui offrir son dernier gémissement, le visage perdu dans sa nuque, leurs corps plaqués l'un à l'autre comme s'ils ne cherchaient qu'à se rejoindre encore plus, presque à fusionner. Ils restèrent ainsi quelques instants, immobiles, cherchant désespérément leur souffle après cette épopée folle qu'ils venaient de vivre ensemble. Elle passa délicatement ses doigts dans ses cheveux bouclés alors qu'elle pouvait sentir son souffle contre sa clavicule et s'immiscer jusque sous son bustier, qui était devenu trop étroit. Elle devina son sourire sans avoir besoin de le regarder. Lui contre elle, c'était tout ce dont elle avait besoin. Lui qui, la tête sur son épaule, pouvait sans doute encore sentir tout ce que son corps lui avait offert, battements effrénés d'un cœur qui peinait à se calmer, respiration désespérée, sueur qui avait parlé sur sa peau claire. Elle sourit silencieusement au baiser délicat qu'il posa sur ce cou humidifié par leur amour et il leur fallut quelques longs instants pour finalement se décider à se délier l'un de l'autre.

Silencieusement, ils réajustèrent chacun leur tenue pour reprendre ces apparences qui les avaient tant piégés. Cordelia fit glisser son sous-vêtement dans le sens inverse et réajusta le bustier qui avait un peu glissé, se ressaisissant de son talon qui était tombé un peu plus tôt. Elle passa la main dans sa tignasse rousse qui était devenue hors de contrôle, lui donnant soit un air de sorcière soit un air de femme qui venait d'être comblée dans les couloirs d'une des salles de concert les plus prestigieuses de Californie. Elle lissait la jupe de sa robe, qui avait drôlement été froissée, lorsqu'il écrasa ce qui restait de son téléphone, dont elle avait complètement oublié et l'existence et la mort récente. Avec cette superbe qu'elle avait retrouvée une fois sa tenue réajustée, Cordelia s'accroupit près du cadavre métallique pour récupérer sa précieuse carte sim. « J'y compte bien. C'était le dernier Iphone », mentit-elle effrontément, peut-être par défi, avant de se relever, la petite carte entre les doigts. « Tu veux me voir nue, c'est ça ? » demanda-t-elle avec un sourire mutin et un sourcil arqué et, sans attendre sa réponse, lui tourna le dos en passant une dernière fois la main dans sa chevelure pour tenter de la lisser et ouvrit la porte du box qui donnait sur la salle de concert.

La musique vrombissait à l'intérieur comme si elle n'avait aucune conscience de ce qui venait de passer à quelques pas de là à peine. Elle retourna à sa place, glissa la carte sim dans sa pochette et récupéra ses affaires sans un mot. Elle attendit que son compagnon face de même avant de l'attendre dans le couloir, juste à côté de la porte. « Tu crois que Bianca va savoir qu'on a séché son concert ? » demanda-t-elle simplement en enfilant sa veste. Elle l'attrapa ensuite par la main, piétina une nouvelle fois les restes de son téléphone, et ils longèrent le couloir qui lui sembla interminable jusqu'à ce qu'enfin, ils atteignent les escaliers majestueux des lieux qui les menaient à la sortie. Elle s'arrêta à l'extérieur, en bas des marches qui guidaient jusqu'au haut édifice où Bianca devait continuer de tout donner. « Tu voulais marcher tranquillement dans LA ou t'avais d'autres projets ? » Elle s'éloigna un peu des lieux en y faisant face, Roy devant elle, ses talons claquant sur le macadam de la rue déserte. La silhouette de l'homme se détachait, sombre, sur les lumières excessives qui habillaient l'extérieur de la salle. Son regard en glissa finalement de part et d'autre. « Parce que j'avais bien une ou deux idées en tête... » mais pas d'hôtel à portée de vue. « Autant en profiter avant que tu retournes à ta vie, ta merveilleuse femme et votre enfant, non ? C'était ton idée ? »

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That familiar heart
It's just a silhouette, a flick in the blinds. It's just a mind trick, I don't know why but it reminds me of someone that I used to know. All that I can't forget is every night right beside me. I open my eyes and it reminds me I should have never let you go.



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Roy Kapur
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› EMMENAGEMENT LE : 19/09/2015
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› STATUT CIVIL : MARIÉ - MAIS PAS FIDÈLE ;
› QUARTIER : PALM AVENUE ;
› PROFESSION/ETUDE : PDG CHEZ KAPUR'S JEWELRY INDUSTRY ; CHEF DU CARTEL MEXICAIN CASA.
› HB AWARDS : (2016) PERSONNAGE LE PLUS AGACANT ; PERSONNAGE LE PLUS MECHANT ; PERSONNAGE LE PLUS CONNARD ;
› DOUBLE COMPTE : CF : ELOW ;
› CELEBRITE : OSCAR ISAAC ;
› COPYRIGHT : ELOW' ;


MessageSujet: Re: (NC-18) {{ Where words fail, music speaks {Roy ♥}   Mar 16 Mai - 12:38



where words fail, music speaks
cordelia hoogendijk — roy kapur



Il n’y avait pour lui de connexion aussi puissante que celle qu’il ressentait face à Cordelia. Ces dix dernières années, il les avait passé à jongler entre deux mondes sans jamais s’y attardé. Il s’était retrouvé à être un électron libre qui ne pouvait pas s’arrêter. Qui continuait constamment de courir, d’avancer, de sombrer. Roy avait choisi de vivre ainsi, mais cela ne voulait pas dire qu’il n’en ressentait pas le manque. C’était une sensation qui le dévorait, mais il restait silencieux face à la douleur. Il encaissait, comme un vieux match de boxe qui le défigurait chaque jour un peu plus. Il était méconnaissable maintenant. Il était plus celui qu’il était autrefois… mais devant Délia… devant cette connexion, c’était différent. Comme si elle avait trouvé un porte caché, un échappatoire qui le ramenait en arrière. Qui ramenait l’homme qu’il avait été autrefois. Peu importe ce qu’il avait accompli jusqu’ici, peu importe le nom qu’il s’était fait dans ces deux mondes impitoyables, il était toujours Roy. Ce boxeur rebelle qui était tombé instantanément sous le charme d’une rouquine téméraire. Par le passé, elle n’avait jamais cessé de le surprendre, de l’étonner. Elle n’avait jamais cessé de donner de l’imprévisible à ces journées. Et elle était retour. Il le sentait. Parce que ce vide dans lequel il se trouvait constamment, venait de disparaitre. Ses mots, ses lèvres, ses mains… tout semblaient remplir sans souci le néant dans lequel il s’était perdu. Et Roy ne pouvait pas y résister. Comme si le cœur qu’il avait perdu, lui était de nouveau offert. Toutes ses émotions qu’il avaient cherché à négliger, les voilà de retour, plus fortes que jamais. Peut-être bien qu’il y avait de la douleur là-dedans. De la peine. Des souffrances. Mais surtout de l’amour. De la passion, aussi déchirante que passionné. Et il se laissa portée par tout ça, pas ces désirs cachés qui refaisaient surface. Dix ans n’avaient pas été nécessaire pour effacer ce qu’elle était capable de lui faire. Il était tout à elle, comme elle était tout à lui.

Rien ne semblait être capable de l’arrêter, le monde semblait s’être évanoui face à eux. Ils étaient là, imperturbable dans leurs baisers, dans leurs caresses. Ils se connaissaient par cœur, tout en se découvrant de nouveau. Ils étaient identiques, mais différent. Le plaisir de ce moment semblait se satisfaire dans ce paradoxe puissant. Ces retrouvailles étaient à leur image. D’une force sans nom. Elle était, elle a toujours été, ce dont il avait besoin. Dans ce monde, dans le prochain, dans chaque existence, elle était ce qu’il voulait retrouver. Si Roy ne croyait pas au destin, il croyait cependant au fait que Cordelia était son âme-sœur, cette moitié qui bouleversé tout. Il la chérissait aussi bien qu’il en était effrayé. Parce qu’elle avait une emprise sur lui qu’il ne pouvait défaire. Parce qu’elle était cette partie de lui, cette faible et si forte partie de lui. L’un contre l’autre, ils étaient cette perfection. Deux êtres complet, entier. Tout était aller si vite que Roy en était presque déboussolé. La tête sur ses épaules, il reprenait son souffle, cherchant à calmer son cœur dont les battements étaient bien trop élevés. Et puis le temps reprend calmement le dessus et son sourire sincère l’étonne. C’est bien elle, la seule, à réussir à ouvrir son cœur complétement.

Alors qu’il retrouve une apparence correcte, il écrase les résultats de sa colère. Il sait bien que le contrôle, ce n’est pas forcément le plus simple pour lui. Maintenant, comme autrefois, quand Roy s’emporte, c’est difficile de l’arrêter. Alors qu’il referma sa veste, il observa Delia se pencher pour ramasser ce qui semblait être sa carte sim.

« - Ce n’est pas le dernier Iphone. » Dit-il avec un sérieux très simple et un peu amusé. Il en profita d’ailleurs pour sortir son téléphone à lui et regarder l’heure. Il rangea l’objet aussitôt, priant pour ne pas être dérangé, pour ne pas être appelé pour autre chose. Cordelia, elle, ouvrit la porte qui donnait vers leur box et la salle de concert. Petit à petit, la musique fit son grand-retour et le cœur de Roy se senti triste. Triste de pas l’écouter sincèrement. Triste de ne pas être vraiment là. Combien de temps avaient-ils raté ? Il n’avait plus vraiment de notion de temps et l’heure qui s’était rapidement affiché sur son écran ne l’avait pas aidé.
Il hausse les épaules face à la question de Cordelia. « - Il se peut qu’elle n’en sache rien. » Il enfile sa veste à son tour, avant de sentir la main de Delia. Il n’avait plus envie de réfléchir, il n’avait plus envie de penser. Il se laissa porté par elle, par cette sensation qui lui avait tant manqué. Après un long moment, ils étaient enfin proche de la sortie. Enfin proche de partir d’ici. Il se rapprocha de Delia et lui murmura « - Je voulais simplement rester avec toi. » Il aimait cette ville, ces souvenirs qu’il avait de Delia et lui, ici. Il connaissait encore certains endroits par cœur, d’autres s’étaient trop rapidement transformé avec le temps et ne ressemblait plus à rien.

« - Arrête avec ton sarcasme. C’est une vie d’apparence, pas une vraie vie. » Il s’éloigne un peu, observant Delia sous les lumières de la ville. Ils marchent, sans vraiment savoir où ils vont, mais ce n’est rien. C’est même mieux. C’est tellement eux. Il tend sa main, puis se rapproche de nouveau d’elle. Il aime tellement sentir sa présence, la sentir prêt de lui. Pendant un instant, il a la sensation qu’il est encore jeune, que c’est encore les débuts entre eux. Qu’ils sont de retour d’un diner improvisé et qu’ils marchent paisiblement dans la rue. Qu’il va rentrer chez elle, disparaitre sous ses draps jusqu’au matin. Dans le silence, il colle son corps au sien, tout en avançant calmement. Il n’a pas besoin de dire quoi que ce soit. C’est simple. Si ce n’était pas une vraie vie, cela signifiait que sans elle, il ne vivait pas.

HJ : Je pense qu'on peut clore !


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