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 She wore flowers in her hair and carried magic secrets in her eyes •• Dalía James Almeida

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Dalía J. Almeida
lama ninja en formation secrète


› MESSAGES : 750
› EMMENAGEMENT LE : 09/02/2014
› AGE : 21
› STATUT CIVIL : En couple, secrètement amoureuse, le coeur et l'esprit en vrac...
› PROFESSION/ETUDE : Étudiante en 4ème année de gender & women's studies, mineure psychologie
› DOUBLE COMPTE : Leah I. Stewart
› CELEBRITE : Lauren Jauregui
› COPYRIGHT : ©.cranberry & ©neon demon

MessageSujet: She wore flowers in her hair and carried magic secrets in her eyes •• Dalía James Almeida   Sam 28 Jan 2017 - 2:14


Dalía James Almeida
« Some hearts do get broken and some hearts never fully heal and sometimes there are no happy endings, and that’s okay. »


NOM : Almeida PRÉNOMS : Dalía James. Dalía, à mi-chemin entre l'hommage au peintre préféré de son père et l'amour particulier de sa mère pour la fleur. James, comme son grand-père maternel SURNOMS : Certains l’appellent Dalía James, d’autres l’appellent seulement Dalía. Ses amis et sa famille alternent aussi avec Dal, Dali et DJ.  AGE : 21 ans DATE DE NAISSANCE : 9 Octobre 1995 à Hartford dans le Connecticut NATIONALITÉ : Elle est américaine avec des origines brésiliennes de par son père SEXUALITÉ : Elle est très ouverte de ce côté-là. Elle ne se définit pas vraiment car elle a le sentiment d’encore se chercher. Après tout, elle n’a que 21 ans. Elle fait partie de ces gens qui pensent que la sexualité est un spectre très vaste. Elle se situe sûrement quelque part entre bisexuelle et un infini de possibilités, si ça peut vous aider à comprendre SITUATION AMOUREUSE : C’est compliqué… Avant de quitter New York, elle était dans une relation d’environ deux ans avec son copain. En parallèle, elle est tombée amoureuse d’une de ses meilleures amies et colocataire avec qui elle a entretenu une relation secrète durant des mois. Elle a pris la fuite avant de vraiment pouvoir régler ses histoires de coeur. EMPLOI/ETUDES : Étudiante de 4ème année en gender et women’s studies avec une mineure en psychologie à NYU. À Huntington Beach dans le cadre d'un stage de fin d'études. NOM DU QUARTIER : Pacific Lane ANIMAUX DE COMPAGNIE : Chez ses parents elle a grandi avec deux chats et un chien, mais elle ne possède aucun animal de compagnie bien à elle.  CHIFFRE PORTE BONHEUR : En ce moment elle a du mal à croire à ce genre de choses. Donc aucun.


Énervée • Tolérante • Révoltée • Ouverte d’esprit • Peu expressive en public • Passionnée • Méfiante • Sensible • Badass • Loyale • Conflictuelle • Déterminée • Artistique • Impulsive • Attentive • Secrète • Angoissée •

Dalía a grandi très vite, un peu trop même, résultant en une personnalité forte et affirmée. Elle est mature, même s’il lui arrive parfois de se laisser retomber en enfance en laissant place à la petite part d’insouciance qu’elle a tentée de conserver à travers les années et les épreuves de la vie. C’est une fille avec un coeur énorme qui est prête à faire beaucoup de choses pour les gens qu’elle aime. Cependant elle n’accorde pas sa confiance facilement, elle reste sur ses gardes lorsque quelqu’un lui fait mauvaise impression, même si cela n’est pas forcément fondé. Elle croit beaucoup en son instinct, et a tendance à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Pessimiste de nature, elle est aussi du genre à afficher une resting bitch face 90% du temps. Ceci dit, lorsqu’on parvient à passer au-delà de sa carapace, on découvre une jeune femme pleine de sensibilité et bien déterminée à changer le monde. Militante et donc emmerdeuse, elle n’a pas peur de faire entendre sa voix lorsque cela est nécessaire. Elle est peu expressive en public, les grandes effusions de joie ou de larmes ce n’est pas vraiment son genre, mais dans le privé elle choisit souvent l’agressivité et la colère pour exprimer son mal-être. Les seules personnes vraiment capables de la comprendre et de l’apaiser quand rien ne va sont ses soeurs et sa meilleure amie, Juliet. Dalía est assez facilement angoissée, mais elle fait toujours son possible pour ne pas laisser cela l’arrêter. À l’image de sa petite soeur, Dalía est une battante même si elle a tendance à se sous-estimer de ce côté-là. Elle est impulsive, et parfois indécise, mais tout ce qu’elle fait ne part jamais d’un mauvais sentiment. Elle est conduite par l’amour, non par la haine, même si elle a souvent besoin qu’on lui rappelle d’allumer la lumière face à l’obscurité. C’est une fille simple qui aime les moments paisibles, les échanges et interactions, apprendre des autres, s’amuser avec ses amis et rendre ses proches heureux, mais elle est aussi émotionnellement compliquée, insaisissable et profondément secrète.



Nous avons tous un passé, un présent et un futur.

« Lucy est morte. » Une simple petite phrase, trois mots seulement et pourtant un coeur brisé en un milliard de petits morceaux, une famille détruite à jamais, et une irrépressible envie de vomir. Dalía, debout dans le couloir de l’hôpital, sentait ses jambes faiblir sous son poids. Le monde s’était écroulé. Après toutes ces années à craindre le pire, voilà que ses cauchemars les plus enfuient étaient en train de se réaliser. Lucy, sa douce petite Lucy, avait quitté ce monde pour rejoindre les étoiles. Toute sa vie elle avait vu cet instant venir, on l’avait prévenu, on l’avait mise en garde, des années de thérapie familiale et individuelle, et pourtant rien n’aurait pu la préparer à la douleur immense qui était en train de s’emparer d’elle. Elle se revoyait encore, des années auparavant, assise dans la salle d’attente de ce même hôpital avec sa grande soeur à côté d’elle et ses parents en face. Elle avait sept ans à peine. Ce jour-là, elle avait vu sa mère pleurer pour la première fois. Elle se rappelait très exactement la manière dont son père avait saisi la main de sa mère avant de regarder ses deux filles aînées avec tout le sérieux du monde. Il avait pris une profonde inspiration, luttant contre lui-même pour ne pas se mettre dans le même état éploré que sa femme. Dalía avait observé la scène sans trop comprendre, puis elle s’était tournée vers Esmée qui avait l’air tout aussi perdue. « Papa? » avait-elle dit tout doucement, provoquant un lourd sanglot chez sa mère. Elle n’avait pas compris tout de suite que la vie telle qu’elle l’avait toujours connu était révolue. Elle était trop jeune pour savoir que ce que ses parents s’apprêtaient à lui annoncer aller la changer à jamais et impacter sur sa vie comme rien d’autre ne pourrait le faire. « Lucy est malade. » avait-il fini par articuler. Elle voyait bien dans les yeux de son père que ce n’était pas un simple petit rhume, que sa petite soeur était atteinte de quelque chose de grave, mais quand on a sept ans on ne s’imagine pas que « quelque chose de grave » peut menacer votre famille et vous arracher un être cher à tout jamais. Ce qui est grave quand on a sept ans c’est de mentir à ses parents, de pousser un camarade de classe exprès, ou de rester éveillé bien après l’heure du coucher. On ne s’imagine pas qu’il y a des monstres plus effrayants que ceux qu’on trouve sous son lit ou dans le placard tout noir. Et pourtant… C’était dans cet hôpital-là que Dalía avait passé de nombreux moments durant son enfance et aujourd’hui que Lucy les avait quitté, l’hôpital lui rendait sa liberté mais il lui prenait sa soeur. Soudain, les murs qu’elle avait toujours connus et l’odeur qui lui était devenue familière lui devinrent insupportables. Sans réfléchir elle se mit à courir vers la sortie la plus proche, laissant derrière elle ses parents détruits. Elle avait l’impression d’être plongée sous l’eau, incapable de reprendre sa respiration. Elle allait se noyer dans un océan de douleur, et elle ne pouvait plus respirer. Son être tout entier était en souffrance, la douleur psychologique devenait physique. Son coeur se tordait littéralement dans sa poitrine, elle avait l’impression d’avoir été poignardée cent fois et plus encore. Trois petits mots venait de l’anéantir. À peine s’était-elle retrouvée au-dehors qu’elle se trouva pliée en deux, à moitié appuyée contre un mur à vomir ses tripes. L’instant lui sembla durer une éternité, et quand bien même elle n’avait plus rien à recracher, elle était parcourue par des spasmes terribles qui lui donnaient la sensation d’être déchirée de l’intérieur. Incapable de se redresser, elle était toujours penchée en avant, une main figée sur le mur en béton froid et l’autre entourant son ventre. Elle allait s’écrouler. Au dernier moment, alors qu’elle se sentait partir, une caresse familière se déposa sur son dos et on l’attrapa fermement pour la serrer dans une étreinte. Elle ne s’était même pas rendu compte qu’elle pleurait mais son visage était couvert de larmes et en sentant ce corps s’emparer du sien elle se mit à crier. On la relâcha seulement pour la forcer à se retourner et à faire face à la personne qui voulait la réconforter. Entre les larmes, elle aperçut le visage d’Esmée. Dalía se jeta à son cou, laissant échapper de bruyants sanglots, le visage enfouit dans la nuque de sa grande soeur.
Assises sur un canapé de cuir, Dalía et Esmée observaient chacune un point fixe de la pièce sans dire un mot. C’était à peine si elles prenaient la peine d’écouter la psy se trouvant face à elles exprimer toute sa sympathie et ses condoléances face au drame qu’elles étaient en train de vivre. Tout s’était enchainé à une vitesse incroyable après le décès de leur petite soeur. L’enterrement avait eu lieu dans les trois jours, elles avaient dû faire bonne figure du mieux qu’elles pouvaient alors que tout le monde avait défilé devant la famille pour exprimer son soutien. Ç’avait été l’étape la plus insupportable pour Dalía qui avait eu envie de gifler toutes les personnes en pleurs qui semblaient croire qu’elles comprenaient ce qu’elle ressentait. Elle n’avait pas versé une seule larme en public, ni à l’église durant les funérailles, ni au moment où le cercueil de Lucy avait commencé à s’enfoncer dans la terre. Son être tout entier était comme anesthésié et pendant tout le temps qui s’était écoulé depuis la disparition de Lucy, Dalía s’était contentée d’agir comme une marionnette, se laissant guider par ses parents et ses proches qui avaient pris la situation en main. La seule émotion qu’elle avait ressenti véritablement était la colère mais même celle-là, elle avait été incapable de l’exprimer. C’était comme si tout à coup sa vie était passée de la transmission en haute definition à du noir et blanc sans son. Les choses avaient perdu de leur saveur, plus rien ne semblait réellement important, et elle était bien incapable de rassembler ses pensées pour former un quelconque discours articulé. Elle n’avait pas dit grand chose à qui que ce soit. La seule personne qui l’avait vu craquer était Esmée, et Dalía ne souhaitait pas que cela change. Elle avait roulé des yeux en entendant ses parents leur annoncer qu’ils avaient prévu une session de thérapie pour elle et son aînée, mais avait malgré tout accepté de se laisser traîner jusqu’au cabinet médical pour ne pas provoquer plus de chagrin à ses parents qui eux semblaient bien incapables de cesser de pleurer. À vrai dire, ils commençaient à l’étouffer avec leurs larmes et leur constante envie de partager des souvenirs de Lucy. Elle, elle avait plutôt envie de protéger tous ses souvenirs de sa soeur bien au chaud, de ne les raconter à personne. Comme si le fait de les partager les rendaient un peu moins authentiques, un peu plus distants… C’était comme si on lui volait à nouveau sa soeur et elle ne pouvait pas le supporter. Esmée et Dalía étaient assises sur le fauteuil depuis un bon moment déjà mais ni l’une ni l’autre n’avait dit quoique ce soit. Entre les deux soeurs il y avait un espace libre qui désignait l’endroit même où Lucy s’était assise tant de fois. Depuis leur plus tendre enfance, elles avaient toutes les trois suivit une thérapie pour apprendre à gérer leurs émotions et leurs craintes face à la maladie de leur petite soeur et à toutes les angoisses que cela avait pu générer.  Petites, ç’avait été leur espace « safe » pour poser toutes les questions qui leur passaient par la tête, même celles qui n’avaient rien à voir avec la maladie. Ça allait de « Pourquoi le ciel est-il bleu? » à « Qu’est-ce qui se passe quand on meurt? », en passant par « C’est quoi un cunnilingus? ». À chaque âge, elles avaient eu leur lot de questions et réflexions embarrassantes, mais la thérapie avait tout de même beaucoup aidé à former leur style de vie et leur vision du monde. La maladie de Lucy avait eu un impact sur les trois soeurs, même celles qui étaient en excellente santé. Elles avaient très vite compris, par exemple, qu’il fallait profiter de la vie, profiter des gens que l’on aime tant qu’on le peut, ne pas reculer devant les choses qui font peur, toujours croire en ses rêves et tout donner pour les réaliser, et par dessus tout rire beaucoup et souvent et dire tous les jours à ceux qui comptent qu’on les aime très fort. Malgré les visites à l’hôpital et l’angoisse toujours bien ancrée en elles de perdre Lucy, les filles avaient eu une enfance plutôt heureuse. Chacune avait développé une personnalité bien à soi. Esmée était l’étoile de la famille, créative, intelligente et ambitieuse. Tout semblait lui réussir et personne ne lui résistait. Lucy était plus réservée, mais tout aussi adorable. Elle avait une personnalité qui plaisait à tout le monde, facile à vivre, très douce et joyeuse. Elle voyait toujours la vie du bon côté et adorait passer du temps avec sa famille et ses amis par dessus tout. Dalía quant à elle était la rebelle du clan. Aussi intelligente que ses soeurs mais plus marginale. Elle avait une personnalité un peu moins acidulée, et était celle des trois qui se laissait le moins marcher dessus. Elle prenait d’ailleurs sans cesse la défense de ses soeurs, et avait souvent tendance à se retrouver dans les ennuis à force de dire tout haut ce qu’elle aurait dû dire tout bas ou ne pas dire du tout. Elle était très honnête et sarcastique, mais avec un coeur énorme, une qualité partagée par les trois filles Almeida. Au final, elles se complétaient plutôt bien, mais sans Lucy il y avait un trou et ni Esmée, ni Dalía ne savait comment remplir ce manque. La psy tentait tant bien que mal de les faire parler, mais sans succès. Elle avait passé la majorité de la séance à les fixer avec intensité, puis à leur délivrer des speechs censés les aider à surmonter la perte de leur soeur et à gérer leur deuil. Depuis qu’elles avaient chacune quitté le foyer familial pour poursuivre leurs études, elles n’avaient plus été en thérapie, et pour le coup Dalía espérait sincèrement que cette séance serait la dernière. Si cela l’avait aidé en grandissant, elle estimait être désormais assez grande pour gérer ses émotions toute seule. Puisque Lucy n’était plus là, il n’y avait plus aucune raison de continuer à parler à une étrangère deux fois par semaine. À présent, Dalía espérait pouvoir se tenir le plus loin possible de tout médecin, ou hôpital. Tandis qu’elle avait les yeux rivés sur ses pieds, incapables de former des pensées concrètes, elle entendit soudain des sanglots à côté d’elle. Lorsqu’elle releva la tête, elle se rendit compte qu’Esmée avait fini par craquer et qu’elle était en train de parler entre ses larmes. Aucun mot ne semblait pourtant l’atteindre, rien ne faisait sens et même si elle aurait voulu pouvoir consoler sa soeur, elle se contenta de retourner son attention sur ses chaussures et de prétendre qu’elle était n’importe où ailleurs que dans cette pièce.



Derrière l'écran :

Coucou tout le monde, je débarque sur H.B alors que personne ne me connaît alors autant faire les choses bien non ?! Tout d'abord il faut savoir que dans le monde des forums mon pseudo est aucun (spf), tandis que mon prénom est Léa. Je suis âgée de 22 ans (putain, dire que j’en avais 18 en arrivant sur le forum ) et je vis actuellement du côté de mon lit (objectivement c’est là que je passe le plus de temps). Ce que je fais dans la vie ? ça ne vous regarde pas :p Passons aux choses sérieuses, j'ai connu ce forum sur je ne sais plus… PRD?, ma première impression en le voyant a été ew. no. . Côté rp je vous préviens que mes fréquences de connexion seront de 5j/7 et que mon niveau rp est de Ça s’en va et ça revient, c’est fait de tout petits riens. Concernant mon personnage j'ai choisi Lauren Jauregui comme célébrité, pas mal non ? Si vous avez bien lu ma fiche vous savez d'avance que je choisi U CAN'T BUY HAPPINESS comme groupe ! Au fait j'allais oublier le code du règlement je le connais et il a été validé par Neela. A bientôt sur le forum ♥

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I get lost in the beauty of everything I see. The world ain’t half as bad as they paint it to be.


Dernière édition par Dalía J. Almeida le Mer 1 Fév 2017 - 0:29, édité 4 fois
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Dalía J. Almeida
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MessageSujet: Re: She wore flowers in her hair and carried magic secrets in her eyes •• Dalía James Almeida   Sam 28 Jan 2017 - 2:15




Nous avons tous un passé, un présent et un futur.


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Dalía se laissa tomber sur son lit encore vêtue de son manteau . La pièce était plongée dans le noir tandis que la pluie s’abattait au-dehors, fouettant les fenêtres. L’appartement était calme, ses colocataires n’étaient visiblement pas là et c’était tant mieux car pour le coup elle n’avait envie de rien d’autre que de se glisser sous ses draps et de dormir. Si elle pouvait éviter de leur faire face et de devoir leur parler ce soir, elle n’allait pas se plaindre. Ses parents l’avaient reconduite jusqu’à son appartement New-Yorkais, et elle se retrouvait seule pour la première fois depuis l’enterrement. Elle était épuisée, et semblait prête à sommeiller durant les quinze prochains jours, pourtant une petite part d’elle se refusait à succomber à la fatigue. C’était si étrange de retrouver sa chambre, celle-là même qu’elle avait laissé en pagaille avant de partir en urgence dans sa ville natale du Connecticut où ses parents l’avaient rappelé suite à la dégradation de l’état de santé de sa soeur. C’était quatre jours avant son décès. Dalía se souvenait simplement être rentrée de cours un après-midi, avoir déposé une pile de livres sur son bureau, puis avoir décroché son téléphone. Ensuite, tout était flou. Elle se redressa légèrement et aperçut ladite pile de livres qui n’avait pas bougé d’un pouce. Tout était resté à sa place dans l’appartement, et si elle l’avait voulu elle aurait pu reprendre le cours de sa vie comme si rien ne s’était passé. Évidemment, elle en était incapable. Pourtant, elle avait envie de se sentir normale à nouveau, de ne plus avoir ce trou dans le coeur qui fait mal même quand on essaye d’oublier. Elle était si fatiguée et le manque de Lucy se faisait ressentir plus fort à chaque seconde qui s’écoulait et qui éloignait Dalía encore un peu plus du dernier instant où elle avait vu sa soeur en vie.
Après un moment sans bouger et durant lequel seul le bruit de sa respiration venait interrompre le silence, elle s’extirpa de son lit, ôta son manteau et ses chaussures, attacha ses longs cheveux bruns en un chignon et quitta sa chambre pour traverser l’appartement. La table du salon était jonchée de sac de nourriture à emporter, plusieurs couvertures s’entassaient sur l’un des canapés et quelques canettes de bière et de soda se trouvaient ici et là sur le sol. Dalía leva les yeux au ciel mais ne s’attarda pas plus que cela sur le bazar. Elle pénétra dans la salle d’eau et entreprit de se faire couler un bain. Du placard sous l’évier, elle extirpa deux bougies senteur vanille et un briquet. Elle les alluma toutes les deux et les déposa à deux coins opposés de la pièce. Elle alluma ensuite la petite radio qui se trouvait au-dessus du radiateur et chercha sa station préférée. Des premières notes de musique résonnèrent dans la pièce. Prelude in E Minor de Chopin dans une version jazz. Parfait. Elle retira ses vêtements, les laissa tomber par terre, ajouta des bulles dans son bain et finalement glissa ses orteils puis son corps tout entier dans l’eau légèrement trop chaude, pile comme elle l’aimait. En s’allongeant dans la baignoire, elle sentit ses muscles se détendre un par un, elle ferma les yeux et ne les rouvrit pas pendant de longues minutes. Dalía se laissa petit à petit glisser vers le fond de la baignoire, jusqu’à passer son visage entièrement sous l’eau. Elle y resta pendant quelques secondes qui semblèrent durer une éternité. Elle avait toujours aimé être dans l’eau. Que ce soit la piscine, la mer, ou sa salle de bain, elle s’y sentait dans son élément. Avec Lucy, elles avaient souvent prétendu être des sirènes. Elle avait soudainement envie d’être à la plage. Une jolie plage déserte, allongée sur le sable chaud ou en train de sauter dans les vagues aux côtés de sa soeur. Elle avait envie de pleurer en songeant à ce doux rêve qui ne pourrait plus jamais se réaliser. Lucy ne verrait plus jamais l’océan main dans la main avec elle, et il n’y aurait dorénavant plus personne pour jouer à la sirène. Heureusement que sous l’eau les larmes n’existaient pas. Elle sentait son coeur si gros dans sa poitrine que pour la première fois depuis la mort de sa soeur, elle se mit à crier. Elle cria de toutes ses forces sous l’eau avant de remonter à la surface pour reprendre sa respiration. Quelqu’un frappait à la porte de la salle de bain. « C’est Occupé! » rétorqua-t-elle. « DJ? C’est moi. » entendit-elle une voix derrière la porte lui répondre. Elle passa ses mains sur son visage, repoussant quelques mèches rebelles. « Je peux entrer? » Elle resta silencieuse. La musique changea au même moment, de la guitare classique cette fois. « DJ? » Elle fixa le mur face à elle. « C’est ouvert. » La porte s’entr’ouvrit délicatement et Dalía détourna aussitôt son attention sur le robinet d’eau froide qu’elle s’amusa à ouvrir et fermer avec son pied. « Je ne savais pas que tu rentrais aujourd’hui. » La jeune femme qui venait de pénétrer dans la salle de bain resta debout quelques instants avant de s’approcher doucement et de venir s’asseoir sur le rebord de la baignoire. « Tu m’as manqué. » Dalía ne prononça pas un mot, se refusant toujours à la regarder. Une main vint caresser son visage et elle se laissa faire sans broncher. « Je peux te laisser si tu as besoin d’un peu de temps, je veux juste que tu saches que je suis là pour toi. » Personne ne bougea. « Tu m’as manqué. Je sais, je l’ai déjà dit, mais tu m’as sincèrement manqué. J’étais inquiète pour toi. On l’était tous. » Dalía tourna la tête et plongea son regard émeraude dans celui de l’autre jeune femme. Elles restèrent ainsi à se regarder jusqu’à ce que celle assise sur le rebord caresse à nouveau le visage de Dalía, puis se lève et quitte la pièce.
Un peu plus tard, alors que plusieurs autres de ses colocataires étaient rentrés, Dalía avait trouvait refuge dans sa chambre. Personne n’était venu la déranger, pensant sans doute qu’elle dormait et n’osant peut-être pas non plus venir lui parler. Tout le monde la traitait différemment, et même si elle avait été loin de son appartement et de l’université pendant deux semaines, elle l’avait déjà ressenti à travers les textos qu’elle avait reçus et les messages sur les réseaux sociaux. Elle n’avait répondu à absolument personne. Sa mère avait insisté sur le fait de remercier ceux qui leur présentaient des condoléances, mais Dalía n’en avait que faire de remercier qui que ce soit. Elle n’avait pas eu la tête ni le coeur à cela. Elle était dans son lit, incapable de dormir tant les pensées dans sa tête étaient nombreuses et bruyantes. Son ventre gargouillait, mine de rien elle avait toujours besoin de manger bien qu’elle ait eu tendance à l’oublier ces derniers jours. Elle se sentait particulièrement faible, comme si toute énergie avait quitté son corps. Elle ne comprenait pas comment elle pouvait encore avoir les yeux ouverts alors qu’elle avait l’impression de ne pas avoir dormi depuis plus d’une semaine. Elle trouva malgré tout la force de quitter son lit à nouveau. À peine pénétra-t-elle dans le salon que toutes les têtes se tournèrent vers elle. « My girl Dalía James! » entendit-elle l’un de ses quatre colocataires crier. Elle eut un léger sourire qui lui demanda tous les efforts du monde mais au moins il avait l’air de la traiter exactement comme il l’avait toujours fait et elle était reconnaissante pour cela. « Hey. » lâcha-t-elle dans un souffle quasi inaudible. « C’est bon de t’avoir à nouveau parmi nous. » s’exclama une autre fille qui se leva du canapé pour venir la serrer dans ses bras. Elle avait aimé cet appartement et ses colocataires à l’instant même où ils avaient emménagé tous ensemble. Ils avaient fait connaissance en première année alors qu’ils vivaient dans la même résidence universitaire et avaient ainsi décidé de cohabiter à partir de leur seconde année. C’était un peu la fête à la maison tous les jours, et l’appartement était rarement calme ou rangé. Trois filles et deux garçons, plus une multitude d’invités qui avaient tous tendance à aller et venir à leur bon vouloir. « Qu’est-ce que vous regardez?» demanda-t-elle en s’approchant presque timidement de la télévision. Allongée sur un second canapé il y avait la fille qui était venue la voir dans la salle de bain. Lorsque Dalía l’aperçut, elle eut un moment d’hésitation. La jeune femme la regardait avec tendresse mais non sans une pointe d’appréhension, à moitié cachée sous une couverture en pilou. Elle lui fit signe discrètement de venir s’asseoir à côté d’elle. Dalía observa ses autres colocs et puis sans réfléchir davantage elle alla s’installer tandis que l’autre se redressait pour lui faire de la place. Elle lui tendit un bout de couverture que Dalía ne refusa pas. En dessous, leurs genoux se touchaient, leurs deux corps penchants dangereusement l’un vers l’autre. Elle la regardait. Elle pouvait sentir ses yeux balayer son visage, mais elle faisait tout pour ne pas décrocher de l’écran de télévision. Pourtant, c’est Dalía qui alla chercher la main de l’autre fille sous la couverture et c’est elle qui entrelaça ses doigts aux siens. Elle finit par tourner la tête, et articula silencieusement « Tu m’as manqué aussi. ».

————————

On frappa brusquement à la porte de la salle de bain. « Magnez-vous, j’ai envie de pisser! » s’écria un type qui semblait déjà bien alcoolisé. Dalía éclata de rire. Sa main gauche tâtonna le rebord du meuble contre lequel elle était appuyée et tomba sur une bouteille de vodka à laquelle elle s’agrippa. De son autre main elle attira sa partenaire vers elle pour l’embrasser. Leurs corps s’entrechoquaient alors qu’elles s’amusaient à tour de rôle à balader leurs doigts sous le t-shirt de l’une et de l’autre. Elle pouvait justement sentir les mains de la jeune femme glisser sur son ventre, remonter doucement jusqu’à son nombril, puis commencer à frôler sa poitrine. Elle l’interrompit avec un autre baiser. Sa bouche voyagea sur le visage de l’autre fille. De ses lèvres à sa joue en passant par sa nuque et en s’arrêtant au creux de son oreille. « Il faut qu’on sorte de là. » murmura-t-elle. Leurs yeux se croisèrent dans un regard appuyé. Elles avaient envie d’aller plus loin, mais Dalía ne laissait jamais les choses réellement déraper. Pas même sous l’influence de l’alcool. L’autre fille attrapa sa main pour l'entraîner vers la porte. Elles remirent chacune leur tenue correctement en place avant de quitter la salle de bain pour rejoindre le salon où une petite trentaine de personnes s’entassaient déjà. C’était la première soirée à laquelle elle se rendait depuis un long moment, mais elle n’avait pas vraiment eu le choix puisque la fête se déroulait chez elle et qu’il s’agissait de célébrer l’anniversaire d’un de ses colocataires. Des gens continuaient d’arriver dans l’entrée et Dalía pria silencieusement pour que personne n’appelle la police ce soir. C’était toujours la lose de voir une soirée s’arrêter par intervention des flics pour tapage nocturne. Par ailleurs, elle avait envie de faire la fête plus que jamais. Elle avait passé son bras autour de son amie, histoire de garder un contact physique sans risque d’éveiller le moindre soupçon. Elles dansaient en rythme sur la musique, partageant des gorgées de la bouteille que Dalía avait toujours dans ses mains. Le temps d’un soir, elle était à nouveau normale. L’alcool lui donnait presque la sensation d’avoir anesthésié son chagrin. Elle buvait chacun de ses shots à la mémoire de sa soeur et elle chantait un peu plus fort que d’habitude pour que Lucy l’entende jusqu’aux étoiles. Elle lui avait promis de continuer à vivre et elle ne comptait pas décevoir sa petite soeur.
Sans qu’elle ne s’y attende, une seconde paire de mains vint se déposer sur ses hanches. Elle eut un mouvement de surprise en se retournant, mais lorsqu’elle aperçut le visage de celui qui voulait son attention, elle se détacha presque instantanément de l’autre femme. Il était grand avec des cheveux blonds et un sourire digne d’une publicité pour dentifrice. L’expression de surprise ne s’effaça pas de son visage alors que lui avait déjà ses mains un peu partout sur son corps et qu’il n’attendit pas une seconde de plus pour venir l’embrasser et la serrer dans ses bras. Elle monta sur la pointe de ses pieds, docile, mais les yeux rivés sur celle qu’elle avait embrassée plus tôt. Cette dernière ne rigolait plus et avait arrêté de danser. « Juliet. » murmura Dalía sur un ton quasi-suppliant. Sans se défaire de l’étreinte, elle tendait discrètement sa main vers la jeune femme. Mais celle-ci recula avant de faire volte-face pour laisser le couple se retrouver. « Je vois que t’as commencé les festivités sans moi. » Il l’embrassait dans le cou et elle se laissait toujours faire. Elle avait même fini par enrouler ses bras autour de lui. Ils restèrent collés l’un à l’autre quelques instants, puis elle s’écarta pour balayer la pièce du regard. « On va dans ta chambre? » Elle recentra son attention sur lui et leva les yeux au ciel. « Je t’ai pas vu depuis… » Il ne termina pas sa phrase. Il était venu à l’enterrement de sa soeur. « Tu veux qu’on parle? » Elle lui offrit sa moue boudeuse habituelle, regarda à nouveau ailleurs, cherchant surtout à localiser Juliet. Elle n’avait pas spécialement envie d’aller dans sa chambre avec lui, mais en même temps elle ne pouvait pas le repousser indéfiniment. « Tu connais le chemin. » Elle lui fit signe de bouger et il attrapa sa main pour la guider au milieu des autres invités.
Dalía referma la porte derrière eux, et alla s’asseoir sur son lit tandis que son mec se baladait dans sa chambre, allant d’étagère en étagère pour toucher ses affaires. Elle laissa échapper un souffle, elle détestait qu’il touche à tout mais cela semblait toujours plus fort que lui. « Wes’? » Il se tourna pour lui faire face, une figurine pop dans les mains. Il avait encore ce sourire stupide vissé sur ses lèvres. Pendant un court instant elle sentit l’expression sur son visage s’adoucir. C’était ce même sourire niais qui avait su la convaincre deux ans auparavant lorsqu’il lui avait proposé un rendez-vous pour la première fois. « Touche à ton cul, s’il te plaît. » répliqua-t-elle à mi-chemin entre l’agacement et l’affection. Même si les choses avaient changé entre eux et même si elle avait des sentiments pour quelqu’un d’autres, elle ne pouvait pas dire qu’elle ne l’aimait plus. Il reposa la figurine sur l’étagère, eut un rire amusé et vint s’asseoir près d’elle pour déposer un baiser sur sa joue, ses doigts filant à travers ses longs cheveux bruns. « Je croyais que tu voulais parler. » lui rappela-t-elle. Il n’en avait que faire et continua à la couvrir de baisers. Ils s’allongèrent sur le lit. Elle ne le repoussa pas, bien que forniquer avec Wesley ne fût pas dans ses plans initiaux pour la soirée.
Lorsqu’ils sortirent à nouveau de la chambre pour rejoindre la fête, l’appartement était bondé de monde. Wes’ lui indiqua qu’il allait se chercher une bière, il l’embrassa et s’évapora dans la foule. Elle resta plantée devant sa porte de chambre quelques instants, cherchant des visages connus parmi les invités. Elle aperçut plusieurs de ses colocs auxquels elle s’approcha. « Hey Dalía, on était justement en train de penser à comment on allait nettoyer l’appart’ demain. On s’est concertés et on t’a élu comme grande prêtresse de l’aspirateur… Et peut-être aussi grande prêtresse de la vaisselle. C’est encore en discussion. » Il fit mine de s’incliner. Elle lui donna une tape. « Dans tes rêves! » Le deuxième garçon de la coloc se précipita sur eux avec un air légèrement paniqué. « Je crois que quelqu’un a vomi dans ma chambre. » Après une courte expression de dégoût, ils éclatèrent de rire. « Alors DJ, les retrouvailles avec Wesley? Tout à l’heure quelqu’un a juré t’entendre gémir.» On lui mit un petit coup de coude dans les côtes et il y eu un nouveau rire généralisé. Son regard se posa instinctivement sur Juliet qui ne riait pas. « Vous êtes vraiment cons. » lâcha-t-elle un peu sèchement. Le groupe se dispersa presque aussitôt, sentant sans doute le malaise et Dalía attrapa le poignet de la jeune femme juste avant qu’elle n’ait eu le temps de la fuir. « Je suis désolée. » Elles échangèrent un regard, et Juliet pencha la tête. «Je sais.» Elle libéra son bras et s’éloigna.

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La période des examens était arrivée sans même que personne ne l’ait vue venir, du moins c’était l’impression générale comme à chaque fin de semestre. Depuis quelques jours, tout le monde avait donc le nez plongé dans des bouquins et la machine à café semblait fonctionner non stop à l’appartement. Dalía, comme à son habitude, ne travaillait presque que de nuit. C’était son moment préféré pour stimuler son cerveau et étrangement cela avait toujours plutôt bien fonctionné pour elle. Elle aimait profiter de la quiétude de la nuit pour relire ses cours, et assimiler les informations dont elle aurait besoin pour réussir ses examens. Elle n’était pas particulièrement inquiète à ce sujet, elle avait toujours eu de bons résultats. Par ailleurs, elle était passionnée par son domaine d’étude et n’avait donc aucun mal à lire des tonnes de bouquins sur les sujets abordés en classe ou simplement sur les sujets qui l’intéressaient personnellement dans le domaine des études du genre et des femmes. Cette voie s’était imposée à elle comme une évidence. Elle avait toujours eu un goût prononcé pour le social et l’humain, et déjà toute petite elle semblait fascinée par les discussions sur des sujets considérés trop compliqués ou tabous pour les enfants. Dalía avait eu la chance de grandir dans une famille très ouverte d’esprit et bien que ses parents auraient sans doute préféré la voir devenir avocate ou médecin comme Esmée, ils n’avaient jamais été autre chose qu’encourageant à son égard. Ils lui ont donné toutes les clés pour réussir et l’ont toujours soutenu dans ses choix, y compris les mauvais. C’est sa grand-mère paternelle qui lui a donné le goût du féminisme et c’est en son honneur que Dalía milite quotidiennement pour les causes qui lui tiennent le plus à coeur. Si elle possédait déjà des convictions auparavant, en arrivant à New York elle a réellement compris le sens du mot activiste. Elle est donc profondément impliquée dans plusieurs associations et groupes militants notamment pour féministes et LGBTQA+. Période d’examens ou pas, elle avait donc défilé dans les rues de New York City le jour précédent pour apporter son soutien à une famille d’immigrants menacée d’expulsion, tandis que la semaine passée elle avait protesté la mise en péril du planning familial. Elle était épuisée, mais au moins elle n’avait pas le temps de trop réfléchir à d’autres choses et cela l’arrangeait beaucoup. Chaque fois qu’elle se retrouvait à ne rien faire, son esprit avait tendance à vagabonder vers de vieux souvenirs et à lui rappeler le vide que Lucy avait laissé dans son coeur. Sa soeur lui manquait terriblement, mais elle ne pouvait pas se laisser abattre. Elle lui avait promis.
Elle avait refermé son livre et éteint la lumière quelques minutes plus tôt, se disant qu’elle pourrait peut-être grappiller quelques heures de sommeil, mais cela était sans compter les cauchemars qui n’avaient de cesse de ruiner ses nuits. Dalía eut l’impression d’avoir à peine fermé les yeux quand elle se réveilla en sursaut. Elle plaqua les paumes de ses mains sur ses oreilles pour faire taire les cris de désespoir qui résonnaient encore. « Stop. Stop. Stop. » murmura-t-elle pour se calmer. Son coeur battait si fort qu’elle avait l’impression qu’il pouvait s’échapper de sa poitrine à tout moment. Son réveil affichait quatre heures trente-cinq. Elle se redressa dans son lit tout en agrippant fermement sa housse de couette. « Lucy? » Elle leva les yeux au plafond et croisa ses doigts entre eux, serrant le plus fort possible. « Un tout petit signe…. Je t’en supplie…. un tout petit… » chuchota-t-elle. Elle tremblait à présent. Elle resta un moment assise, les mains jointes, tandis que des larmes perlaient sur ses joues. Elle se laissa retomber dans son lit et alla enfouir son visage dans son oreiller. Ça n’allait pas. Ça n’allait pas du tout. Dalía commença alors à fredonner la chanson que Lucy et elle chantaient toujours les jours où sa petite soeur était coincée à l’hôpital et que quelque chose la rendait particulièrement malade ou lorsqu’elle avait mal quelque part. Elle se concentra sur cela, essayant d’oublier le reste. Elle n’entendit pas la porte de sa chambre s’ouvrir. Elle n’entendit pas Juliet s’approcher. Mais lorsqu’elle sentit une main se poser sur ses cheveux, elle n’eut pas besoin de se tourner pour savoir qu’il s’agissait d’elle. Elle s’écarta un peu, assez pour laisser de la place à Juliet qui s’empressa de s’allonger à côté d’elle et de l’entourer de ses bras. Elles restèrent ainsi un long moment. Dalía chantonnant et Juliet la serrant contre elle et lui caressant doucement le dos et les cheveux. Quand elle fut prête, Dalía se retourna pour faire face à Juliet. Elle devinait les traits de son visage dans le noir et elle sentait sa respiration sur sa peau. « Comment tu as su que j’avais besoin de toi? » demanda-t-elle dans un souffle. Juliet ne répondit rien. Elle alla simplement coller son front contre celui de sa meilleure amie. Elle déposa un baiser sur le bout de son nez, puis entreprit d’essuyer ses larmes. Dalía se laissa faire, oubliant un peu son chagrin. Elle cessa de trembler et laissa la chaleur de la jeune femme réchauffer son coeur et son corps. Elle trouvait toujours tout le réconfort dont elle avait besoin dans les bras de l’autre fille. « C’est à cela que servent les âmes soeurs. » entendit-elle Juliet lui répondre.
Les jours suivants passèrent à toute allure et petit à petit l’appartement se vida de ses locataires. Ils avaient organisé une dernière soirée à l’appart’ avant que tout le monde se sépare pour les fêtes de fin d’année. Noël n’était plus très loin, une poignée de jours seulement. Dalía et Juliet étaient les dernières à rentrer chez elles. Elles s’étaient arrangées pour que les choses tombent ainsi. C’était toujours un soulagement lorsqu’elles obtenaient l’appartement pour elles toutes seules. Elles avaient passé leur dernière nuit ensemble dans la chambre de Juliet. Elles avaient dû se lever aux aurores ce matin pour finir leurs valises et donner un dernier petit coup d’aspirateur dans les pièces communes. Dalía était dans sa chambre, en train de forcer sur la fermeture éclair de son sac de voyage quand elle entendit sonner à la porte. C’est Juliet qui ouvrit et quelques instants plus tard, Wesley vint la trouver dans sa chambre. « Hey! » Elle se tourna vers lui, un léger sourire vissé sur les lèvres. « Hey. » lui répondit-elle en retour. Il s’approcha d’elle pour l’embrasser et elle tourna la tête pour lui offrir sa joue seulement. « Tu es prête? » Elle hôcha la tête. « Presque. » Elle lui indiqua son sac qu’elle n’arrivait pas à fermer. « Un petit coup de main? » Il s’exécuta aussitôt, s’agenouillant pour tirer sur le zipper tandis qu’elle s’assit sur le sac pour le faire fermer plus facilement. « Tu emmènes toujours beaucoup trop d’affaires. Voyager léger, c’est la clé du succès. » Elle lui donna un petit coup dans l’épaule. « Chut. » Il avait raison. Elle le savait. « Je prends que des trucs dont j’aurai besoin. Et puis il y a tous les cadeaux de Noël… Ça prend de la place. Ce n’est pas de ma faute. » Elle haussa les épaules, prenant un air très innocent. « En parlant de cadeaux… » Elle se leva et attrapa une boîte sur son bureau qui était emballée à la perfection avec un joli petit noeud rouge. Les yeux de Wesley s’illuminèrent, et Dalía ne put s’empêcher de rire. Il accepta la boîte avant de se lever à son tour et d’aller fouiller dans son sac à dos qu’il avait déposé à l’entrée de la chambre. Il en sortit un paquet beaucoup moins bien emballé. « Désolé, mes talents d’emballage papier cadeau ne se sont toujours pas améliorés… » Elle prit ce qu’il lui tendait et ils allèrent se rasseoir ensemble sur son lit. « On ouvre à trois? » Elle acquiesça. « Un…. Deux… » Il avait l’air d’un enfant. Dans ces moments-là, elle se rendait compte à quel point Wesley était important à ses yeux. Elle avait conscience d’être totalement injuste avec lui, de l’emprisonner dans une relation qui courrait à sa perte depuis des mois sans même qu’il ne s’en rende compte. Elle détestait l’idée de lui faire du mal. Avant de sortir ensemble, ils avaient été amis pendant bien un an. Ils s’étaient rencontrés durant leur première année à NYU, à peu près au même moment où Dalía avait rencontré Juliet. D’ailleurs, c’était cette dernière qui les avait présenté l’un à l’autre. Wesley avait tout du petit ami parfait. Il était gentil, attentionné, drôle, et il la traitait toujours avec douceur et tendresse. Ils se disputaient rarement, et quand cela arrivait il s’agissait toujours de quelque chose de complètement stupide et futile. Il savait lui donner de l’espace et de la liberté quand elle en avait besoin, il respectait ses humeurs et ses envies même quand elle le rendait fou, mais quoi qu’il arrive il était toujours là pour elle quand elle avait besoin de lui. Ils s’étaient mis en couple au cours de leur deuxième année à l’université, à la surprise de…personne. Elle le considérait comme l’un de ses meilleurs amis, et elle éprouvait une affection infinie à son égard. Ce n’était pas comparable avec ce qu’elle ressentait pour Juliet. Juliet était son âme soeur, comme une seconde moitié d’elle-même. Wesley était un allié, il s’ajoutait à elle et la rendait meilleure, mais leur connexion spirituelle et affective n’était pas aussi forte que celle qu’elle avait avec Juliet. Elle ne se l’expliquait pas vraiment. Dalía n’avait pas choisi cette situation, c’était juste arrivé. « …Trois. » lâcha-t-elle. Le papier cadeau vola et elle découvrit une grosse boule à neige. Elle la sortit de sa boîte, la secoua, et observa la neige pailletée tomber dans le globe qui contenait un New York miniature. Autour, il avait enroulé un médaillon qu’elle attrapa entre ses doigts. Il avait fait graver le prénom de sa petite soeur dessus. Dalía resta immobile, les yeux rivés sur son cadeau. À côté d’elle Wesley était tout excité. Elle lui avait offert une figure Star Wars de la Princesse Leia et une autre de R2D2. Elle releva la tête pour le regarder. « Ce sont des collectors. » lui indiqua-t-elle. Il souriait de toutes ses dents, visiblement ravi. « Ça te plaît? » lui demanda-t-il. Pour toute réponse elle alla enrouler ses bras autour de lui. C’était parfait.

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« Bienvenue à la maison. » Sa mère se jeta sur elle avec force. C’était la première fois qu’elle rentrait depuis l’enterrement, et ses parents ne l’avaient pas revu en dehors de quelques sessions de facetime. Son père, qui était venu la chercher à la gare, s’empressa d’attraper ses sacs pour l’empêcher de tomber sous le coup de l’étreinte que sa mère lui offrait. Cette dernière ne semblait pas prête à la lâcher. Dalía enroula ses bras tant bien que mal autour d’elle, malgré son énorme manteau et son écharpe ressemblant plutôt à une couverture et qui additionnés commençaient à rendre sa respiration difficile. Elle chercha de l’aide auprès de son père avec un regard suppliant. Il sembla amusé par le désespoir de sa fille mais tapota tout de même l’épaule de sa femme pour l’encourager à laisser Dalía respirer. Lorsqu’elle put enfin ôter ses affaires et dépasser l’entrée, elle constata que la maison était parfaitement décorée pour Noël. Elle s’était attendue à autre chose. Il s’agissait du premier Noël sans Lucy, et elle imaginait que ses parents seraient encore trop éplorés pour avoir le coeur à véritablement faire la fête en cette fin d’année. Elle-même n’était pas particulièrement enchantée à l’idée de célébrer quoi que ce soit. En pénétrant dans le salon, elle aperçut un sapin majestueux qui montait quasiment à ras du plafond tant il était grand. L’ange à son sommet était un peu penché pour éviter qu’il ne soit d’ailleurs écrasé entre les branches et le placo. Ses parents n’y étaient pas allés de mainmorte avec les décorations. Le pied du sapin était aussi entouré de dizaines de paquets de toutes les couleurs et de toutes les formes. Sur la cheminée, ils avaient accroché les chaussettes de tout le monde et dans l’autre habituel: papa, maman, Esmée, Dalía et Lucy. Son coeur se resserra en voyant une photo de sa soeur accrochée au mur juste au-dessus du canapé. De l’autre côté, les escaliers menant à l’étage des chambres étaient décorés de lumières et de boules qui pendaient le long de la rambarde. Elle était légèrement éblouie par toutes les lumières et l’esprit de Noël qui s’était semble-t-il totalement emparé de la maison de ses parents. La télévision était allumée et évidemment elle était bloquée sur la chaîne Hallmark qui diffusait des films festifs en boucle. « Je suis fatiguée. Je pense que je vais aller me coucher. » annonça-t-elle à ses parents qui étaient déjà retournés à leurs occupations. Elle les entendit lui souhaiter bonne nuit depuis la cuisine, et elle se précipita à l’étage. Sa chambre n’avait pas changé depuis ses années lycée. Elle aimait toujours y revenir et s’y ressourcer. C’était l’endroit le plus sûr au monde dans son esprit. Depuis son lit, elle pouvait entendre George Michael chanter Last Christmas à pleins poumons. Elle se laissa tomber dans son lit, attrapa quelques peluches qu’elle avait depuis l’enfance pour les serrer dans ses bras. Elle aperçut la porte de sa chambre s’entr’ouvrir et quelques secondes plus tard un gros machin tout poilu sauta sur son lit. « Buster! » Elle laissa son chien venir lui lécher le visage tandis qu’elle lui gratouillait le ventre. « Oh, tu m’as tellement manqué toi. » Dix minutes plus tard, son lit était occupé par un énorme labrador et deux chats qui avaient rejoint l’action. Elle s’endormit au milieu des poils et des papouilles.
Le lendemain, Dalía était assise à la table à manger avec ses parents. La discussion tournait autour d’un livre qu’elle avait lu pour l’un de ses cours et dont son père était curieux d’en savoir davantage. Elle leur avait parlé de ses études et de sa vie new-yorkaise toute la journée, et elle sentait qu’elle n’aurait bientôt plus rien pour alimenter la conversation. Elle redoutait le moment où ils aborderaient Lucy. Elle n’avait pas osé leur en parler et jusqu’à maintenant ils n’avaient pas non plus dit un mot à ce sujet. Tout était étrangement normal, comme si la famille n’avait pas vécu les pires mois de leur vie dernièrement, comme s’il n’y avait pas un vide énorme dans leurs coeurs, comme si l’absence de Lucy dans la maison n’était pas palpable. « Au fait, vous ne m’avez pas dit quand est-ce que Esmée doit arriver. J’espère au moins qu’elle n’a pas pris un avion pour le vingt-cinq et qu’elle sera là pour le réveillon! » Ses parents échangèrent un regard qu’elle ne loupa pas. « Quoi? » demanda-t-elle soudainement suspicieuse. Ils avaient l’air mal à l’aise. Sa mère attrapa sa main, et lui offrit un sourire qui se voulait sans doute réconfortant. Dalía laissa tomber sa fourchette, sentant que quelque chose ne tournait pas rond. « Ma chérie, ta soeur ne viendra pas. » Sa bouche s’ouvrit mais aucun son n’en sortit. Elle était à présent extrêmement confuse. Son père poursuivit: « Esmée est de garde à l’hôpital pour Noël, elle n’a pas pu se libérer. Elle voulait venir juste après, mais c’est tellement compliqué avec son emploi du temps que nous avons préféré lui dire de ne pas venir. Ta mère et moi irons sans doute la voir en Janvier, et nous avons pensé que tu pourrais te joindre à nous. » Elle n’en croyait pas ses oreilles. Comment Esmée pouvait-elle ne pas venir à leur premier Noël sans Lucy?! Elle sentait la colère lui monter au nez. Elle dégagea sa main de dessous celle de sa mère et écarta sa chaise de la table. « Je n’ai plus faim. » Elle se leva et quitta la pièce, suivie de près par Buster. Elle se demanda intérieurement pourquoi ils n’avaient pas tout simplement annulé les fêtes cette année, ç’aurait fait beaucoup moins mal.
Le vingt-cinq était finalement arrivé, et Esmée était bel et bien restée en Californie, loin de la maison familiale. Elle avait appelé pour le réveillon. Dalía avait refusé de lui parler, déclinant poliment lorsque leur mère avait tenté de lui tendre le téléphone. Ce matin, ils avaient déballé leurs cadeaux tous les trois, en commençant par leurs chaussettes sur la cheminée. Elle avait fait bonne figure, mais le coeur n’y était pas. Cet après-midi, le reste de la famille devait venir chez eux pour manger et s’offrir plus de cadeaux mais Dalía ne rêvait que d’une seule chose: s’enfermer dans sa chambre et dormir pendant trois jours. Elle avait trouvé refuge sur son téléphone auquel elle était gluée, envoyant sans cesse des textos à Juliet. Cette dernière l’avait appelé la veille pour essayer de la calmer, pour la convaincre que ce n’était pas la faute d’Esmée si elle ne pouvait pas rentrer et qu’il valait mieux qu’elle essaye de se contrôler au risque de faire du mal à ses parents. Elle la connaissait bien. Dalía était du genre à dire des choses qu’elle ne pensait pas sous le coup de la colère, et Juliet ne voulait pas que cela arrive avec ses parents, pas après tout ce qu’ils avaient déjà vécu ces derniers mois. Dalía non plus ne voulait pas leur faire de mal. Elle était pourtant en colère. Elle en voulait à sa soeur aînée. Ce n’était pas la première fois que ses études l’empêchaient d’accomplir son devoir familial. Dalía n’avait jamais compris pourquoi Esmée était partie vivre en Californie. Elle avait personnellement choisi New York pour rester proche de sa famille et être présente pour Lucy autant que possible. Déjà à l’époque où Esmée était partie elle lui en avait voulu et avait refusé de lui parler pendant plusieurs semaines. C’était Lucy qui l’avait convaincu de se réconcilier. Mais elle n’était plus là pour rabibocher ses grandes soeurs, et à présent Dalía pouvait se montrer aussi têtue qu’elle le voulait sans que quiconque ne puisse vraiment lui dire quoi que ce soit. Elle se préparait tranquillement dans la salle de bain, malgré sa mauvaise humeur et son envie d’être seule, quand elle entendit des chuchotements provenir du couloir. Elle entr’ouvrit la porte et observa ses parents se tenir devant la porte fermée de la chambre de Lucy. « Qu’est-ce que vous faites? » Ils firent tous les deux un bond en arrière, surpris par cette interruption. Elle s’avança vers eux, attendant une explication. « Ma chérie, tu es prête? Ta robe est jolie. » Elle roula des yeux. Sérieusement? Sa mère essayait d’esquiver sa question en la complimentant sur sa robe? Quand est-ce que ce genre de tactique avait déjà fonctionné sur elle? Elle croisa la bras sur sa poitrine, sentant encore un mauvais plan arriver. « Qu’est-ce que vous faites? » répéta-t-elle, visiblement incapable d’en démordre. Ses parents échangèrent un regard, comme ils le faisaient toujours lorsqu’ils essayaient de lui cacher quelque chose. Elle observa la porte de la chambre de Lucy avec attention. Elle n’était pas entrée là-dedans depuis des mois, et elle n’avait pas particulièrement envie d’y entrer, mais le comportement de ses parents était trop suspect pour être honnête et elle eut soudainement un mauvais pressentiment. Elle tendit la main vers la poignée de la porte et fut stoppée au dernier moment par son père qui lui barra le passage en criant: « Stop! ». Dalía fit un pas en arrière, à son tour prise de court par la réaction inattendue de son père. « Dalí, il faut qu’on parle. ». Il avait pris ce ton sérieux qu’il ne prenait que lorsque quelque chose de grave arrivait. C’était toujours sur ce ton-là qu’il parlait de la maladie de Lucy, toujours sur ce ton-là qu’il avait annoncé à ses filles des dizaines et des dizaines de mauvaises nouvelles concernant leur petite soeur. Lorsqu’il s’agissait d’une situation où il risquait d’y avoir des pleurs ou des cris, c’était toujours lui qui parlait. Elle observa sa mère, cherchant un quelconque indice sur ce qui était en train de se passer. « Allons nous asseoir, tu veux bien? » Son père fit signe de prendre les escaliers, sans doute pour aller s’installer au salon, mais elle secoua la tête. « Non. Je ne veux pas m’asseoir. Je veux que tu me dises ce qui se passe et pourquoi je ne peux pas entrer dans sa chambre. » Elle lui faisait face, ne décrochant pas son regard de celui de son père. En de nombreux points, ils se ressemblaient. Physiquement et psychologiquement, elle avait beaucoup plus hérité de son cher papa que de sa mère. Il laissa échapper un soupir, se tourna vers sa femme qui lui fit un signe de tête et reporta enfin son attention sur sa fille. « Très bien. »  Il prit une profonde inspiration, sembla chercher ses mots, tandis qu’elle passait de l’un à l’autre de ses parents avec ses yeux, parfaitement confuse. « Durant les derniers mois, quand Lucy savait que ce serait bientôt la fin, elle nous a parlé à ta mère et moi de quelque chose qui lui tenait à coeur. » En entendant son père parler de sa soeur, elle se sentit faiblir. « Même lorsqu’elle avait mal, ou que quelque chose n’allait pas, elle semblait toujours être la plus forte d’entre nous. Elle refusait d’être un poids pour notre famille, c’était sa plus grande crainte. Elle faisait toujours tout pour nous empêcher de nous inquiéter, pour prendre soin de nous. » Dalía ne cilla pas. Elle se souvenait très bien de la volonté irréprochable de sa soeur à se battre contre la maladie qui avait rongé son enfance et qui lui avait à terme volé tout avenir. Lucy était une battante, elle l’avait toujours été. Effectivement, elle détestait l’idée d’être un fardeau, mais elle ne l’avait jamais été aux yeux de ses proches. Ils avaient veillé à prendre soin d’elle, mais elle avait sans aucun doute pris un bien plus grand soin d’eux durant toutes ces années. « Vers la fin, elle s’inquiétait beaucoup pour ta soeur et toi, et pour nous aussi. Elle avait peur que nous nous laissions porter par la tristesse de la perdre, et que nous cessions d’avancer. » Dalía le savait, c’était d’ailleurs pour cela qu’elle avait promis à sa soeur de continuer à vivre malgré la peine. « Dans son malheur, elle estimait tout de même avoir eu la chance incroyable d’avoir une vie remplie d’amour et d’aventures. Toutes ces choses que toi et Esmée vous lui avez offertes. » Elle pouvait voir sa mère trembler légèrement, elle tentait sans doute de retenir ses larmes. La gorge de Dalía se noua, mais elle ne laissa rien paraître. « Elle nous a beaucoup parlé de tous ces moments de bonheur qu’elle avait eu la chance de vivre et qui la remplissait de joie. Même si elle savait qu’elle ne pourrait pas gagner contre ce monstre à l’intérieur d’elle-même, elle était pleine d’espoir pour nous, pour le reste du monde. Je n’ai jamais su où elle puisait toute cette force, tout ce courage… » Elle non plus, elle n’avait jamais su. « Ta soeur nous a appris tant de choses sur nous-mêmes et sur la vie en général. Elle voulait que d’autres en profitent. » Elle pencha la tête en entendant ces mots-là. Que voulait-il dire exactement? « Lucy nous a parlé de son désir de nous voir adopter un enfant dans le besoin, d’aider quelqu’un d’autre à grandir, à vivre, à être heureux… Elle voulait que notre famille continue à regarder vers l’avenir, que nous continuions à donner et recevoir de l’amour. C’était en quelque sorte son dernier cadeau pour nous. » Avait-elle bien compris? « Ta mère et moi en avons parlé pendant des mois, juste nous deux, et avec Lucy aussi. Quelques semaines avant qu’elle ne nous quitte, nous avons décidé d’entamer les démarches pour une procédure d’adoption en Éthiopie. » Les pensées se bousculaient dans son esprit. Ses parents allaient donc adopter un enfant? Lucy leur avait demandé de le faire? Pourquoi n’en avait-elle jamais parlé à Dalía? Pourquoi le sujet ne lui arrivait-il que maintenant aux oreilles? « La semaine dernière, nous avons appris que nous pourrions adopter au mois de février. Nous avons reçu toutes les autorisations, et nous avons été mis en contact avec un orphelinat où un petit garçon nous attend. » C’était un choc total. Dalía ne savait que dire face à cette nouvelle qui bouleversait toute sa vie d’un seul coup. Le silence s’installa et personne ne prononça un seul mot pendant de longues minutes. Elle tendit finalement la main vers la porte, et cette fois son père la laissa faire. Lorsqu’elle l’ouvrit, la pièce qui s’offrait à elle n’avait plus rien de la chambre qu’elle avait connu. Les murs avaient été fraîchement repeints d’un vert pastel très doux, et les meubles étaient couverts de draps blancs. Dalía porta une main à son coeur qu’elle jura entendre s’arrêter de battre. « Non… » murmura-t-elle. Elle pénétra dans la pièce dans un bond, tourna sur elle-même doucement pour bien saisir les changements qui s’étaient opérés. Sa respiration s’accéléra alors que tout était en train de prendre son sens dans son esprit. « Ses… ses affaires? » Était-ce de la tristesse? De la colère? De la panique? Elle tremblait. « Nous avons mis les affaires de Lucy dans des cartons… Ils sont bien rangés à l’abri. » Mais cela ne sembla pas la calmer. D’un coup sec elle souleva un drap qui recouvrait la bibliothèque de sa soeur. Les étagères étaient vides, plus aucun livre n’y trônait. « Et si je voulais garder des choses, hein? Vous avez tout retiré? Vous avez pensé à ce que ça me ferait à moi? À Esmée? » cria-t-elle en se tournant violemment vers ses parents. « Nous n’avons rien jeté, tu es libre d’aller prendre ce que tu veux. » Son père s’approcha d’elle avait précaution. « Dalía, c’est ce qu’elle voulait. Elle nous l’a dit. » Mais elle secouait la tête, elle refusait de croire que les choses pouvaient être aussi simples, que l’on pouvait aussi facilement ranger dans des cartons tout ce qui avait constitué le monde de Lucy. Elle avait l’impression qu’on lui arrachait sa soeur à nouveau. « Elle voulait qu’on la remplace? Elle voulait qu’on l’oublie? » Elle continuait de crier, sans se rendre compte du mal qu’elle était en train de faire. Sa mère s’accrocha au mur pour ne pas tomber. Ce n’était pas la réaction qu’ils avaient espérée, mais c’était sans doute celle à laquelle ils s’attendaient. Son père restait calme. « Dalí. » Sa voix se voulait apaisante, réconfortante, mais elle ne pouvait pas se calmer. Elle ne pouvait pas rester une seconde de plus dans cette pièce. Comme à l’hôpital après avoir appris la mort de Lucy, elle se mit à courir. Elle n’obéissait plus qu’à ses jambes. Elle dévala les escaliers à toute vitesse, attrapa une veste au passage et ouvrit la porte d’entrée. Des membres de sa famille venaient tout juste de se garer dans l’allée devant la maison, mais elle ne leur prêta aucune attention. Elle entendait leurs voix l’appeler, puis celle de son père crier son nom. Elle continua de courir jusqu’au bout de la rue, sans s’arrêter, et puis plus loin, jusqu’à perdre le souffle, jusqu’à sentir sa gorge brûler.

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« Tu es sûre de toi? » Dalía se tenait au milieu du terminal, juste devant le mur d’écrans qui affichaient tous les départs et les arrivées. À sa droite, Juliet. À sa gauche, Wesley. Ils avaient tous les deux tenus à l’accompagner jusqu’à l’aéroport, chacun espérant sans doute secrètement la faire changer d’avis. Mais sa décision était prise, et elle ne pouvait plus faire marche arrière. Après sa dispute avec ses parents pendant les vacances, elle avait fini par leur dire qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient, mais qu’elle n’était pas prête à aller de l’avant comme eux, pas tout de suite. Elle n’avait pas encore fait le deuil de Lucy, elle n’était pas prête à la voir remplacée par un autre enfant. Elle avait un mal fou à imaginer ses parents avec un nouveau bébé, et même si au fond d’elle-même elle n’était pas surprise que sa petite soeur ait eu cette idée-là pour empêcher leurs parents de sombrer, pour leur donner de quoi s’accrocher à la vie, c’était un peu trop de changement d’un seul coup. Elle avait appelée Esmée en pleurs, complètement hystérique, après s’être enfuie de la maison le jour de Noël. Sa grande soeur non plus n’avait pas tout compris à cette histoire d’adoption, mais elle s’était montrée plus enthousiaste et plus douce à l’égard de leurs parents. Dalía s’en voulait de s’être emportée, mais ç’avait été plus fort qu’elle. Cet épisode avait ouvert une plaie qu’elle avait tentée tant bien que mal de garder fermée. Son retour à New York pour le nouvel an avait été difficile. Heureusement qu’elle avait eu Juliet pour l’épauler et la consoler. Elles semblaient s’être encore plus rapprochées, alors mêmes qu’elles pensaient ne pas pouvoir être plus proches que ce qu’elles étaient déjà. Tout le monde avait repris le chemin des cours, Dalía y compris. C’était son dernier semestre à NYU avant l’obtention de son diplôme. Grâce à sa mineure en psychologie elle avait déjà assez de crédits pour valider son année pratiquement les yeux fermés. Mais venir en cours était de plus en plus difficile. Ces dernières semaines, c’était à peine si elle avait pu quitter le lit de Juliet dans lequel elle trouvait refuge tous les soirs. Elle ne voulait plus exister que dans ses bras, et pourtant à chaque fois qu’elle pensait à révéler leur secret au grand jour, elle se sentait faiblir. Juliet s’était montrée si compréhensive que Dalía se demandait souvent ce qu’elle avait fait pour mériter d’avoir une personne comme elle dans sa vie. Wesley aussi avait tenté de lui apporter son soutien, mais elle avait petit à petit commencé à lui faire sentir que la fin de leur couple approchait. Sans jamais rien lui dire ouvertement, elle lui donnait des indices qu’il commençait à saisir. Il n’avait pas l’air rancunier, mais il s’accrochait encore. Elle n’avait pas la force de mettre un terme à leur couple, égoïste jusqu’au bout. « Oui, je suis sûre de moi. » avait-elle fini par répondre. Elle se tourna vers Wesley avec un très léger sourire à peine perceptible et un de ces fameux regards perçants dont elle seule avait le secret. « Ce n’est pas pour toujours Wes, j’ai juste besoin de changer d’air. » Après discussion avec certains de ses professeurs, elle s’était arrangée pour remplacer son semestre par un stage qui allait venir conclure ses études en beauté. Elle n’aurait qu’à revenir à New York pour passer un examen ou deux en Mai et elle en aurait fini. La décision avait été prise un peu à la va-vite, sur un coup de tête, mais elle sentait que c’était la seule solution pour la sortir du trou noir dans lequel elle commençait à se laisser plonger. En réalité, c’était Juliet qui lui avait donné l’idée, au détail près qu’elle n’avait pas suggéré de partir à l’autre bout du pays. Dalía avait au contraire vu une opportunité de retrouver Esmée tout en s’offrant un nouvel élan dans une ville qu’elle ne connaissait pas encore. Elle était de la côte Est. East coast born and raised, baby! Elle n’avait encore jamais mis un pied en Californie. Elle allait travailler pour la ville d’Huntington où sa soeur résidait depuis plusieurs années déjà. D’après ce qu’on lui avait dit, elle serait sans doute assez souvent à l’hôpital pour accompagner en particulier les femmes battues et les personnes trans. Ses études en gender et women’s studies associées à son parcours en psychologie allaient enfin être mis à profit. Elle avait hâte d’aller sur le terrain, d’être confrontée à la réalité des choses, bien que ce ne soit pas nouveau pour elle de par son engagement social et militant. Cette opportunité lui avait redonné la volonté de se lever le matin, et la seule chose qui l’angoissait vraiment à présent était de laisser ses histoires de coeur derrière elle sans avoir vraiment réglé quoi que ce soit.
Dans les haut-parleurs de l’aéroport, une voix annonça qu’il était temps pour les passagers de son vol de se rendre à la porte d’embarquement qui allait ouvrir bientôt. Dalía attrapa ses billets d’avion fermement, tandis que la main de Wesley se posa sur son épaule et que Juliet s’empara de sa main encore libre. « On se reverra en mai, c’est sûr. Je serai là pour les examens finaux et pour la remise des diplômes. » Elle tentait de les rassurer, elle comprise. Bien qu’elle sache que cette aventure lui serait forcément bénéfique, elle était tétanisée à l’idée de ne plus les avoir tous les deux auprès d’elle. Cela faisait des années qu’elle n’avait pas eu à compter sur Esmée. Elles n’avaient pas vécu ensemble depuis que son aînée avait quitté la maison familiale quasiment dix ans en arrière à ses dix-huit ans. Dalía espérait au moins que cela les rapprocherait à nouveau, mais elle était aussi consciente que les choses risquaient de ne pas toujours être toutes roses entre elles. « Vous pourrez aussi venir me voir… Pendant le spring break, peut-être? » Juliet hocha la tête. Elle n’avait pas dit grand-chose depuis qu’ils avaient fait enregistrer les valises de Dalía, mais maintenant que les aux revoirs approchaient elle semblait incapable de dire quoi que ce soit. Ses yeux en revanche criaient ce qu’elle n’avait pas la force de dire. En croisant son regard, Dalía sentit sa gorge se nouer et ses doigts se resserrèrent instantanément autour de ceux de Juliet. « Okay DJ… Il est l’heure. » Wesley l’entoura de ses bras, et elle lâcha la main de son amie pour lui rendre son étreinte. « Tu vas me manquer. » lui chuchota-t-il à l’oreille. Elle avait envie de pleurer, mais elle était dans un lieu public et il était hors de question de se laisser aller de la sorte. Si elle pouvait parfaitement pleurer dans les bras de Juliet ou d’Esmée, elle était incapable de verser une seule larme au milieu d’un aéroport. Wesley déposa un baiser sur ses lèvres, bref mais réconfortant. Il lui caressa la joue une dernière fois avant qu’elle ne se tourne vers Juliet qui la regardait si intensément qu’elle lui crevait le coeur. Elle ne pouvait pas l’embrasser, pas devant Wes, mais elle la serra si fort contre elle qu’elle eut peur pendant quelques secondes de lui casser une côte. Leur étreinte dura un moment, toutes les deux incapables de lâcher. « Je… » Elle avait commencé à lui chuchoter à l’oreille, mais elle était incapable de finir. « Je sais. » entendit-elle Juliet lui répondre, la voix tremblante. Elles se séparèrent enfin, leurs yeux refusant de briser le contact. Elle allait lui manquer à un point… À cet instant, Dalía remettait tout en question dans sa tête. Ses pieds refusaient de bouger. La file pour passer la sécurité et rejoindre sa porte d’embarquement se trouvait juste quelques pas plus loin, mais elle ne pouvait pas. Juliet se pinça les lèvres, elle hocha la tête et lui fit un sourire avec un petit geste d’encouragement. « Vas-y. » articula-t-elle en silence. Dalía avança alors à reculons, tout doucement, jusqu’à faire volte-face pour ne plus voir ni Juliet, ni Wesley. Son coeur était plus lourd que jamais, mais elle trouva la force en elle d’avancer. Elle ne pouvait plus se retourner à présent, elle devait continuer de marcher dans la file. C’est ce qu’elle fit durant quelques minutes qui lui semblèrent interminables. Lorsqu’elle arriva presque au guichet pour un contrôle de ses billets, elle se stoppa net et laissa la personne dernière elle lui passer devant. Elle resta immobile, fixant ses billets d’avion. Et puis soudain, elle fit volte-face et courut à travers la file en poussant les autres voyageurs. « Pardon! J’ai oublié quelque chose! » s’écria-t-elle sans vraiment s’inquiéter des pieds sur lesquels elle marchait, ni des gens qu’elle bousculait. Wesley et Juliet n’avaient pas bougé d’un pouce, et lorsqu’ils la virent revenir en courant vers eux ils échangèrent un regard interloqué. Dalía se jeta dans les bras de Juliet, entourant les siens autour de son cou. « Je t’aime. » Elle l’avait dit assez fort pour que Wesley entende, mais elle n’avait pas fait attention. Il n’y avait que Juliet et elle dans cet instant. L’autre fille sembla surprise par ce qui était en train de se passer. Dalía croisa le regard de Wesley qui avait eu un léger mouvement de recul mais dont l’expression faciale ne semblait pas crier « Oh mon Dieu! Ma copine serait-elle amoureuse de sa meilleure amie?! ». Au contraire, il avait un air presque serein. Dalía, sans se séparer de Juliet, le regarda encore un instant avec curiosité. Il haussa les épaules et eut un petit sourire un peu triste, mais étonnamment compréhensif. Silencieusement, elle lui présenta ses excuses et il sembla comprendre. Elle ferma les yeux, soulagée que son secret soit à demi-dévoilé. Wesley ne comprenait peut-être pas tout, mais il avait compris le principal, elle le savait. Elle savait aussi qu’il serait assez sympa pour ne rien dire à Juliet sur le chemin du retour.  La voix dans les haut-parleurs appela à nouveau les voyageurs à se rendre à leur porte d’embarquement, alors Dalía déposa un baiser sur la joue de Juliet, une dernière étreinte, et elle reprit le chemin inverse pour retrouver sa place dans la file d’attente. L’aventure californienne allait enfin pouvoir commencer, et quel meilleur début que celui-là?




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Dernière édition par Dalía J. Almeida le Mer 1 Fév 2017 - 22:52, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: She wore flowers in her hair and carried magic secrets in her eyes •• Dalía James Almeida   Sam 28 Jan 2017 - 2:24

Salut, belle gosse

AHHHHHHHH TU SAIS CE QUE J'EN PENSE JE T'AIME ÉPOUSE MOI.

Adios !



Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: She wore flowers in her hair and carried magic secrets in her eyes •• Dalía James Almeida   Dim 29 Jan 2017 - 20:50

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MessageSujet: Re: She wore flowers in her hair and carried magic secrets in her eyes •• Dalía James Almeida   Lun 30 Jan 2017 - 10:57

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MessageSujet: Re: She wore flowers in her hair and carried magic secrets in her eyes •• Dalía James Almeida   Lun 30 Jan 2017 - 21:51

 

@Aditya Raichand a écrit:
ELLE EST CANON. (hello, i'm single ready to mingle)
Héhé Elle est aussi plus ou moins taken (mais elle n'est pas un exemple de fidélité alors, sait-on jamais ).

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MessageSujet: Re: She wore flowers in her hair and carried magic secrets in her eyes •• Dalía James Almeida   Lun 6 Fév 2017 - 19:54

rebienvenue à la maison je te valide

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MessageSujet: Re: She wore flowers in her hair and carried magic secrets in her eyes •• Dalía James Almeida   Lun 6 Fév 2017 - 20:01


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MessageSujet: Re: She wore flowers in her hair and carried magic secrets in her eyes •• Dalía James Almeida   

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