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 love was a damaging mistake, and its accomplice, hope, a treacherous illusion •• keith&leah

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Leah I. Stewart
le lama suprême


› MESSAGES : 6709
› EMMENAGEMENT LE : 18/01/2013
› AGE : 29
› STATUT CIVIL : C'est Tchernobyl.
› QUARTIER : Presidente Drive
› PROFESSION/ETUDE : Ecrivain / blogueuse culinaire
› DOUBLE COMPTE : Dustin W. Kennedy
› CELEBRITE : Nina Dobrev
› COPYRIGHT : ©.cranberry (avatar) ©tumblr & © sweet peach (sign)


MessageSujet: love was a damaging mistake, and its accomplice, hope, a treacherous illusion •• keith&leah   Sam 28 Jan - 21:54


Assise sur son canapé, elle avait étendu ses jambes sur la table basse et tenait dans ses mains un verre de vin rouge. La semaine était passée à une allure folle, encore une qu’elle n’avait pas vue défiler. De plus en plus, le temps semblait lui échapper. Leah avait mis Mason au lit quelques minutes auparavant après avoir dû se débattre avec lui pour qu’il accepte de rester couché plutôt que de se mettre à sautiller tout en secouant les barreaux qui l’empêchaient de tomber par terre. Son fils regorgeait d’énergie à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, du moins c’était l’impression qu’il lui donnait. Elle se demandait souvent comment un si petit corps pouvait contenir autant de volonté et comment il était possible pour un gamin de deux ans de rester éveillé alors qu’elle ne rêvait que de dormir. Enfin, elle pouvait profiter d’un peu de calme, peut-être même qu’elle aurait la force de tenir pour un film. Avant, elle devait s’occuper de son courrier. Cela faisait plusieurs jours qu’elle n’avait pas ouvert une seule enveloppe et le petit tas sur le meuble de l’entrée avait commencé à grossir à vue d’oeil. Tout était étalé à côté d’elle sur le canapé, et elle attrapa un premier courrier au hasard. Manque de bol, il s’agissait de son assurance lui rappelant qu’elle leur devait un payement. Elle balança le papier en l’air et décida d’attraper autre chose, toujours au hasard. Une publicité pour un nouveau gymnase. Elle observa son corps étendu de tout son long, elle n’était pas dans la meilleure forme physique, mais oh, well! Elle n’avait pas le temps d’aller faire du sport, encore moins pour courir sur un tapis de course ou pédaler sur place. Next. Elle piocha à nouveau dans la pile, prenant davantage son temps pour choisir. Cette fois l’enveloppe était blanc cassé, longue et très fine. Elle observa l’écriture avec laquelle on avait rédigé son nom et son adresse sur le devant et se fit la remarque que c’était très élégant. Peut-être était-ce une invitation à un gala ou une soirée importante. Elle s’empressa d’arracher le papier et trouva à l’intérieur une lettre pliée en deux.

Citation :
Chère Leah,

Les mots que tu es sur le point de lire risquent de changer ta vie d'une manière que tu n'attends pas, cependant, j'espère que tu arriveras à faire le bon choix sur ton futur.

Tu as sans doute dû penser qu'un homme comme Noah Harper vient avec sa part de secret. Son mystérieux n'est pas juste un jeu, et s'il a pu montrer son côté salaud avec ses sexe escapades, ce n'est que la partie visible de l'iceberg de ce qu'il est capable de faire sur un coup de tête.

Ces derniers temps, j'ai remarqué que tu cherchais quelque part à avoir son approbation, telle une enfant cherchant désespérément l'accord de son papa chéri. La vérité est que tu vaux certainement plus qu'un meurtrier qui, de sang-froid, peut tuer des gens sans y penser deux fois.

Cordialement, maître Corbeau.

Elle se redressa d’un coup sec, renversant avec son pied son verre de vin sur le tapis blanc. Elle sentait comme une boule se former dans le fond de sa gorge mais elle se dit qu’elle avait mal compris alors elle commença à relire la lettre une seconde fois. Elle butait sur les mots, devait relire la même phrase encore et encore pour bien comprendre. Ses mains tremblaient à présent et lorsqu’elle arriva au dernier paragraphe elle fut parcourue d’un grand frisson. En temps ordinaire, elle n’aurait peut-être pas cru ce qu’elle lisait. Elle aurait sans doute pensé à un canular. Mais quelque chose à propos de cette lettre lui laissait une impression étrange. Leah laissa tomber le papier par terre, ignorant l’énorme de tâche de vin rouge à ses pieds. Elle sentait la panique la gagner. Sans réfléchir, elle se précipita dans la chambre de Mason. Il ne dormait pas et lorsqu’il aperçut sa mère faire irruption devant lui il sembla lui-même très surpris. Elle l’attrapa dans ses bras à toute vitesse, le secouant un peu trop à son goût puisqu’il commença à se débattre. Elle retourna dans le salon, s’emparra son sac et ses clés de voiture et quitta sa maison sans éteindre une seule lumière, ni la télévision, et sans même verrouiller la porte. Il fallait qu’ils partent. Tout de suite. Très loin. Elle installa son fils dans son siège auto et ignora toute résistance qu’il lui opposait. Il n’avait pas pour habitude de voir sa mère lui être indifférente, pourtant elle était comme dans un autre monde. Elle ne l’entendait plus ni geindre, ni crier. Elle passa derrière le volant, Mason était à présent en pleurs à l’arrière de la voiture. Elle mit le contact, démarra la voiture et quitta l’allée de son garage. Elle n’avait aucune destination en tête, elle devait juste rouler. Les pensées se bousculaient dans son esprit, elle se sentait devenir folle, mais elle ne pouvait pas perdre pied. Elle devait rester calme, et ce malgré son coeur qui battait à cent à l’heure. Elle prit la direction de la voie rapide, celle qui l’emmènerait vers Los Angeles. Distraite, elle s’arrêta à plusieurs feux verts et grilla un feu rouge. Elle avait comme l’impression de flotter au-dessus de son propre corps, de ne plus être réellement là. Les pleurs de Mason à l’arrière s’intensifiaient, mais elle ne réagissait toujours pas. Il pleurait si chaudement et avec tant de force qu’il fut plusieurs fois coupé par un hoquet ou une toux l’obligeant à se calmer un peu. Elle tourna à droite, puis à gauche, puis tout droit, puis à droite à nouveau. Elle passa le panneau qui lui indiquait la sortie de la ville, continua de rouler sur une dizaine de kilomètres, fit demi-tour, s’arrêta sur le bord de la route, reprit son chemin, et continua avec incertitude pendant près de quarante minutes. Elle tournait en rond.

Mason avait fini par se fatiguer lui-même. Leah sembla retrouver quelque peu ses esprits quand elle jeta un oeil dans son rétroviseur intérieur pour s’assurer qu’il allait bien. La culpabilité la saisit, elle était une mère atroce pour avoir laissé son bébé s’égosillait de la sorte sans jamais avoir un seul mot à son égard, pas même un regard. Mais plus elle l’observait dans son rétro et plus elle pensait à Noah. La culpabilité venait aussi de là. Qui lui avait-elle donné pour père? Un meurtrier. Un meurtrier. Un meurtrier. Elle avait fini par revenir dans le centre de la ville, à simplement conduire pour conduire, incapable d’aller beaucoup plus loin et pourtant réticente à rentrer chez elle. Conduire la calmait et l’empêchait de péter un plomb. Si elle s’arrêtait, elle allait faire une connerie, elle le sentait. Elle regarda autour d’elle, et reconnut le quartier dans lequel elle venait de s’aventurer. Elle eut un autre coup d’oeil pour Mason. Les rues s’enchainaient devant elle, toutes ressemblant à la précédente. Elle savait parfaitement où elle était et petit à petit sa destination semblait être claire. Elle stoppa la voiture devant une maison avec un panneau sur lequel on pouvait lire: « Bed & Breakfast ». Elle quitta le siège conducteur, passa sur la banquette arrière pour détacher Mason et le prendre dans ses bras avec plus de délicatesse que précédemment. Elle parvint même à quitter son véhicule sans le réveiller. Avec son fils endormi contre elle, Leah se dirigea vers la porte d’entrée sur laquelle elle commença à frapper. Une fois, puis deux, puis trois, puis sans s’arrêter jusqu’à ce qu’on lui ouvre. Elle avait besoin d’aide. Tellement besoin d’aide.

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How far I'll go
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Keith A. Williams
lama en évolution


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MessageSujet: Re: love was a damaging mistake, and its accomplice, hope, a treacherous illusion •• keith&leah   Ven 3 Fév - 16:19

Keith était assis au comptoir de la cuisine, sur l’un des hauts tabourets, le menton appuyé sur le dos de ses mains jointes. Il regardait devant lui sans ne rien voir des photos de sa fille Béatrice tenues sur la porte du réfrigérateur par des aimants à l’effigie de Doris, le chirurgien bleu amnésique favori du moment de la gamine. Sans ne rien entendre des quelques locataires du Hope’s Cove qui se déplaçaient à l’étage. Sans même réfléchir à quoi que ce soit, ou même rêver éveillé. Réfugié dans une douce stupeur, sans aspiration, sans déception, il ne faisait qu’attendre. Attendre que la journée se termine, et qu’une autre prenne sa place.

Il servait sa sentence sans faire de vague, dans l’espoir qu’on réduise son temps pour bonne conduite.

Au commencement, il avait dû lutter ardemment pour préserver le calme de sa cellule. Pour des considérations qu’il lui échappait encore, tous ceux de son entourage semblaient tenir avec insistance à ce qu’il tente de s’évader. Personne n’avait cependant pu lui offrir une vision de ce qui l’attendrait une fois hors des murs de sa prison. Comme si seul l’acte avait de l’importance. Pas ses conséquences.

Il avait dû faire montre de patience. Faire des compromis. Apprendre à sourire. À dire que tout allait bien. À répondre « non, pas ce soir, désolé, merci de l’invitation. On se reprendra la semaine prochaine ». Encore et encore et encore. Jusqu’à venir à bout des plus tenaces de ses comparses. Pour qu’ils le laissent finalement en paix. Pour qu’ils passent à autre chose.

Pourtant, ce soir encore, on venait le tirer de sa quiétude. La vie n’avait-elle pas encore compris qu’elle n’était plus la bienvenue ici ?

Devant l’insistance de l’interruption de son néant, Keith se redressa en grommelant, s’appuyant lourdement sur une cane qu’il tenait de la main droite. Il franchit lentement les quelques pas qui le séparait de la porte d’entrée, et jeta un regard à travers l’œil de bœuf.

Ses yeux s’écarquillèrent, animés par une pléthore d’émotions aussi désordonnées qu’éclectiques. Peu habitués à un tel tumulte intérieur, il fallut que Leah cogne à nouveau, avec insistance, avec désespoir, avec la vigueur de qui n’acceptera pas le vide, pour qu’il se décide à prendre action.

Il ouvrit doucement la porte, à contrecœur.

« Bonsoir, Leah, », fut tout ce qu’il trouva à lui répondre. Un accueil froid et impersonnel. Il aurait pu faire mieux. Mais il aurait tout aussi bien pu faire mille fois pire…

L’instant se prolongea dans le malaise. Son attention se porta sur le petit Mason –vraiment plus aussi petit que ça, d’ailleurs- endormi dans les bras de sa mère. Quelque chose céda. Il baissa encore plus la voix, pour s’assurer de ne pas le réveiller.

« Est-ce que Mason va bien ?»

Il semblait si paisible que cette l’inverse ne lui semblait guère plausible, mais il se devait de s’informer. Il ne pouvait concevoir qu’un faible nombre de circonstances pour que Leah brise son silence radio pour réapparaître mystérieusement chez lui vêtue de ce qui ressemblait à s’y méprendre à un pyjama, et Mason figurait en tête de liste de la plupart de celles-ci.

Voyant qu’il ne s’agissait pas d’une urgence médicale, Keith poussa un soupir, baissa les yeux et ouvrit toute grande la porte.

« Je t’en prie, entre… »

Il se recula laborieusement pour lui laisser la place nécessaire, puis referma la porte derrière elle.

« Qu’est-ce que je peux faire pour toi,» lui demanda-t-il sans relever la tête vers elle, et sans l’inviter à s’assoir, alors qu’il se dirigeait en boitant lourdement vers le bureau de l’accueil, aidé de sa canne.

Exactement comme il l’aurait fait avec un client.

« Je crois qu’il me reste deux chambres de libres… »

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Leah I. Stewart
le lama suprême


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MessageSujet: Re: love was a damaging mistake, and its accomplice, hope, a treacherous illusion •• keith&leah   Sam 11 Fév - 0:38

La porte s’entr’ouvrit doucement, en parfaite opposition avec les battements de son coeur qui allaient à mille à l’heure. Lorsque la voix de Keith vint briser le silence et qu’elle aperçut sa silhouette pour la première depuis des mois, elle se sentit faiblir. Qu’était-elle venue faire ici? Qu’attendait-elle de cette visite? Elle resserra son étreinte autour de Mason, le tenant au plus près d’elle, telle la plus précieuse de ses possessions, ce qu’il était d’ailleurs. Keith avait l’air si… Différent? Elle avait presque du mal à le reconnaitre. Elle examina son visage dans les détails, incapable de dire un seul mot. Il semblait épuisé comme rarement elle avait vu quelqu’un, et il arborait un air complètement détaché et si indifférent à son égard qu’elle en était toute troublée. Après tout, elle n’était pas venue le voir depuis très longtemps. Le silence radio avait été de mise entre eux. La dernière fois qu’elle l’avait vu remontait au moment où Keith lui avait annoncé sa maladie et sa mort prochaine. Ils avaient échangé des paroles qu’ils n’avaient jamais eu le courage de prononcer avant, elle l’avait supplié de ne pas la laisser toute seule dans ce monde souvent trop brut et impromptu, ils s’étaient remerciés l’un et l’autre pour ce qu’ils s’étaient mutuellement apportés. S’il y avait une conversation dans sa vie qu’elle ne comptait jamais oublier, c’était bien celle-ci. Elle le revoyait dans ce lit d’hôpital, tout pâle et frêle, ayant accepté son destin et prêt à mourir. Il avait eu l’air si déterminé à lui dire au revoir… Au moins autant qu’il avait eu l’air sincère lorsqu’il lui avait dit qu’il l’aimait. Ils pensaient à ce moment-là qu’ils ne se reverraient jamais. Et pourtant, voilà qu’ils se tenaient l’un devant l’autre aujourd’hui. Mais était-ce vraiment lui? Ses yeux se posèrent sur la bouche de Keith. De ces lèvres-là étaient sortis des mots qu’elle avait tatoués en elle à l’encre indélébile. Ces mêmes lèvres qu’elle avait embrassé. Elle se demandait si tout ce qu’il avait dit à l’époque s’était envolé depuis. Si c’était le cas, elle ne pouvait pas lui en vouloir, après tout elle n’avait pas repris contact alors même qu’elle savait qu’il n’était pas mort. Elle avait suivi son histoire de loin, comme si leurs adieux avaient scellé leur relation et qu’après tout ce qu’ils avaient partagé, il n’y avait plus rien à ajouter. En réalité, elle ignorait sa propre raison de s’être tenue à distance, de ne pas avoir saisi l’occasion qui se présentait à eux de vivre ce qu’ils pensaient ne jamais pouvoir vivre. Après tout Keith lui avait bien dit que si les choses avaient été autrement, il aurait voulu lui faire réaliser chaque jour qu’il l’aimait. Les choses avaient effectivement été autrement et pourtant cela ne les avait pas réuni. Elle avait du mal à comprendre comment sa mort aurait pu être plus douce et moins destructrice pour leur relation que sa guérison l’avait été. À bien y penser, c’était malgré tout leur réalité. Plus elle le fixait et plus elle avait l’impression de voir un autre homme. Était-ce de la colère qu’elle percevait? Était-ce de la rancune? Avait-elle eu tort de venir le voir lui? Aurait-elle dû continuer à le laisser tranquille? Après tout, elle entrait une fois de plus dans sa vie pour lui demander de l’aide. Ces dernières années il avait été là pour elle dans les moments les plus sombres et jusqu’à présent il avait toujours été sa bouée de secours, celui auquel elle pouvait s’accrocher sans qu’il ne lui pose jamais la moindre question. Pouvait-il toujours occuper ce rôle? Elle observa le reste de son corps, tomba nez à nez avec une canne qu’il tenait fermement dans ses mains et sur laquelle il semblait s’appuyer. Puis elle retrouva le chemin jusqu’à son visage, et décida de ne pas le quitter par peur de découvrir d’autres traces de ce qu’il avait subi et dont elle ignorait tout.

Il brisa à nouveau le silence pour demander si Mason allait bien, toujours incapable de parler elle se contenta de hocher la tête. Keith avait été celui qui avait tenu sa main durant son accouchement. Il était la première personne, en dehors d’elle-même, à avoir fait la connaissance de Mason. Mon Dieu! Comment avait-elle pu rester loin de lui pendant aussi longtemps? Elle était soudainement frappée de plein fouet par un tas d’émotions qui semblaient arriver en un gigantesque raz-de-marée. La joie de le revoir en vie, la nostalgie de leurs souvenirs passés, la tristesse d’avoir coupé les ponts, la colère de ne pas être venue plus tôt. Ce qu’elle ressentait était si fort qu’elle en avait presque physiquement mal. Que pouvait-elle dire à présent? Que devait-elle faire? Elle avait envie de fuir en courant, mais elle avait aussi envie de le serrer dans ses bras. Il ouvrit la porte en grand, après être resté à demi-caché derrière, et l’invita à rentrer. Elle avait du mal à reconnaitre sa voix et cela la perturbait quelque peu. Il parlait toujours avec beaucoup de sympathie, et il émanait une chaleur humaine incroyable qui lui avait souvent donné réconfort et sécurité. Mais l’homme qu’elle avait face à elle lui paraissait si froid comparé à ce qu’il avait été qu’elle ne savait pas comment réagir. Elle hésita une seconde, mais finit par pénétrer à l’intérieur de la maison. Keith referma la porte derrière eux, et se dirigea vers son bureau qui lui servait d’accueil pour les clients du Hope’s Cove. Elle ne put s’empêcher d’observer sa démarche boiteuse. C’était tout nouveau pour elle. Il ne la regardait même pas, d’ailleurs elle se demanda s’il l’avait vraiment regardé une seule fois dans les yeux depuis qu’il avait ouvert la porte. Elle ne s’en souvenait déjà plus, elle-même trop perdue dans ses propres tourments. Il demandait ce qu’il pouvait faire pour elle, alors elle s’approcha un peu plus près de lui, Mason toujours bien ancré dans ses bras. Keith lui annonça qu’il lui restait deux chambres de libres et elle manqua de crier un grand coup, même si aucun son ne serait sans doute sorti de sa bouche de toute façon. Après Noah qui lui avait offert la chambre d’amis de sa maison, voilà que Keith lui proposait les chambres de son auberge, telle une vulgaire cliente. Qu’est-ce qui ne tournait pas rond avec les hommes dans sa vie? Certes, elle n’avait pas le droit d’être vraiment fâchée après Keith, mais ce sentiment était plus fort qu’elle. Pourtant elle ne montra rien et rehaussa Mason sur sa hanche avant de repousser ses cheveux en arrière. « Je… Je ne veux pas de chambre. » avait-elle fini par répondre dans un souffle. Elle était restée silencieuse pendant de si longues minutes que parler lui paraissait presque étrange. « Je suis venue parce que… » Parce que quoi? « Peu importe… » Elle parlait doucement, sur un ton calme qui ne traduisait pas de la folie intérieure qui s’emparait peu à peu d’elle. Noah était un meurtrier. C’était la grande nouvelle qui l’avait frappé ce soir. « Keith, je…. » Visiblement, elle n’arrivait pas à finir ses phrases. Elle resta perdue quelques secondes, incapable de savoir comment s’y prendre avec lui, quoi lui dire, comment, et si même elle voulait vraiment lui dire quoi que ce soit. Elle baissa les yeux sur son fils dont la joue était lourdement écrasée sur sa poitrine. Il avait l’air si paisible, si tranquille. Il lui redonna un peu de force. « J’ai reçu une lettre, et je ne savais pas avec qui la partager. J’ai peur de perdre le peu de sanité qu’il me reste… ou peut être que je l’ai déjà perdu en venant ici. » Elle chercha désespérément son regard, elle voulait qu’il lui montre quelque chose, une quelconque émotion à son égard, même du mépris aurait fait l’affaire. Tout sauf de l’indifférence. « Pardonne-moi si c’était une erreur de venir. » Elle s’approcha assez près de lui pour déposer la lettre du corbeau sur le bureau de Keith. Il avait tous les droits de la mettre dehors et de ne pas l’aider, de ne pas vouloir d’elle ici. Elle comprendrait. Elle aurait sans aucun doute le coeur crevé, mais elle comprendrait.

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