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 {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}

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Ally N. Fleming
super lama en quête de secrets


› MESSAGES : 4297
› EMMENAGEMENT LE : 17/07/2013
› AGE : 31
› STATUT CIVIL : Célibataire au cœur brisé, sorcière aux dents aiguisées. Dans une liaison réconfortante et passionnée avec les sushis. Entretient une relation à distance avec sa meilleure amie Jagger Dickens.
› QUARTIER : Pacific Lane
› PROFESSION/ETUDE : Médecin légiste fraichement diplomée, exerce à l'hôpital Saint John.
› CELEBRITE : Emma Stone
› COPYRIGHT : endlessly epic


MessageSujet: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Ven 1 Juil - 1:06



Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


Ally n'avait jamais dépendu de quelqu'un d'autre, encore moins d'un homme. Elle les savait menteurs et manipulateurs, perfides, et pourtant, elle n'avait pu s'empêcher de s'enticher de l'un d'entre eux. Elle n'avait qu'elle-même à blâmer pour cette erreur-là, mais elle n'en devenait pas moins douloureuse pour autant. Elle s'était faite berner du début à la fin. Leur amour avait été vrai, elle voulait encore croire à ça. Mais ce réconfort était tout ce qui lui restait. Son histoire avec Benjamin avait été la plus belle qu'elle avait vécue, la plus intense et la plus longue, la seule histoire qu'encore maintenant, elle pouvait qualifier de réelle. Mais à cette histoire, il avait manqué un ingrédient essentiel : la sincérité. Entre eux s'étaient immiscés les mensonges, réminiscences d'un passé dans lequel Cohen s'était probablement laissé embarquer sans même s'en rendre compte. Car non, malgré tout toute la rancœur qu'elle éprouvait, Ally n'arrivait pas à croire qu'il puisse être cet être abject que dépeignait la lettre qu'elle avait reçue six mois auparavant. Pourtant, apprendre l'inverse était devenu sa hantise, et elle avait choisi la porte de secours. Elle n'était plus allée voir Cohen depuis des mois, se refusant à la confrontation. Peut-être était-il cet horrible homme décrit par le corbeau, mais, perdue par l'amour qu'elle lui portait encore, Ally préférait le doute à la pire des certitudes. Eux deux, c'était fini. Ça avait duré le temps que ça avait duré, ça avait été beau et intense, ça avait été des sushis à la pelle et des longues soirées à Orange County, dans la maison familiale de Benjamin, sur leur plage privée, à hurler des insanités aux étoiles et à partager des bains de minuits spontanés. Mais ça avait aussi été six mois de questions sans réponses pour Ally, de mots qui lui étaient restés gravés dans l'esprit après la lecture des lettres du corbeau. Elle s'était imaginé le pire et avait osé le meilleur, et lorsque Cohen lui avait été arraché à l'aube de la nouvelle année, elle avait voulu croire à une erreur, à une peine irrationnelle et exagérée. Lorsqu'elle lui avait rendu visite, intimidée au milieu de ce parloir immense dans lequel elle était loin de se sentir à sa place, il lui avait assuré que tout irait bien, et, elle l'avait compris plus tard, avait inventé mensonge sur mensonge. Il avait pourtant suffi d'une autre lettre du corbeau pour tout lui révéler...

Cela faisait six mois qu'il était enfermé, et Ally s'était efforcée de reprendre un train de vie normal. Pourtant, plus que jamais, elle ressentait l'absence de Jagger et de Donovan et de Graham. Hendrix était le seul qui arrivait à lui changer les idées, et elle s'était plongée dans son travail comme au lendemain de la mort d'Emma. Elle faisait des doubles shifts à la morgue et avait pris sous son aile de nouveaux internes et externes du service. Il lui arrivait parfois de regretter qu'Huntington ne soit pas une ville plus cruelle avec ses habitants, et lorsque les patients lui manquaient, elle se perdait dans les souvenirs et les photos de Cohen ou de Jagger. Elle apprenait à cicatriser d'elle-même. Elle combattait le mal par le mal, se disait-elle, et elle apprenait peu à peu, à l'aide de ces photos, à se sevrer de ce sourire qu'elle aimait tant. Elle n'osait pas se demander ce qui se tramait pour lui, en ce moment. Était-il encore en prison ? Avait-il été reconnu coupable des crimes dont l'avait accusé le corbeau ? Avait-il compris pourquoi elle n'était plus retournée le voir après cette première et unique visite ? Lui manquait-elle ?

Quinze heures, un samedi du mois de juin. Ally avait enchaîné deux services et, lorsqu'elle claqua la porte de sa voiture devant chez elle, elle s'étonna d'avoir réussi à conduire jusqu'ici sans se prendre un palmier ou une vieillarde. Le soleil tapait sur Pacific Lane, et les jeunes commençaient à rentrer chez eux après leur journée de middle et high school. Elle regarda patiemment un bus jaune déposer quelques adolescents et repartir continuer sa tournée des retours. Lorsqu'elle posa le regard sur sa résidence, de l'autre côté de la rue, elle se paralysa. Elle n'avait pas une vue bionique, mais cette silhouette, même des mois plus tard, elle pouvait la reconnaître entre des milliers. Devant la porte de son appartement l'attendait son ex. Sa main se contracta sur ses clés de voiture et elle avala sa salive avec difficultés. Ainsi, il était sorti de prison. Un mélange de peine, d'excitation et de colère s'empara d'elle alors qu'elle restait immobile aux côtés de la vieille carlingue qui lui servait de voiture. Il ne l'avait pas oubliée, voilà tout ce à quoi elle pouvait penser. Deux options se présentaient à elle : remonter dans sa voiture et prendre la fuite, ou défier Cohen, juste le temps d'arriver à rentrer chez elle. Elle inspira une grande bouffée d'air frais avant de traverser la rue. Son sac frappait ses cuisses nues; il faisait bon, ici. Le moment aurait presque pu avoir quelque chose de féerique, si elle avait été capable d'oublier les raisons qui l'avaient poussée à laisser Cohen croupir en prison sans lui offrir de visites conjugales. Tout était fini entre elle était Ben, et tout était fini entre elle et Ben Jr. « Qu'est-ce que tu fous là ? T'as reçu des pubs pour moi à ton appart', ou quoi ? » Glaciale, Ally avait monté les quelques marches de bois qui menaient à son appartement. Sur le perron, le soleil tapait presque aussi fort que dans la rue. Elle se demanda depuis combien de temps il pouvait attendre ici, et surtout, ce qu'il pouvait attendre. « T'es pas attendu ailleurs ? Genre chez les Corleone, les Spaghetti, ou je sais pas quelle famille de mafieux d'ici ? » Sans le regarder, elle plongea la main dans son sac pour récupérer les clés de son appartement et passa devant lui pour rentrer chez elle. Elle n'était pas prête à lui donner le bénéfice du doute... parce que s'il lui avait que tout était vrai, elle ne pourrait plus vivre dans ce monde fantaisiste où elle s'imaginait encore se tromper à son sujet.


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THE SHORE
I walked all day along the shore, I was made for loving you. I wonder what I am made for if I'm not meant to be with you. I spend my days without you now and the sky doesn't look that blue. My life is full of wine and gold, but it's not worth it without you. Just like my bed, my heart is cold. Now you know I've always loved you.

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Benjamin L. Cohen
BAD COP


› MESSAGES : 619
› EMMENAGEMENT LE : 08/06/2013
› AGE : 34
› STATUT CIVIL : DIVORCÉ, DE RETOUR DANS LE LIT DE SES DAMES APRES AVOIR BRISER LE COEUR D'ALLY (ET LE SIEN).
› QUARTIER : UN APPARTEMENT DE LUXE SUR PRESIDENTE DRIVE. OUI, AU 69.
› PROFESSION/ETUDE : PDG DU GROUPE HÔTELIER INTERNATIONAL "COHEN DELUXE", ANCIEN FLIC DANS LA BRIGADE DES MŒURS ;
› HB AWARDS : (2015) MEILLEUR TRIANGLE AMOUREUX AVEC ALLY ET NAYA ; SEX SYMBOL JUNIOR ; MEILLEUR SECRET DEVOILE ;
› DOUBLE COMPTE : CF : ELOW ;
› CELEBRITE : RYAN GOSLING ;
› COPYRIGHT : ELOW ;

MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Jeu 7 Juil - 15:21



Babe, there's something tragic about you
ally n. fleming — benjamin l. cohen



Il s'était réveillé, la main tendue vers le plafond. Il faisait encore nuit et tout ce que Benjamin entendait était le son impitoyable de son cœur battant trop rapidement pour être contrôlé. Son rythme diminuait petit à petit, mais la sueur sur son front lui rappelait qu'il était dans une position de faiblesse. Doucement, il ramena son bras à lui, essayant de penser autre chose qu'à une petite tête blonde. Il se souvenait parfaitement de ce dont il avait rêvé. C'était plus un souvenir qu'autre chose, malgré son parfum de cauchemar. C'était le soir de son arrestation. Le soir du nouvel an. Le soir où il avait compris que la vie qu'il avait menée jusqu'ici aller changer. La prison ne lui avait pas fait peur, il savait que la sortie n'était pas une chose impossible pour lui, mais il avait eu peur de la perdre elle et quelque part, c'était arrivé. Rapidement, elle avait disparu de sa vie, cessant de lui rendre visite. Il avait toujours su que ce moment arrivé. Qu'elle finirait par partir, mais il pensait savoir quand et pourquoi. Il pensait maîtriser ce moment-là, le jour venu. Finalement, ce ne fut pas le cas. Il était resté impuissant face à son absence, impuissant face à la terrible colère qui sommeillait en lui. Plus les semaines passaient, plus Benjamin se sentait ignorer toutes ses petites choses qu'Ally avait aimées en lui. Après tout, elle n'était plus là. Il n'avait pas besoin d'essayer de tendre la main à qui que ce soit pour elle. Beaucoup auraient pu croire que la prison le calmerait. Que Devon allait sans doute le tuer dans un coin pour la trahison du passé, mais Benjamin n'était pas qu'un simple héritier fragile qui n'avait pas connu la vie. Il savait user de ses mots, comme de ses poings, comme de son argent… Même derrière les barreaux, il restait un Cohen. Il restait riche, il restait puissant. Malgré la maladie, son père avait rapidement enclenché les procédures pour sa sortie, n'hésitant pas à faire le nécessaire pour que Benjamin finisse par sortir laver de tous soupçons. Il n'avait pas le choix, il n'avait qu'un fils. Qu'un seul héritier. Et il ne manqua pas de le dire à chacune de ses visites. Il ne manqua pas à faire savoir à Benjamin qu'il était qu'une déception constante. Qu'un fardeau dont il devrait s'occuper toute sa vie.

Déchu des forces de police, Benjamin n'avait donc aucun emploi et aurait pu retrouver rapidement sa vie d'héritier si son père n'était pas mort quelques jours après sa sortie. Le fils qui ne serait jamais à la hauteur avait désormais le pouvoir du grand-maître. Beaucoup avaient contesté le fait de voir Benjamin prendre la place de son père, beaucoup. Mais finalement, trop peu avaient cherché à reprendre le contrôle d'une entreprise que le seul héritier possédait dans sa quasi-totalité. Son rôle, il le prenait très aux sérieux. Malgré certaines lacunes, il connaissait le milieu. Il connaissait les partenaires de son père, il avait une liste impressionnante de contact et surtout, il refusait de faire la moindre erreur. Il était têtu, tout le monde le savait et sa mère en particulier. Têtue au point de réellement s'investir dans une tâche qu'il avait jusqu'ici toujours refusée. Il apprenait tout en exécutant et il n'était pas mauvais. Il avait à ses côtés des gens qui savaient parfaitement ce qui fallait faire et d'autres qui n'oseraient jamais lui marcher dessus. Plus que jamais, il se retrouvait dans une position de force. Et le plus drôle, c'était que personne ne pouvait lui refuser son retour dans cette haute société trop hypocrite. Peut-être même que la prison jouait en sa faveur, ajoutant une petite dose de peur à ceux qui voudraient le contredire.

Malgré le plaisir immense que constituait son nouveau travail, malgré le temps que cela lui prenait, il n'arrivait pas à oublier Ally. Dans beaucoup de choses, il entendait son rire. En prison, il avait souffert cruellement de distraction quant à son absence. Elle avait hanté nombreuses heures. Mais à sa sortie, il avait plongé dans un autre univers, lui permettant de s'éloigner de ce vide. Elle lui manquait, terriblement, affreusement. Il avait aimé, sincèrement, ce petit bout de femme trop parfaite à ses yeux. Il avait chéri chacun de leur moment, condamné aujourd'hui à tout revivre seul. Si sa fierté l'avait empêché de courir à sa porte dès sa sortie, il n'avait pas résisté lorsqu'il avait croisé Harper et qu'elle lui avait apporté des muffins. C'était comme un appel invisible qui avait résonné dans son cœur. Un appel qui avait bousculé chacune de ses pensées jusqu'à enfin se calmer lorsqu'il se retrouva en face de sa porte. Il se sentit bête face au silence de l'endroit. Elle était sans doute dehors, devait-il l'attendre ? À force de réfléchir, il se perdit à contempler cette même porte, trop occupée et anxieux à l'idée de confronter Ally. Il perdait son temps, il le savait, mais il avait aussi ce besoin de voir ce visage qu'il ne pouvait pas oublier. Quand Evelynn l'avait quitté, il s'était retrouvé face à un mur auquel il s'était brisé chaque jour un peu plus. Ally était là. Elle était toujours dans la même ville, dans la même maison, avec le même travail. Il pouvait avoir ce qu'il n'avait pas eu par le passé. Un adieu, peut-être, ou la vérité aussi. La voix d'Ally le força à se retourner, en silence. Si par le passé, il aurait rapidement répondu, il était beaucoup trop fasciné par la jeune femme et savourait le fait de la revoir enfin. Ses sentiments furent alors décuplés, le forçant à perdre tout sérieux. Mais ce qu'il avait en face de lui débordait de colère, de rancune. Et si Ben voulait sourire, il se contenta de se souvenir du vide en lui. Du vide du nom d'Ally.

« - Tu m'as oublié ? » Il posa sa main sur la porte. Un moyen comme un autre d'être un rempart entre elle et sa demeure. « - C'est ça, n'est-ce pas ? Tu m'as oublié, Ally. Et ça m'a fait mal. Alors ne part pas tout de suite. » Il se rapprocha, plongeant son regard dans le sien. Il n'allait pas la lâcher. Il n'allait pas la laisser disparaitre de nouveau sans en savoir plus. Sans comprendre ce qui amenait les gens à faire ça : à tourner le dos aux autres sans prévenir. Il n'était pas là pour la conquérir de nouveau, une partie de lui savait que ça n'arriverait pas. Il était là parce que ses sentiments l'empêchaient de passer à autres choses. Parce qu'il l'aimait et qu'aujourd'hui, cet amour ne lui procurait rien de bon.

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Ally N. Fleming
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Sam 23 Juil - 3:19



Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


L'arrestation de Benjamin avait été un calvaire pour Ally. Déchirée entre l'incompréhension et le chagrin, partagée entre la peur et les questions, elle avait eu du mal à accepter qu'on lui arrache son amoureux sans en connaître les raisons. Les suppositions, elle en avait des dizaines, des plus ridicules aux plus terribles. Ces allégations n'avaient fait qu'empirer sa détresse, et lorsqu'elle lui avait rendu visite, il lui avait tout expliqué. Tout était simple, tout n'était qu'incompréhension, tout n'était qu'erreur. Il allait ressortir de là en deux temps trois mouvements. Pourtant, elle n'avait pas réussi à se sortir de la tête ces lettres mystérieuses qu'elle avait trouvées dans sa voiture. Elle s'était rendu, seule et à plusieurs reprises, dans le havre de paix, dans le comté d'Orange. Cette villa, d'un coup, lui était apparue bien plus triste que lorsque toutes ces fois où elle avait foulé le sol avec lui. Sa présence raisonnait à chaque endroit, de la petite plage paradisiaque où ils s'étaient baignés comme deux enfants insouciants à cette cuisine où il lui avait offert multitude de sushis, du salon où s'étaient affalés plusieurs fois pour regarder Netflix aux draps dans lesquels ils avaient partagés les moments les plus intimes. Cohen était partout, et si elle avait su dès le départ qu'aller là-bas n'allait faire qu'accentuer sa détresse, elle n'avait pu s'empêcher d'espérer autre chose de ces visites. De l'espoir, peut-être. Pourtant, il y avait toujours ces anciennes réminiscences, ces souvenirs de la première fois qu'il lui avait fait visiter les lieux. Il lui avait offert son cœur et sa vie avec les clés de cet endroit, mais il lui avait aussi offert les doutes. Ces lettres n'avaient jamais réellement quitté son esprit. Le Corbeau, elle y avait déjà eu à faire, et elle savait de quoi il était capable. Après tout, il avait bousillé sa soutenance de thèse, lui laissant un goût âcre et amer de l'événement. Il était capable de connaître le pire de Cohen, tout ce qu'il ne lui avait pas dit, tout ce qu'il s'était évertué à lui cacher pendant un an et demi, tout ce qu'il lui avait promis les séparerait un jour ou l'autre.

Une lettre de plus. Une lettre fatale, terrifiante, une lettre qui avait tout terminé. Le Corbeau avait frappé son coup ultime.

Ally était restée tétanisée de longues minutes en la recevant. Puisqu'elle avait déjà une expérience avec ce volatile, elle savait qu'il ne mentait. Elle savait qu'il ne faisait que ressortir les facettes les plus oubliées de chacune de ses victimes. Elle savait, donc, par déduction, que tout ce qu'elle avait pu lire était vrai. Benjamin était un profiteur, un flic pourri, et surtout, Benjamin était un meurtrier. Ses pires suppositions s'étaient réalisées. Il n'était pas l'homme qu'elle connaissait. Elle s'était offerte en entier à une personne dont elle ne savait rien. Il jouait avec elle comme il avait du jouer avec toutes ses victimes. Peut-être que la prison était tout ce qui la gardait en sécurité, à présent. C'était tout ce qu'il méritait, pourrir derrière les barreaux. Il lui avait fallu plusieurs jours, des semaines même, pour passer à autre chose, pour accepter l'évident. Elle ne lui avait rien dit; il était assez intelligent pour comprendre que la vérité avait fini par éclater à ses yeux aussi. Le Corbeau l'avait fait enfermer, il n'avait aucun scrupule à faire connaître la vérité à l'une des personnes desquelles il se déclarait officiellement le plus proche. Alors, comme le monstre de déni qu'elle était, elle prétendait que tout allait bien malgré tout, malgré Ben, malgré ce qu'elle avait appris, malgré sa solitude, malgré son chagrin. Si la justice faisait bien son travail, il ne reviendrait jamais ici. Et si la justice faisait mal son travail, elle ne voulait jamais le revoir ici. Elle s'était trompé sur lui du tout au tout. Elle était aussi stupide qu'il était monstrueux. Mais des erreurs, Ally en faisait par dizaines. Des toutes petites, et des gigantesques. Alors, comme si c'était le seul moyen de les contrebalancer, elle s'était dédiée toute entière. Elle ne comptait plus ses heures; elle formait les externes, les internes, elle acceptait les heures supplémentaires à tout va et ne sortait que pour noyer son chagrin, seule comme elle avait du s'habituer à l'être. A Jagger, elle n'avait rien dit. La jeune maman avait d'autres chats à fouetter que de s'occuper de ses dramas tourmentés. De Cohen, elle ne pouvait plus jamais entendre parler. La ville et son appartement grouillaient de souvenirs à ses côtés, mais elle s'efforçait de les ignorer. Elle s'épuisait au travail pour arriver à trouver le sommeil, physiquement éreintée. Elle gardait le sourire par principe, sans doute, pour se forcer à croire que tout irait bien. Elle n'avait pris qu'une semaine de vacances pour revoir ses parents, et les retrouvailles avaient été aussi magiques que tristes. Ensemble, ils avaient enfin fait le deuil d'Emma. A nouveau, ils étaient une famille, mais à nouveau, Ally était entrée dans un processus de deuil pour lequel elle n'avait jamais été préparée. Des fois, il fallait mieux apprendre à faire avec. Et c'était ce qu'elle s'évertuait à faire, tenace, secrète, décidée à ne rien laisser transparaître à son entourage, aussi décimé soit-il par les départs. Jagger, Donovan et Graham ne connaîtraient probablement jamais ces histoires, et si eux ne les connaissaient pas, personne, probablement, ne les saurait jamais.

Alors, quand la silhouette de l'objet de ses tourments s'était dessinée sur le perron de la porte, dans la lumière rougeâtre du soleil couchant, Ally s'était pétrifiée. Il était censé appartenir au passé, Ben. Il était censé n'être qu'un mauvais souvenir, une menace à laquelle elle ne devait plus penser. Que faisait-il ici, d'ailleurs ? Était-il possible de sortir brièvement de prison pour rendre visite à des êtres chers ? Était-ce ce qu'elle était, un être cher ? L'avait-elle jamais été ? Portait-il un de ces bracelets ignobles qui surveillait ses moindres mouvements ? Était-il ici pour la menacer ? Lui expliquer ? La tuer ? Par courtoisie ? Une chose était sûre : elle ne comptait pas camper dans sa voiture; elle devait rentrer chez elle. Et, après avoir inspiré tout l'air que ses petits poumons pouvaient contenir, elle s'était décidée. Un pas après l'autre, elle avait traversé la rue et monté les marches qui menaient à son appartement. Les rayons solaires lui donnaient chaud, ou peut-être était-ce la simple idée de parler avec Cohen. Il avait détruit son cœur. Plus que jamais, elle savait que ces choses-là, ces drôles de sentiments qu'il avait réussi à faire naître en elle, n'étaient pas faites pour elle. Il l'avait bousillée. Elle était cassée, Ally. Et elle sentait le regard de son seul amour se poser sur elle, Ally cassée, Ally en miettes. Alors, comme elle le faisait si bien, elle l'ignora totalement. Quelques mots amers, voilà tout ce qu'elle pouvait lui offrir. Il n'aurait pas de sourire, il n'aurait pas de mots réconfortants, il n'aurait pas de café. « Tu m'as oublié ? » demanda-t-il après un instant de silence, posant la main sur sa porte pour l'empêcher de rentrer. « Bonjour, qui êtes-vous ? » lança-t-elle avait tout ce cynisme dont elle était capable. Elle aussi, elle pouvait jouer à ce jeu-là, et pour la toute première fois avec lui, ce n'était pas pour rire. S'il le souhaitait vraiment, il allait goûter à son sarcasme et à son venin. « C'est ça, n'est-ce pas ? Tu m'as oublié, Ally. Et ça m'a fait mal. Alors ne pars pas tout de suite. » Il lui fallut quelques instants pour réaliser qu'elle ne lui avait jamais expliqué pourquoi elle avait subitement arrêté de lui rendre visite. « Oui, je t'ai oublié. Mais tu sais quoi ? Le Corbeau, lui, il t'a pas oublié. Moi, je t'avais tout dit. Toi, rien. Alors je préfère t'oublier. » Elle attrapa son bras avec fermeté pour glisser devant sa porte et rentrer la clé dans sa serrure. « Je sais pas par quel miracle t'as été relâché, t'as peut-être couché avec un gardien ou tué l'un d'eux, mais par respect pour moi -si t'en as jamais eu-, et parce que j'ai déjà fait le premier, je te demanderai de pas me faire subir le second. » Elle tourna la clé dans la serrure et se rendit compte, horripilée, qu'elle avait choisi la mauvaise.


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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Dim 31 Juil - 15:43



Babe, there's something tragic about you
ally n. fleming — benjamin l. cohen



Il avait Ally sous les yeux, enfin. Après tous ses mois sans la voire, il semblait avoir trouvé un certain réconfort à croiser son regard. Pourtant, Benjamin n'était pas stupide. Il sentait bien que cette soirée allait être longue, pénible, qu'il allait sans doute se briser un peu plus. Il aurait dû garder ses distances, mais il ne pouvait rien faire face à la faiblesse évidente qu'Ally représentait pour lui. Les choses auraient pu se passer autrement. Il aurait pu connaitre une autre vie, une autre histoire, mais finalement, c'était elle que son cœur avait choisi. Il avait toujours sur que leur histoire finirait par s'arrêter, comme une montre qui s'arrête du jour au lendemain. Il l'avait toujours dit, toujours murmurait, à l'image d'une malédiction qu'il s'imposait. Il vivait désormais cette absence avec beaucoup de mal. Mais il ne pouvait rien faire. Cela ne l'avait pas empêché de venir. De se tenir devant cette porte, alors que le soleil semblait prédire le sang et la mort. Il avait besoin de savoir, il avait besoin de confronter celle pour qui son cœur battait, parce qu'elle était là. Juste là. Si proche et si loin à la fois. Plus jamais il ne vivrait ce mur de glace. Plus jamais il ne saignerait dans l'ignorance des raisons d'une disparition qu'il ne comprenait pas. Qu'il ne saisissait pas. Son père n'était pas là pour payer Ally. Pour lui dire de partir sans se retourner. Pour lui dire de choisir ses rêves plutôt que l'être aimé. Et même s'il avait osé faire ça. S'il avait osé tendre à sa petite blonde quelques milliers, elle ne l'aurait jamais accepté. Elle n'aurait pas choisi la facilité. Mais quelque chose s'était produit. Quelque chose qui l'avait empêché de revenir voir Benjamin. Il s'était retrouvé abandonné, seul dans une prison qui n'avait rien de charmant. Il s'était retrouvé tourmenté par cette absence, tourmenté par son propre cœur qui imaginait le pire. Et si elle était morte ? Et si elle avait eu un accident ? La prison ne représentait aucun danger à ses yeux et pendant plusieurs mois il n'avait rien connu de désastreux. Il avait fait lui-même la loi grâce à son rôle dans la société, mais surtout son nom. Hais ou non, il était resté intouchable. Mais l'extérieur n'était pas à la portée de sa main et pendant un moment il avait imaginé ne plus pouvoir sortir. Il aurait pu rester là des années, si son père n'avait pas agi. Quelques mois avaient suffi à faire tourner en rond son esprit, alors des années auraient sans doute eu raison de lui.

À sa sortie, il avait compris : Ally allait bien. Elle vivait dans ce même monde qui était le sien et parcourait la même vie que jadis à une seule exception : il ne faisait plus partie de celle-ci. Il aurait pu aller la voir directement dès sa sortie, mais il ne l'avait pas fait. Il l'avait observé, cependant. Quelques coups d'œil de loin, comme si cette rose était trop fragile pour être touché. Le passé semblait soudain si peu réel. Comme une illusion auquelle il s'accrochait bêtement. Un mensonge qu'il ne pouvait pas être un mensonge. Ce qu'il avait vécu avec Ally était réelle. C'était vrai. Chaque minute à ses côtés, chaque sourire, chaque baiser. Il avait choisi de plonger tête la première dans une histoire qui risquait de le tuer et il le voyait bien aujourd'hui. Ally allait finir par lui arracher le cœur, sans bouger. Rien qu'avec la force de son regard, qu'avec la force de ses mots. Il n'était pas là pour la convaincre de quoi que ce soit. Il n'était pas là pour retrouver ce passé auquel il tenait tant. Il ne cherchait pas son amour, il ne cherchait pas ses baisers. Ses désirs n'avaient aucune importance face au néant que constituait son esprit. Elle ne l'aimait sans doute plus. Il le sentait. Après tout, il était si simple de l'oublier, lui. Il l'avait toujours su, depuis son plus jeune âge. L'amour n'était que temporaire quand cela le touchait. Ses parents ne l'avaient pas assez aimé pour avoir foi en lui. Son père n'avait vu qu'une déception continuelle qui ne serait jamais à la hauteur et sa mère qu'un fardeau qui ne l'aidait pas à conquérir la société. Et cela avait continué avec le temps. Ceux qui avaient croisé sa route, étaient tous incapables de l'aimer à l'infini. De l'aimer réellement et il l'acceptait. Il le comprenait. Après tout, lui-même, était incapable de s'aimer.

Qui êtes-vous ? La théorie de l'amnésie était sans doute une de ses favorites, mais aussi celle qu'il a écartée dès sa sortie. Elle savait exactement qui il était, elle faisait juste semblant. Son cynisme se faisait sentir à des kilomètres et Benjamin poursuivit. Il n'allait pas la laisser partir, pas aussi vite. Pas aussi facilement. Lorsqu'elle reprit la parole, Benjamin se sentit plus confus que jamais. Le corbeau aurait-il donc parler à Ally ? La jeune femme profita de cet instant pour passer sous son bras et entrer les clefs. Benjamin fit volte-face pour l'écouter. « - Alors c'est ça… » Benjamin ricana, légèrement en même moment où il s'apercevait que la clef qu'elle venait d'entrer n'était la bonne. « - Une lettre, une pauvre petite lettre, et tu crois tout ce qui est dit à mon sujet. » Elle pouvait sans doute sentir, que là, dans son cœur, Benjamin se sentait trahi. « - Oh, Princesse… » Qu'elle ose croire qu'il était là pour la tuer, c'était sans doute le pire. Qu'elle le croit capable de lui faire du mal, c'était sans doute ce qui le brisait le plus. Jamais il n'oserait. Jamais il ne tenterait et pourtant, c'était bien ce qu'elle insinuait. Comme si c'était possible. « - Je suis là parce que j'ai le cœur brisé. Et même ça, ce n'est pas une raison suffisante pour te faire du mal. » Attrapant la poignée de la porte, Benjamin marquait bien le fait qu'il n'allait pas la laisser entrer. Qu'il allait rester là aussi longtemps qu'il le faudrait. « - De savoir aujourd'hui que tu as si facilement cru en un autre plutôt qu'en moi… ça me fait encore plus mal. »

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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Dim 7 Aoû - 0:39



Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


Ne pas penser à lui avait été difficile. Ça avait été un calvaire de chaque instant, même, et demandé toutes sortes de concessions à la jeune trentenaire. Plus que jamais, Ally se tuait au travail, avait arrêté de compter ses heures. Elle ne restait plus réellement chez elle pour autre chose que ses besoins vitaux. Elle ne dormait que lorsqu'elle était épuisée, et restait dehors autant que possible. Elle écumait les bars comme elle le faisait des années auparavant, lorsqu'elle avait eu besoin d'oublier Boston et Emma. C'était de cette façon qu'elle avait rencontré celle qui était devenu sa meilleure amie, d'ailleurs, et il lui arrivait régulièrement de se prendre toutes ces années en plein visage. Elle n'avait rien reconstruit, ici. Tout n'avait été qu'un mirage. Jagger, elle, avait retrouvé l'homme de sa vie et lui avait fait un enfant. Ils étaient heureux, loin d'ici, loin d'elle et de cette illusion que représentait la Californie. Ce soleil accablant n'était là que pour masquer la réalité qui se tramait ici, de la même façon que partout ailleurs. Mais cette fois-ci, elle ne fuirait pas. Elle aimait son travail, et son travail était tout ce qui lui restait. Et puis, même après le départ de Jagger, Donovan et Graham, elle avait Hendrix, et ce n'était pas rien. Elle n'était pas tout à fait toute seule et, rien que pour cette raison, elle ne fuirait pas. Peut-être avait-elle gagné en maturité, mais elle n'en était pas spécialement convaincue pour autant. Elle se savait fragile, et elle savait que pour elle, le déni était toujours la meilleure façon de masquer ce qui n'allait pas. Le travail lui servait d'excuse, en quelques sortes, mais d'une belle excuse, une excuse qui lui prenait tout son temps, une excuse dans laquelle elle s'impliquait corps et âme.

Pourtant, elle en était consciente, cette situation n'était pas faite pour durer éternellement. La vérité finissait toujours par éclater au grand jour. C'était le Corbeau qui le lui avait fait comprendre la dernière fois. Cette fois-ci, elle ne savait pas ce qui pourrait la sortir de cette torpeur trompeuse. Ce n'est qu'en reconnaissant Cohen au lieu qu'elle réalisa que les choses étaient loin d'être aussi simples qu'elle aurait aimé qu'elles soient. Il était sorti de prison. Quand ? Pourquoi ? Elle savait. Elle savait tout, et pourtant, il était là, devant chez elle, visiblement loin d'être inquiété pour les crimes qu'il avait commis. En le rencontrant, elle s'efforça de fuir son regard tant que possible. Elle ne voulait plus le voir. Elle ne voulait plus de lui dans sa vie. Elle s'était dévoilée à lui entièrement, lui avait offert ses pires secrets et son cœur tout entier. Il avait tout détruit par ses mensonges, il avait tout détruit parce qu'il n'avait jamais été celui qu'il avait prétendu être à ses côtés. Jamais elle ne l'avait connu comme il la connaissait elle, et c'était pour elle le pire signe de trahison. Elle aurait pourtant été prête à en encaisser des choses, au nom de l'amour. Mais la barrière avait été franchie lorsqu'elle avait reçue cette lettre du Corbeau. Aurait-elle préféré continuer à baigner dans tous ces mensonges qui lui avait racontés ? Des fois, elle se posait la question. Des fois, elle se disait qu'elle aurait pu continuer à vivre de visites au parloir ou de visites conjugales. Cet homme-là, elle l'aimait comme elle n'avait jamais aimé personne et, même si la justice les séparait, elle aurait su que ce n'était qu'une erreur. Elle aurait supporté les visites en prison et leur solennité, tout ce monde grave dans lequel il s'était retrouvé aspiré malgré lui. Maintenant, avec tout ce qu'elle savait, c'était trop tard. Elle n'avait pas pu retourner le voir ne serait-ce qu'une seconde fois pour lui expliquer et tout terminer. Elle aurait du, réalisait-elle maintenant, mais elle n'avait pas pu. Ce soir-là serait la dernière fois qu'elle le verrait, elle le savait. Elle le souhaitait de tout son être. Pourtant, à le voir là, se tenir sous ses yeux, elle aurait pu prétendre que rien ne s'était passé. Il était le même... mais tout avait changé. « Alors c'est ça… » lâcha-t-il avant de ricaner d'un rire qui lui inspirait rien de bon. Elle n'avait pas utilisé la bonne clé, putain. Ses mains tremblaient sous la panique. Elle ne voulait plus le voir, elle voulait se cacher, elle voulait que tout s'arrête maintenant. Elle n'était pas prête à l'affronter lui, et elle n'était pas prête à affronter la réalité. « Une lettre, une pauvre petite lettre, et tu crois tout ce qui est dit à mon sujet. » Paniquée, collée à sa porte, elle cherchait désespérément la bonne clé dans son trousseau truffé de porte-clés. « C'est la même personne qui m'a renvoyé mon passé en pleine face, et il n'a pas menti une seule fois. Le Corbeau a raison. » Elle ne le regardait toujours pas, les yeux dardés sur son trousseau qui dansait entre ses doigts dans un bruit métallique. « Oh, Princesse… » Non. Il n'avait pas le droit. Il n'avait plus le droit de l'appeler comme ça, mais elle n'avait pas le courage de le lui dire. Putain, la bonne clé, vite. Vite vite vite. Elle la glissa dans la serrure. « Je suis là parce que j'ai le cœur brisé. Et même ça, ce n'est pas une raison suffisante pour te faire du mal. » Enfin, elle leva son regard bleuté vers lui. Les sourcils froncés par le soleil orangé qui pointait tous ses derniers rayons sur eux, elle lui jeta un regard haineux. Il avait attrapé la poignée de la porte. Peut-être qu'elle n'aurait pas le choix, peut-être qu'elle devrait lui faire face ce soir. « Je suis désolée, je sais pas ce que tu considères être une raison suffisante pour tuer quelqu'un » lâcha-t-elle froidement. « De savoir aujourd'hui que tu as si facilement cru en un autre plutôt qu'en moi… ça me fait encore plus mal. » Ally fit une petite moue attristée, cynique. « Oh, je suis désolée... Mais que tu penses que quelqu'un a pu me raconter autre chose que ta vérité à toi prouve qu'il y a bien quelque chose d'autre. Et j'en ai marre que tu me mentes. Tu vas quand même pas me promettre en me regardant droit dans les yeux que rien de ce que j'ai lu est vrai, j'espère ? Tu m'as pensé assez stupide par deux fois, ça me suffit. J'ai été conne assez longtemps, ça finit maintenant. » De rage, elle arracha le bras de Cohen à la poignée de la porte en l'attrapant par la manche, et fit tourner la malheureuse clé dans sa serrure. « Moi je t'ai tout dit, toi rien. T'es un menteur et un criminel. Un meurtrier ! Je suis pas là pour jouer le rôle secondaire de la fille naïve qui aime trop son mec pour se battre pour ses convictions. Je suis pas une potiche. » La porte s'ouvrit sur son appartement sombre. « C'est vraiment un comble que tu me parles de trahison comme ça. T'inverses les rôles comme si j'étais assez conne pour être bernée. Mais, grande nouvelle : Ally a un peu de jugeote ! » Elle s'engouffra à l'intérieur et ferma la porte pour faire glisser la sécurité et entrouvrir à nouveau. Prostrée derrière la porte, elle ne laissa qu'un œil apparaître. « Tu m'as menti tout du long. Tu pensais que ça allait pouvoir durer combien de temps ? Qu'on allait tous les deux rejoindre la tombe sans que rien n'émerge ? C'est vraiment pas moi qui suis naïve. » Et déjà, elle s'apprêtait à refermer la porte une bonne fois pour toutes. Il continuait à lui mentir, et elle ne voulait plus être baignée dans ses mensonges. Tant pis pour tout le mal qui en découlait, tant pis pour son cœur émietté et toutes les promesses d'avenir jetées aux quatre vents. Tant pis si elle n'aimait plus jamais comme elle l'aimait lui. Elle n'était pas assez solide pour vivre dans ce monde-là, même pour lui.


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Benjamin L. Cohen
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Mer 17 Aoû - 20:33



Babe, there's something tragic about you
ally n. fleming — benjamin l. cohen



Il y avait quelque chose dans le sang de Benjamin. Quelque chose qui était en train de changer. Quelque chose qui était en train de le tuer, petit à petit. La prison ne l’avait pas changé, mais elle lui avait laissé le temps. Les mois nécessaires pour remettre de l’ordre là où n’il n’y en avait pas. Il ne s’était jamais considéré comme quelqu’un de bien, vraiment. Il n’écoutait que lui et ne voulais plus laisser qui que ce soit guider ses gestes et ses actions. Son père en avait fait les frais. Benjamin avait été impossible. Il aimait quand les choses tournaient autour de lui. Il aimait arriver à ses fins, peu importe comment. Et par-dessus tout, Benjamin aimait le danger. Il aimait prouver que les autres avaient tort et lui, qu’il avait raison. Toute ses années à contredire son père, l’avait poussé à aller plus loin. A faire ce qu’il ne faut pas. En digne héritier, il ne manquait pas d’argent et pourtant, il n’avait eu aucun scrupule à s’en faire encore plus avec des combines en tout genre. Impossible de laisser Andrew Cohen croire que son fils était un incapable. Impossible de le laisser croire que Benjamin ne pouvait pas se débrouiller seul. Et le policier n’avait eu peur de rien. A aucun moment il n’avait senti ce que les autres auraient pu ressentir : le regret. La peur. Encore une fois, ce que Benjamin voulait, il le prenait. Sans le moindre scrupule. Il savait aussi que tout ça, c’était parce que son cœur avait été détruit. Aussi cliché que cela puisse paraitre, c’était la réalité. Au moment où il n’avait personne si ce n’était-elle, elle l’avait abandonné. Du jour au lendemain. Juste après un merveilleux mariage. A ce moment-là, la guerre était lancée entre Benjamin et son père, mais pas seulement. Benjamin était donc ainsi. Vide à l’intérieur et capable du pire. Il ne le criait pas partout, mais tout cela pouvait se sentir. Lorsqu’il débarquait quelque part, lorsqu’il regardait les autres. Il y avait un aura imposant, un parfum de supériorité qui pouvait se sentir à des kilomètres. Benjamin avait fini par en jouer. Il avait fini par s’amuser de sa propre personne, par jouer avec les autres. Après tout, quoi qu’il se passe, il s’en sortait toujours. Il y avait une armée d’avocat, une armée tout court, prête à bondir au moindre petit problème. Alors les journaux n’avaient pas parler de son incarcération. La société le savait, mais la presse n’avait rien dit. Le procès en cours, la recherche de preuves, tout ça c’était produit dans une discrétion ultime.

Benjamin était désormais seul. Son père absent, il se retrouvait à sa place. En haut de la hiérarchie. Lui qui avait refusait de faire ce que son père faisait, était aujourd’hui dans l’obligation de reprendre ce rôle détesté. Mais les préoccupations de Benjamin était autres et pendant des mois, il ne pensait qu’à une personne. Ce qu’il avait vécu avec Ally était réelle. Personne ne pouvait le contredire là-dessus. Il savait que c’était dangereux, mais elle l’avait convaincu. Elle l’aimait aussi et elle était loin d’être son ex-femme. Pourtant, cette situation enragé Benjamin. Parce qu’Ally avait exactement fait ce que son ex-femme avait fait : elle était partie. Comme s’il n’existait pas. Comme s’il n’avait plus aucune importance. Ce sentiment était horrible. Il savait qu’un jour, cela finirait par arriver. Qu’un jour elle découvrirait son vrai visage et le haïrais, mais il ne pensait pas que ça se produirait de cette façon. Pas alors qu’il est en prison, face à un mur. Face au silence. Il savait que cela ferait mal, mais il avait cru que ça ne serait pas si douloureux. Il se sentait rejeté, oublié. Et cela anéantissait le peu d’humanité qui restait en lui. Tout ce qu’il avait fait, c’était essayé de l’éloigner de ce monde dans lequel il vivait. Parce qu’il préférait le monde d’Ally. Il préférait l’homme qu’il était à ses côtés. Il avait pris goût à ses propres mensonges, car ils étaient tellement mieux que la réalité. Elle n’allait pourtant jamais le pardonner et ça, il le savait. Il le comprenait. Il avait perdu son cœur autrement, qu’Ally avait réussi à reconstruire petit à petit. Il pouvait donc subir ce vide une seconde fois, en espérant que les choses ne s’aggraveraient pas. Il allait pire encore, plus froid encore, plus égoïste encore. Retour à la case départ, donc. Retour à cette homme qui n’avait rien et qui ne pouvait rien avoir.

Maintenant qu’il était devant chez Ally, en face d’Ally, il se sentait plus confus et nerveux que jamais. C’était une mauvaise idée et pourtant, il avait réellement besoin de savoir. Il avait réellement mal. « - Tu aurais pu venir me parler ! Ne suis-je donc rien pour toi ?! » Il perdit tout son sang-froid, en une seconde. En une petite seconde. Le son de sa voix avait augmenté à un niveau supérieur et Benjamin se sentait si en colère et trahis. Il chercha tout de même à reprendre son calme en respirant un peu plus, mais c’était difficile. Elle lui avait vraiment brisé le cœur. Vraiment. Il avait plus mal encore qu’à l’époque. Ally faisait partie de sa vie. Elle était devenue une partie de lui-même. Une si belle chose… Mais jamais il n’oserait lui faire du mal. Jamais. Lorsqu’elle leva ses yeux vers lui, un frison parcouru tout son cœur. Il voyait désormais, bien trop de colère et de tristesse. Bien trop de haine. Son ton froid, sa façon de parler, prouve bien qu’elle sait désormais l’homme qui se cache derrière le masque. Celui qui n’hésite pas.

C’est fini. Il le savait, mais il le réalise vraiment que maintenant. Le voilà, le moment ultime qui annonce la fin. Le moment où il n’y a plus d’amour dans ses yeux. Benjamin se mord la lèvre tout en écoutant Ally. Ses yeux semblent changer de couleur alors qu’il fixe la jeune femme en ne perdant rien de ses sentiments. Il l’observe, l’insulter des mots justes, ouvrir sa porte. Il se sent impuissant tant il a mal. Elle entre, ferme la porte et quelque chose se brise en Benjamin. « - Je te l’avais dit… » murmure-t-il, mais elle ne l’entend surement pas, trop concentré sur la serrure de sécurité qu’elle met en place alors qu’elle réouvre légèrement la porte. « - Oui, je t’ai menti ! Ok ?! Je t’ai menti sur qui je suis vraiment et ça, en fait, je te l’ai déjà dit. Parce que quand je suis avec toi Ally, je suis quelqu’un d’autres. Parce que je t’aime Ally et que tu ne mérites pas celui que je suis réellement. Tu ne mérites pas l’horreur que je suis réellement ! » Il coince son pied, comme si cela lui servirait, au cas-où. « - Je ne suis pas quelqu’un de bien, putain ! Tu le savais ! Je t’ais prévenu qu’un jour, tu allais le comprendre. Qu’un jour tu finirais par me haïr parce que c’est tout ce qu’on peut faire à mon sujet. Me haïr. Mais j’aurais aimé te le dire. J’aurais aimé être celui qui arrête tout ça. Celui qui finit par dire la vérité. » Il sent une rage monter en lui, il le sent vraiment. « - Je suis ce que je suis. Traite-moi de ce que tu veux, ça ne changera pas. Tout comme ça ne change en rien le fait que j’étais sincère avec toi. Tout ce que je t’ai dit, tout ce que je souhaitais pour nous était vrai. Tu m’as donné l’envie d’être quelqu’un d’autres. Quelqu’un que tu pourrais vouloir. Quelqu’un que tu pourrais aimer… » Il avait envie de se rapprocher d’elle, il avait en avait tellement envie. Sa rage s'est vie transformé en tristesse. « - Mais je viens d’un monde que tu ne comprendras jamais. Un monde horrible. Ne m’en veux-pas d’avoir désiré être autre chose, d’avoir désiré connaitre autre chose. Ne m’en veux-pas de t’avoir aimé. » Une larme coula, traitresse. « - Hais-moi comme les autres, mais Il n’y a rien de plus vrai en ce monde que ce que je ressens pour toi. » Et il recule. Il recule parce qu’il est faible et qu’il ne peut pas accepter ça.

Incapable de regarder Ally plus longtemps, il lui tourne le dos, essayant de reprendre le contrôle de lui-même. Il a peut-être trop parler. Trop dit. Mais il s’en fiche. Il veut avoir ce qu’il n’a jamais eu avec son ex-femme. L’occasion de dire qu’il a aimé, que tout était vrai. Qu’il n’avait rien imaginé. Que c’était réelle. Il ne veut pas revivre dans le doute que son cœur n’avait jamais battu. Il ne veut pas ressentir ce vide infâme dans son passé. Ce n’était pas un rêve, c’était vrai. Ally l’avait aimé. Il l’avait aimé et ils avaient vécu quelque chose de beau. D’intense et de vrai. Les mains sur le visage, Benjamin essayait d’effacer ses larmes. Il sentait son cœur trembler. Ses derniers mots avaient tremblé.


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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Sam 27 Aoû - 2:11



Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


Qu'Ally affirme qu'elle avait oublié Benjamin était un sombre mensonge. Sombre et stupide. Jamais elle ne pourrait prétendre l'avoir oublié; quoiqu'il ait fait, qui qu'il soit ou ait été, elle l'aimait toujours de cet amour naïf et désespéré. Sa raison avait beau lui dicter des dizaines de mises en garde, elle n'arrivait pas, pour une raison obscure qui devait être liée à la nature de ses sentiments, à aller de l'avant. Elle avait beau prétendre l'inverse, elle n'y arrivait. Il n'avait jamais quitté son esprit, et encore moins son cœur. Peut-être que le revoir ne pouvait pas être une si mauvaise chose, alors. Peut-être que tout ce dont elle avait besoin, c'était d'une clôture définitive. Pourtant, cet instant lui flanquait une trouille bleue. C'était elle qui voulait le quitter, mais elle se sentait incapable de le laisser partir. Parce que son cœur, manipulé par cette drôle de chose que Cohen éveillait en lui, était encore entièrement à sa merci. Son cerveau se laissait baigner par tous ces rêves d'amour pur, simple et sincère, mais sa raison, elle, était bel et bien toujours aux commandes. C'était elle qui l'avait empêchée de retourner le voir une seconde fois en cellule. C'était elle qui avait été, la première, terrassée par les quelques mots qu'elle avait lus de cette lettre anonyme. C'était elle qui, toutes les nuits, la faisait rêver à un passé qu'il prouvait bel et bien révolu et à un avenir qui n'existerait jamais. Pourtant, à ce moment précis, se dressait sous ses yeux l'objet de ses pires cauchemars et de ses rêves les plus grandioses. Oui, Ally perdait tous ses moyens. Elle fuyait le regard de Ben avec maladresse, tiraillée elle-même par le besoin de le retrouver et l'envie de le laisser planté sur place, derrière sa porte. Avait-il était libéré de prison ? Sous caution ? Avait-il déjà été jugé ? Avait-il été innocenté de ces crimes qu'il avait commis ? Depuis combien de temps était-il sorti ? Qu'avait-il pensé de son absence ? Lui en voulait-il ? Comptait-il lui faire payer cette disparition soudaine ? Devait-elle le craindre ?

Il l'avait prévenue, pourtant. Et elle n'avait rien écouté. Enivrée et portée par cet amour qu'elle n'avait jamais ressenti pour quiconque, elle avait ignoré les craintes de cet homme qui, en quelques mois, avait transformé sa vie. C'était à ses côtés, seulement, qu'elle avait trouvé le réconfort et la force de faire le deuil d'une soeur depuis bien longtemps disparue déjà. C'était lui qui l'avait serrée dans ses bras jusqu'à l'étouffer, qui lui avait prouvé qu'elle était encore digne d'une attention qu'elle n'osait plus espérer, si ce n'était d'un amour presque indéfectible. En se confiant à lui comme elle l'avait fait, elle s'était sans doute imaginé naïvement que lui n'avait plus rien à lui cacher non plus. Ils s'étaient donnés entiers l'un à l'autre. En tout cas... en tout cas c'était ce qu'elle avait cru. Et au mileu de l'horreur des révélations que lui avait faites le corbeau, Ally n'avait pu que constater que leur relation n'avait jamais été basée sur cette sincérité qu'elle avait pensée plus solide que tout. Il savait tout d'elle, et elle n'avait jamais rien su de lui. En lui faisant face maintenant, elle avait l'impression de rencontrer un étranger pour la première fois. Qui était ce blond qui attendait devant sa porte ? « Tu aurais pu venir me parler ! Ne suis-je donc rien pour toi ?! » Malgré le ton de Ben, elle pouffa d'un rire ironique et cruel qui lui donna un hoquet. C'était l'hôpital qui se moquait de la charité. « T'aurais pu me dire la vérité ! Retourne pas le truc dans l'autre sens. Voilà toute la considération que t'as pour moi, depuis le début. » Car si elle n'était pas blanche comme neige, la faute ne lui revenait pas. Il pouvait s'énerver autant qu'elle le souhaitait; après tout, que craignait-elle ? Qu'il la tue comme il avait déjà tué ? Et bien, qu'il le fasse. C'était elle qui s'était amourachée d'un meurtrier, elle devrait bien finir par en payer les conséquences. « Je te l’avais dit… » l'entendit-elle souffler derrière la porte, qu'elle sécurisait comme elle le pouvait pour la réouvrir et clôturer cette putain de conversation. « Justement, tu m'avais rien dit. » Sèche, la voix tremblante, Ally ne semblait même pas réellement avoir une quelconque conviction en ce qu'elle avançait. La porte était à peine entrouverte mais elle ne comptait pas lui offrir davantage d'hospitalité. Il l'avait prévenue que quelque chose les séparerait, mais il ne lui avait jamais rien dit, même quand il en avait eu l'occasion. On lui avait arraché Ben au soir de l'an, comme dans un mauvais film, et lorsqu'elle l'avait retrouvé en prison, plutôt que de mettre cartes sur table, il avait continué de prétendre, de mentir, de s'enfermer dans ce carcan de fausseté et de mirages.

Elle voulait s'en aller, fuir une bonne fois pour toutes; peut-être était-il temps pour elle de quitter la Californie et de retourner s'installer à Boston. Elle pourrait avoir une bonne situation là-bas; avec son parcours exemplaire, peut-être même lui offrirait-on un poste de titulaire à l'égal de celui qu'elle avait ici. Il n'arriverait sans doute pas à la retrouver là-bas, et elle pourrait à nouveau recommencer une vie à zéro, comme si elle était incapable d'assumer chacune de celles qu'elle avait vécues. Cohen était ancré en elle comme un tatouage ou une cicatrice encore brûlante, mais elle ne pourrait pas vivre en le sachant à ses côtés. Elle ne le connaissait plus, et si elle sortait vivante de cette entrevue, elle ne voulait plus avoir à le redouter comme c'était présentement le cas. Son regard se baissa alors qu'il reprenait la parole pour défendre son cas. Le seul œil qui passait l’entrebâillement de la porte ne supportait déjà plus la vue de cet homme qu'elle aimait tant et haïssait tant. Elle sentait les larmes lui monter aux yeux mais refusa de les laisser la contrôler. « Alors quoi ? T'es là pour me souhaiter une bonne continuation dans la vie ? Et bien bonne continuation. Mais t'avise pas de croiser mon chemin... ou de rentrer chez moi par effraction. » Peut-être qu'elle pourrait s'assurer un minimum de sécurité en déménageant, déjà. Quoiqu'avec son statut et tous les avantages qui venaient avec, il pourrait très facilement retrouver sa nouvelle adresse. Et visiblement, il n'était pas le genre d'hommes à être facilement impressionné par les délits. « Alors pourquoi tu me l'as pas dite, cette PUTAIN DE VÉRITÉ ? Deux ans et demi qu'on se connaissait ! Et une conversation au parloir où tu m'as menti ENCORE en me regardant droit dans les yeux ? Qu'est-ce que je suis censée en penser, moi, hein ? Moi Je t'ai TOUT dit ! » lança-t-elle, impressionnée par le pied qu'il avait glissé pour retenir le faible entrebâillement de porte qu'elle lui avait accordé. « T'étais sincère avec moi... Laisse moi rire. C'est un piaf qui a du me révéler la vérité à ton sujet, alors arrête de clamer que tu voulais tout me dire. » Elle soupira. « Et puis l'emploi du passé est très révélateur. Je suis tombée amoureuse d'un mec qui existe pas. Tout le temps, avec moi, t'as prétendu. T'as menti. Tu t'es inventé une personne que t'es pas, tu t'es inventé un amour que t'as probablement jamais ressenti. » Elle s'éloigna un peu pour se cacher derrière la porte, et c'est une voix tremblante, révélatrice des quelques larmes qu'elle n'avait pas pu retenir, qui hurla à l'intention de l'ancien policier. « TU FAIS CHIER, PUTAIN ! Je suis tombée amoureuse d'un meurtrier, moi ! Et je fais quoi, maintenant ?? »

Elle ne l'avait pas vu lui tourner le dos et s'éloigner lui aussi. Elle fermait les yeux dans son coin, pleurant silencieusement cet amour qu'elle ne s'autorisait plus à ressentir. Ce n'est qu'en se laissant glisser le long de la porte et en la poussant malgré elle qu'elle comprit qu'il ne la retenait plus. Alors, presque paniquée, elle glissa à autre pattes vers l'entrebâillement en demandant : « Ben, t'es toujours là ? » Et en le voyant pleurer lui aussi, elle ressentit une drôle de salve de soulagement qui l'apeura autant qu'elle la rassura. Cette certitude ne l'avait jamais réellement quittée, mais il l'avait réveillée par sa présence. Car elle était sûre d'une chose à présent : elle n'avait jamais cessé de l'aimer, et elle ne cesserait probablement jamais de l'aimer.


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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Ven 16 Sep - 22:49



Babe, there's something tragic about you
ally n. fleming — benjamin l. cohen



Le père de Benjamin disait souvent que son fils s’était égaré. Que quelque part en chemin, il s’était trompé de route et avait décidé d’aller à l’opposé de tout ce qu’il devait être. Un moyen comme un autre de dire qu’il n’était pas responsable des bêtises de son fils unique. De cet enfant roi. De cet impertinent qui semblait tout savoir et qui n’acceptais jamais les refus. Benjamin était persuadé qu’il ressemblait à son père plus que ce que celui-ci disait. Andrew Cohen avait beau dire que Benjamin était l’inverse de tout ce en quoi il croyait, il était, au fond son portrait craché. Ne pas vouloir l’admettre, c’était simplement créer un gouffre géant et profond entre eux. Jusqu’à sa mort, Benjamin n’aurait eu aucun moment, aucun instant qui lui aurait permis de faire son deuil. Andrew resterait une figure monstrueuse, incapable d’aimer, de comprendre, de tendre la main. Incapable de laisser son fils respirer comme il le souhaite, incapable de le laisser voler de ses propres ailes. Un père qui croise les bras et qui garde le silence, convaincu que Benjamin est devenue une cause perdu, irréparable. Alors forcément, ce sentiment étrange qui s’était créé chez l’ancien flic après la mort du PDG du groupe Cohen, était un sentiment de colère, de triste et de joie. Le règne d’Andrew était fini, achevé. Et Benjamin se sentait capable d’être enfin lui-même sans avoir cette petite voix dans sa tête qui lui répétait que non, il n’était pas assez bien. Qu’il n’était pas assez juste, assez malin, assez important. Oui, voilà une chose positive dans la mort de l’homme qui avait peint le monde son fils avec son ombre. Mais il y avait de la tristesse et de la colère, parce que Benjamin n’aura jamais vraiment connu cet homme. Il n’aura jamais satisfait son cœur. Il n’aura jamais répondu à ses attentes. Et cet espoir en lui qu’un jour il y parvienne, venait de s’envoler. Jamais était un mot qui planait au-dessus de son cœur, car jamais il ne se sentirait aimer, apprécié, accepté, par son père.

Maintenant, il n’y avait qu’une chose qu’il regrettait. C’était la confrontation. Il n’avait plus réussi à parler à son père, à lui dire ce qu’il pensait vraiment, à jamais briser par ses actes les plus monstrueux. Et aujourd’hui, il était face à celle qui avait fait battre son cœur ces dernières années – celle qui continuait à faire battre son cœur. Il avait toujours su qu’elle finirait par le quitter, par l’abandonner. Il l’avait u venir. C’était un menteur, un manipulateur, un assassin. Un homme capable de jouer avec les vies des autres sans problème, sans crainte. Elle finirait par le quitter, pur et sensible qu’elle était. Il y avait cru, pendant un moment. Persuadé qu’elle accepterait ses défauts, ses pires actes. Il avait même imaginé changé, tant à ses côtés il était un autre, mais au fond, il savait. Il a toujours su. Ce moment allait arriver. Sauf qu’Ally l’avait pris par surprise. Elle avait cessé de venir le voir en Prison, abandonné durant les plus longues journées de sa vie. C’était comme revivre son mariage, encore, en boucle, toujours. Elle s’en va, sans se retourner, sans le regarder une dernière fois, comme s’il n’avait aucune importance, aucune raison d’être ici. Comme si l’amour qu’ils avaient partagé, était inexistant. Une parfaite illusion qui continuait de vivre dans son imaginaire.

Il ne voulait pas croire en ça. Croire que c’était si facile. Alors il était là. Pas pour reconquérir le cœur d’Ally, mais pour avoir ce qu’il n’avait jamais eu par le passer. Un adieu. Une réponse. Et c’était tellement difficile. Tellement compliqué. Tellement intense. Il s’était transformé pour être ce qu’elle méritait d’avoir, persuadé que quelque part il ne se forçait pas à être un autre. Qu’il était cette personne assez bien pour elle.

Sauf qu’il perdit rapidement tout son sang-froid, emporté par une trahison qu’il ressentait vraiment. Ally n’avait pas chercher de réponse, convaincu par ce qu’elle avait trouvé. Comme si ce n’était pas nécessaire, comme si c’était suffisant. Bien entendu, Ally n’était pas d’accord. Elle ne voyait pas ça comme ça. S’il avait été honnête, alors les choses auraient été différente. Benjamin se contenta de se mordre la lèvre inférieure, essayant de ne pas en rajouter. Il était tellement dépassé par tout ça. Tellement en colère, contre elle, contre lui-même. Si seulement les choses avaient été différente et pourtant, il était là aujourd’hui. Et Ally refusait de lui parler, prête à fermer la porte, à ne plus l’entendre, à mettre un terme à ce combat. De nouveau, il essaye de contenir la colère qui se trouve dans son sang. Il lui a dit tant de fois, tant de fois, qu’elle allait finir par lui tourner le dos. Qu’elle ne l’aimerait plus. Qu’elle le détesterait. Qu’il était un autre avec elle. A ses côtés, il était si différent. Mais elle avait raison, il n’avait jamais dit pourquoi, ni comment. Il n’avait jamais fait le point sur ces mauvais côtés, parce qu’il ne voulait pas que ce moment arrive. Il avait tout fait pour empêcher leur histoire d’arriver à cette fin.

Mais voilà, ils ne pouvaient plus y échapper maintenant. Leur histoire était en train de subir le dernier chapitre. C’était la fin. Et c’était horrible. Alors qu’elle ouvre de nouveau légèrement la porte, Benjamin s’effondre sentimentalement. Cette putain de porte. Il aurait aimé la briser, mais qui était-il aujourd’hui pour se permettre de faire ça ? Alors il ouvre son cœur, il balane tout. Il n’a jamais fait ça par le passé et c’est terrifiant comme c’est excitant. Elle ne peut aboutir qu’à une chose en l’aimant : la haine. Tout le monde finissait par le hair et Benjamin avait malheureusement fini par croire que ça ne serait peut-être pas son cas. Il s’était accroché et désormais il se relevait d’une chute qui lui avait fait tellement mal. Il était humain, après tout, à croire que les choses pouvaient être différente. « - Parce que je voulais en profiter ! Je voulais profiter de ce que nous avions avant que je te balance tout ça à la figure ! » Voilà pourquoi c’était si facile de mentir, de ne rien dire. Parce que ça lui permettait de gagner du temps. De savourer encore un peu cette histoire qui lui faisait tant de bien. Il se sent tellement dépassé par ses paroles qu’il recule, s’éloigne. Elle était tombé amoureuse d’un meurtrier et ça fait mal. Il ne sait pas quoi lui dire, quoi rajouter. Il l’aime bon sang, c’est tellement fort que son corps tout entier en tremble. L’admettre, le dire, ça reste une chose impossible avec lui. Une chose rare. Il ne s’ouvre pas comme ça, parce qu’il sait que ça fait mal, il sait qu’on peut utiliser cette porte grande ouverte vers son âme pour le blesser et le torturer.

Dos à la porte, il se sent submergé par les émotions. Tout ce dont Ally se souviendra, c’est l’image de cette fin. L’image d’un connard, manipulateur, capable d’ôter la vie. Encore une fois, il serait le seul à se rappeler de ce qu’il y avait eu de bon. De bien. A se rappeler qu’il y avait bien un cœur au fond de sa poitrine et que ce cœur avait aimé, sincèrement. Lorsque sa voix brisa le silence, Benjamin dégageait son visage de ses mains, restant toujours de dos. « - O… Oui, je suis là. » Il renifle, respire, et se demande ce qu’il doit faire maintenant. Il avait tellement envie de se retourner, de la regarder, de partager cette chose au fond de lui qui s’appelait l’amour. Mais pas dans cette état. Pour l’instant, elle n’aurait le droit qu’à son dos, puisqu’il était visiblement – et il resterait – un étranger. « - Tu as eu raison... Tu as bien fait. » De nouveau, il efface ce qu’il a sur le visage en espérant que cela soit suffisant. Cette fois, il se tourne, légèrement, assez pour pouvoir apercevoir ce visage qu’il aime tant. « - Personne ne peut être heureux à mes côtés… » Il baise légèrement la tête, un sourire fin et léger sur son visage, empli d’une tristesse profonde et douloureuse. « - Je m’en vais… Je vais te le laisser tranquille, je te le promets. »
Il sait maintenant, pourquoi tous l’abandonnent. Il sait et il refuse désormais d’imposer ça à Ally. Il ne veut pas être responsable de son malheur comme il a sans doute été celui de tout ceux qu’il a aimé par le passé.


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Ally N. Fleming
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Ven 30 Sep - 0:12




Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


Les quelques mois qui venaient de s'écouler avaient semblé durer à une vie entière. Ally avait presque oublié le sourire de Ben et le goût de ses baisers. Chacun de ses souvenirs était terni par la révélation que lui avait faite le corbeau. Elle se demandait parfois si elle n'aurait pas été plus heureuse dans le mensonge qu'il avait tissé pour elle. Crédule et stupide, peut-être, aveugle, sûrement. Mais heureuse. La vérité avait cela de cruel qu'elle était souvent bien plus hideuse que tous les mensonges que vous vous êtes construits pour vous rassurer. Car des mensonges, elle s'en était crées par milliers. Elle les avait vues, les lettres que Ben avait reçues. Elle n'était pas totalement stupide, elle savait tout ce qu'elles pouvaient sous-entendre. Mais dès le départ, elle avait préféré se cacher les pires possibilités et s'arrêter sur celles qui, naïves, savaient la rassurer. L'existence était alors bien douce, et elle lui semblait maintenant appartenir à une autre vie. Elle s'était probablement caché autant de choses que Ben avait voulu lui en cacher. C'était le corbeau qui l'avait le premier confronté à la réalité. Lorsqu'elle avait lu ses quelques mots, il avait été trop tard pour faire marche arrière et prétendre être bercée des mêmes illusions rassurantes. Cohen était passé de l'amour de sa vie à un menteur manipulateur et meurtrier. Et, soudainement, son monde entier avait volé en éclats.

Au fond, peu importait ce à quoi elle pouvait passer ses journées ou ses soirées. Peu importaient ces cadavres auxquels elle attribuait une cause de mort, peu importait ces familles endeuillées auxquelles elle arrachait un sourire, peu importaient les étudiants auxquels elle apprenait le b.-a. ba de la stéréotaxie ou les plats à éviter à la cafétéria de Saint John. Peu importaient les soirées passées au Red Dragon et son amitié naissante avec le patron du bar, preuve ultime du temps exponentiel qu'elle passait seule et perdue, devant une bière bon marché. Peu importait le chat que lui avait laissé Nolan en quittant le pays et les papouilles qu'il réclamait lorsqu'elle révisait sa liste de pathologies interminable devant les informations d'un monde qui ne l'atteignait plus. Plus rien n'avait réellement la même saveur sans lui, et ce malgré tous les discours de motivation qu'elle se récitait dans de longs soupirs en sortant de la douche, devant son miroir embué. Elle lui avait offert les tréfonds de son âme, et lui s'était montré sous son profil le plus beau. A ses yeux, Ally n'avait été qu'une femme parmi sans doute tant d'autres, une femme à qui révéler la vérité n'avait rien de profitable. Une histoire de confiance, ou peut-être d'envie ? Dans tous les cas, le constat était le même : Ben ne lui avait rien dit. Elle-même n'avait aucune idée de la façon dont elle aurait réagi s'il lui avait tout appris de lui-même. Les faits restaient les mêmes. Mais la confiance, oh, la confiance... Elle savait le courage que pouvait demander le fait de se révéler de cette façon, mais elle savait aussi qu'elle l'avait fait. Leur relation n'avait jamais existé d'égale à égal. Elle lui avait tout donné, ses pires aveux et son unique amour, et lui s'était contenté de lui offrir une image qui n'avait rien de réel. Quelque chose avait retenu Ben, et ce quelque chose ne pouvait pas être en sa faveur.

Le revoir avait fait s'écrouler l'équilibre précaire que les longs mois lui avaient permis d'instaurer dans sa vie. Dès le moment où elle avait reconnu sa silhouette au loin, Ally avait su que ces mois de quiétude reconstituée maladroitement venaient de prendre fin. Peu importait ce qu'elle pouvait faire ou dire, peu importait toute sa bonne volonté, peu importaient toutes ces heures passées à penser au corps inerte duquel il avait retiré la vie, peu importait l'homme qui se dépeignait dans son esprit depuis qu'il était en prison... Tout les ramenait à cet instant précis et à ces retrouvailles étranges.

Alors non, Ally n'avait pas cherché à connaître la vérité de Ben, car sa vérité n'aurait sans doute été qu'un mensonge de plus. Il l'avait prise pour une conne, et oh, à quel point elle aurait aimé être conne plus longtemps... mais oui, elle croyait ce corbeau plus que l'être qu'elle aimait le plus en ce bas monde. Lui étaient revenues à l'esprit les lettres qu'elle avait trouvées dans sa voiture et toutes les questions qu'elle avait éludées plus ou moins consciemment. Elle n'avait plus droit à la quiétude de la naïveté. Et de tout son être, Ally lui en voulait. Elle lui en voulait de l'avoir laissé l'aimer malgré tout ce qu'il lui avait caché, elle lui en voulait de l'avoir fait l'aimer malgré tout ce qu'il lui avait caché. Elle lui en voulait de lui avoir été arraché alors qu'ils fêtaient cette nouvelle année qu'ils allaient passer ensemble, elle lui en voulait de lui avoir menti encore et encore, même lorsqu'elle lui avait rendu visite au parloir. Elle lui en voulait de lui avoir fait découvrir le milieu carcéral et de lui avoir fait subir le regard lourd tous ces hommes qu'elle avait croisés dans ce bâtiment aussi froid qu'immense. Elle lui en voulait de tout cet amour qu'elle lui en portait encore malgré sa raison entière qui lui hurlait de l'oublier, de cet amour qui n'avait plus lieu d'être, qui n'avait probablement jamais eu lieu d'être. Elle ne lui devait aucune explication. Par contre, à elle-même, elle devait la préservation. Elle avait le droit de vouloir protéger ce qui pouvait encore l'être, et elle avait le droit de ne pas vouloir faire face à cet homme dont elle ne savait plus rien des réactions. Dans sa cellule, il pouvait croupir jusqu'à la fin des temps. Quelque part, c'était ce qu'elle avait souhaité, d'ailleurs. Il le méritait, et ne plus croiser son chemin aurait été la meilleure façon pour elle de passer à autre chose. Et pourtant... « Parce que je voulais en profiter ! Je voulais profiter de ce que nous avions avant que je te balance tout ça à la figure ! » Cachée derrière sa porte, Ally fronçait les sourcils au point de creuser sur son front de nouvelles rides jusque là insoupçonnées. « T'es qu'un égoïste ! Mais encore une fois, qu'est-ce que je pouvais attendre d'un meurtrier... La confiance, putain ! T'as pris ta décision quand t'as décidé de me mentir. Pour autant que je sache, tu pourrais faire du trafic d'armes en Russie ou coucher avec toutes les femmes de la ville ! »

La conversation s'interrompit quelques instants. Un silence grave s'installa de chaque côté de la porte. Ally ne savait plus quoi dire. Elle ne savait plus comment défendre ce cœur qu'il avait tant meurtri. S'il n'avait pas compris, il ne comprendrait jamais. Il avait anéanti toute la confiance qu'elle avait pourtant si mis longtemps à placer en lui. Peut-être aurait-elle été capable d'être la compagne d'un meurtrier et flic aux mœurs discutables s'il lui en avait donné l'occasion. Mais le fait restait toujours le même : il ne lui avait rien dit. Elle l'avait appris par hasard. Sans le corbeau, elle serait sans doute toujours dans ce rêve éveillé qu'elle avait vécu pendant plus d'un an avec Cohen. Sans le corbeau, Ben continuerait à la prendre pour la même simplette que celle qui était tombée amoureuse envers et contre tout. Le silence s'éternisant, pourtant, Ally laissa échapper un appel presque suppliant, et très clairement pathétique. Elle était assise dos au mur un œil passé dans l'ouverture de quelques centimètres que la sécurité permettait à sa porte. Pendant un instant, le sang lui était monté aux joues de panique. Pendant un instant, Ally avait été persuadée d'avoir perdu Ben pour de bon. « O… Oui, je suis là. » C'est sa voix tremblante qui la rassura. Il n'avait pas encore abandonné. Mais elle, se demandait-elle, avait-elle réellement abandonné ? « Cool » fut la réponse la plus neutre qui lui vint à l'esprit. Quelques minutes plus tôt, elle l'aurait sans doute traité de tous les noms et lui aurait probablement hurler de dégager sur le champ. Mais maintenant et avec la frayeur qu'il venait de lui faire, les choses étaient différentes. Sans vouloir avoir à le retenir, elle ne voulait pas qu'il parte. Oh, comme les choses de l'amour étaient compliquées... « Tu as eu raison... Tu as bien fait. » Le regard de la rousse se lève vers l'ombre de celui qui avait été son homme, qui se détachait sur fond de ciel écarlate de fin de journée. Et, malgré elle, Ally sent de nouveau les larmes lui monter. Plus des larmes de rage, cependant, mais des larmes de chagrin, d'un chagrin réel, presque palpable. « Personne ne peut être heureux à mes côtés… Je m’en vais… Je vais te le laisser tranquille, je te le promets. »

Le moment fatidique était arrivé. Le croisement de toutes les possibilités. Ally, à cet instant précis, était confrontée à elle-même. Ferait-elle abstraction du mal qu'il lui avait fait en ne la considérant pas digne de ses secrets ? Oublierait-elle les crimes dont il s'était rendu coupable ? S'abandonnerait-elle à cet amour dont elle semblait incapable de se défaire ? Ou aurait-elle la décence de lui dire au revoir pour de bon, comme elle s'était promis, des mois auparavant, de le faire ? « T'as été jugé ? » demanda-t-elle alors faiblement, le regard rivé sur les chaussures impeccables de Benjamin. Question anodine pour lui, sans doute. Une façon pour elle de le retenir quelques minutes de plus. S'il partait maintenant, il ne reviendrait pas. Et s'il partait maintenant, elle ne s'en remettrait probablement jamais... Car la vérité était encore plus cruelle lorsqu'il s'agissait de sentiments. Elle avait besoin de lui au moins autant que de sushis, la voilà, la vérité. « Je t'ai pas rendu les clés de la villa d'Orange » ajouta-t-elle en se raclant la gorge, les yeux à présent rivés sur les ses ongles foncés. Une dernière façon de l'appeler à rester, juste quelques secondes de plus.


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THE SHORE
I walked all day along the shore, I was made for loving you. I wonder what I am made for if I'm not meant to be with you. I spend my days without you now and the sky doesn't look that blue. My life is full of wine and gold, but it's not worth it without you. Just like my bed, my heart is cold. Now you know I've always loved you.

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Benjamin L. Cohen
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› PROFESSION/ETUDE : PDG DU GROUPE HÔTELIER INTERNATIONAL "COHEN DELUXE", ANCIEN FLIC DANS LA BRIGADE DES MŒURS ;
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Sam 5 Nov - 16:12



Babe, there's something tragic about you
ally n. fleming — benjamin l. cohen



La douleur elle est immense, terrible. Elle est vive, brulante, constante. Benjamin se noie, petit à petit, devant cette porte. Il se dit que c’est sans doute son dernier souvenir d’une histoire qui avait fait battre son cœur avec passion. Il se dit que c’est la fin d’un monde et c’est tellement triste qu’il n’arrive pas à se retenir. Qu’il ne peut pas contenir ses émotions. Malgré l’absence, malgré le vide qui s’était installé entre eux depuis des mois, Benjamin n’avait rien oublié. Il avait gardé en tête toutes ses choses qui avaient construits leur univers et il avait savouré les moindres secondes de chaque souvenir. Cela pouvait paraitre un peu idiot, un peu naïf de sa part, mais quelque part il avait espéré. Quelque part, il s’était imaginé que l’absence d’Ally en prison, n’était pas son erreur. Que c’était la faute à autre chose, à un autre problème. Il se rendait bien compte aujourd’hui que c’était la vérité, le responsable de cette peine. Les noms qu’il avait sur le front ne disparaitrons plus, face à elle. Ils allaient même brillaient dans le noir et rappeler à la douceur du passé, que le futur n’avait rien de joyeux quand l’homme qu’on pensait aimer et en réalité, une bête.

Il avait toujours vu ce moment arrivé. Ce moment débarquer. Ce moment où il ne serait plus l’être aimé, mais l’être détesté. L’être capable de briser le bonheur sans rien demander. Quelque part, il aurait aimé le faire vraiment lui-même. Le dire, en parler, avouer. Etre honnête, pour une fois. Mais on lui avait enlever l’occasion de l’être. On l’avait privé de la plus importante partie de son histoire, de leur histoire. Et maintenant, il encaissait ce manque. Il encaissait sa vie, sans elle. Et c’était horrible. Ally lui manquait, terriblement. Surtout maintenant. Il avait certes créé de toute pièce le monde dans lequel ils avaient vécus, mais il avait alimenté ce monde avec un amour sincère. Ce monde s’était transformé en refuge, en espace de paix dans un monde réellement conflictuel. Au sommet de l’entreprise de son père, Ben se sentait tellement à l’écart. Tellement solitaire et tellement observé. Il perdait, petit à petit, ce qui restait de bon en lui. Il était loin d’être un être parfait, un être propre et à l’esprit saint. Il était loin d’être un idéal et assumait ses défauts. Ses besoins de reconnaissance, de respect. Mais sans Ally, il avait l’impression d’avoir perdu une chose capitale. Vitale à sa survie dans ces univers. Il était jusqu’ici en parfait équilibre. Jonglant avec elle et d’autres sans problème, sans difficulté. Maintenant, il tombait. Il se sentait attirés par une force invisible. Une force qui le dévorait.

Rien n’avait de valeur sans Ally. Tout redevait aussi superficiel que son existence même. Il allait devenir l’homme qu’il haïssait. Il allait sans doute se trouver une femme aussi pauvre et vide que sa mère. L’argent continuerait d’éveiller un semblant de bonheur en lui, mais ça ne serait jamais suffisant. Il lui en faudrait toujours plus. Et les soirées avec ses amis, les délires, les mondanités, tout ça allait devenir aussi répétitif qu’ennuyant. Peut-être bien que sa place était finalement en prison. Peut-être bien que sa place, était en enfer et peut-être bien qu’un jour, il trouverait un raccourci pour s’y rendre. En attendant, il était triste. Et il était seul. C’était sans doute quelque chose qu’il avait appris à accepter avec le temps, mais quelque part, ça n’a jamais été une vraie solitude. Il y avait toujours eu des gens avec lui. Que ça soit son ancienne nounou et mère de substitution ou ses cousins et meilleur ami. Il avait cependant toujours gardé un semblant de distance avec chacun d’eux, trop peureux de se perdre. Trop craintif de se retrouver briser comme il l’avait été avec son ex-femme. Il subissait ça de nouveau, malgré le fait qu’il s’y était préparé. Il entendait son cœur tombé par terre et s’exploser contre le bitume, une nouvelle fois. C’était déchirant, étouffant. Submergeant et absolument énervant.  Il y aurait eu des centaines de solution possible pour préserver le monde qu’il avait offert à Ally. Pour devenir l’homme qu’il lui avait dévoilé. Des centaines. Mais il avait refusé, trop cupide. Trop envieux et trop confortablement installé dans la vie que son père avait créée pour lui.

Deux mois. Il était sorti il y a deux mois et s’était retrouvé à faire face à tout, sauf à elle. Comme s’il préférait attendre, comme si cela pouvait l’aider lui. Il se trompait. Le temps n’aidait rien ni personne. Cela n’apaisait pas les douleurs, cela ne modifiait pas la résultat d’une fissure. Quelque part, il y avait aussi autre chose. Il y avait aussi ce besoin pour l’ancien policier d’entendre la fin de ses propres oreilles. De comprendre ce qui poussait les femmes de sa vie à disparaitre, à lui tourner le dos. Il savait qu’avec Ally, il pourrait avoir une réponse, tout comme il savait que celle-ci ne serait pas forcément des meilleurs. Une chose était certaine, il n’espérait pas. Il n’espérait plus. C’était terminé. Il en avait toute les preuves. Il en ressentait le parfum.

Il voulait profiter, profiter de leur histoire et du bien que cela lui faisait. Il ne pouvait pas justifier ses mensonges, il ne pouvait pas justifier tout ce qu’il avait commis. Mais il pouvait avouer. Il pouvait confirmer que la raison pour laquelle il n’avait rien dit, c’était parce qu’il était égoïste. Parce qu’il s’était trouvé une place à ses côtés et qu’il ne voulait pas la perdre. Ally le comprend. Elle le comprend si bien. Maintenant, elle s’imaginait tout un tas de choses. Tout un tas d’histoires qui n’avaient pas lieu d’être, mais qui était le reflet exact de ce que représentait Benjamin à ses yeux : il n’était que Mensonges sur Mensonges. Et il lui cachait sans doute tellement encore, qu’elle n’oserait jamais lui accordait de nouveau qu’un semblant de confiance. Ally lui avait insuffler cette envie d’être un autre. D’être quelqu’un qu’elle pourrait aimer. Elle avait changé son coeur, sans le savoir. Elle l’avait adouci, rendu meilleur par moment et il avait aimait ça. Il l’avait aimé, elle. Rien en ce monde ne pourrait détruire ça. Même ce vide entre eux. Il acceptait désormais d’être l’homme qu’elle haïrait jusqu’à la fin de ses jours, mais qu’elle ne le fasse pas douter. Qu’elle ne cherche pas à effacer leur histoire de sa vie, tant cela avait de l’importance à ces yeux. Tant cela aurait toujours de l’importance à ses yeux. Il était capable d’aimer. Voilà tout ce qu’il fallait retenir.

Tout ce qu’il lui restait à faire, c’était partir. Il avait eu son dernier moment, aussi douloureux était-il. Il avait eu ses derniers regards, ses derniers mots. Il ne pouvait pas lui demander plus. Il n’avait qu’une chose à faire désormais. La rassurer sur cette fin. Elle pouvait être heureuse, sans lui. Elle ne le serait pas avec lui et c’était une bonne chose que tout soit fini. C’était fini. Et Benjamin était prêt à partir, à ne plus l’approcher, à disparaitre. Il était prêt à quitter à jamais son univers. Elle mérite mieux que lui, elle mérite tellement mieux et ça le brise encore plus de ne pas être capable d’être cet homme-là.

Soudain, Ally lui pose une question. Ses pensées s’arrêtent, se perdent une fraction de seconde et son regard glisse vers le petit espace qu’il y a entre le mur et cette porte – putain de porte. « - Innocent. » Dit-il rapidement, brusqué par la conversation qui s’imposait désormais. « - Mais coupable. » Relance-t-il, comme un moyen de ne plus lui mentir. Comme un moyen de lui prouver qu’il peut être honnête. Qu’il est capable de l’être avec elle. C’est peut-être le moment de partir. Mais Ally met alors en avant la villa d’Orange. La maison. La villa… « - Non… » Sa tête bouge dans la négativité la plus totale. Il refuse de rester ici plus longtemps, tout comme il refuse qu’elle lui remette les clefs de la Villa. « - Si je t’ai perdue, autant perdre cette endroit aussi. Il t’appartient. » Sur ces derniers mots, son regard se pose sur Ally. En disant ça, il disait clairement qu’il lui appartenait. Qu’il lui appartiendrait toujours. Elle avait le contrôle le plus total. Sur lui, sur ce qu'il avait de plus précieux. Sur sa vie, même. Il ne pourrait pas retourner là-bas de toute façon, trop fragile pour mettre les pieds là où il avait créé l'un de ses plus beau souvenir.

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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Lun 7 Nov - 4:38




Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


Ally n'en pouvait plus. Elle n'en pouvait plus de cet espèce de marathon du mensonge qu'elle courrait depuis tous ces mois. Elle n'en pouvait plus des doutes, des questions, de la trahison, de la blessure, de la douleur, du chagrin, et de cette sensation constante qu'il lui manquait quelque chose, qu'il lui manquait Ben. Elle n'en pouvait plus d'être encore si dépendante d'un homme qui l'avait trahie de la pire des façons possibles, auquel elle ne ferait probablement plus jamais confiance, et qui osait se pointer à sa porte en espérant qu'un meurtre et de telles magouilles ne soit un motif suffisant pour une rupture. Elle n'en pouvait plus de ce manque qu'il avait laissé derrière lui et de l'effort constant qu'elle faisait de l'oublier, de le remplir, de l'ignorer, de le combler par toutes ces sorties presque vides de sens parce qu'il n'était plus là. Elle n'en pouvait plus de cette fadeur qu'avait pris son monde depuis qu'il n'en faisait plus partie, de cette peur qu'elle avait de l'avenir, de cet avenir duquel elle n'osait plus rien attendre. Elle n'en pouvait plus de cet échec, encore un échec, du trou béant que Cohen avait laissé en elle lorsqu'il avait décidé de prendre son cœur et de le briser de la plus monstrueuse des façons. Que pouvait-elle lui dire ? Elle lui avait déjà craché toutes ces vérités en plein visage. Elle lui avait fermé la porte au nez. Pourtant, elle qui avait pensé que ce moment aurait le mérite de clôturer leur histoire se retrouvait confrontée maintenant à l'horrible sensation que procurait la fin dans toute son envergure. La fin d'eux, la fin de leur histoire, de ce qu'ils avaient construit et de ce qu'elle s'était imaginé construire à ses côtés, la fin de ses sourires et de leurs repas maladroitement préparés à des heures impossibles, de leurs discussions sans fin, des longues minutes qu'elle pouvait passer à le regarder dormir avant de se lever pour prendre sa garde de nuit. C'était la fin de leurs retrouvailles éclair, de leurs éclats de rire, de leurs expéditions nocturnes à la plage et de tout ce que ces années les avaient vu découvrir l'un aux côtés de l'autre. Ally se sentait disparaître à nouveau, comme elle s'était évanouie à l'annonce de la disparition de sa soeur. Ben avait été le seul capable de réellement la relever... mais maintenant ? Maintenant, qu'est-ce que lui réservait l'avenir ? Qu'est-ce qui lui réservait ne serait-ce que le jour suivant ? Elle n'arrivait plus à vivre au jour le jour après tout ce qu'elle avait partagé avec lui. Benjamin lui avait donné l'envie de plus, une envie qu'elle n'avait jamais pensé connaître un jour. Elle aurait pu tout faire à ses côtés, et elle avait voulu tout faire à ses côtés. Elle aurait pu vivre aux creux de ses bras éternellement, elle aurait pu l'épouser et lui donner des enfants s'il l'avait voulu. Elle aurait construit un tout nouveau monde pour eux deux, elle aurait crée tout ce dont ils avaient besoin, tout ce dont ils avaient envie, tout ce qui aurait pu les rendre heureux. Elle s'était donnée entièrement à l'homme qui avait changé sa vie. Plus encore que son corps, c'était son cœur qu'elle lui avait tendu cette nuit-là, lorsqu'ils s'étaient enfin trouvés, pour de bon. C'était une promesse qu'elle lui avait faite en s'offrant complètement à lui, et c'était une trahison pour elle que de se rendre compte que rien n'avait été réel, que tout ce qu'ils avaient construit était basé sur une suite de mensonges qu'il avait eu osé assumer. Le pire dans cette histoire était sans doute qu'elle aurait pu l'épauler, lui, Benjamin Cohen, flic pourri et meurtrier, dans ses pires aventures. Par amour pour lui, elle aurait pu tout vivre et tout laisser de côté. Mais la trahison ? Il lui avait menti.

Qu'était-elle censée faire, maintenant ? Elle ne ressentait pas cette conclusion dont elle avait tant besoin, et elle en était totalement désespérée. Elle ne tournerait jamais la page de l'unique amour de sa vie. Comment pouvait-elle ? Malgré toutes les atrocités qu'elle savait aujourd'hui de lui, elle n'arrivait pas l'y résumer. Elle le croyait lorsqu'il disait que ce qu'ils avaient ensemble était vrai. Elle croyait à tout ce qu'ils avaient vécu, à ces sourires, ces rires, ces silences malicieux et ces étreintes intenses. Mais elle n'arrivait plus à oublier ce qu'elle avait appris, ces mensonges et ce monstre qui avait été mis sous les barreau. Car c'était ce qu'il était, à présent : un dualité impossible pour elle à réellement comprendre, des questionnements et des angoisses sans fin, le visage du mensonge et de son amour perdu.

Elle n'arrivait plus à le regarder. Cachée derrière sa porte, Ally était bloquée entre le besoin de tirer un trait sur lui et celui de se perdre à nouveau dans ses bras. Elle l'aimait, oh, qu'elle l'aimait... elle l'aimait comme au premier jour, elle l'aimait avec cette passion étrange et cette tendresse infinie. Mais il avait tout fait changer, il avait tout remis en doute. Elle s'était toujours dit que si l'amour guidait deux êtres qui s'aimaient, rien ne pouvait aller mal et qu'il était prioritaire sur tout le reste. Elle avait toujours pensé qu'imposer des drames inutiles était futile, une espèce d'appel à l'attention qu'elle détestait. Mais, et si tous ces gens qui connaissaient tant l'amour avaient raison ? Elle n'était qu'une novice en la matière. Peut-être que l'amour n'était pas le plus important, peut-être que tous ces autres facteurs avaient le même poids que les sentiments qui pouvait guider quelqu'un vers la personne que son cœur avait choisie. Son cœur à elle, c'était Benjamin qu'il avait choisi, et ce sans doute dès le premier jour. De qui se moquait-elle ? Il l'avait choisi dès que son regard s'était posé sur lui, dès qu'il avait souri pour rire du cadavre qui les avait réunis. Mais son cœur ne devait pas parler pour elle. Il n'avait plus le droit de prendre des décisions, maintenant. Il l'avait embarquée dans cette situation; il fallait que son cerveau reprenne le contrôle des choses. Mais elle ne voulait pas y croire, à tout ce que racontaient les autres. Elle ne pouvait pas croire que l'amour puisse être aussi compliqué. Elle ne l'avait jamais attendu, ce drôle d'amour, et il lui était tombé dessus comme ça. Elle ne pouvait pas le laisser partir, elle ne pouvait pas l'abandonner parce que sa raison l'exigeait. « Innocent... Mais coupable. » La rousse hoqueta, non pas de surprise, mais de chagrin. Il avouait, enfin, pour de bon. Enfin il se révélait à elle. Était-ce là ce qu'elle attendait de lui ? Oserait-elle succomber aux folies de son cœur parce qu'il se dévoilait enfin, des années plus tard ? N'était-ce pas trop tard pour ces confessions ? N'avait-il pas pris la décision lui-même de lui cacher la personne qu'il était ? « Non… Si je t’ai perdue, autant perdre cette endroit aussi. Il t’appartient. » Elle ne le regardait toujours pas, mais le jeu d'ombres et de lumières qui lui parvenait lui fit deviner un hochement de tête. « Dis pas de conneries », lâcha-t-elle tristement, les yeux rivés au sol, devant Benjamin.  « J'en ai rien à foutre de cette villa. Elle comptait parce que... parce que c'était toi. C'était nous. » Cette villa avait été leur cocon, leur bulle de confort, isolée de tout le reste du monde. Ils s'y étaient éclipsés à de très nombreuses reprises et y avaient partagés parmi les plus beaux moments de leur histoire. « J'ai jamais voulu de toi pour ce que tu possédais, je pensais que tu l'avais compris. » Dans un reniflement triste, elle se releva et fouilla dans le vide-poche posé sur son meuble d'entée. Elle récupéra la clé et laissa un œil bleu dépasser dans l'encadrement de sa porte. Enfin, elle posait le regard sur lui. Oh, qu'elle était faible; oh, qu'elle l'aimait...

Elle tendit le petit trousseau à Benjamin à travers l’entrebâillement de la porte. « J'ai une dernière question à te poser... » Sans doute l'une des questions les plus douloureuses de celles qu'elle poserait ce soir, mais elle avait besoin d'une réponse. La gorge nouée, elle leva son regard clair vers lui et s'expliqua. « Dans la lettre, le corbeau sous-entend que tu aurais pu... charmer la fille Quinton. Est-ce que... est-ce que c'est vrai ? » Les larmes lui étaient déjà montées aux yeux. Ajouterait-il l'infidélité à la liste de tous ses pêchés ? « Parce que je t'aime, Ben, je t'aime comme une folle, et tu me forces à... à... » Le liquide lacrymal perlait sous ses yeux et glissait déjà sur ses joues. Elle ne voulait pas le laisser partir, elle n'y arrivait pas. Elle savait qu'il abandonnerait, elle savait qu'il accepterait ses exigences, mais elle ne voulait pas qu'il le fasse. Elle voulait ne pas vouloir le quitter, elle voulait que la décision soit simple. Elle voulait suivre son cœur et son instinct, ce besoin irrépressible de le serrer contre elle et de retrouver le goût de ses lèvres. « MERDE, PUTAIN, je suis censée faire quoi, moi ? » éclata-t-elle en sanglots en claquant la porte pour pleurer en silence quelques instants. Mais qu'essayait-elle de prétendre ? Elle ôta d'un geste vif la sécurité et ouvrit la porte. Elle laissa ses bras retomber le long de son corps et haussa les épaules avant de violemment essuyer sa joue gauche. « Dis-moi ce que je dois faire. »


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THE SHORE
I walked all day along the shore, I was made for loving you. I wonder what I am made for if I'm not meant to be with you. I spend my days without you now and the sky doesn't look that blue. My life is full of wine and gold, but it's not worth it without you. Just like my bed, my heart is cold. Now you know I've always loved you.

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Benjamin L. Cohen
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› PROFESSION/ETUDE : PDG DU GROUPE HÔTELIER INTERNATIONAL "COHEN DELUXE", ANCIEN FLIC DANS LA BRIGADE DES MŒURS ;
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Sam 12 Nov - 1:56



Babe, there's something tragic about you
ally n. fleming — benjamin l. cohen



C’était la fin. Celle d’une histoire d’amour tout à fait ordinaire en apparence, tout à fait bouleversante à l’intérieur. C’était la preuve ultime que Benjamin était capable d’aimer, qu’il était capable de ressentir quelque chose. C’était sans doute les plus beaux moments de sa vie, les plus beaux instants, la plus belle histoire de toute une existence. Et c’était terminé. Il n’y avait plus l’excitation du début, l’émotion du milieu. Benjamin était à la fin, là où ses sentiments sont forcés à disparaitre, où à se cacher dans l’ombre. Là où le parfum de la vie lui ris au visage, chantant qu’il ne méritait pas ça depuis le début et qu’il aurait dû mieux se préparer à l’inévitable. Il l’avait prédit, pourtant. Une partie de lui s’était même préparé, mentalement, à la fin. Sauf que malgré ses bons sentiments, ça n’avait servi à rien. Il aimait Ally et il aimait être à ses côtés. Il aimait passer du temps avec elle et se perdre avec elle. Il aimait même la personne qu’il était lorsqu’il partageait ses journées avec le médecin légiste. Il en oubliait souvent ses histoires d’héritages, sa noblesse présumée et son monde riche et superficiel. Avec Ally, il avait connu la simplicité. Il avait connu le genre de monde où tout ce qui est nécessaire, et utile et bon pour soi. Personne n’avait réussi à lui faire ressentir un chose pareil, pas après la déception de son premier mariage. Pas après cette fois qui avait accepté un chèque plutôt que l’amour d’un cœur sincère. Il avait eu le droit, avec Ally, à une seconde chance. A un second amour. Et il l’avait savouré, épuisé peut-être. Le sort qui lui était aujourd’hui réservé, il l’avait sans doute mérité. Parce qu’une chose était certaine : Benjamin Cohen n’était pas quelqu’un de bien. Loin de là. Peut-être l’avait-il était face à Ally. Après tout, il s’était montré drôle, sincère et attentif. Parfois généreux, parfois boudeur et jaloux, mais passionné. Aimant. Prêt à tout pour que la jeune femme ne manque de rien. Prêt à tout pour la faire sourire et la rendre heureux. Le genre d’homme qui visiblement, et satisfait avec rien. Soit l’inverse même de la réalité. Soit le contraire de ce qu’il est réellement. La trahison qui entourait son être aujourd’hui, était justifié. Ally avait tous les droits de le détester, de perdre en lui toute confiance, parce l’homme qu’il était à ses côtés, était clairement une façade bien façonné, construit dans un but bien précis : lui plaire.

Après tout, Ally l’aurait-elle vraiment aimé s’il avait été sincère ? Lui aurait-elle donné une chance s’il lui avait laissé entrevoir les démons qui sommeillaient en lui ? La réponse était non. Non, parce que Benjamin était dangereux. Il aimait le danger comme il aimé le créer. Il était aussi égoïste, insatisfait, possessif et jaloux à l’extrême. Il aimait l’opulence dans laquelle il avait grandi, il aimait le pouvoir que cela lui avait donné. Quelque part, il était toujours cet enfant roi. Les gens qui lui disaient non, finissaient toujours par changer d’avis. Benjamin était aussi quelqu’un d’impulsif. Quelqu’un qui n’avait pas peur de faire ce qu’il voulait, quand il le voulait. Qui tendait la main pour attraper ce dont il avait besoin. La facilité, en voilà une chose qui lui plaisait. Qui lui avait toujours plus. Mais il n’avait rien contre un bon défi. Il n’avait rien contre les jeux et c’était un très bon gagnant, comme un très mauvais perdant. Mais le pire, c’était son ambition. C’était cette chose qui animé son esprit, qui le dévorait parfois. Benjamin Cohen était prêt à anéantir les âmes qui se présentaient sur sa route, si cela pouvait l’aider à aller au sommet. Il n’était pas idiot, Benjamin. Il sait qu’il a le physique d’un mec charmant, qu’il peut jouer du regard, qu’il manipule comme il respire. Il sait aussi, quand une cause est perdue. Et clairement, son amour pour Ally était une cause perdue. Il ne sait pas du tout comment c’est arrivé. Il ne se souviens pas du jour où il a réalisé ce qu’il ressentait à son égard. C’était comme si c’était arrivé sans qu’il ne le remarque. Comme si c’était prévu, depuis le début, qu’il devienne fou. Fou d’elle, accroc à elle, comme si elle était une drogue dure dont il ne pouvait plus se passer. Et cette addiction était terrible. Parce que l’amour est une chose si forte, si belle sur le moment venu, qu’on en redemande toujours. Et que Benjamin allait probablement passer sa vie à murmure Ally à chacune de ses respirations, jusqu’à sa mort, sans jamais la retrouver.

Cette sensation, cette fin, venait de briser son cœur alors qu’il regardait la route devant lui. Alors qu’il avait tourné le dos à la porte et qu’il sentait l’émotion remonté comme une vague énorme. Il ne pouvait pas nier ce qu’il ressentait, tout comme il refusait de croire que ce qu’il avait vécu n’avait jamais existé. Il avait menti à Ally sur qui il était, mais cela ne voulait pas dire que ce qu’ils avaient connu ensemble était faux. Et Benjamin se sentait dévasté par l’idée qu’Ally allait se souvenir d’eux, en se basant sur cette dernière rencontre. Sur cette dernière confrontation. Sur l’affirmation ultime que Benjamin Cohen n’était qu’un menteur, un meurtrier et qu’elle avait aimé, qu’elle avait eu confiance en la mauvaise personne. Il ne se fichait pas mal des dégâts que pouvait lui imposer la fin de cette histoire. Il survivrait, malgré la peine et le vide. Benjamin ne s’en remettrait jamais vraiment, mais au moins, il était assez fort pour retourner en enfer sans regarder une dernière fois le paradis.

Tremblant, il essayait de ne pas laisser les émotions s’exposaient. La villa, il ne voulait absolument pas qu’elle le lui donne. Il n’arriverait plus à y retourner, pas sans elle. Il n’arriverait pas à vivre avec son refuge inaccessible. Il ne pouvait pas, tout simplement. Mais ce n’était pas ce qu’elle voulait. Et c’était là la preuve de son égoïsme. S’il voulait qu’elle soit heureuse sans lui, il devait accepter qu’elle tourne la page, non ? Qu’elle abandonne ce qui lui tenait à cœur. Ce qui représentait pour lui, l’engagement ultime. La dévotion totale. D’une manière ou d’une autre, il s’efforce de retenir les larmes qui le submerge. Il a l’impression qu’il va se noyer. Une partie de lui venait de se briser alors qu’Ally lui disait qu’elle n’en avait rien à foutre. Les choix de ses mots étaient terribles. Terrible…. Il n’a pas envie d’argumenter quoi que ce soit. Il n’a pas le droit d’essayer de sauver quoi que ce soit. Cette histoire elle est fini, il doit l’accepter. « - Je sais. » Ajoute-t-il tout de même. Il sait qu’elle n’était pas avec lui pour son argent, à l’inverse de Naya. Il sait parce qu’il ne lui a jamais rien offert de trop volumineux, de trop luxueux. Il l’a gâté en nourriture, en petit détail, en muffin d’ailleurs… Il avait toujours su qu’elle ne voulait pas de sa richesse et c’était exactement ce que cette villa représentait. Oui, elle valait des millions. Mais elle avait une richesse sentimentale qui avait, aux yeux de Benjamin, plus de valeurs que les millions de son chiffre de vente. Il profite du fait qu’Ally disparaisse pour essuyer les larmes sur son visage, pour grimacer aussi. Il n’a pas envie d’attendre, il n’a pas envie de partir non-plus. Il détourna le regard, de nouveau vers la route, de nouveau vers le ciel. Il était incapable de partir, parce qu’il l’aimait. Parce qu’il voulait faire durer ce moment, au maximum. Il le savait. Il le ressentait. Finalement, un bruit l’interpelle et le pousse à croiser le regard d’Ally. Le pousse à voir cette main, tendant un petit trousseau de clef. Benjamin hésite. Il hésite à s’avancer vers elle et à prendre les clefs et le fait qu’Ally reprenne la parole lui donne raison de ne pas bouger.

Il laissa tomber tout masque qu’elle laissa échapper qu’elle l’aimait. Sa main se change en un poing qui se rapproche de son visage, alors qu’il essaye de se retenir. Ses yeux évitent de nouveau la porte et il cherche. Il cherche qu’elle pourrait être la réponse à tout ça. A cette question surtout. Ally est dans un état. Un état douloureux à voir. Il a envie de la prendre dans ses bras, de lui dire que tout va bien. Que lui aussi, il l’aime et il n’aime qu’elle. Qu’il est prêt à tout pour la rendre heureuse. Il n’ose rien dire. Il préfère garder le silence et ce silence pousse Ally à hurler. Que devait-elle faire maintenant. La question ultime, la voilà. Ses larmes coulent, a lui aussi. Elle profite du fait d’avoir fermé la porte pour pleurer, il profite également. Il ne devait pas être beau à voir, la tout de suite. Submergé par la tristesse de ses erreurs. C’est alors que la porte s’ouvrit de nouveau, sans la sécurité. La porte s’ouvre en grand et Benjamin essaye de cacher ce qu’il a osé laissé échapper.

« - M’oublier. » Dit-il d’une voix tremblante, peu convaincu, mais certain que c’était le mieux. Il a l’air terrassé par l’idée. Il a l’air détruit par cette perspective, mais pourtant, c’est ce qui doit être fait. « - Parce que je ne suis pas un mec bien. » Il décide de nettoyer son visage été de reprendre son sérieux. Il décide de reposer son regard sur elle, convaincu. « - Tu as toute les raisons du monde, Ally. Oublis-moi. » Et il ne plaisante pas. Pour la première fois depuis l’autant, il est le plus honnête du monde. Le plus sincère. « - Et détestes-moi, s’il te plait. Détestes le mec que je suis. Le meurtrier, le menteur. L’infidèle. Le riche héritier qui peut tout faire. Le flic qui n’en a rien à faire de la justice. Hais-moi, Ally. » Il se rapproche. Malgré le danger. « - Hais l’homme qui a toujours su qu’en t’aimant, tu aurais le cœur briser. Et qui en te brisant le cœur, à briser le sien. » Il s’arrête. Il s’arrête et il ne respire plus. Ses yeux sont plongés dans ceux d’Ally et son cœur s’arrête. C’était ça, le pire. Il s’était détruit et il l’avait détruit, par la même occasion. Peut-être que si elle l’oubliait, peut-être avait-elle une chance de trouver le bonheur ailleurs. Mais lui ? Lui, il était condamné. C’était fini d’eux, mais c’était aussi clairement fini pour lui. Il ne pourrait plus jamais aimer, parce qu’il n’aimerait plus jamais qui que ce soit d’autres. C’éait fini pour lui, parce qu’il ne serait plus capable d’être l’homme qu’il a été à ses côtés. L’avenir n’avait plus rien de doux. Il n’y avait plus cette option où il pourrait s’échapper avec Ally. C’était fini, il était condamné à une sentence bien pire que la prison, que la mort. Il était condamné à une vie sans elle.


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Ally N. Fleming
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Sam 12 Nov - 20:20




Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


Ally n'était plus sûre de vouloir faire face à toute cette réalité-là. Elle devait en passer par là pour reprendre le contrôle de sa vie, elle le savait; sa raison le lui avait crié pendant des mois, même si elle s'était laissée ensevelir par le déni. Lorsqu'elle avait reconnu la silhouette de Cohen devant son appartement, il n'y avait qu'une raison qui l'avait poussée à affronter la situation : mettre fin à toute cette mascarade. Pas pour lui, pas pour l'aider dans sa transition; elle se répétait en boucle qu'elle devait ne rien en avoir à faire de ce qu'il pouvait vivre maintenant, parce qu'il n'avait rien eu à faire de ce qu'elle avait pu vivre elle. Elle repensait encore beaucoup trop souvent à cette belle soirée remplie de promesses lors de laquelle on lui avait arraché son copain des bras. Il lui semblait que la vie ne l'épargnerait jamais complètement. Elle ne lui avait accordé que quelques mois de bonheur, d'un bonheur colossal, mais d'un bonheur qui avait toujours voué à trouver une fin. Elle aurait pourtant du savoir où tout ça la mènerait. Par superstition, peut-être déjà; parce qu'elle n'avait jamais aimé comme elle aimait cet homme-là, et parce qu'elle l'avait connu dans un des pires moments de sa vie. Mais si elle n'avait pas voulu croire à cette étrange superstition, elle aurait au moins pu avoir la sagesse de réfléchir plus de deux secondes à ces quelques mots déchirants qu'il n'avait pourtant que trop prononcé. Tu me quitteras, toi aussi... Et elle lui avait promis, elle lui avait promis que non, qu'elle l'aimerait toujours, qu'elle bougerait des montagnes pour lui, atteindrait les étoiles les plus lointaines et regarderait les programmes les plus débiles que la télévision américaine pouvait proposer. Parce qu'elle l'aimait. Parce qu'elle l'aimait, et parce qu'elle était persuadée de le connaître plus qu'elle se connaissait elle-même... C'était aujourd'hui qu'elle payait le prix de cette grossière erreur, plus encore que lorsqu'elle avait lu la lettre que lui avait généreusement envoyée le corbeau. Elle ne souffrirait probablement jamais plus autant qu'elle souffrait à cet instant précis. Le regard de Ben lui rappelait tout ce qu'elle avait tant aimé, tout ce qu'ils avaient vécu et tout ce qu'ils auraient encore du vivre... s'il n'avait pas menti. Les quelques mois qu'elle venait de passer, aveuglée par le déni, lui paraissaient soudainement comparables à une promenade de santé. Elle pensait à Gidéon et à Tom et à tout cet alcool qu'elle avait bu pour oublier Cohen, mais qui n'avaient fait que lui rappeler son absence. C'était ce que serait sa vie, maintenant : un vide constant, un vide laissé par Emma, un vide laissé par Jagger, par Donovan, par Graham... un vide laissé par Benjamin. Sa vie était une succession d'abandons, de déceptions. Elle avait quitté la côte est pour la Californie, remplie d'espoirs et de rêves, mais elle l'avait appris au fil des années : la météo douce de l'état d'Hollywood ne pouvait rien changer à une vie destinée à être une suite constante d'essais ratés. Oh, qu'elle aurait aimé en parler à Jagger... qu'elle aurait eu besoin d'elle, à cet instant précis. Qu'elle aurait eu besoin d'entendre quoi faire, parce qu'elle, elle ne savait absolument pas quoi faire. Elle était toute seule face à l'une des pires situations dans lesquelles la vie l'avait mise. Il y avait eu Emma, et maintenant il y avait Benjamin.

Comment était-elle supposée réagir ? Existait-il même une façon idéale de le faire ? Quelqu'un avait-il seulement déjà vécu cette situation toute particulière dans laquelle elle se trouvait ? Elle était persuadée que non. Il n'y avait probablement qu'elle pour tomber éperdument amoureuse d'un meurtrier et d'un menteur, et pour laisser cet amour nouveau l'aveugler au point de la mettre dans une position pareille. Elle n'aurait jamais du croire à ce conte de fée éveillé. Elle n'aurait jamais du croire en la beauté de cette renaissance, à toutes ces promesses que lui avaient faites Benjamin lorsqu'ils s'étaient, enfin, à la lueur des éclairs, trouvés. Elle n'aurait jamais du croire qu'on puisse l'aimer, réellement, sans arrière-pensée et sans que quelque chose ne puisse tout ternir. Elle n'avait jamais été faite pour ces choses-là, et elle l'avait toujours su. Elle riait lorsque les autres parlaient d'amour. Il n'y avait qu'à Jagger et Donovan qu'elle croyait vraiment, parce qu'ils étaient ses amis, et parce qu'elle ne pouvait pas se mettre en tête l'idée que Jagger puisse la quitter pour quelqu'un d'autre qu'un homme qu'elle aimait réellement de tout son cœur et de toute son âme. Lorsqu'ils avaient cédé l'un à l'autre, oubliant toute la mascarade qu'ils avaient tenue plus d'un an, Ally avait su que ces choses-là étaient réelles, elle avait compris tout ce que Jagger avait pu lui dire. Ou tout du moins, elle avait cru. Peut-être qu'elle avait été amoureuse -c'était même une certitude, elle avait aimé un homme pour la première fois de sa vie, et sans doute la dernière aussi. Mais cet amour pur auquel les autres voulaient faire croire et que les films lui rabâchaient depuis sa plus tendre enfance ne pouvait pas exister. Il ne pouvait pas être simple et beau et doux comme elle l'avait cru depuis que Benjamin lui avait montré le chemin. Celui qu'il lui avait présenté était vil, intimidant, sévère et cruel. Elle ne voulait plus être amoureuse, et pourtant, elle savait qu'elle le serait probablement jusque sur son lit de mort. Elle aimait Benjamin comme la folle qu'il avait fait d'elle, et elle serait toujours folle de lui. C'était son esprit qui lui hurlait de prendre une décision intelligente et de ne pas succomber à tout ce qu'il avait fait naître en elle. L'amour n'avait plus la même valeur s'il était entaché par le mensonge, lui hurlait-il. Il lui criait de fuir tant qu'il était encore temps -parce que oui, il était encore temps. Elle perdrait sans aucun doute son cœur dans cette bataille, mais la guerre s'arrêterait là. Elle ne voulait plus subir de pertes ou d'abandons, elle ne voulait plus être considérée comme indigne de confidences, aussi sombres soit-elle. Elle avait vécu pour lui. Tout ce temps, c'était pour lui qu'elle avait vécu. Elle avait presque oublié la joie que lui procurait son travail, parce que celle qu'avait su créer Benjamin par sa simple présence la surpassait de loin. Il était devenu une passion à laquelle elle retournait avec joie tous les soirs, plus encore que la médecine, que Grey's Anatomy ou son menu de sushis préférés; plus encore que les trois réunis. En finalement si peu de temps, il était devenu sa raison de vivre, celui qui rythmait ses journées et ses nuits, qui créait ses plus beaux moments, ses plus souvenirs et ses plus beaux rêves. Que lui restait-il à présent ? Une succession de doutes. Avait-il au moins été réel avec elle ? L'avait-il aimé comme il ne cessait de le prétendre ? Elle ne le saurait probablement jamais, et pourtant, elle crevait d'envie de le savoir. Elle avait besoin de le savoir, pour pouvoir avancer, tourner la page. Sa raison n'attendait qu'une chose, qu'il lui dise que tout n'avait été qu'un mensonge. S'il l'avait aimée ? S'il l'avait aimée...

Il l'avait aimée. C'était ce qu'il lui hurlait depuis qu'ils étaient séparés par cette porte. Cette même porte qui remplaçait celle qu'il avait défoncée en tant que policier, plus d'un an auparavant. Elle n'arrivait même pas à penser à toute l'éthique contre laquelle il était allé dans son travail. Elle pensait à elle, à eux, et un peu aussi à cette vie qu'il avait ôtée pour son propre intérêt. Elle se croyait souvent dans un mauvais film de gangsters. Ces aventures-là n'étaient belles que sur écran, pour faire évader quelques esprits ennuyés par leur quotidien. Mais son quotidien à elle lui allait parfaitement; pourquoi cette nécessité de tout bouleverser ? Elle se surprenait parfois à vouloir vivre encore, même quelques heures, dans ces mensonges qu'il lui avait servis durant tout ce temps. Elle avait vraiment cru que cette aventure-là, à ses côtés, serait sa dernière grande aventure, l'aventure qui l'accompagnerait jusqu'à la fin. Elle avait été persuadée que cette nuit-là, lorsqu'ils s'étaient abandonnés l'un à l'autre, avait marqué le début du reste de sa vie. Mais la réalité était cruelle et vicieuse : cette aventure-là n'avait été qu'une parenthèse dans sa vie, une parenthèse faite d'illusions, de mirages et de mensonges. Oh, qu'elle rêvait encore à ce passé... qu'elle rêvait aux bras de cet homme pour qui elle aurait tout donné.

Il ne voulait pas récupérer les clés, mais elle ne voulait pas les garder. Elle avait pesé chacun de ses mots : elle n'avait plus rien à faire de cette villa, parce qu'il ne serait plus là. Elle ne pourrait plus poser les yeux sur les lieux sans penser à tout ce qu'ils y avaient partagé, tous les deux. La terrasse, face à la mer, lui rappellerait leur première soirée là-bas, cette clé qu'il lui avait donnée, les sushis qu'il lui avaient offerts et la façon qu'ils avaient eue d'inaugurer leur première nuit en cette villa. La cuisine lui rappellerait leur premier petit déjeuner, et tous ceux qui avaient suivi. La grande chambre dont la vue donnait sur l'océan n'irait pas sans lui remémorer la tendresse avec laquelle il l'avait serrée contre lui, face au spectacle qu'offrait la pleine lune au-dessus de l'océan Pacifique, mais aussi toute cette passion dont ils avaient imprégné les lieux, jour après jour, nuits après nuits. Cette villa s'était imprégné d'eux, de l'amour qu'ils se portaient, de la malice et de la passion avec lesquelles ils se le montraient. Comment aurait-elle pu garder cette clé ? Elle la lâcha dans un soupir, et le cliquetis du petit trousseau qui rencontrait le sol raisonna un bref instant dans le silence grave du moment.

Mais la question la plus difficile fut sans aucun doute celle qu'elle posa ensuite. Elle n'était pas sûre de vouloir en connaître la réponse, mais sa raison, cette putain de raison, la suppliait de tirer les choses au clair. Le regard fuyant de Cohen semblait déjà répondre pour lui, mais Ally, désespérée, s'accrochait encore à ses lèvres. Elle avait besoin qu'il lui dise, qu'il avoue. Elle avait craché le morceau : elle l'aimait encore, et le désespoir avec lequel elle lui avait craché cette vérité en plein visage ne pouvait que laisser supposer la douleur qu'impliquait un tel amour, mais aussi toute la passion qu'il suscitait encore en elle. Pour combler le silence qu'il ne semblait pas prêt de briser, Ally aurait pu parler encore de longues minutes, mais elle décida de claquer la porte quelques instants. Juste ou deux secondes, le temps pour elle de se recentrer. Aussi crue et moche soit-elle, elle l'avait eue, sa vérité. « M’oublier. » Le verbe était tombé brutalement, tranchant, alors que le regard trouble de la rousse laissait transparaître toute l'incompréhension et la détresse qui s'était subitement emparée d'elle. S'il n'avait plus la force de se battre... « T'as pas besoin de me supplier, je te hais déjà ! » Sa voix était plus tremblante encore qu'auparavant, à deux doigts de se briser. Elle le regarda briser la distance qui s'était instaurée entre eux et eut un mouvement de recul. Plus qu'elle le détestait lui, elle détestait le discours qu'il tenait à présent, comme si plus rien à présent n'était important. Je vais quand même pas m'excuser de t'avoir brisé le cœur, eut-elle envie de hurler alors qu'elle restait sans voix, médusée par l'intensité inattendue du moment. Qu'elle aimait ce regard. Elle eut envie de poser sa main sur sa joue, de l'embrasser comme jamais elle ne l'avait embrassé. Elle eut envie de lui, tout autant que de le frapper et de l'enfermer dans son four -préalablement préchauffé à 230°C. Alors elle resta muette, la bouche entre-ouverte pour respirer maladroitement, à bout de souffle, le regard planté dans celui de l'être aimé. Le bleu de ses yeux semblait avoir pris une autre teinte que celle qu'elle lui avait tant connue; il paraissait plus foncé, comme si le monde océanique qu'ils renfermaient s'était brutalement assombri et enragé, en proie à des tempêtes grises, brutales et cruelles. « Alors c'est ce que tu veux ? » laissa-t-elle échapper dans un soupir à peine audible. « Que je quitte ta vie pour de bon ? » Elle le suppliait du regard. Elle le suppliait de ne pas la laisser, de ne pas donner à sa raison une occasion de plus de prendre le dessus et d'exiger une fuite définitive. Elle ne voulait pas fuir, parce qu'elle savait qu'elle ne vivrait plus jamais réellement. Elle ne vivait déjà plus réellement depuis qu'elle avait reçu cette lettre, et si c'était à ça que devait ressembler sa vie, alors elle n'était plus sûre de vouloir la vivre.


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Benjamin L. Cohen
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› PROFESSION/ETUDE : PDG DU GROUPE HÔTELIER INTERNATIONAL "COHEN DELUXE", ANCIEN FLIC DANS LA BRIGADE DES MŒURS ;
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Sam 19 Nov - 23:07



Babe, there's something tragic about you
ally n. fleming — benjamin l. cohen



« - Alors c’est ce que tu veux ? » Il resta immobile, incapable de bouger, incapable de parler, incapable même de respirer. Il ne regardait qu’elle, comme s’il s’accrochait à ses dernières secondes. « - Que je quitte ta vie pour de bon ? » Ses paroles sonnèrent comme le bruit sourd de la fin d’une histoire. Le point final d’un dernier chapitre. C’était à lui décider maintenant. A lui de choisir. La douleur ne se fit que plus vif dans son âme. Non, il ne voulait pas. Il ne voulait pas qu’elle disparaisse. Il ne voulait pas qu’elle quitte son univers. Il était trop attaché à elle, trop amoureux, trop accroc à elle pour la laisser partir. Et en même temps, avait-il le droit de lui demander quoi que ce soit ? Après tout ce qu’ils avaient vécus et la manière dont elle avait découvert qui il était, pouvait-il lui demander d’accepter ce qu’il avait fait ? Pouvait-il lui demander de l’aimer, malgré tout ? Il n’était pas certain de vouloir dire quoi que ce soit maintenant. Il n’osait pas, ni prendre la parole, ni dire ce qu’il avait envie de dire. Benjamin était quelqu’un qui prenait, sans hésiter, ce qu’il désirait. Jusqu’ici, il n’avait aucun problème pour faire ce ça, quitte à blesser des gens pour. Quitte à détruire des vies pour son propre plaisir personnel. Mais ce qui était en train de se produire, dépassé ses propres désires. Avec Ally, il avait appris à ne pas penser qu’à lui. Il avait appris qu’il était possible de tendre la main aux autres parce que ça les rendaient heureux, parce que ça faisait du bien de donner sans vouloir recevoir quoi que ce soit. Prendre soin de l’être aimé, c’était une chose qu’on lui avait arraché, brisé, qu’on avait détruit et qu’Ally avait ramené. Comme si durant des années, Benjamin s’était retrouvé aveuglé par la colère et la tristesse. Et que tout ce qui se passait depuis quelque mois, le pousser à revenir à ce stade. Il y avait des mains invisibles qui l’avaient attrapé et qui le tiraient loin d’Ally, loin de ce qu’ils avaient vécus, parce qu’il était évident que depuis le début il n’avait pas eu le droit à elle. Depuis le départ, il avait enfreint toutes les règles pour être à ses côtés, pour la découvrir, pour l’aimer.

C’était peut-être le plus dur : Benjamin aimer profondément Ally. Il ne l’avait jamais imaginé dans son futur, sachant par avance que ce moment arriverait, mais il l’aimait. Il savait qu’il serait capable de beaucoup pour elle, qu’il serait capable de tout changer pour elle. Il aimait la force qu’elle lui apporterait, ses grands yeux expressifs, sa voix… Sa présence ses côtés lorsqu’il se réveillait le matin, ses références dont il ne connaissait rien, son humour. Sa façon de vivre, de le regarder. Quelques secondes pouvaient désormais paraitre des heures tant Benjamin était en train de se perdre tout entier. Il se noyait dans ce regard qu’il connaissait par cœur, qu’il chérissait. Il se noyait parce qu’il avait envie de se noyer, parce qu’il avait de disparaitre dans un gouffre loin de la réalité, avec elle. Il était certain que ce qu’il lui disait, était la meilleure chose à faire. Que sans lui, elle irait mieux. Qu’elle trouverait probablement quelqu’un d’autre. Qu’elle aurait une vie différente, mais sans doute moins désastreuse, moins dangereuse. Il savait aussi qu’il serait incapable d’accepter que qui que ce soit l’approche. D’accepter que qui que ce soit prenne sa place, à lui. Il était, par avance, détruit à l’idée de la perdre définitivement, à l’idée de ne plus pouvoir vivre à ses côtés. De ne plus être autorisé à gouter à ses baisers. « - Ai-je vraiment le droit de te demander de rester ? » Sa voix est aussi audible qu’un léger murmure tant il se sent coupable de dire ça. Tant il se dit qu’il ne devrait pas, qu’il n’a aucun droit de s’accrocher encore à elle. Il essaye de se contenir, de refuser à son corps de se rapprocher d’elle encore plus. Il ne peut que l’observer et sentir que c’est le moment de partir. De lui tourner le dos, aussi déchirant cela puisse être. Il senti que sa main se leva légèrement, que ses doigts se déplièrent et frôlèrent la joue d’Ally. Il ne pouvait pas la toucher, mais ressenti un frisson le parcourir. Comme si c’était le cas. Comme si Ally ferait toujours partie de lui, quoi qu’il advienne. Malgré la fin, son corps continuerait de demander sa présence. Son être continuerait de vouloir son âme contre la sienne. « - Le fait de t’aimer, ça ne sera jamais suffisant pour… » Une larme trouve son chemin sur sa joue alors qu’il étouffe la suite de sa phrase. Il parvient tout de même à trouver le courage. « - Pour que tu acceptes qui je suis. » Finalement, sa main s’envole et il refuse.

Il refuse de se dévoiler ainsi. Car l’idée qu’Ally n’accepte pas celui qu’il est réellement, pourrait le détruire plus encore que ce moment précis. Benjamin n’a jamais été l’enfant modèle et son père n’a cessé de lui répéter. Clairement une déception, il ne pouvait pas être une nouvelle déception pour elle. Quelque part, le fait qu’elle n’ait connu qu’une belle facette de lui, était réconfortant. La seule raison de cette fin, c’était parce qu’il avait caché le reste. Il avait caché le terrible. Si elle entrait dans sa vie avec cette idée de le découvrir vraiment, alors peut-être que finalement, elle finirait par comprendre qu’elle ne l’aime pas. Qu’elle n’a aucun sentiment pour cet homme et ça, ça lui ferait trop mal. D’autres larmes décidèrent de sortir de l’ombre et Benjamin recula, sa main format un point et se rapprocha de son propre visage alors que tout ce qu’il désirait désormais, c’était qu’Ally ne le regarde pas. Qu’elle ne pose pas son regard sur lui. Qu’elle ne voit pas cette partie de Benjamin, si faible, si pathétique. « - Oublis-moi, car il n’y a rien à sauver. » Finit-il par lancer, plus briser que jamais, plus dévasté encore, essayant désormais de puiser en lui toutes les forces qui lui restaient pour partir. Pour lui tourner rapidement le dos et faire quelques pas. A ce rythme, il risquait vraiment de se trahir lui-même. Il risquait vraiment de choisir de tout faire pour qu’Ally revienne. Malgré ce que cela impliqué, malgré le futur peu flatteur que cela lui donnait. Il lui avait déjà fait tant de mal, il ne pouvait pas se permettre d’en faire plus. Quelques secondes, quelques secondes auraient suffi à faire pencher la balance. A le rendre plus faible encore, à prendre Ally dans ses bras et à l’embrasser comme jamais. Quelques secondes auraient pu tout changer, mais Benjamin savait. Que le seul moyen pour qu’Ally soit heureux, c’est qu’elle vive sans lui. Qu’ele parcours le monde sans lui et qu’elle affronte le pire, sans lui. Elle pouvait s’en sortir, il le savait. Elle pouvait le faire. Parce que Benjamin voulait sincèrement croire que c’était la bonne solution. Il voulait croire qu’il était capable de ne pas être égoiste avec elle. Qu’il était capable de lui offrir une chance de tout recommencer, avec un autre, avec une vie meilleure.

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Ally N. Fleming
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Dim 20 Nov - 2:26




Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


Ally n'avait qu'une réelle envie à ce moment précis : qu'ils se retrouvent. Elle ne savait pas ce que demain leur apporterait, mais elle savait ce qu'hier lui avait fait endurer, et elle avait besoin d'une parenthèse dans cet enfer qu'était devenue sa fin depuis qu'il l'avait quittée. Ou plutôt, depuis qu'elle avait quitté celle de Benjamin. Car elle le savait, cette séparation avait été sa seule décision, mais Cohen en avait été l'unique responsable. Elle n'arrivait toujours pas, et ce malgré les tentatives d'explications qu'il semblait vouloir lui donner aujourd'hui, à oublier tout ce qu'elle avait appris d'une seule lettre. Elle avait su depuis bien longtemps, pourtant, que quelque chose ne collait pas. Elle l'avait su au moment précis où elle avait trouvé ces lettres dans la boîte à gants de la voiture de Benjamin, mais, perdue dans cet amour qu'elle lui portait, elle avait volontairement décidé de ne pas y prêter attention avant d'y être contrainte d'une façon ou d'une autre. Et ce qui l'avait contrainte à faire face à ces angoisses-là avait été l'interruption de leur nouvel an idyllique par tout un groupe de policiers armés. Ally s'était retrouvée impuissante, les bras levés, tenue à l'écart de ceux qui embarquaient son copain. Même lorsque les lettres du corbeau cachées dans la voiture de Cohen avaient fait irruption, elle n'avait pas osé imaginer le genre de choses qu'il pouvait lui cacher avec tant de ferveur. Oh, imaginer, si... mais concevoir ? Elle avait pensé à des meurtres ou aux pires ignominies qu'un être humain pouvait perpétrer, mais jamais elle n'avait réellement conçu qu'il pouvait en être capable. Le Benjamin qu'elle connaissait et qu'elle aimait était rempli de tout une flopée de défauts qu'elle aimait presque plus que ses qualités, mais... les révélations que lui avait apprises le corbeau étaient allées beaucoup trop loin pour qu'elle arrive à les accepter et à les traiter correctement. Un flic des mœurs qui n'avait aucun scrupule, aucune morale ? Un flic meurtrier ? Un flic qui... qui utilisait son charme pour parvenir à ses fins... car c'était ce qu'il venait de lui avouer à demi-mots. Pourquoi lui avait-elle posé la question ? Elle aurait du connaître la réponse d'elle-même. Elle n'arrivait pas à se croire aussi stupide, et pourtant la vérité venait bel et bien d'éclater au grand jour. Elle ne savait pas lequel de ces mensonges était le pire. Il semblait les accumuler comme pour se prouver qu'il pouvait le faire, comme pour se prouver qu'un seul n'était pas suffisant. Par-dessus tout, Ally se sentait trahie jusqu'au plus profond de son être, et par-dessus tout, elle se sentait stupide. Stupide d'avoir cru qu'un homme bon pouvait l'aimer, stupide qu'un homme pouvait l'aimer tout court. Stupide de ne pas avoir vu clair dans son jeu, stupide de s'être laissée berner, stupide de s'être presque volontairement laissée aveugler par l'amour qu'elle lui portait. Stupide, aussi, de s'être transformée en une femme guidée par ses sentiments avant de l'être par sa raison...

Car Ally avait toujours été une femme de raison. Elle n'avait jamais réellement cru à l'amour et en toutes ces beautés que décrivaient films et couples rendus débiles par l'amour. Elle était de ceux qui se satisfaisaient sans grand soucis de quelques parties de jambes en l'air lorsqu'elle en ressentait le besoin. Ces plaisirs-là, elle les connaissait. Ces plaisirs-là, elle les maîtrisait. Ceux qu'avaient crées Benjamin en se rendant indispensable à son bonheur ? Elle les exécrait. Elle détestait être dépendante à ce point-là d'un autre être vivant. Elle se détestait d'être rendu aussi misérable par ces mensonges qu'elle aurait du déceler bien avant. Sa raison lui avait fait défaut, parce que son cœur avait hurlé son désespoir et tout le besoin qu'il avait de battre à l'unisson avec celui de Cohen.

La décision lui revenait, à lui, et uniquement à lui. Elle n'avait pas le courage de se jeter dans ses bras comme elle crevait tant d'envie de le faire, et elle refusait de prononcer ces quelques mots qui mettraient fin à tout espoir et tout avenir entre eux. Malgré les mois et tous ces dialogues qu'elle s'était construits dans son esprit, elle ne s'était pas préparée à cette entrevue, et encore moins à faire ses adieux à Benjamin. C'était à lui que la décision revenait, parce qu'elle n'avait pas le courage de la prendre elle-même, de confronter sa raison à son cœur et sa vulnérabilité à son chagrin. Elle savait que, quelle que ce soit la décision qui seraient prise, une part d'elle mourrait. Si elle se perdait à nouveau avec Cohen, ce serait sa dignité qui en ressortirait totalement meurtrie. Incapable de se battre pour ce en quoi elle croyait, pour ces lois qui les séparaient du chaos, pour le droit à la vie pour lequel elle se battait tous les jours à l'hôpital, pour cette fierté de femme qui acceptait sans broncher d'avoir été trompée. Mais si elle refusait de se laisser berner par cet amour aveuglant, ce serait son cœur qui en pâtirait, et le cœur, elle le savait, n'avait pas les capacités qu'avait le foie de se régénérer. Oh, c'était ridicule, hein, que de réaliser qu'il fallait mieux noyer son foie dans l'alcool que de détruire son cœur avec ce genre de massues... Mais Ally, elle le savait, avait tout à perdre. Benjamin, même s'il s'évertuait à lui expliquer qu'il ne l'avait jamais désiré, avait pris la décision de briser une part d'elle au moment précis où il s'était rendu indispensable à sa survie. Comment pouvait-elle envisager ressortir gagnante, ou ne serait-ce qu'indemne, de cette mascarade ? Il avait crée cet amour qu'elle n'avait jamais imaginé vivre une seule seconde avant de le rencontrer, et dès cet instant, il avait su qu'il finirait pas le lui reprendre. Ally était brisée depuis qu'on lui avait arraché Benjamin de plus théâtrale des façons, mais ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle soit complètement détruite. Elle ne voulait pas le laisser partir; elle ne pouvait pas le laisser partir. Mais ses peurs et le peu de fierté qui lui restaient la retenaient de s'accrocher à lui comme ces femmes rendues désespérées par ces mièvreries de la l'amour. Benjamin était un connard. Benjamin l'avait modelée ainsi; il avait crée en elle une toute nouvelle illusion de laquelle elle ne pouvait plus aujourd'hui se passer. Que devait-elle en faire ? Prétendre qu'elle ne l'aimait pas, qu'elle ne l'aimait plus ? Prétendre que son sens de l'éthique était plus fort que n'importe quoi d'autre ? Mais elle était faible, voilà ce que Cohen révélait aujourd'hui en elle. Elle était faible pour lui, folle de lui. Même maintenant, même après tout ce qu'il lui avait fait même après ce qu'il venait encore de lui révéler, elle lui aurait tout donné. Elle détestait cette impression de ne plus exister s'il n'était pas à ses côtés. Même des mois après avoir avoir arrêté de lui rendre visite en prison, Ally cherchait encore la présence de son corps rassurants sous les draps à son réveil. Elle cherchait encore son regard amusé lorsqu'elle faisait une blague que personne d'autre qu'eux ne pouvait comprendre. Elle cherchait son sourire à chaque instant, son rire, ses baisers. Plus rien n'avait la même saveur, et même le chat que lui avait laissé Nolan en quittant le pays n'arrivait pas à lui rendre cette flamme qu'il avait pris avec lui. Ally ne pétillait plus comme elle l'avait fait. Ally en avait marre de se battre pour tout et d'être battue par la vie. Ally en avait marre de n'être qu'un pion sur un échiquier sur lequel elle n'avait aucun pouvoir. Ally en avait marre de perdre. Alors, peut-être que cette fois... peut-être que cette fois, elle pouvait donner la main à quelqu'un d'autre qu'elle. Peut-être que cette fois-ci, quelqu'un d'autre pourrait choisir pour elle. Peut-être qu'il les sauverait, lui, peut-être qu'il la sauverait... « Ai-je vraiment le droit de te demander de rester ? » Ils n'avaient plus été aussi proches depuis des mois, depuis que les policiers l'avaient embarqué violemment sans lui donner de réelle explication. Elle repensait à ce gâteau au chocolat qu'elle avait maladroitement préparé pour fêter la nouvelle année et auquel il n'avait jamais goûté. Elle n'avait même pas eu la force de nettoyer son appartement avant de le quitter. Elle se demanda un instant s'il avait retrouvé la scène momifié de leur soirée en rentrant de prison. Peu importait, en réalité. Elle n'en aurait pas supporté la vue aujourd'hui, pas avec tout ce qu'elle avait appris depuis, et lui avait bien du rire s'il avait retrouvé le gâteau et les coupes de champagne encore pleines. Ou il avait peut-être eu envie de la tuer, aussi; après tout, elle n'était qu'une femme, et le rôle d'une femme était de nettoyer tout ce qui avait besoin de l'être. Oh, mais que s'imaginait-elle maintenant ? Elle ne savait plus réellement qui était cet homme en face d'elle. Elle n'était même plus sûre de croire qu'il pouvait l'aimer, ou plutôt, de vouloir le croire. Elle baissa les yeux, ses lèvres s'étirant dans une grimace de chagrin, alors que Benjamin frôlait sa joue. « Le fait de t'aimer, ça ne sera jamais suffisant pour… Pour que tu acceptes qui je suis. » Sa voix était un murmure tout au plus. Ally restait sans voix, car elle comprenait parfaitement ce qu'il était en train de lui dire. Son geste était sans doute tout ce qu'il y avait de plus honorable étant donné la situation, mais... il était lâche. Voilà ce qu'il était. Il était lâche, et il l'abandonnait, parce qu'il ne voulait pas se battre. Elle ne méritait sans doute pas qu'il se batte pour elle. Il ne l'aimait pas suffisamment pour qu'il se batte, et elle ne lui manquait pas suffisamment pour qu'il se batte.

Alors, Ally savait comment tout cela s'achevait. Elle savait que son cœur serait le grand perdant de cette histoire, et qu'il pomperait automatiquement tout le sang dont ses organes auraient besoin pour le restant de sa vie. Mais cette vie-là aurait-elle la moindre saveur sans lui ? Non. Elle avait perdu. Elle avait tout perdu, parce que c'était à lui qu'elle avait donné la main, c'était à lui qu'elle avait donné le choix. Elle releva son regard féroce vers lui et remarqua les larmes que les derniers rayons du soleil faisaient étinceler sur ses joues. A cet instant précis, Ally trouvait en ces larmes un peu de réconfort. Même si elle savait que ce n'était pas autant qu'elle, il souffrait. Elle ne le quittait pas du regard, de ce regard orageux, furieux, impétueux. « Oublie-moi, car il n'y a rien à sauver », répétait-il comme pour s'assurer que la crétine qui lui avait servi de copine avait bien compris son message. Oh, elle l'avait compris, son message. Loud and clear. « T'es qu'un lâche », cracha-t-elle en se reculant d'un pas pour retourner dans son appartement. Elle était à deux doigts de lui claquer la porte au nez. « Je suis sûre que quand il s'agissait de laisser tomber la bombasse, t'as jamais eu le même discours. Tu dois encore la sauter régulièrement, puisque t'as été innocenté. Je vous souhaite plein de bonheur. » Elle pesta en silence quelques secondes avant de s'approcher de lui violemment et de tendre un index menaçant vers lui, tout sourcil froncé. « Si tu m'as filé une MST, je te jure que je te bute. » Fulminant, essuyant les larmes séchés qui avaient coulé sur sa peau claire, Ally se rua chez elle et claqua violemment la porte pour se jeter sur son canapé et pleurer toute sa peine. En quelques secondes à peine, elle avait perdu son souffle et son crâne hurlait tout le chagrin que ses larmes n'arrivaient même plus à exprimer. C'était la seconde fois de sa vie qu'elle se sentait se noyer dans ses pleurs à ce point. C'était la seconde qu'elle se sentait arrachée d'une partie d'elle-même. C'était la seconde fois que même les cris et les pleurs ne suffisaient pas à atténuer cette douleur qui s'était emparée de tout son corps et ce manque qui, elle le savait, n'aurait de cesse que de s'amplifier. On lui avait pris Emma... et maintenant, on lui prenait Benjamin. Elle ne serait jamais complète.

I gave him my heart now he's left it to die, and I know I can't go back.


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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Ven 16 Déc - 23:37



Babe, there's something tragic about you
ally n. fleming — benjamin l. cohen



Il savait mieux que personne que l’amour n’était jamais suffisant. Pourquoi des sentiments feraient la différence, face à des choses plus concrètes, plus réaliste ? Benjamin avait grandi livré à lui-même, mais sans l’amour de sa famille, mais il avait tout de même connu cette chose qui lié une mère à un fils et cela par le billet de sa nounou. Qu’est-ce qu’il aurait fait sans Meredith ? Il se serait probablement retrouvé en prison pour des bêtises, ou pire. Il aurait fini comme son père. Il aurait fini par devenir quelque chose qu’il n’était pas et ça l’aurait détruit. Au moins, il savait l’importance de se connaitre soi-même, de s’aimer, et d’aimer les autres. Il avait souffert de ce qu’il avait ressenti pour son ex-femme, et il souffrait aujourd’hui de ce qu’il restait pour Ally. Sauf que la situation était différente. La situation ne se ressemblait en rien. Parce qu’il n’était plus le même, il n’était plus naif. Il avait prédit cette fin, sans se rendre compte que la douleur serait si proche de l’insupportable. Benjamin avait mal, terriblement mal. Son cœur saigné littéralement et l’empêcher de respirer convenablement. Jusqu’ici, il s’était plu à croire que c’était lui qui mettrait fin à cette histoire, qu’il arrêterait tout le moment où il en serait enfin capable. Rapidement, la réalité l’avait rattrapé. Il l’aimait bien trop pour vouloir briser la seule chose qui lui procurait du plaisir. Qui le rendait meilleur. Qui lui donnait l’impression qu’il était bien plus que ce qu’on lui avait toujours souffler à l’oreille. En renonçant à Ally, il renonçait à lui-même. Il était bien trop égoïste pour ça. Alors il avait continué, il avait décidé de sombrer dans cette histoire, mensonges après mensonges, jusqu’à ce que la vérité lui éclate au visage et brise tout. Il avait sous les yeux le résultat de son erreur. Le résultat de ce qu’il avait fait et de ce qu’il perdait désormais.

Pourtant, là, tout de suite, Ally lui disait de prendre cette décision. Elle lui murmurait de choisir pour eux et Benjamin devait le faire. Il savait ce qui s’imposait. Il savait quel choix il devait attraper et la douleur dans sa poitrine se fit plus vive encore. Il avait pourtant envie d’imaginer toutes les possibilités, comme pour se donner l’illusion que tout était possible. Et plus les hypothèses défilaient dans son esprit, plus il savait. Il n’avait pas le droit de lui demander de rester. Il n’avait pas le droit de choisir ce qui lui ferait le plus plaisir après ce qu’il lui avait fait. La culpabilité qui le ronge se dévoile dans ses mots, son regard exprimant avec maladresse ce combat intérieur qu’il menait contre lui-même. La seule chose à faire, c’était partir. Il le ressentait, là, tout au fond de lui. Il devait la laisser. Il devait être capable de la quitter. De briser les liens qu’il avait imposé, créer à ses côtés. Il devait le faire. Parce qu’elle ne le ferait sans doute jamais.

Son regard croisa les yeux hypnotisant de la jeune femme, alors qu’il ne pouvait cacher les rares larmes qui coulaient le long de sa joue. Il avait mal. Il faisait tout pour ne rien dévoiler, pourtant, il avait terriblement, affreusement, mal. Les mots qu’il prononça ensuite semblait avoir tout détruit. Le regard d’Ally changea de ton, comme l’éclair d’un orage féroce sur le point de s’abattre sur lui. Il accepterait tout ce qu’elle lui ferait subir, sans un mot. Il ne réagit pas. Il laisse les paroles d’Ally pénétrait en lui dans le silence le plus complet. Un lâche. Non, ce n’était pas le cas. Pas de son point de vue. Mais ce n’était pas non-plus le moment d’argumenter sur quoi que ce soit. Elle recule alors et chacun de ces pas semble dévorait un morceau de son cœur. Plus elle s’éloignait, plus il se perdait. Il ressent parfaitement la colère d’Ally, il la ressent tellement qu’il se mord la lèvre. Des conneries, ce qu’elle dit. Juste des putains de conneries. Sans plus attendre, elle le menace puis s’envole. La porte claque et Benjamin semble se réveiller d’un rêve terrible. Il lâche un sanglot en silence, fixant de nouveau cette putain de porte qu’il rêve de défoncer de nouveau. Tremblant, il essuie ses joues et tente de quitter les lieux, mais il se sent incapable de bouger réellement. Ses pas sont fragiles. Son corps tout entier est incapable de trouver un équilibre. Finalement, il s’accroche à ce qu’il trouve, comme s’il avait besoin de quelque chose pour éviter la noyade. Il tente de ne pas pleurer, mais tout d’un coup, rien ne peut être retenu. Tout un coup, il oublie même qui il est pour n’être envahi que par une certitude : il était anéanti.

Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas être plus simple ? Le soleil se couche et Benjamin ne peut pas bouger. Il s’effondre, s’installant à instant près de cette porte, étouffant en silence les larmes qui lui restaient. Les centaines de larmes qui lui restaient. Les coudes sur les genoux, les poignets sur les yeux, il y a tout qui remonte. L’œuf qui s’écrase contre lui, Ally dans son pyjama. L’odeur de sa chambre, le son de sa voix quand il la taquine. Il pensa au tee-shirt qu’elle lui avait offert, quand il l’avait porté jusqu’à chez lui comme une princesse.

FLASH-BACK

Il se releva alors subitement prenant le visage d'Ally dans ses mains froides, rapprochant son visage du sien. Il plongea alors son regard dans celui de la jeune femme. Il resta ainsi une fraction de seconde, peut-être un peu plus encore. « - J'ai besoin de toi. Si je ne veux pas perdre la tête, il faut que tu restes toi-même. Tu comprends ? J'ai besoin de toi Ally... » Ses yeux étaient tout humides, tout ce qui lui faisait mal remontait à la surface et il n'arrivait pas à se calmer. Il n'arrivait pas à arrêter la douleur. Il baissa alors la tête, encerclant finalement la demoiselle de ses bras. Il s'accrochait à elle, comme s'il s'accrochait à une bouée de secours : elle était pour l'instant la chose la plus précieuse à ses yeux. « - Tu vas me haïr toi aussi, comme tous les autres. Je le sais, je le sens. Tu finiras par me tourner le dos. Mais avant, je veux simplement qu'on reste comme ça. »

FIN DU FLASH-BACK

Il tenta de se relevait, ses sanglots se faisant plus fort contre sa volonté. Il ne voulait pas penser à tout ça, mais il n’arrivait pas à s’arrêter. Il n’arrivait pas à fermer son esprit. Il n’arrivait pas à retirer Ally de son souffle.

FLASH-BACK

« Mais promets-moi... Promets-moi que tu resteras. Je veux te l'entendre dire. Promets-moi que... tu ne dis pas ça à toutes les filles. Parce que si c'est une partie de jambes en l'air que tu veux, pas de problèmes, on fait ça maintenant et ça se termine comme ça. Mais je veux pas que tu me mentes. J'ai besoin que tu sois sincère... parce que j'ai besoin de toi, Benjamin Cohen. » Il ne disait rien, submergé par des émotions aussi variées qu'inattendues. Les choses se mixaient au fond de lui, créant un ensemble instable, incompréhensible. Se redressant un peu plus, essayant de ne pas pleurer comme un gamin, il tenta de se concentrer dans le silence qui s'offrait désormais à lui. L'orage continuait à battre dehors. Non, il ne voulait pas d'Ally comme un plan cul quelconque. Et puis avec lenteur, ravalant sa salive, il avoua : « - Je te le promet... » Il se perdit un moment dans les yeux d'Ally. « - Je ne m'en irais jamais... » Il senti son coeur se serrait. Il allait foiré, il allait lui faire peur. Il allait lui faire du mal, une partie de lui en avait la certitude. Il était doué pour détruire les choses et pas l'inverse. Il savait par avance qu'il resterait toujours là pour elle, mais qu'elle finirait par ne plus vouloir de lui. Elle allait finir, tôt ou tard, par découvrir qu'il n'était pas digne d'elle. C'était pour ça qu'il disait qu'il était certain qu'elle lui tournerait le dos. Parce que ça serait de sa faute à lui. Parce qu'il cachait des choses qu'il ne pouvait pas lui révéler. Lui, en revanche, pourrait tout accepter d'elle. Même le pire. Même si elle lui brisait le coeur. Il se sentait capable d'affronter n'importe quoi sans pour autant sentir la moindre envie de partir. Elle pouvait le trahir, lui faire du mal, il s'en fichait. Il serait même ravi de mourir par sa main. Tant qu'elle était heureuse, que ce soit avec ou sans lui. Quoi qu'il se passe, il continuerait à la regarder avec ce même regard. Avec ce même sentiment. « - Parce que je t'aime, Ally. »

FIN DU FLASH-BACK

C’était trop. C’était trop. Alors dans un élan soudain, Benjamin retourne face à cette porte, et il frappe. Il frappe plus qu’il ne devrait. Il s’acharne. Il a envie de tout détruire, de tout briser, de tout défoncer, mais il y a une partie de lui qui a compris. Il avait fait une promesse. Il avait juré. Il ne s’en irait pas. C’était elle qui avait le droit de choisir quand partir et comment partir. C’était elle qui avait le droit désormais de le voir réellement et de décider s’il en valait la peine ou non. C’était elle qui avait la possibilité de le briser. Ally avait toute les cartes en main. Il frappe, désespérément. « - Je ne m’en irait jamais ! » Dit-il alors. Tant pis. Tant pis pour tout. Pour ce qu’il était. Pour ce qu’elle allait découvrir. L’amour ça n’était jamais suffisant, mais ce qu’il ressentait était inestimable. « - Je te l’ai promis, n’est-ce pas ? Je me n’en irais jamais… » Sa voix brisée, complétement détruire par son chagrin, l’empêche de dire convenablement : « - Parce que je t’aime, Ally. »


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Ally N. Fleming
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Dim 18 Déc - 0:38



Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


Ses pleurs appartenaient à présent plus au réflexe neurologique qu'à n'importe quoi d'autre. Elle était le désastre dans toute sa splendeur ; son nez coulait en même temps que les larmes quittaient ses yeux dans un flot seulement interrompu par des inspirations désespérées. Elle sentait le sang battre à ses tempes et son crâne hurlait déjà sa douleur. Recroquevillée dans son canapé comme une enfant, Ally attendait la fin de cet enfer. Elle attendait d'être délivrée de ces questions qui s'imposaient encore à elle, mais surtout de ce besoin qu'elle avait de retrouver les bras de Cohen. Non, le revoir ne lui avait définitivement pas permis de tourner la page. Elle qui avait gardé la tête haute des mois durant ne pouvait à présent que constater que le temps n'avait pas lissé les cratères que ce chagrin d'amour avait laissés dans son cœur. Au contraire, revoir cet homme qu'elle aimait de tout son être la détruisait, plus encore qu'elle l'avait été en prenant la décision de ne pas donner de réelle fin à leur histoire. Peut-être que les choses avaient toujours été destinées à finir de cette façon. Elle repensait souvent à tout ce Ben avait pu lui dire, à ces prédictions, à l'époque étranges et incompréhensibles, qu'il avait faites au sujet de la façon dont eux deux devaient finir. Le moment était simplement venu, et il venait de rendre réel tout ce sur quoi elle avait fermé les yeux des mois durant. Mais le fait qu'une destinée quelconque puisse tenir le rôle central de leur histoire ne rendait pas la fin de cette dernière plus douce, et d'aucune façon. Elle ne savait plus réellement lequel des deux avait quitté l'autre; en lui tournant le dos comme il venait de le faire, il lui avait probablement offert l'une des plus belles preuves d'amour qui pouvaient exister. Comment cela était-il censé rendre l'épreuve plus facile ? Dans son esprit, elle dansait encore à ses côtés, aux creux de ses bras, virevoltait sous ses rires, fondait sous cette pluie de taquineries qui l'avaient séduite. Jamais plus elle n'entendrait son rire. Jamais plus elle ne trouverait de réconfort au creux de ses bras ou dans les étincelles de son regard. Jamais plus... jamais plus elle ne serait la Ally qu'elle été à ses côtés. Parce qu'il l'avait forgée toute entière, cette Ally-là, cette Ally qui croyait en ces bonheurs de la vie, et cet amour pur qu'un être pouvait éprouver pour un autre être. Ce n'était plus réellement à lui qu'elle en voulait; c'était uniquement à elle. Elle s'en voulait de ne pas avoir su voir les choses plus tôt, de ne pas avoir su décrypter les appels et les mises en garde de Ben. L'avait-elle réellement connu ? Au-delà de ce qu'il avait été capable de commettre, avait-elle réellement tout su de lui comme il avait tout su d'elle ? Avait-il menti à chaque fois qu'ils se retrouvaient, lorsqu'elle lui demandait comment s'était passé sa journée ? Avait-il une seule fois pensé lui répondre qu'il avait tué quelqu'un, qu'il avait caressé et aimé une autre femme de la façon dont il l'aimait dans l'obscurité rassurante de leurs chambres ? Avait-il pensé à Naya lorsqu'il l'avait touchée, et avait-il pensé à elle lorsqu'il avait touché Naya ? Que s'était-il passé dans son esprit pendant cette année passée à ses côtés ? S'était-il efforcé de devenir cet homme qu'elle aimait pour la douceur que cela lui procurait ? Avait-il enfermé cet inconnu pour lui offrir ce qu'elle cherchait, naïvement, en Benjamin ? Elle pleurait, désespérément, se retrouvait à court d'air autant que de toute envie de continuer à avancer dans cette vie qui continuait à lui mettre des obstacles immenses sur le chemin. Accrochée à l'un de ses coussins fatigués, elle était totalement perdue. Elle ne savait plus de quoi l'avenir serait fait; elle n'était même plus sûre de vouloir en connaître un, parce que sans lui à ses côtés, alors plus rien n'aurait réellement de saveur. Il avait pris la décision pour elle et pour eux deux, parce qu'elle lui avait demandé. Quelle réponse avait-elle attendue ? Cette rupture marquait la fin de quelque chose de grandiose, de passionnel, de beau et de doux et à la fois. Il avait choisi lui-même de tourner le dos à tout c qu'ils avaient pu être, tous les deux. Ses larmes, elle les avait vues, elle qui ne l'avait vu pleurer qu'une seule fois auparavant. Elle voulait tout oublier. Quelle drôle de chose que la mémoire. Quelle cruelle chose que la mémoire. C'était elle qui la meurtrissait le plus; le souvenir de cet amour qu'elle avait cru idyllique et éternel, le souvenir ses étreintes, de ses rires, de ses soirées taquines et de ces nuits tendres. Quelque chose que vous n'avez jamais connu ne pouvait pas vous manquer. Elle voulait oublier; elle voulait tout oublier, pour ne plus souffrir, pour ne plus regretter, pour ne plus vivre dans le passé et simplement se donner une chance de connaître un futur dénué de tous ces drames qui semblaient accrochés à sa vie comme un parasite intestinal aux tripes de son hôte. L'air lui manquait atrocement, mais rien ne lui manquerait probablement jamais autant qu'Emma ou que Benjamin. Elle vivait un second deuil, un deuil qu'elle n'avait pas choisi, un deuil pourtant qui lui avait été donné de choisir quelques minutes plus tôt à peine.

Dans l'écho de ses pleurs et de ses plaintes, étouffée par cet oreiller dans lequel elle hurlait son chagrin et sa colère, Ally n'entendit pas immédiatement les frappes à sa porte. Elle finit par relever subitement la tête, le visage déformé, trempé et gonflé par ses pleurs. Elle passa une main très inélégante sur son nez pour tenter de le sécher et resta stupéfaite quelques secondes. Il y avait plusieurs personnes qui pourraient frapper à sa porte à une heure pareille, à commencer par les voisins qui avaient du subir les cris balancés un peu plus tôt. Qu'ils ne s'en fassent pas, si c'était eux. Tout était fini pour de bon. Ils n'auraient plus à entendre leurs rires à quatre heures du matin, la musique qu'ils mettaient trop fort pour danser ou les cris de satisfaction qu'ils se procuraient sous les draps et sans jamais s'en cacher. Tout cela était terminé. Mais elle savait que ce n'était pas l'un de ses voisins qui frappait avec une telle violence à sa porte neuve -celle qu'elle avait du réinstaller après qu'il l'ait défoncée, près de deux ans plus tôt. Elle savait de qui il s'agissait, et malgré elle, une bouffée d'espoir la saisit. Il n'était pas parti, pas encore, pas tout à fait. Il était là, juste de l'autre côté de cette maudite porte qui ne cessait de les séparer. Elle se releva en essuyant ses larmes comme elle le pouvait, mais lorsqu'elle s'arrêta devant le miroir de l'entrée, elle ne put que constater l'inutilité de ses gestes. Elle était ignoble; une sorcière aux cheveux en pétard, le visage gonflé, les yeux bouffis, le teint rougi par le manque d'oxygène et le chagrin. Si elle ouvrait la porte, il allait partir pour de bon. A quoi bon s'accrocher à une femme comme elle lorsqu'il avait dans son lit l'une des bombasses de la ville ? Ally n'avait jamais fait le poids. Il baignait dans ce monde de richesses et de belles femmes qui, lorsqu'elles n'avaient pas été gâtées par la nature dès la naissance, feignaient l'avoir été en passant sous autant de bistouris que le compte en banque de leur famille pouvait leur offrir. Ally l'avait toujours su, elle était frêle, ses formes n'étaient pas des plus plantureuses, et maintenant, à tout cela, s'ajoutait un visage abîmé par le chagrin et le désespoir. « Je ne m'en irai jamais ! » entendit-elle la voix de Ben de l'autre côté de la porte alors qu'elle restait paralysée devant son reflet. Voilà ce qu'elle était devenue, voilà ce en quoi il l'avait transformée. Son cœur battait furieusement dans sa poitrine, et elle s'étonna qu'il n'ait pas encore lâché. Elle passa sa main sur son visage, comme pour le rafraîchir, mais elle était brûlante. Son front était couvert de perles de sueur, son visage encore humidifié par tous ces flots de larmes. « Je te l'ai promis, n’est-ce pas ? Je me n'en irai jamais… » Les larmes lui montèrent à nouveau aux yeux. Oui, il lui avait promis. Les choses n'auraient jamais du être aussi compliquées entre eux. Ils s'étaient trouvés comme, elle en était persuadée, personne ne s'était jamais trouvés. Il avait apporté à sa vie un éclat nouveau, un éclat qu'elle n'avait jamais pensé possible. Il l'avait supportée lorsqu'elle avait trop bu, trop insulté; il l'avait soutenue dans le deuil d'Emma comme jamais elle n'avait laissé personne le faire avant lui. Elle étouffa un hoquet en ouvrant la porte à la volée, juste pour l'entendre murmurer maladroitement ces quelques mots. « Parce que je t'aime, Ally. »

Mais la vérité, c'est que maintenant, elle ne savait pas quoi faire. Elle avait envie de se ruer dans ses bras et de lover son visage au creux de son cou, de retrouver sa chaleur et son odeur réconfortantes. Elle avait envie qu'il la serre fort contre lui, qu'il passa sa main dans son dos et lui glisse que tout irait bien, maintenant, qu'ils s'étaient retrouvés. Elle avait envie de goûter à ses baisers à nouveau, de le serrer jusqu'à l'étouffer et de partir loin, loin d'ici, de la justice et de tout ce qui pourrait rattraper Benjamin. Elle avait envie de vivre le restant de ses jours à ses côtés, rien qu'à ses côtés, sur une île perdue au milieu d'un océan, de vivre de sushis, d'amour et d'eau fraîche, de se réveiller et de s'endormir à ses côtés, de découvrir d'autres façons de l'aimer et de le faire soupirer et grogner. Elle avait envie d'être cette femme qu'il aimait pour le restant de ses jours, et juste cette femme-là, sans avoir à se soucier de quiconque d'autre ou de quoi que ce soit d'autre. Qu'ils se mitrailles de plaisanteries et de sournoiseries, qu'ils découvrent le monde et se retrouvent, encore et encore, au creux de l'autre. « Et elle, tu l'aimes ? » demanda-t-elle dans un souffle, au bord de l'agonie. Elle avait presque oublié les manigances et les meurtres. Elle était prête à aimer un homme qui tuait, qui blessait... s'il l'aimait comme elle l'aimait. Et qu'est-ce que cela pouvait dire d'elle ? Elle avait dépassé le stade de cette question dès lorsqu'il avait frappé comme un demeuré à sa porte pour la retrouver, car tout n'était pas perdu, parce qu'il y avait quelque chose à sauver et qu'elle ne comptait pas laisser passer cette dernière chance. Tant pis pour sa force de détermination et son sens de l'éthique. Pour une fois, elle ne ferait pas ce qui est bien. Pour une fois, elle s'accorderait le bonheur de choisir ce qui la rendait heureuse. Mais Naya... « Parce que je t'aime trop pour te partager, je t'aime trop pour te regarder aimer une autre femme, et je t'aime trop pour ignorer cette douleur quand... je t'imagine avec elle. T'es encore avec elle ? Est-ce que tu comptes la voir ce soir, demain, dans une semaine, un mois, un an ? » Sa voix était chevrotante. Elle essuyait de cacher son visage sous le rideau de ses cheveux roux complètement décoiffés. Elle le devinait au travers, tentait de le regarder, mais elle venait d'abdiquer. Elle l'aimait comme toujours, elle l'aimait comme jamais elle n'avait aimé quelqu'un d'autre et comme jamais elle n'aimerait personne d'autre, et c'était là sa plus grande faiblesse. Elle se jetait dans les bras d'un meurtrier qu'elle aimait à la folie, qu'elle aimait plus qu'elle-même, et qu'elle aimait plus que n'importe quoi d'autre en ce bas-monde.


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THE SHORE
I walked all day along the shore, I was made for loving you. I wonder what I am made for if I'm not meant to be with you. I spend my days without you now and the sky doesn't look that blue. My life is full of wine and gold, but it's not worth it without you. Just like my bed, my heart is cold. Now you know I've always loved you.

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Benjamin L. Cohen
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Mar 10 Jan - 20:25



Babe, there's something tragic about you
ally n. fleming — benjamin l. cohen



C’était ce moment vitale qui détruisait tout. Une vague plus haute que le monde enveloppé l’existence de l’ancien policier pour lui montrer l’insignifiance de sa propre vie. Le courant l’emporté d’un côté, puis d’un autre et il était épuisé. Mentalement, physiquement, tout semblait ne plus vouloir fonctionner. Ally avait ce pouvoir, insensé, de tout bouger en lui. De le sortir de sa zone de confort, de tout ce qu’il a connu, pour découvrir autre chose. Il y a souvent eu des instants où il s’était retrouvé à la regarder faire. A la regarder parler et rire, à la regarder se concentrer, s’occuper. Il ne pensait pas être le genre d’homme à aimer de cette façon, mais c’était plus fort. C’était autre chose. Comme une envie subite de prendre conscience que cette personne merveilleuse nous appartient. Qu’elle est à nous et nous seul et qu’elle ressent la même chose, qu’elle partage les mêmes sentiments. Durant ses instants, Benjamin s’était surpris à ne plus penser du tout. Il s’était surpris à simplement contempler la vraie beauté de ce monde, la raison pour laquelle il était heureux. Et tout avait basculé, sans limite, sans ralentir. La notion du temps avait disparue pour laisser place à la notion de vide. Sans, il faisait un retour à la case départ. Retour à l’homme qu’il était avant, à l’homme qui n’avait pas vraiment de raison de vivre et qui se contentait de jouer avec ce qu’il avait pour ajouter une dose d’importance à demain. Benjamin n’était pas mauvais, il était juste à la recherche continuelle de sensation. Ce besoin le poussait à faire un peu n’importe quoi, ce besoin l’avait attiré à ce que tout homme désirait vraiment en ce monde et ça, c’était le pouvoir. Parce que le pouvoir, ça se gagne, ça se construit. Ça prend du temps et ça peut tenir toute la vie si c’est bien gérer. Le pouvoir, c’est ce qui a empêché le père de Benjamin de l’aimer. C’est ce qui a toujours contrôlé son monde, au de-là même de l’argent et le nom. Le pouvoir, c’était tout et Benjamin l’avait cherché à sa manière, quitte à faire des détours, quitte à énerver son père. Son chemin s’était ensuite retrouvé en face de quelque chose d’autre. Comme si sa première rencontre avec Ally, sa première vraie rencontre, était une métaphore parfaite de son histoire à lui. Benjamin courrait. Il courrait toujours pour atteindre ses objectifs, sans s’arrêter. Et puis un jour, l’amour vous frappe sans que vous ne le remarquez. Il débarque de nulle part, s’envole dans le ciel et tombe sur vous. Il s’éclate sur votre peau comme un œil fragile et vous transperce de ses fragments pour que vous ne l’oubliez jamais. Ce jour-là, Benjamin avait su. Il avait compris que jamais il n’oublierait Ally Fleming, jamais. Alors qu’il était en face de sa porte, ce souvenir lui avait sauté au visage trop brutalement pour qui empêche un sourire de se dessiner sur son visage. Parce que c’était l’un de ces moments, de ces instants, si précieux que même l’univers ne pourrait pas être capable de lui enlever ça.

Petit à petit, d’autres souvenirs l’envahissent. Petit à petit, la vague à laisser place à la terre, qui l’enfonce. Il va se noyait sans un mot dans la boue sous ses pieds, conçu à partir de ses propres larmes qu’il ne peut cesser. Il n’était pas venu pour récupérer Ally. Elle était mieux sans lui et il était prêt à disparaitre si elle le souhaiter. Il était prêt à ne pas être égoïste et à la laisser tranquille, à la laisser en paix. Il croyait sincèrement que c’était la chose à faire. Qu’elle méritait de reprendre sa vie, sans lui, sans qu’il ne demande quoi que ce soit. Mais il ne pouvait pas faire taire cette voix dans sa tête qui réclamait plus. Qui souhaitait rester à ses côtés, ne pas l’oublier, ne pas l’abandonner.

Il aurait dû partir. Il aurait dû mettre un terme à tout ça, il ne pouvait pas. Comme si son corps contredisait son esprit. Comme si son corps lui disait de ne pas partir, de toute faire pour gagner du temps. A ce rythme, il pouvait passer la nuit devant sa porte. Il pouvait passer l’éternité à attendre. Alors il frappe, il se laisser aller. Il se défoule sur cette porte qu’il avait autrefois défoncé. Il frappe parce qu’il ne peut pas partir. Même si c’est ce qu’il doit faire, il ne peut pas. Parce qu’il a promis. Il a promis de ne jamais partir. Il a promis quelque chose à Ally, parce qu’il l’aimait. Elle avait le droit de ne pas l’accepter, de finir par le hair, de ne plus vouloir de lui. Elle pourrait, parce qu’il ne s’en irait pas. C’était à elle de choisir quand et comment s’en aller. Quand et comment l’oublier. Quand et comment l’effacer de sa vie, pour toujours. Devant la porte, il murmura des derniers mots, réelle et douloureux. Il l’aimait, c’était bien la seule et douce vérité à tout ce mal. Il ne savait pas de quoi il avait l’air maintenant. Ses cheveux étaient sans doute un peu gars, un peu décoiffé, son visage était triste au possible, marqué par ses sanglots, marqué par sa douleur. Et son corps continuait de trembler légèrement, suivant le rythme étrange des battements de son cœur. Benjamin n’était pas comme ça, ce n’était pas lui. Il n’avait rien de l’homme qui se tenait là et en même temps, c’était exactement ce qu’il était devenu. Il était capable d’aimer aujourd’hui, comme il avait aimé autrefois. C’était le genre de chose qui vous retourne tout entier, et qui ne vous quitte plus.

La question d’Ally le surpris pourtant. Il se retrouva sans voix, non pas parce qu’il n’avait pas de réponse, parce qu’il était blessé. Blessé qu’elle ose lui demander. Blessé qu’on remette en question la seule certitude qui existait en lui. Ensuite, il baissa les yeux, parce qu’il savait. Il savait qu’elle avait le droit de lui demander, parce qu’il lui avait caché beaucoup de choses. Il avait brisé sa confiance et ne pouvait pas lui en vouloir de balancer une question pareille alors que c’était entièrement mérité. Et puis d’autres questions débarquent. D’autres questions s’affrontent les unes aux autres, forçant Benjamin à poser une main contre la porte, comme s’il désirait la voir devant lui. « - Je suis capable de beaucoup de chose, Ally. Mais pas de l’aimer. » Finalement c’est son front qui toucha la porte, alors qu’il fermait les yeux. Il avait besoin d’un instant, d’un tout petit instant, pour choisir ses mots. « - Quoi que tu penses de ma relation avec Naya, sache que ce n’était que pour me protéger. J’ai fait certaines choses pour son père par le passé, certaines choses qui peuvent me couter cher et elle était la seule piste, le seul moyen de détruire ce qui pouvait me détruire. » Sa voix était calme, posé. Réfléchi. Benjamin ne voulait pas se cacher, il voulait être honnête. Il voulait aussi lui dire les choses simplement. « - On peut dire que j’ai bien perdu mon temps… » Inutile de dire que son plan n’a pas vraiment marché. « - Il est probable que nos routes se croisent encore. Il est probable qu’un jour, elle trouve ce que son père avait sur moi, qu’elle utilise ça contre moi, mais non, Ally, non… je ne l’ai jamais aimé. Je ne l’aime pas. Je ne la désire pas. Je ne voulais rien, vraiment, mais je t’ai rencontré toi. Et… et je n’ai pas réussi à t’ignorer. »


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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Jeu 12 Jan - 3:09



Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


Ally n'avait jamais été très difficile à contenter. Elle n'avait jamais été fille à caprices, n'avait jamais exigé l'impossible. Elle avait grandi dans une famille qui avait su lui offrir tout ce dont elle avait pu avoir besoin, et plus encore. Elle avait toujours vécu simplement, même dans ses années les plus compliquées. Elle avait rêvé, mais surtout, elle avait agi. Elle vivait dans le monde réel, elle avait conscience du réalisable et du fantasque. Même si certaines de ses attitudes relevaient plus de l'irraisonnable que de l'inverse, Ally avait toujours compris comment le monde fonctionnait. Ses parents l'avaient éduquée ainsi. Elle savait la véritable valeur des choses et l'importance du travail, et dès le lycée, elle avait compris que les études seraient ce qui lui permettrait d'explorer toutes les possibilités qui s'offraient à elle. Elle n'était pas difficile à contenter parce qu'elle savait comment le monde fonctionnait. Elle n'aimait pas les drames. Elle les évitait d'ailleurs bien trop souvent; elle préférait faire l'autruche que d'affronter ce qui était trop difficile pour elle d'affronter. Elle avait fui Boston lorsqu'Emma était morte sous ses yeux, sur ce brancard branlant qui avait soutenu son corps abîmé jusqu'à la toute fin. Elle s'était reconstruire en Californie, avec acharnement et courage. Jamais elle n'avait réellement baissé les bras. Elle avait laissé le passé à ce qui le caractérisait : au passé. Elle détestait ces gens qui faisaient des scènes pour tout et surtout pour rien; elle détestait ceux qui tapaient un scandale au restaurant parce que leur plat leur était arrivé tiède au lieu de brûlant; elle détestait ces candidats de télé-réalité qui se menaçaient de mort parce que quelqu'un avait oublié de baisser la cuvette des toilettes; elle détestait ces politiques qui jouaient des mots pour créer des scandales qui n'avaient pas lieu d'être. Elle était maître de ses émotions, qui à, pour y parvenir, les enfouir au plus profond d'elle-même dans l'espoir un peu fou qu'ils ne resurgiraient jamais.

Pourtant, elle pleurait. Toutes les larmes de son corps. Elle pleurait comme elle n'avait jamais pleuré auparavant, si ce n'était peut-être une fois pour une injustice face à sa soeur, et cette seule pensée lui arracha un énième hoquet désespéré. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait; ces gens-là, ces gens qui voulaient du mal et se moquaient d'elle comme Benjamin l'avait fait, elle les virait de sa vie aussi simplement qu'une petite bouteille de sauce soja sucrée qui se serait incrustée dans l'une de ses commandes. Les choses auraient du être aussi simples qu'elle l'avait toujours été. Elle aurait du tirer un trait sur lui au moment même où elle avait ouvert cette lettre qui relatait les pires crimes de Cohen. Elle aurait du le laisser croupir dans sa prison éternellement, se délecter des suites judiciaires de son affaire et rire cruellement en entendant les nouvelles de la région l'annoncer condamné à la prison. Mais elle avait évité le sujet par tous les moyens possibles. On lui parlait de Cohen, son copain qui était accusé de toutes ces choses infâmes, et elle se contentait de répondre qu'ils avaient rompu. Elle entendait la radio ou la télé basculer sur le sujet que représentait l'affaire du riche héritier Cohen, et elle zappait sur une fréquence musicale, quitte à subir du Rihanna, ou NBC, quitte à mater un énième épisode de Law and Order. Elle tombait sur des anciens messages de Ben sur son portable, elle passait à autre chose très vite. Elle retrouvait des photos, un caleçon ou un petit mot qu'il lui avait laissé : elle les entreposait dans une boîte qu'elle avait cachée au fond de sa penderie, comme incapable de s'en séparer pour de bon. Le déni, le revoilà encore. Il semblait qu'il guidait sa vie depuis bien trop longtemps déjà, et il semblait qu'il n'avait jamais été une arme aussi inutile qu'à cet instant précis. Il lui avait permis de maintenir la tête hors de l'eau pendant un temps, déjà, face à ce deuil fraternel qu'elle ne voulait pas accepter. Et puis, ces derniers mois, il lui avait permis de croire, au moins un peu, qu'un autre avenir était possible. Un avenir passé à éviter la moindre mention de Cohen, un avenir sans plus aucun amour ou aucune réelle passion. Un avenir détruit avant même d'avoir existé, mais un avenir quand même.

Et maintenant, qu'avait-elle ? Ni passé, ni présent, ni avenir. Son passé n'avait été que mensonges. Et avant ces mensonges, le deuil. Ses belles années d'université lui semblaient appartenir à une autre vie, maintenant. Une vie sur laquelle elle posait un regard apaisé mais envieux, car il lui semblait qu'elle n'avait jamais réellement été la sienne. Son présent, à quoi représentait-il ? A cette parfaite image pathétique qu'elle donnait maintenant à quiconque pourrait se trouver là, à ses côtés -à Chips, par exemple, qui avait du comprendre que quelque chose ne tournait pas rond et fuir dans un coin où on le laisserait tranquille. Elle n'était plus rien, dans ce présent. Elle n'était qu'un détritus en manque d'oxygène, un détritus qui flottait sans réel but, si ce n'était peut-être d'attendre que quelque miracle ne lui tombe dessus. Et l'avenir, alors ? L'avenir n'existait plus. Il n'existait pas encore, mais il n'existerait jamais réellement. Il se mélangeait déjà à ce présent fait de misère, de chagrin, de pleurs. Elle n'avait plus envie de rien. A quoi bon retrouver ses parents si c'était pour leur annoncer quelques mois plus tard que rien n'allait mieux, que même ces années de séparation n'avaient rien changé à la donne ? Elle détestait Cohen, mais c'était une vérité qu'elle ne pouvait plus se cacher : elle ne le détesterait jamais autant qu'elle l'aimait, et ça, c'était quelque chose de totalement nouveau pour elle. Cette misère, c'était lui qui l'avait créée. Au même titre que toute cette romance dont elle ne se serait jamais pensé capable, Cohen avait éveillé une part d'elle abjecte, sombre, qui la terrifiait presque. Elle n'avait jamais été aussi bord de la brèche qu'à cet instant précis. C'était lui qui avait fait d'elle cette femme misérable, en proie au chagrin comme si on venait de lui arracher la chose la plus importante à ses yeux. Mais voilà ce qu'il était. Benjamin Cohen était devenu ce qui était de plus précieux à Ally. Il était son rock, il était son soutien, son ami, son meilleur ami. Il était un défi de tous les jours, des sourires, des rires, il était une passion et une part entière de son être et de son existence. Voilà donc que cet auteur français avait raison. Un être vous manque et tout est dépeuplé. Le cœur d'Ally était devenu un désert aride, un no man's land seulement atteignable par le regard qu'il avait posé sur elle en la retrouvant après tous ces mois de séparation.

Elle avait ouvert sa porte presque brutalement, comme si la fureur de son geste allait changer quelque chose à la situation sans issue dans laquelle ils se trouvaient. Elle ne le voyait pas tout à fait, cachée derrière le rideaux de cheveux roux dans lequel son souffle saccadé et désespéré se perdait. Elle l'écouta parler silencieusement, fuyant du regard le sien et toute la personne qui se dressait devant elle. De ce qu'elle pouvait entrevoir, il n'était pas dans un meilleur état qu'elle. Ils devaient se donner en spectacle à tout le voisinage, mais cela importait peu. Rien n'importait réellement face à ce dilemme immense auquel elle faisait face à présent. Accepter Cohen pour ce qu'il était de meilleur mais aussi de pire, ou refuser de se frotter aux parts les plus sombres de cet homme qu'elle aimait pourtant de tout son être, de chacune de ses cellules. Elle ne savait pas si elle était soulagée ou pas de l'entendre nier un quelconque amour qu'il pourrait porter à Naya. Elle n'était plus sûre de pouvoir croire à aucun des mots qu'il prononçait, et pourtant, elle avait besoin d'entendre chacun d'eux, comme pour lui rappeler qu'il était, qu'il était encore là, qu'il s'accrochait et ne l'abandonnait pas. Comme il le lui avait promis. « Tu... t'as plus de contact avec elle ? » demanda-t-elle dans un souffle à peine perceptible. Cette femme serait probablement toujours dans la vie de Cohen, et, si elle en décidait ainsi, dans la sienne aussi. Son avenir, à lui, dépendait d'elle comme de personne d'autre, et cette simple pensée la fit frissonner. « Qu'est-ce qu'elle a sur toi ? » Une question comme une première abdication. Après tout ce qui l'avait assailli jusqu'à présent venait l'inquiétude. Et s'il finissait réellement ses jours derrière les barreaux, comme elle l'avait tant espéré ? Et s'ils étaient séparés pour de bon, et si elle ne le revoyait plus jamais ? Et si ce choix final ne lui appartenait pas ? Et s'ils n'avaient jamais le droit à une vie sereine et classique comme elle en avait rêvé ? « Qu'est-ce que qui a sur toi ? Quelqu'un t'a balancé, en décembre ? Comment t'as été innocenté ? Y'a d'autres choses qu'on d-- » Elle se reprit pendant une seconde, étonnée elle-même de ce « on » qui lui avait échappé, comme un vieux réflexe ou l'ouverture d'un avenir. « -- que tu devrais attendre ? Redouter ? Tu vas faire quoi ? T'es encore flic ? C'est quoi ta vie, maintenant ? » Elle lâcha la porte et s'adossa à son petit comptoir, dévoilant à Cohen le profil courbé d'une femme à l'agonie. Elle se frotta le front et ferma les yeux quelques instants, tentant de se reprendre, puis s'essuya violemment le visage de la paume de sa main moite en jetant sa tignasse rousse sur l'arrière de son crâne. « J'ai besoin de réponses... » fut tout ce qu'elle fut capable de lâcher, le regard perdu sur un chat grognon qui quittait sa salle de bain pour rejoindre la cuisine, l'air de rien. C'était presque bon de réaliser que Chips, peu importe les circonstances, restait le même chat hautain qu'il avait toujours été. Elle pensa une seconde à Nolan, qui devait être au Canada, et à tout ce qui avait changé depuis qu'ils partageaient leurs conneries de gamins attardés. « Je veux pas que tu partes... » lâcha-t-elle finalement d'une voix terriblement tremblante et rauque, fondant en larmes comme une enfant face à son plus gros chagrin, se laissant glisser contre son comptoir, à la recherche du moindre contact, du moindre soutien physique. Elle était épuisée, et la vérité était libre, maintenant. Elle avait besoin de lui plus que tout au monde. Elle avait besoin de lui plus encore que de sushis.


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Benjamin L. Cohen
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Dim 19 Fév - 15:09



Babe, there's something tragic about you
ally n. fleming — benjamin l. cohen



Ben ne s’était jamais senti si perdu, si à l’étroit. Les choix qu’il devait faire semblait cruciaux, mais presque impossible à prendre. Il ne savait pas comment gérer cette situation, tout comme il savait ce qu’il ressentait pour elle. Pour cette fille, incroyable, pleine de surprise, qu’il avait tendrement aimé et qu’il continuait d’aimer. Pour cette fille qui méritait mieux que lui, certainement beaucoup mieux qu’un enfant pourri gâté qui ne cherchait pas le bon en ce monde. Il s’était laissé emporter avec elle, il avait accepté de vivre une autre vie avec elle, parce qu’il n’avait pas réussi à résister. Il avait exactement fait ce qu’il refusait de faire depuis des années : il avait aimé. Il aimait toujours. C’était un sentiment difficile à accepter, tellement facile à éprouver. Surtout avec Ally. Ce qu’il avait connu avec elle était si différent de ce qu’il avait vécu par le passé. Si différent de son histoire à lui, comme un véritable nouveau chapitre qui semblait avoir trouvé une fin désastreuse. Une fin qui brisé non-seulement son cœur, mais aussi celui de l’être aimé. Benjamin ne s’était jamais inquiété de ça auparavant, parce qu’il ne s’était jamais senti aimé. Il faisait partie de ces enfants dont l’amour est un concept idiot, impossible. Personne ne l’aimait, alors il n’avait à aimer personne. Et tout s’était confirmé quand le soir même de son mariage, sa fiancée avait choisi de quitter le pays et d’aller vivre ses rêves plutôt que de vivre avec lui. Personne ne pouvait avoir une place dans son cœur pour lui, parce qu’il n’était pas assez bien. Parce qu’il n’était pas parfait. D’une certaine façon, cela avait fait grandir en lui cette volonté de ne pas faire de compromis. De ne pas se mentir sur ce qu’il était et d’écraser ceux qui oseraient essayer de lui rappelait à quel point il n’était pas l’homme idéal. Alors oui, Benjamin est un connard. Il n’a pas peur de dire ce qu’il pense, de faire du mal, de tuer pour ses propres besoins, parce que Benjamin est seul. Et il le resterait probablement jusqu’à la fin. Cette pensée, cependant, s’était transformé à l’arrivé d’Ally dans sa vie. A cette dose d’amour inattendu qu’il s’était mis à chérir. Il savait que tout cela n’était que temporaire. Que ce n’était qu’une question de temps avant que tout s’efface de nouveau pour lui laisser cette impression familière d’être mal-aimé et oublié. Il pensait cependant être celui qui s’infligerait cette propre souffrance en mettant fin à tout ça. Il n’avait jamais vu venir l’arrestation ce soir de nouvel an, la prison durant quelques mois, l’ignorance de la jeune femme qu’il avait sous les yeux. Il n’avait rien vu d tout ça et il avait pourtant accepter que c’était le moment. Aussi difficile que cela puisse être. Tout ça, c’était la preuve ultime, le point final, à cette histoire d’amour condamné d’avance. Ce n’était pas beaux, c’était douloureux, mais c’était ainsi. C’était la fin du Benally.

Du moins, c’était ce qu’il pensait en arrivant devant cette porte. C’était ce qu’il pensait en voyant les larmes d’Ally. C’était ce qu’il pensait alors qu’il était prêt à partir pour ne jamais revenir. Mais les souvenirs ont un pouvoir qu’il avait tendance à vite ignorer. Il est épuisé, Benjamin, mais il est amoureux. Amoureux, encore, prêt à dire ce qui doit être dit. Elle doit l’oublier, mais lui en est incapable. Elle peut essayer de lui pardonner, mais il n’osera jamais lui demander. Elle va devoir accepter ce qu’il est parce que lui sait qu’il ne pourra pas changer. Qu’il est ainsi. Lui, il avait besoin d’elle pour rester vivant. Pour être conscient de ce qu’il est vraiment. Pour ne pas perdre la tête, pour ne pas devenir fou. Ally lui permettait d’être normal, d’être un homme comme un autre et c’était une chose précieuse qu’il avait gouté et qu’il ne pouvait plus ignorer. Cette facilité qu’il avait à détruire les choses, elle était toujours présente et il priait pour ne pas la détruire elle. Mais n’était-ce pas trop tard ? Et pouvait-il vraiment croire qu’elle reviendrait vers lui malgré tout ce qu’il avait fait et tout ce qu’il ferait ?

Soudain, il lui paraissait évident qu’il ne cesserait jamais. Qu’il ne pouvait pas partir de sa vie, s’envoler après tout ça. Qu’il continuerait à rester là, à garder un œil sur elle, à essayer de prendre soin d’elle, mais si elle ne le voulait pas. Même si elle ne le désirait pas. Il ne s’en irait jamais. C’était une promesse, une unique promesse que pour une fois, il voulait conserver. Alors il était prêt à tout encaisser. Il était prêt à tout vivre désormais, et à vivre surtout avec cette peine dans le cœur, ce vide qu’elle seule pourrait combler. La main contre la porte, il essaye de répondre à ses questions. Il essaye de se calmer, de ne pas craquer, de ne pas se laisser surprendre par ses émotions qui sont prêt à exploser. Décidément, il est peut-être condamné à vivre en face de cette porte. Il s’écarta quand elle ouvrit brutalement la porte, perturbé par ce geste presque violent. Il fait un vague signe de la tête, alors qu’elle lui demande s’il a des contacts avec Naya. Non. Il n’en a pas. Il se rend compte qu’elle le voit désormais. Qu’elle le voit sans doute dans l’état le plus misérable qu’il possède. Son visage est un tableau de chagrin, une peinture de faiblesse. C’est l’amour qui fait ça. Qui le rend si impuissant face à tant de choses, mais face à elle surtout. Il aurait aimé avoir une seconde de plus pour être plus présentable, mais franchement, ça ne devrait plus avoir d’importance maintenant. Depuis tout à l’heure, ils se sont tellement affichés faces aux voisins. « - Des preuves que j’ai aidé à son père. Des preuves que je n’étais pas un flic très honnête. » Il ne sait pas vraiment comment l’expliquer en détail, mais c’est assez simple à comprendre. Benjamin n’a jamais été très bon. Certes, il faisait parfois correctement son travail, mais il n’avait jamais été du genre très honnête. Très juste. Si l’occasion se présentait, il la saisissait. Il n’hésite pas. Si cela pouvait l’aider à se faire plus d’argent, à avoir plus de pouvoir, ce n’était pas un problème. Et il était doué. Doué à manipuler, à magouiller. Il ne pouvait pas s’en vanter, pas devant Ally.

« - Je ne partirais pas. » Dit-il alors. Il n’avait pas réussi à répondre immédiatement à ses questions, mais là, il le pouvait. Voir Ally ainsi le terrifiait. C’était voir le résultat de ses mauvaises actions. C’était voir le résultat de son amour, aussi. Comment en étaient-ils arriver à ça ? Il n’osait même pas aller vers elle, la prendre dans ses bras. Il n’osait rien faire, vraiment. Il serra les poings, essayant de contenir de nouvelles larmes alors qu’il cherchait à répondre à ses précédentes questions. « - Mon père. C’est lui qui m’a sortie de prison. Ils n’y avaient pas de preuves valables au final. Et maintenant… » Il soupire, tremble un peu. Son père est mort. Son père lui a laissé sa place. Son père… Aurait-il payé Ally pour disparaitre de sa vie ? Il cherche dans sa veste sa carte de visite, qu’il posa doucement sur ce comptoir qui semblait tenir Ally en vie. « - Je ne risques plus rien. » Il est un peu plus proche maintenant. Il est un peu plus proche d’elle, sa main posée sur ce comptoir, si proche de celle d’Ally. « - Je ne vais pas retourner en Prison, Ally. »

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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Lun 20 Fév - 21:52



Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


C'était étrange comme un simple adage pouvait résumer une personne toute entière à un moment donné. Un seul être vous manque est tout est dépeuplé. Une seule personne quitte votre vie et cette dernière n'a plus de sens. Avec Cohen l'avait quitté la moindre once d'espoir, le moindre rêve et le moindre projet. Elle ne voyait plus réellement d'avenir possible; tout ce qu'elle avait pu s'imaginer aux côtés du policier s'était évanoui brusquement avec la confiance qu'elle avait pu avoir en lui. Elle ne voyait plus de futur parce qu'elle restait accrochée à son présent désespérément, cherchant tant bien que mal une raison de continuer, jour après jour, à survivre. Ses rires n'avaient plus la même saveur qu'autrefois; on lui avait arraché une partie de son énergie vitale lorsqu'on avait décidé qu'elle ne connaîtrait pas ce bonheur-là, celui d'être heureuse avec le seul homme qui avait su éveiller cette envie chez elle. Elle ne pouvait pas fuir car elle savait à quel point c'était reculer pour mieux sauter. Emma était morte qu'elle soit à Boston avec sa famille ou ici, en Californie, et Benjamin était un criminel qu'elle soit ici, dans la même ville que lui, ou qu'elle fuie à l'autre bout du monde ou du système solaire. Il serait toujours là, dans son cœur, à en ronger chaque once comme un supplice éternel. Elle le comprenait, maintenant, cet amour que décrivaient les poètes et autres Katy Perry. Elle comprenait la détresse qui pouvait l'accompagner et cette sensation que plus rien, dorénavant, n'aurait jamais plus la même saveur. Cohen avait fait son nid au plus profond de son être et éveillé des circuits neuronaux dont elle avait pensé être dénuée jusque-là. Il laissait derrière lui un corps meurtri, un corps détruit, mais surtout une âme en péril. Elle ne pourrait probablement jamais se reconstruire. Elle pourrait prétendre, comme elle l'avait fait des mois durant déjà, mais elle ne pourrait jamais plus laisser quiconque entrer dans sa vie comme elle l'avait fait avec lui. Jagger n'était plus là, Donovan n'était plus là, Graham n'était plus là. Elle était seule, pour de vrai, et la solitude était le pire des sentiments possibles. Être seule signifiait réfléchir, ressasser, retourner la situation dans tous les sens, regretter et être assaillie de remords. Elle préférait vadrouiller dans les bars et crier au monde que tout allait bien, parce qu'elle arrivait alors à se le faire croire elle-même, le temps de quelques minutes qui devenaient alors salutaires. Peut-être était-il temps pour elle de rentrer dans le Massachusetts, s'était-elle déjà fait la réflexion à de nombreuses reprises, soit au moment de chercher le sommeil soit pendant l'une de ses longues autopsies, les mains perdues dans une boîte crânienne ou une cage thoracique. Ce serait fuir, encore une fois, mais c'était peut-être ce dont elle avait besoin. Elle avait besoin d'un foyer, d'une certitude, de ses parents et surtout, par-dessus tout, elle avait besoin d'oublier.

Ici, elle ne pourrait pas oublier. Jamais réellement, jamais totalement. Car chaque endroit lui rappelait un souvenir avec Benjamin. Leurs promenades nocturnes sur la plage, ces restaurants qu'ils avaient essayés, le banc près du parc desquels ils avaient observé des familles et où elle s'était imaginée à leur place, aux côtés de son homme. Elle lui aurait tout donné. Elle lui aurait offert ses rêves, elle aurait tout construit à ses côtés. Elle aurait accepté cette idée du mariage qui l'avait toujours révulsée s'il le lui avait proposé. Elle aurait accepté que son corps se déforme pour lui donner un ou des enfants. Elle aurait accepté l'idée de vivre dans une maison avec une clôture blanche, s'il avait été à ses côtés. Elle aurait pu devenir une de ces mères de famille qui l'effrayaient, parce qu'elle n'avait pas peur de l'ennui, jamais à ses côtés. Elle avait vécu de son rire et de son baiser. Elle aurait pu mourir allongée dans ses bras parce qu'elle avait su qu'elle aurait alors vécu la plus belle histoire de toute sa vie. Les choses auraient peut-être du s'arrêter là, d'ailleurs, lors de l'une de leurs nuits de retrouvailles après un service de Cohen et une de ses gardes, à regarder un film au chaud sous les couvertures. Elle aurait pu s'endormir contre lui pour ne jamais se réveiller, bercée par les battements d'un cœur qui représentait tout à ses yeux. Elle aurait pu laisser la vie la quitter de la plus romantique des façons, déposant un énième baiser sur sa joue, les doigts perdus sur le cou de cet être qu'elle aimait plus qu'elle n'avait jamais aimé quiconque ou quoi que ce soit. Le revoir était une torture car il lui semblait que le destin la mettait à nouveau au plus cruel des dilemmes qui soient. C'était elle qui avait pris la décision de le quitter, parce qu'elle le savait, c'était ce qu'il advenait de faire dans une situation pareille. Aucune raison ne pouvait justifier qu'elle reste avec quelqu'un qui avait trahi sa confiance de cette façon, et encore moins quelqu'un qui était capable de tuer pour ses propres intérêts. Elle avait coupé les ponts avec des amis pour bien moins grave que ça. Cette situation dans laquelle il l'avait mise était hors des sentiers battus, elle défiait toutes ses certitudes. Elle savait exactement où se tenait cette frontière entre le bien et le mal et Benjamin avait brusquement basculé du mauvais côté lorsqu'elle avait lu les mots que le corbeau lui avait adressés.

Mais elle était faible... Face à lui, elle était une petite fille incapable d'assumer ses propres décisions et d'accepter la réalité des choses. Benjamin lui hurlait son amour et son désespoir et elle ne rêvait que de le serrer dans ses bras pour lui souffler à l'oreille que tout irait bien parce qu'ils étaient ensemble, qu'ils seraient toujours ensemble parce qu'elle ne l'abandonnerait jamais. Elle ne voulait pas l'abandonner une nouvelle fois parce qu'elle savait que le quitter lui arracherait ce qui pouvait rester d'humanité en elle. Elle ne voulait pas devenir un robot, et surtout, elle était égoïste. Imaginer la vie sans Benjamin Cohen lui faisait froid dans le dos, car elle n'aurait plus de réel intérêt. Oui, elle l'admettait à présent bien volontiers : il était devenu son plus grand intérêt, si ce n'était son seul réel intérêt. « Tu peux pas... tout faire disparaître ? » Sa faible voix rauque cherchait cet espoir en l'avenir qu'elle attendait de lui et d'eux. Elle se surprenait à s'imaginer mettre le feu au foyer de cette Naya qui pourrait le détruire en un claquement de doigts. Elles étaient belles, ces citations qui définissaient l'amitié et l'amour, celles qui disaient que l'on pourrait tout faire pour la personne que l'on aimait, à commencer par cacher un corps ou des preuves qui pourrait mettre en péril cet être que l'on chérissait.

Elle releva son regard rougi par les larmes. Il ne partirait pas. Était-ce ce qu'elle avait besoin d'entendre ? Certainement. C'était ce que cette part égoïste d'elle voulait entendre, celle qu'elle laissait peu à peu gagner la bataille malgré elle, simplement par refus de le voir tourner les talons une dernière fois. Il n'y aurait jamais de belle fin pour elle si elle n'était pas à ses côtés. « Ton père... » Elle esquissa un sourire fuyant pendant une fraction de seconde. Elle savait les relations qu'il entretenaient avec lui, pour ce qu'elles avaient de pire surtout. « Ton père attend sûrement d'autres choses de toi, maintenant. Tu lui es redevable. » Il ne le laisserait jamais retourner à son ancienne vie, celle du flic bien sous tous rapports qui fréquentait un médecin comme il existait des milliers d'autres. Son père n'acceptait pas le commun des mortels, et il n'acceptait pas que son fils puisse fréquenter quelqu'un qu'il n'aurait pas lui-même approuvé comme étant digne de leur famille. Et maintenant, Benjamin appartenait à son père, pour de bon. « Qu'est-ce qu'il attend de toi, maintenant ? Tu dois tuer encore plus, pour lui ? Tu dois faire quoi ? Tu fais quoi, d'ailleurs ? C'est quoi ta vie, maintenant ? » Elle avait peur de connaître les réponses à ces questions, mais elle le savait, elle avait besoin de les entendre. Elle se tut alors qu'elle le deviner bouger sur sa gauche. Lorsqu'elle rouvrit ses paupières lourdes, la main de Cohen était posée à côté de la sienne, au-dessus d'une carte de visite. « Qu'est-ce que je fais avec ça ? » cracha-t-elle presque sans accorder un regard de plus au petit papier cartonné. « Qu'est-ce que c'est, ton avenir ? Est-ce que t'en as encore un ? Est-ce que Naya risque pas de... de... » Elle se redressa pour lui faire face. Il était plus prêt d'elle qu'il ne l'avait jamais été depuis qu'ils avaient été séparés cette nuit de nouvel an. « Je peux pas te perdre, Ben, je... je... » Confuse, elle abdiquait enfin, emportée par son réflexe premier, celui de la survie. « Tu veux partir ? On peut partir, loin d'ici. Ils vont quand même pas te lancer Interpol au cul, si ? On pourrait partir à l'étranger, on pourrait aller en France ou en Australie, on pourrait, on pourrait... » Elle bégayait presque, parlait bien trop vite, avait l'impression de courir une course contre le destin et tous ceux qui pourraient vouloir du mal à son homme. « On pourrait tout oublier, se barrer loin d'ici, tous les deux, et reconstruire quelque chose ensemble. On pourrait vivre complètement isolés sur les falaises d'Irlande ou se perdre au fin fond de la Thaïlande. J'ai quelques économies, on pourrait prendre le premier avion et juste... juste... ensemble... » Elle tremblait, pleurait. Elle le savait, il n'y aurait sans doute jamais d'issue heureuse pour eux deux, et donc pour elle. Il était temps de l'accepter, mais Ally n'était pas de ceux qui acceptaient sans se battre désespérément contre les forces supérieures. Elle voulait encore croire au bonheur simple d'une vie passée sous les traits d'Ally Nemesis Cohen.

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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Ven 7 Avr - 12:14



Babe, there's something tragic about you
ally n. fleming — benjamin l. cohen



Elle pouvait l’accepter ou non. Elle pouvait le haïr, s’éloigner chaque jour un peu plus de lui, mais rien ne changerais jamais ses sentiments à lui. Il n’y avait aucune raison de faire semblant maintenant. Il pouvait être là, comme promis. Il pouvait rester là, sans bouger, attendant même si elle n’allait plus jamais lui donner la moindre chance. Pour une fois dans sa vie, Benjamin voulait respecter une promesse. Il voulait s’y tenir et ne pas faiblir. Le prince qu’il était, celui qui était modelé pour les ténèbres de la noblesse, allait enfin écouter son cœur. Comme avant, comme lorsqu’il se rebellait face à la vie qu’il avait. Il était au sommet, exactement là où il refusait d’être, mais le pouvoir qu’il avait entre les mains, il pouvait l’utiliser à son aise sans l’ombre de son père sur lui. De toute manière, tout ce qu’il avait partagé avec Ally était réel, même si elle en doutait à cause de ces mensonges. Non, en fait, ce n’était pas des mensonges, c’était des énormes parties de sa vie qu’il conservait loin de ses beaux yeux. Qu’il camouflait. Pas parce qu’elle n’était pas à la hauteur pour comprendre tout ça, mais par ce qu’elle ne méritait pas de savoir tout ça. Elle ne méritait pas de tomber là-dedans. Alors forcément, benjamin n’était pas venu ici dans l’idée de la reconquérir parce qu’une partie de lui souhaitait toujours la protéger de ce monde. Mais maintenant qu’il était là, il était impossible pour lui de partir.

« - Ce n’est pas si simple. » Naya avait assez en main pour le faire disparaitre dans une cellule à vie, il en doutait pas une seule seconde. Mais il savait aussi, qu’elle était plus intelligente que ça. Que ce moyen de pression, elle allait le conserver. Elle allait l’utiliser d’une façon ou d’une autre, parce qu’elle en avait la possibilité. Il se demandait encore ce qu’elle attendait et quand est-ce qu’elle ferait le premier pas vers lui pour balancer ce moyen de pression à la figure. Jusqu’ici, elle avait été discrète. Elle l’avait laissé tranquille. Mais ce n’était sans doute qu’une question de temps avant que Naya ne réapparaissent sans se soucier des conséquences.

Il ne partirait pas. C’était décidé. Encré en lui, gravé même. Il ne partirait pas, parce qu’il ne pouvait pas. C’était comme si Ally avait entre ses mains son cœur et que s’éloigner était simplement suicidaire. Il se sentait différent avec elle, parce qu’elle était exactement tout ce dont il avait besoin. Comme l’air qu’il respirait, Ally était indispensable. Il s’était convaincu qu’il pourrait survivre même sans cette proximité qu’ils avaient partagée, seulement parce qu’il pourrait l’observer de loin. Voler en discrétion quelques minutes de sa vie, sans qu’elle ne le remarque. C’était suffisant. Mais maintenant qu’elle était de nouveau là, il y avait comme l’espoir. L’espoir qu’il y ait plus. Rien ne serait plus jamais comme avant, mais Benjamin Cohen pouvait espérer retrouver sa princesse, même après tout ça. Et ça, ça alimentait sérieusement son cœur. Chaque seconde qui s’écoulait avec Ally aussi proche, ajouté une dose de bonheur supplémentaire à son histoire. Il ne pouvait pas s’attendre à ce qu’elle lui saute dans les bras, directement, mais qu’elle l’aime encore, qu’elle lui parle, c’était tellement bon. Elle ne l’avait pas encore totalement rayé de sa vie. Elle partageait encore cette connexion qui était la leur. Il le sentait. Cela aurait pu lui arracher un sourire, il aurait pu l’embrasser, si la situation n’était pas, au final, si compliqué. Le moindre faux pas pouvait ruiner tout.

« - Il est mort. » Ses yeux se portèrent de nouveau sur Ally. Elle ne semblait pas le savoir. Mais oui, Andrew Cohen était mort. Il avait quitté ce monde, digne de lui-même. Les journaux avaient rapidement parlé de son combat contre la maladie, mais c’était tout. Benjamin n’avait toujours pas eu de vrai réaction quand à cette mort. Une partie de lui s’était réjouie, une autre était resté silencieuse. Rien n’était facile, pas même la mort du l’homme qui avait terrifié sa vie. Benjamin avait sa propre façon de faire son deuil, mais c’était encore bien étrange. Comme si rien n’avait jamais malgré tout. Comme si partir de ce monde n’avait pas détruit le mal qui rongeait et qui était infligé par le Grand Cohen. Benjamin avait encore tellement de chemin à faire avant de pouvoir se libérer totalement de l’emprise de son père. Il chercher alors dans sa veste sa carte de visite. Celle qui le nomme comme étant à la tête de l’entreprise Cohen. Celle qui prouve sa place de chef. Il n’était plus flic. Il était au top même d’une chaine d’hôtel et de motel qui le rendait encore plus riche chaque jour. Il avait le contrôle, le droit, sur tellement de chose maintenant. Il était devenu son père. Il n’y avait pas de risque qu’il retourne en prison.

La réaction d’Ally le surpris alors. Partir. S’en aller, loin de tout. Disparaitre ensemble. Ensemble… ça paraissait être tellement beau, comme option. Ally laissa Ben muet. Il ne savait pas quoi dire. Vraiment. Il resta silencieux. L’idée était tellement tentatrice. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle proposait là. De cette envie de dire oui qui parcourait le corps entier de Benjamin. Ils auraient pu faire ça, si son père était encore en vie. Mais maintenant… c’était trop tard. Benjamin s’était envolé. Il avait pris les choses en main ici. D’une toute petite voix, il baissa les yeux et murmura : « - Je ne peux pas. » Sa tête bougea négativement, avant qu’il rajoute : « - Je ne peux pas fuir. Plus maintenant. Rien ne nous empêche d’être ensemble ici… » Voilà, il l’avait dit. Il l’avait demandé. Il était prêt, mais elle… allait-elle accepter l’homme qu’il était ? Pourrait-elle l’aimer, malgré tout ? Il l’ignorait. Tout comme il ne voulait pas la forcer où lui faire perdre du temps à ses côtés. Il voulait qu’elle soit heureuse avant tout. Et peut-être qu’avec lui, elle ne pourrait jamais l’être. Benjamin avait aussi peur qu’elle change, qu’elle se transforme à ses côtés, qu’elle devienne autre chose.

« - Je suis là, d’accord ? Tu sais où me trouver. Je sais… Je sais que tout ce qui s’est passé, c’est… » Il ne trouvait pas ses mots, mais ça ne l’empêcha pas de poursuivre. « - Je suis désolé. Je le serais toujours. Mais je ne m’en irais pas, quoi que tu décides. Je serais toujours là. Je devrais y aller… » Oui, cette fois, c’était le moment. Ils avaient tout retourné pendant assez longtemps pour ne jamais oublié cette journée. Il devait la laisser tranquille, lui permettre de réfléchir. Elle avait besoin de prendre son temps et surtout de prendre du recul.


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Ally N. Fleming
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MessageSujet: Re: {{ Babe, there's something tragic about you {Ben}   Dim 23 Avr - 23:03



Babe, there's something tragic about you
Ally Fleming & Benjamin Cohen


Ally n'était pas femme à croire à toutes les sornettes religieuses qui pouvaient être prêchées partout sur la planète. Parmi tout ce à quoi elle ne croyait se trouvait la réincarnation, idée qui paraissait plus que saugrenue à une fille des sciences et du concret. Le concept de l'âme restait un mystère même pour les plus grands neurologues de ce temps, mais il semblait inconcevable à la rousse qu'elle puisse survivre au corps qui l'accueillait. Elle ne pouvait probablement pas se limiter aux connexions neurologiques et aux échanges chimiques qu'ils connaissaient aujourd'hui, mais elle ne s'évadait pas de son vaisseau biologique lorsque celui-ci s'endormait à jamais. Pourtant, il arrivait parfois à la rousse, dans des moments de chagrin intense, de se demander si elle ne subissait pas là un retour de karma quelconque, si elle n'avait pas été, dans une vie antérieure, un monstre qui, aujourd'hui, méritait tout ce qui pouvait lui arriver. Elle avait conscience, pourtant, d'être loin d'être mal lotie. Après tout, elle avait un travail qu'elle aimait, avait eu la chance de faire les longues études qu'elle avait désirées et de pouvoir se battre pour les réussir; elle avait un toit, habitait un pays considéré comme démocratique et encore prompt aux libertés. Malgré tout ça, malgré ces points qui étaient loin d'être négligeables et que beaucoup auraient sans doute pu lui envier, Ally se focalisait sur ce qui n'allait pas, sur ces erreurs qu'elle semblait répéter, sur ce destin qui semblait s'acharner sur elle comme si elle l'avait attaqué, comme s'il cherchait à se venger d'erreurs qu'elle aurait autrefois pu commettre, sous une forme, dans un autre corps. Ally Fleming, elle, ne s'était jamais considérée comme mauvaise. Elle avait fait des erreurs, mais n'était-ce pas là un écueil porté par le concept même de la nature humaine ? C'était en se retrouvant confrontée à tous les maux dont était responsable l'être qu'elle aimait qu'elle s'était retrouvée prise à ce piège de la remise en question sur plusieurs générations et plusieurs vies. Était-il vraiment une mauvaise personne ? Et elle, de son côté, avait-elle une quelconque légitimité à se poser cette question ? Car elle malgré les doux mots que Cohen lui avaient soufflé pendant des mois, elle n'avait pas oublié cette culpabilité qui la rongeait. Elle se sentait responsable de la mort de sa soeur et c'était probablement au moins en partie vrai; cette pensée ne la quitterait jamais.

Il n'était pas un mauvais homme, elle en était persuadée. Les mauvais hommes se repéraient somme toute assez vite, et Cohen n'était jamais paru sous ce jour au regard de la rousse. Il n'était pas un mauvais homme, du moins quand elle était avec elle, et c'était là la seule certitude qui lui restait. Elle l'aimait viscéralement, de façon presque toxique, mais elle le savait, ce n'était pas l'amour qui la rendait aveugle. Un homme mauvais ne lui aurait jamais soufflé tous ces mots doux pour atténuer cette culpabilité nocive, un homme mauvais ne se tiendrait pas devant elle à ce moment précis pour expier ses erreurs et se faire pardonner, un homme mauvais ne tiendrait même pas compte de l'avis d'une femme aussi misérable qu'elle. Un homme mauvais ne pleurerait pas face à son chagrin.

Mort ?

Ally reste interdite quelques secondes, encaissant le choc de l'annonce qu'il venait de faire. Pourquoi n'avait-elle pas entendu parler d'une nouvelle pareille ? Parce qu'elle se moquait des vies des grandes richesses, sans doute, parce qu'elle était perdu par des actualités qui la dépassaient. La rousse n'avait jamais prêté attention à ce monde-là, et pas davantage lorsqu'elle avait fréquenté Benjamin ou depuis qu'elle s'en était séparé. « Je... suis désolée » se contenta-t-elle finalement de répondre d'une voix plate et peu convaincue. Elle savait, s'il ne lui avait pas menti là-dessus aussi, ce qui le liait à son père, à commencer par tout le pire dont il avait pu souffrir. Elle ne serait jamais réellement désolé de la mort d'un homme qu'elle savait, pour le coup, mauvais. Elle se demandait comment il allait, subitement, comment il avait vécu la perte de son père et ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui. Malgré tout ce qu'il avait pu lui faire endurer, cet homme était son père, et on n'avait jamais qu'un seul père. Elle lui lança un regard qui reflétait probablement toutes ces questions et inquiétudes mais ne pipa mot pour autant. Ce n'était plus son rôle de veiller sur cet homme, car il n'était plus le sien.

Quelques secondes, malgré tout, avaient suffi à la jeune médecin pour reconsidérer les choses dans leur entièreté. Ici, ils n'avaient probablement plus grand chose à vivre ensemble. Ici, ils étaient cernés de toutes parts, menacés par une belle brune plantureuse et sans doute des dizaines d'autres regards invisibles. Dans un élan empli d'espoir, elle proposa à Ben de mettre un terme à tout ça, à tout ce qui les avait séparés surtout, pour se retrouver, tous les deux, comme si rien de tout ça ne pouvait entraver le bonheur auquel ils avaient le droit ensemble. Le regard fuyant du blond répondit avant qu'il ne prononce le moindre mot. Il ne voulait pas. Il ne pouvait pas, disait-il. Elle ne répondit pas, les yeux posés sur la main qui était négligemment posée sur le comptoir à sa droite, au-dessus de la carte qu'elle n'avait pas encore regardée. Son regard triste trahissait à la fois sa déception et son désenchantement. C'est lui qui, devant son silence, reprit la parole. Elle acquiesça d'un signe de tête peu convaincu et se mit à nerveusement jouer avec la carte de visite. Son regard clair accrocha finalement les quelques mots qui y étaient imprimés.

Elle releva brusquement la tête vers lui, effarée. « T'as pris la place de ton père ? » Tous yeux écarquillés, médusée à la simple idée de son Cohen dans un bureau de PDG avec secrétaire personnelle et sourire d'homme d'affaires, Ally perdit le peu de contenance qui lui restait et lui tourna le dos pour aller s'effondrer dans son vieux canapé. « Mais t'es devenu qui, Ben ? Je te reconnais plus. C'était une option qui était même pas envisageable quand on était ensemble. Je sais pas ce qui s'est passé avec ton père, ce qu'il a pu te dire avant de partir, mais s'il t'a changé... » Sa voix se brisa alors qu'elle lui jetait un regard effrayé. « T'es devenu ton père ? » demanda-t-elle, tranchante, alors qu'elle se reculait encore sur son canapé. « T'es qui, putain, t'es qui ? » Mais elle n'était pas sûre d'être assez solide pour entendre la réponse. S'il voulait partir et la laisser dans le doute... peut-être serait-ce là la meilleure solution, après tout. Mais... L'avait-elle perdu pour de bon ? Son paternel lui avait-il arraché des bras son homme ?


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THE SHORE
I walked all day along the shore, I was made for loving you. I wonder what I am made for if I'm not meant to be with you. I spend my days without you now and the sky doesn't look that blue. My life is full of wine and gold, but it's not worth it without you. Just like my bed, my heart is cold. Now you know I've always loved you.

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